■ <» A-f. * *•«•' * >, -V 'Ws'}*.- t . L.WL', J cl w 5/6 » A+ía-íig. so. tJáltél Meyerin. B-jJïi, W : e ct. jfifrX ; Cofi.-frfeyóF. 'Txgljzxx { , MIHOIR OTTOMAN ■ Cí Q>e£,a zJlaqdelanoj LE MIROIR OTTOMAN, Avec un succint Récit DE TOVT CE QVICEST PASSE'DE CONSIDERABLE PENDANT LA GVERRE DES TVRQS EN POLOGNE, Juíqu*en I 6 7 6 » Par M f . Le Q de laM4gdeleixe * k A BASLE, Ches Jean Rodolphe G^nath, ï 6 7 7. jjjfttloâ V Gh *S> . .. *&* ^ < 4 ? & ^ A SON ALTESSE ELECTORALE Monseignefr LE DUC DE BAVIERE, &c. ONSEIGNEim , Le Miroir que je prens la Liberté d’ojfrir â Votre Altesse Eleftorale, feroit comme )( 2 -Me (OO) (S»- une glace Jans quadre ny mercure , qui ne reprejente les Objets que confufemement,fi je nc-j tappuyois de l’Autborité d'un des f lus grands Princes de l'Sur ope, qui Usant un fi Illujlre nom , que celuy de Vo t r e Al tresse E- le dor ale , au front ifigice de mon ouvrage, en conçevrá quelques estime le votant avantagé d un ornement ft précieux. Le Zèles qui m*a poujfé a éclaircir tous ceux quisouhait t ent une vraye cognoijfance de la Turquie, m"a aujsy fait ambitionner toccafion de pouvoir donner á Votre Altesse Electorale, des marques dune tres profonde veneta- -«x?) (êê) tion,en Vous offrant ce livre,ou ft peut voir /’Empereur des < Turqs avec son Etat, qui ne servira que de lujire au Votre , en 1 fera cognoitre la puissance /o bel ordre , qui Vous fait admirer, même des jaloux de Votrc^ ! gloire, £5 rechercher Votre Al- ’ liance par les plus redoutés Mo- ' narques du Monde , qui n’oubliant rien de leurs Joins pour avoir cet avantage , inspirent aux particuliers un ardent defir de ft voir honnorés du ^litre^j, que je supplie tres humblement - Vo tre Al tesse Electorale, me faire la Grâce de vouloir i souffrir que je prene, puisque jcj f X 3 rïay ^§) (êê) O* n'ay point de plus forte paf ion que celle de me dire avec autant de rejpeól que de soumis ion *MONSEIGNEUR De Vôtre Altesse Electorale Letres humble &tm obéissant firviteur DE LA iMAGDELEINE . «UW WP I . U W M II . . . s l . rtmrnmM^ - l it ll I _ jp cjts j *á£> jp £%j gu ,«Ç> et, f <•£* % '<$p&rgj> # <& <*' MMW«iêMEMkW:ArEMmE»»MsEE6M PREFACE Lefieur. E ne pretens pas vous faire içy une Histoire de ma vie, quoy qu’ell’en péût fournir plus de matières véritables que les Romans n’en ont de Mystérieuses. Je vous | diray feulement qmayant été le jouet de la fortune pendant quel- : ques années,je me fuis trouvé par un de ses revers hors du service de mon Prince & de ma Patrie, I j'ay couru toutes les plus fâcheu- ' ses .V'.V7 Préface au Le fleur* ses bourafques que la rage de mes ennemys ait pù faireélevercontre moy ; Mais la résolution dont lès astres nvont avantage , a toujours été mon timon, & leur au- theur mon Pilote , de maniéré qu êtant si bien gouverne, jay évité le naufrage que je courois ris que de faire. J’ay en fuitte eu l’honneur de me trouver á la Cour de plusieurs Souverains étrangers ou ma naissance m’a ■. *. ô t / o toujours donne rang, oc nry a fait reçevoir tout ce que la Civilité fait rendre aux personnes de ma qualité. Mais comme je fuis naturellement ennemy de POisiveté je passé dans un Royaume, ou le Prince qui y regnoit me fit un acceiiil digne de fa bonté. Préfacé auLecleur. bonté, & j’eus Ehonneur d*y être tres familièrement traicté de ce- luy qui luy a succédé á lacouro- ne, & pour des interests que la modestie mefaict taire, (j’oubli- ray mille particularités pour ne pas augmenter par un cruel souvenir, les douleurs que mon état présent me cause) je diray pour coupper court, que je me íuis veú dans un jour, d’un Courtisan fa- vory ,& d’un Officier considéra- ble&estimé,la proye dune dation barbare &infidelle,qui me priva, couvert de son íàng & du mien, de tant d avantages avec la Liberté,ne me laissant qune vie qui a tant de fois été fur le point d’être perdue; Et mes cheveux gris á sâ’ge de trente ans à quelques Préfacé au Lecteur. ques jours , font aises conoître les chagrins que les fers, ôdapre- fance du Boureau, appelle pour m’executer, me purent causer, puis que clans unenuiâ ils changèrent leur couleur noire en grise. Je pardonne á celuy qui découvrit au feu Vizir, Hntrigue que pavois avec un Prince Chrétien, qui fût la cause de ce mauvais traitement,qui eut été fui vy de la mort, íì fa Hauteíse n eut été advertie de mon danger, & n’cút envoyé la Grâce de ce crime innocent; J*ay,dans mon malheur, été favorisé de sa bienveillance, quoy qú'il mefit donner un jour, cent éc vingt coups de bâtons , fous les pieds, fur le ventre & fur le siégé, pour une rêponce aises críie que Préfacé auLeëleur. que je ìuy donné, en fait de Religion. 11 me prît pendant cinq mois dans son Sarrail, espérant me faire changer de Religion, & je fus contraint a’en procurer ma sortie, par une Maladie feinte, pour éviter le denger ou je me voiois , d’étre un jour Circoncis par force. La Guerre de Pologne me fut favorable en luy faisant oublier son deílèin, je fus obligé de le suivre au siégé de Kamini- esky, ôc d’autres places,les années suivantes , Ôc fus fidelle témoin de tout ce que vous lires dans mon récit, enfin me voiant frustré del’Eíperancede ma Liberté, que j avois racbeptée avec une somme considérable, qui fut perdue, jq crus devoir apporter tous mes Préfacé au Lecteur. mes soins pour apprendre la quinteíTancedel’Ottomanlsoasin d’en pouvoir éclaircir tant deMo- narques, Princes, & Particuliers, que plusieurs autheurs ont abuses par des écrits fondés fur des ra- ports ; étant certain quaucun d'éux n’a jamais eu la moindre libre entrée á la Porte Ottomane, ou j’ay été comme domestique pendant cinq ans edemy,& miraculeusement en fuis échappé par Paide d’une Dame,autant belle que considérable; &je croiois aller chez moy,gouster autant de delices que ] ay éprouvé d amertumes; mais ledestein qui n'est pas encore Ias.de me persécuter, my a mis de nouveaux obstacles , que le Ciel ôterá á son bon / Préfacé au Lecteur. plaíîr : Cependant je souffre ce que je ne peux exprimer. Vous conoîtres par mon stile que ce n est pas ma Profession d'êcrire, mais j'eíperequela vérité de mon livre , & la peine que j’ay prisé pour satisfaire les curieux, leur ferá excuser les fautes qu’ils y trou vairont j & je ne reçeíiray pas un petit soulagement dans me$ ennuys, quand je fçauray que mon travail vous aurá plu, a Dieu vives plus heureux que moy. î. De t Origine des Ottomans . E n’est pas mon destin d ecrírê plusieurs histoires fabuleuses qui se disent de L origine des Mahométans, je diray feulement que Mahomet nâquit d’urt pere Idolâtre SC d une mere Juife , il fût en partie élevé á la Mêque lieu estimé sainct par lesTurqsquile croient avoir été basty de la main des anges* 8c a cause de la mort de plusieurs Proférés qui y est arrivée, mais étant restéOrfelin de pere avant que nâistre, 8c de mère quelques années âpres; Ils passa le temps vâgabon & servant les chameaux jusques au commâncement de fa Secte * qui fournit âpres luy plusieurs Róys entre lesquels (ut Osman ± ou Otmar> du quel est détendu en droitte ligne le Sultan d’au- joudhuy» Il est appelle, Osmanltepadecha ^Em- pere,ur de Lofmanlie, & pâr corruption grand ' Turq ; Nom qui a été donné aux Mahométans pour avoir pris leurs principaux establisi* sements 8c plus considérables forces dans la Turcomanie; Mais ils tiennent ce nòm Injurieux, 8c se le disent par inVectives,Turq signifiant* paysan* vilain* grossier* &tóufcce que A lest L De L'origine des Ottomans . Ion peut dire de bas ; si l’on demandoit â quelq’un d’entre eux s’il est Turq, il refpon- droit que non, mais bien, Mujsulman qui signifie vray croiant.c’est a dire n admettant autre divinité q’un Dieu tout puisiant seul en personne , Créateur du Ciel 8c de la Terre, 8c croiant fermement tout ce que Mahomet son Profete & envoyé pIenipotentier,aapprisdes anges, 8c a preíché 8c laiícé par eícrit aux 6- delles,8c ne croient tels que ceux qui professent cette foy dont voicy la Confession. Alla ilLi be llUlla Mehemir reffoul alla , il n’y s q’un Dieu seul, 8c Mahomet est son envoyé, ils appellent cettefoy, dìn Islam,lu foy d’Isinaël dont ils so croient dêcendus. n. De ce qu'ils croient de f ’efitf Christ. I LS admettent une prodigieuse quantité de Prophètes, mais pour les plus considérables Moyse, 8c Jésus Christ ; ils disent que Dieu voiantque les peuples ne suivoint pas les préceptes du premier, envoyá son soufle dans le ventre de la vierge Marie, qui conçût 8c enfanta, Azjret ìjfa, le sainct Jésus , 8c restá Vierge âpres comme devant 1 enfantement , Sc quêtant devenu grand U alloit preschanc «i! pon-i $ «î IJB. «te ïiíè Eli. W nji '5Jí, 1 ít\ 'te [(* lí »■ it is be ce (ju ils croient defejàí Chrisl. F daìis les Sinagogues des Juifs, qui voiantleuE îoy fe détruire par son moyen , chercherent de le faire mourir, & pour cet effet gaignerenc un lien disciple nommé Judas, qui le trahay &C leur livra moyenant une somme d’argent ; Et quapres lavoir fort maltraité, le conduisant au dernier supplice Dieu envoya ses anges qui l’enleverent au Ciel ou il est encore vivant» rfayant été mortel, puis qu il êtoit tout de Dieu, 8c de son soude, Ijfa rouebeu alla , Jesus soufledeDieu, 8c qua la fin du monde, il viendra avec Mahomet pour juger les vivants 8L íes morts, qu’il seráRoy de la terre 8c Mahomet le grand prestre avec le quel il fer á la priere 8c le recognoîtrá pour grand Prophète» Leus loy fînirá diíènt ils avant la fin du monde ainsy Mahomet nâcisterá au derniers jours que pour recognoitre les siens qui avec beaucoup de prérogatives fur tous les autres bien heureux seront portés par les anges dans la béatitude» dont nul será participant queux excepté les Juifs qui vescurent avant la venuée de Jésus (fchrist , Sc les Chrestiens jusqu a celle de Mahomet, 8c que comme la loy Chrestienne âbolit la Mosaïque, elle la fút aussy de même parla Mahométane ; Tous les Prophètes & saints jusqu á Jésus Christ leur font en grande vénération , particulièrement la Vierge Marie. A í 4 DuPayadà & de l'Enfer. ^ ni. j; T)u Paradis de /' Enfer. í C Es infidelles tiennent a gr^rd blasphe- s me de dire Jésus Christ fils de Dieu, le | croiant seulement pour une eminente Crea- i ture, ils rejettent sa mort comité jay dit, & ainsy la valeur & prix de son sang ; Ils croien t quêtant dunombre des Uuffulmant ,ils seront sauvés íèlon les promeíles deMahomet pour veu qu’ils fassent dé bonnes œuvres. Ils tiennent que le Paradis coneiste dans la vîsionde / Dieu, & des hiérarchies angéliques, mais par* ^ ticulierement dans les plaisirs sensuels dont ^ ils jouyront á Gogo, fie d’autant plus quils < s’en seront privés en cette vie, ils y feront fer- ' j vis par douze belles filles de sage de quinze „ ans, 8cpar autant de garçons, aux quelles le ; j pucelage revíendrá douze fois par jour, ces „ filles Lc garçons feront des enfans morts en f baíage; Et ceux & celles qui se seront contenus j, chastes en ce monde y prendront plus de plaisir j que le sens humain ne s en peut imaginer. » Les âmes qui íeront en Purgatoire voirront s , d un côteleP.’radis par une fenêtre, 8c ds ^ l'aurtelEnfer ils font quantité de prières dan- j ttiôaes & de sacrifices pour les en retirer. Us K croient absolument damnés toutes personnes ^ vivantes hors iQbservahce dessAlcoran, Que- k mz.it, sc ksMahomeuns , qui en ayant eu k Bu Paradis & de l’Enfer. j connoissance l’ont transgressé. Ils y croient les mêmes pênes 8c tourments dontles saintes écritures font .mention ; mais avec cette restriction , que ies Turqs y seront plus tour* i>ê- mentes que les autres, mais que Í Enfer n’aurá hlí point d’Etemité pour eux comme pour les ta. Chrétiens & Juifs, t,í _• eet eii. IQí i3h k m Ile; ces iís mt s-1 [Isi es f, !í ■ . . IV. Des Mosqu ées,- C Omme il s’y trouve peu de peuples quï ayent plus lOraison en recomrpenda- ìion que les Mahométans , aussy y èn a il peu qui ayent tant de foin qeux d’eriger des lieux d'Oraison, Sc les maintenir dans la derniere netteté ; Les grandes font appellées Jammi, Sc les petites Mtchite, Scnous avons tiré de ce nom celuy de Mosquée. Les Mechites font seulement comme des chapelles pour la commodité des peuples trop éloignés des grandes Mosquées, Celuy qui y présidé nest pas appelle -Imam mai s y odia, qui signifie maître; Ii ï’en trouve plusieurs de cette forte dans les villages acaufe de leur peu de revend. Les plus considérables Mosquées de 1 Empire Ottoman ont ête fondées par sesEmpereurs,pour f Ame de leurs peres,freres ou enfans âpres les «voir fait mourir, ou pour la leur, telles sont - - à». % - celles é Des Mosquée?. celles deBrousoc, d’Adrianopîe & de Constant tinople, Excepté sainte Sophie, ouvrage qui ne peut fans doute être trop admiré , 8c qui s atire îe sentiment des plus Spirituels, pour le préférer a tout ce que f Ordre Romain, îe Tofcan&ïeCnrinthien ont jamais fait paroîtr® dans tant de superbes Machines. Elles ont de tçes grands revenus tant pour leur entretien ! que ceîuy de leurs Imams Maizins , & autres Officiers, particulièrement pour celuy des lampes qui y brûlent pendant les Oraisons do la nuit & en tres grand nombre, tant dedans» qu a senteur dea Mmarelds, pendant h Lune du Ramazan; Chacque Mosquée a plusieurs chanoines ou Sopbtas , qui lisent & prient pendant plusieurs heures du jo ur pour l ame de celuy qui a fondé leur entretien,les particuliers peuvent laisser du bien á une Mosquée pour Tachât d’un fiege ' en icelle sur le quel est un grand livre delaLoy» & des prières qui seront tous les jours Lìîées pour le repos de leurs âmes, ou de celle de ce» îuy á Tlntentktíi du quel la fondation aurá été faite, ces beneíìces sont deservis par ceux qui les ont pú obtenir, 8c leurs rendent jour» «ellement huit aspres de revenu, chacune fait demy sol» il s’en trouve de plus 8c moins riches. Le pavé des Mosquées est couvert de tapis fi sauvent nettoyés qui! m s’y voirait pas U Sioiîl'» D es Mosquées. ? moindre ordure, les Turqs ne pouvant Faire leurs prières ou il y a de la Saleté, & les plus scrupuleux portent de petits tapys dieu nets, á la Mosquée ne se fiant pas á la Propreté de ceux qui 1 ornent, Lc les Aga* ouMrs. en font toujours porter un en campagne, & ceux qui n’en on point êtandent leus vestes ou manteaux pour prier dessus, Sc dans les villes conquises ils font desenterrer les corps ensevelys dans les Eglises qui doivent être érigées en Mosquées,& lesfonr jetrer á la voirie, disant qu’un Musulman ne peut prier sur les cendres d’un Gtahour , ou Infideile,ainíy appellent ils les Chrestiens. Jene parleray pas de la for m S de ces édifices étant choíè tropcogniie jediray seulement qu’ils font ornés aud’hors dcMina- relds, ou tours fort délicatement élevées a une grand hauteur 8c finissant en pointe, étant presque aussy grosses á demy picque du sommet qu'au pied, qui n’a pour l’ordinaire que trois toises de diamètre; Il y a deux ou trois galeries achacque A linardd desMofquées principales, dans les quelles montent les Maizins pour appeller les peuples á l heure de l’Oraiíon, les cloches étant deffendiiées. La Mosquée de Sultan Mahomet, á Constantinople a six de ces tours quatre de quelles font couvertes de cuivre doré sainte Sophie en a quatre fort matérielles basties par autant de Sultans, laSolimanie quatre, & toutes les A 4 autres $ lies Mosquées, autres deux ou une. La Mosquée que la SuL tanne mere fit bastir ces années passées en a deux dont ìa couverture est dorée de l’aipeí- seur d’un Ducat, ces tours sont d’un bel orne" ment aux villes 8c entre autres celles de la Mosquée de Sultan Selim d’Adrianople y font lin tres bel effet, LesTurqs n’ont aucunes Images dans leurs Mosquées, & les ont en horreur disant que ces figures seront au jugement universel, la cause de la condamnation de ceux qui les auront faites semblables aux hommes fans les pouvoir animer,dans la place de l’Imam qui est une enforçure dans la muraille d’un pas de largeur finissant en pointe, la mesure du pied,ou de, ïamain de Mahomet, se voit.j’en parleray en son lieu,& leur confession deFoy êcritte sur un drap verd ou noir, & a côté deux gros cierges de cire blanche qui brûlent pendant la prière du soir, il y a aussy plusieurs chandeliers de cuivre & de cristail que les Ambassadeurs de Venise portent dans leurs présents á la porte, & font distribués par les Sultans dans leurs Mosquées, outré cela il y a de grands cercles de fer, garnis de lampes qui brûlent comme j’ay dit. Chacque Mosquée de fondation Impériale a ion Timarhana , ou Hospital, dans le quel font mis les pauvres malades, & particulièrement les fols y font enchâinés avec la rigeur «M Des Mosquées. $ que requière leur frençsie. Un Maiz.in dc sa hautesse y étoit étroitement enchaîné lan pase sé quoy que fort sage, il avoir pour femme une tres belle & galanteDame,qui n'avoit pàá prittc luy tout iamour possible & ne la vouloir répudier quoy quelle luy en fît instance,mais pour s’en defaire ellé favifá une nuit de le faire paster pour fol, Lc còmmençá a crier miséricorde, 8c que son mary vouloir mettre le feu,au logis, elle avoir alurfié uíie vielle palliace â la veûe de la quelle tous lés voisins le jettelcéht fur luy pour le lier ; Le pauvre innocent en- ragant de cette ruse crioir & juròìt comme un désespéré menaçant de la tuer ce qui fît croire aux genç?présents quelle avoic,raison. Il fut lié & les plaintes portée devantlc Sultan, qui en faisoit cas poiir son excellente voix, mais sollicité d'un Officier duSarail amy-des galants de là Dame, le divorce fût declaré-en- treeuxÔC le misérable condamné aux chêh'es, n’ayantpas voulu se dechêner de celles, ou les charmes de cette belle lavoint tenu pendant trois ans, Dieu nous garde dé cès maux. U s y distribue tous les jours dans les dits hôpitaux du pain du chotba, ou bouillon, Lc alternativement du ris desnantillesoudeforge mondé, Sc trois fois la semaine de la viande, &du ris cuit avec du miel Lc dusaseag ^tzne- ralement. tous téá pauvícs péùvehcaller recevoir cette aumône,il y a aussy plusieurs mai-. A ? son® , 7(7 Des Mosquées. sons auxquelles font anexées telles pitances quotidienes par i’achat qui en a été fait, & ceux qui les possèdent en jouissent, & un homme ordonné a ce fui,jet leur porte leurs portions qui sont sort raisonables au temps du Ra mazan. Ces lieux ont aussy leur intendants nommés Mwtttrtly , qui doivent rendre leurs Comptes au qttizelar agacy, ou gouverneur des Dames du farail, qui est: Intendant général des Mosquées, de leurs revends, & de tous les vaceufs, oudonnations faites au profit d'icelles, ou de la Meque & de Medine. V. Des imams. C E sont les Curés des Mosquées, & pour parvenir á ces Benefiees, ils sont instruits en baláge dans les livres de leur Loy par des Maîtres entretenus á ce sujet, ou dans Jes Ab- beyes ou ils tâchent d’avoir place,& en sortent pour deservir les Mosquées ou pour être de justice, ils sont examinés par les grands Juges, &ensin parle Moufty, qui leur donne leurs lettres d'imam ,restant á eux de íè procureur un benefice du quìz.eUr agacy premier Eunuque noir qui en est le dispensateur. Les imams sont obligés accompagnés des Maizins, ou vicaires d avertir en íccret ceux de leur Des Imams. ìi ïeur paroisse qui vivent scandaleusement, ou qui ne vont pas á la priere, & s’ils continuent ils les font venir devant le peuple á la (ortie dé îa Mosquée & leur déclarent que la comùnauîé ne les véut point souffrir dans le quartier 8c quils ayent a vendre leurs maisons & se pourvoir alieurs, Si c’est une femme qui scandalisé, on signifie á son mary de la répudier ou de sortir avec elle de la paroisse & s ils ne le font de bon gré ils y sont contraints parla Justice avec honte; Ils doivent visiter & consoler les malades particulièrement á l’heure de la mort, & leur faire souvent réciter la confession de Foy; ils sont obligés de laver les morts 8c de les conduire á la sépulture avec leurs Matzins, & les Cérémonies que je diray alieurs ; ils ont demy écu pour chacque mort, & hs un quart ils font les mariages & autres fonctions Curiales, & sonthonnorés d un chacun, & fi quelqu un les frappoit fa punition seroit rigoureuse leurs revenus sont selon la fondation de leur Mosquée, le Maiz.tn en a les clefs, Ledoit aux heures de 1 Oraison monter furies Minarelds pour appeller les peuples á la priere, ilascice í'Imam dans toutes les fonctions publiques. « VI, De ì Abdeffûy mòn-Dieu,je fais vœu dè ne plus pêcher ptesérye moy , ils croient que ces paroles dites de boq cœur, avec l'Abdcfsi , rendent leurs a ríìei àùlfy blanches qiie leturban-quuls portent en tête. De rábdejse. lî faut qué 1 eau qui doit servir al’Abdesse soit tres pure & si par accident ils fetreuvoinc dans quelque endroit éuilíny en eût point ils pouroint íe servir de terre s’en sionanttòusles endroits nommés ; L’on doit prendre cette Abdujfe avant chacque prière, elle ft peut quelque fois conserver de lune a 1 autre, mais il y a du mérité a latenouveller, ellesepert si 1 ou feigne du nez des dents ou de quelqu’autre endroit, ou si I on fait quelque nécessité corporelles , car un qui auroit commencé la prière (même dans laMosquée) se trouvant dans ces accidents ne la pouroit continuer, Sc seroit obligé de s’asseûir & laisser prier les aurres, puis de rechefprendre l’Abdeffe &recommancer ion Naituti. Lin Mahométan qui auroit quelque blessure) ou autre mal rendant matière ne peut prier, car il ne peut pretidre l’Abdesse, & en cet état, il ne peut fans péché dire fa confession de Foy, lire l’Alcoran , ny même le toucher, comme aussy les femmes qui ont leurs ordinaires, & avant quelles puissent prendre í Ab- dtjse Sc prier,il faut quelles allent aux bains fa laver & changer de chemise,car la'moindre ordure dans les habits d’un Turq luy eiUpeche la prière î 8c s il prioit fçachant y avoir qcìel- ques excrements, outre la nullité deíbn Oraison ìl pêcheroit grièvement* Tout homme qui auroit commis quelqu’ááión charnelle ft doit laver tout ft corps avant que pouvoir pren- x# Di? T Abdejse « prendre ÍAbdeffe de la prière, qui doit être pfe* cedée de celle du gargara > ou gargarisme qu’ils font trois fois, puis se lavent les parties à les rains , croianc que le lavement qui se Fait de çelles qui peuvent avoir péché , a la Force de justifier 1 homme, étant faistavec les prières & formalités que j’ay dites, ("cette pratique est une invention du Moine Sergiusqui en voulut faire uneautre extremonction ;) lis ontaussy grand foin de reguarder leurs chemises tous les matins depeur qu elles n’ayent été fouillées par quelque illusion nocturne, car en ce cas ils sont obligés de se laver comme impurs, & ceux aux quels cela arrive á l’armée ( ou autre action lascive) se plongent comme des Canards dans la premiere eau qu’ils trouvent, s'ils ne font gens de condition ou riches > car ces sortes de Mrs. fonteoujours porter un petit pavillon de drap rouge dans le quel ils se lavent. Les Turqs ont en telle horreur ceux qui font genabet , ou qui ne se lavent pas étant souillés, qu il les croient comme excomuniez ; Ils ont grand soin de faire prendre 1 egargara á ceux qui, sont surpris (en impureté) de maladie, ou blessure, en fuite leur donnent l'AbdeJfe, & même aux corps morts nettoyant toutes les parties avec les doigts. Jedirayen passant qu’un Matfin lavant un jour le cadavre dune jeune Dame, & luy pjettoiant la nature avec le doigt,dît quelle avoir bien pris & donné De ÍJbdrjft. j f des delkes avec cène partie ,& qu’il avoir un sensible déplaisir de n’y avoir pas participé, les bonnes gens disent que par punition duCiel son doigt restá attaché dedans, & fût conduit de la force avec ce corps demy ensevcly jusqu’á saffepulture, ou il fût contraint de se le laisser couper, & souffrir un bannissement perpétuel de Constantinople. Lesplus dévots parmy les Mahométans ne montent jamais leurs chevaux étant genabet, croiant que cela leur causeroit quelqu’ accident; Us íè lèvent, même la nuit, avec leurs femmes âpres les avoir cognuées, & sc lavent ensemble, ils noferoint aller en justice étant impurs & fans l’Abdefie, dont il font tant de cas que s’il êtoit tombé du vin fur leurs vêtements, iîs ne pouroint la prendre en étant revêtus, s’ils n avoine incontinent âpres mis du sel fur 1 endroit qui enauroit été mouillé, car il seroit alors devemi vinaigre ; mais s’ils n’ont eu cette précaution , il faut qu ils lavent les endroits qu’il aurá taché le même s observe pour toutes impuretés,& le plus mystérieux de (âb- dejfe, est q’un qui auroit ses Méfiés, ou chaussettes trouées de la largeur de trois pointes de doigt la pouroit prendre mais non pas la guarder étant de verni si subtile quelle sêvaporeroit par le dit trou. iS Du'Marnas. VII. ''amas. L E s Turqs appellent leurs prières de Cé nom, ils sont obligés sous pein e de péché de lafaîre cinqsois lejout la premiers devant Soleillevé (earellene seroit pas valable âpres ) & lappellent Saíba namdí.,ìá seconde á midy Hulé n amas , la troisième: á lheure de vespres lquindy nanm, la quatrième âpres le Couché du Soleil Acebam namas.'ík. la derniere á unehcme edemy de nuit fat fy nanm. 11 est permis de faire cette priere en tous lieux, & ceux qui sont en campagne la sont ou ils sé trouvent á l heure ordonnée,&pour n y pas manquer tous ceux qui ont le dequoy portent de montres, car si Je temps de l’iíne venoit avant que 1 autre eut été faite, il ne seroit plus licite de la faire, mais bien d,’y satisfaire se levant aut Ttmgit qui se chante furies Minarelds un heure edemy devant l’aube du jour, & faisant les prières ou Namaí dont on est resté redevable. Aux heures Indicés les Maifìns ou vicaires des Mosquées montent fur les Minarelds , & chantent de toute leur force la Confession Mahométane, & par dautres prières excitent les peuples a tout quitter pour aller prier Dieu, ce qu ils sont avec tant de zele qu'ils abandonnent leurs ouvrages non seulement á leurs cris «nais s’y dilposent auparavant en prenant ÍAb* ide; B «í M itl íí, áe Í2Ì te ' !P ÌSí »ac i ils ! m : lili; teui rois CIV hit to. per, lem iei iodi ipts bat fft ïbúNámáf, if ièjje j íi y a pour cet effet des lieux Secrets Bc Lc dès fontaines proche toutes les Mosquées* potìr la commodité dès étrangers 8c dès àrti- , fans éloignés de leurs maisons* HsserangenÊ í tous dans la Mosquée sur diverses files * Sc ter J fìent assis fur leurs talons jusqu a ce què les ,! Maifins, par le signal de flinam, commencent ; de rechef á chanter lá confession de Foy Sç dautres prières par lesquelles ils invoquent ' Dieu touc puissant* â > 8c exhortent les assistants detrebieitáttatttifs álëloùèr^ íìsíé \ îevent tous á ces paroles, Sc après avoir porté ’ lès mains aux oréìllës lès crOizent fur l’eito- j mac, lès yeux baissés écoutent ïïmatn qui sëui á leUr tête récité la priere Sc á la lin de chacquè verset les Maifins crient alíà Ekbèr Sc á cette voix ìmânimemeiits’ihclinehttënant lèsitiàinS fur leurs genoux louant trois foisDied*8câUx: pà rôles íûdites derechef prononcées par les vicaires ils se redressent, Sc tout d’uri coup (màis modestement ) se prosternent la face contre terre* Sc adorent trois fois Dieu les Maifins répétant les mêmes paroles se remettent siir leurs talons, Sc Un clâin d œil âpres* aíiá lifier de rechef chanté ils sè jettent encore ìá face Contre terre* & adorent Dieu trois autres fois* après quoy les vicaires criant encore au Dieu tout puissant ils se relèvent eii pied avec lè même Ordre Sc modestie* & ììmam continue U ì$mas avec iobservàtioii de Ceretpòrties que Ë je i$ DuNamM. je viens de dire, á la fin de chacque verser. Les Hamas font différents car a cetuy du matin il n'y a que quatre versets deux desquels font nommés fbarcy ,& les autres fumet , les premiers font réputés agréables a Dieu & méritoires, & les seconds degrandpardon & indulgence, á la fin de 1 Oraison sécrété qui se sait sur les talons apresl’Adoration dechacque deuxième verset ils reguardent sur leurs épaules disant fur cháqu un eSelam alekum rakmet oulla s le lalut & la grâce de Dieu vous soit donnés, ils disent ne se pas fa 1 ver seulement mais aussy leurs deux anges gardiens. La prieredu midy & composée de huit versets quatre pbarcy &c quatre fumet, celle du Kmdy a les mêmes que celle du matin, & l'acchamNamas , en a huict: fny partis , deux desquels se disent tout bas par un chacun , il faut notter que devant &C âpres la priereils disent deux pbarcy &c fonfun - net, sans Obligation mais par une dévotion introduite. La cinquième priere a douze versets, mais en temps de carême ou du ramadan elle en a quarante quatre ; la premiere priere du jour du Eairam , ou Pasque , ne se fonc qu’un quart d heur âpres Soleil levé 8c n’a que deux versets. Il faut aussy observer que si un Turq arrivoic dans la Mosquée quelques versets étant deja récités, il continuroitla priere avec les autres, laquelle finie recommenceroic les versets qui auïome t)u Na'nítô, tp Éuïoint été dits avant son arrivée, il y a Pont Cet effet'des fufragants dans les grandes Mof- Hués qui font l’Office á‘lmam présidant á la priere de CeuX qui pour être vernis tàxd n’ont pú trouver place dans la Mosquée, oUúnede- cente dans ses dehors,ce qui arrive fort souvent le Vendredy unTurq peut faire fa prière tout seul mais ils la croient de plus grande valeUC quand elle est faite par un nombre de trois oU quatre,ils Rappellent Jumabt quand les priants íont affamblés,parce quelle a un mérité égalant çeluydu Namas dajumbâs geun , ou Vendredy qui est leur jour de repos,& fa principale prière est celle du midy á laquelle les Sultans afci- stent ordinairement en quelque Mosquée Sc les Vizirs & autres Grands chacun á fa paroisse, n’ofantse trouver á celle Ou est sa Hauteffe s’ilá fíy sont invités, elle se fait avec plusdeCère- monieque les autres, car les Sepbtas & chanoines y chantent plusieurs prières d’un plain- chan affes agréable , & ílmam monte dans le îurbet, Ou la chaire, & sctenant fur le plus haut degré avec une grande modestie rend quelques louanges á Dieu puis descent deux degres ôí s’affois fur un tapy ou il prie tout bas un peu dé tems , en fuitte de quoy sc leve & á haute voix fait les prières publiques pour la conservation du Sultan & de tous les Ministres de son Empiré , pour la destruction de fés ènne- mys temporels 6cspirituels,& pouf l'accroiffe- B a ment 20 T>u Ndmas. ment de sa gloire & propagation de saFoy,íf descent en suitte & fait le N amas á la fin du qucí & de tous les autres, il se tourne vers le peuple* Sc aílìs comme eux , fur ses talons, le Maifiti fait des prières Universelles & loue Dièu disant trente trois fois , trente trois alla o ikkeri & autant dautíes Elbemdoul illa , puis adjoutent quelque prières áleurcOnfeíÏÏondé Foy & élevant leur mains au Ciel les rabessenc devant les yeUX, & comme s ils lisoint dedans» disent tout bas du plus profond de leurs âmes aminÉabbìm pendant quel Imam prie én secret Sc que lès Maifins crient á haute voix amitii jusqu a ce que l'ìmam se passant les mains sur le visage Lc la barbe (ce que fait aulsy toute saisemblée ) car le Maifiti finit a lots chantant á haute voix, Èlbemdoul illa Rabilbalemin helphatj soit loué a jamais Un Dieu Seigneur tout puissant» & d’un ton plus bas phatbeé, qui èstuné prière pour les morts,les plus deVots écoutent aussy une courte prière que l'ìmam fait Lc lof- fice que les Sopbtas ou Dedais chantent le vert- dry avec plus de Cérémonies que les autrëá jours» & s’il y à prédication fort peu s'en ex- emptentf ILeNamas se sait aussy exactement á larmée que dans lès villes , le grand Seigneur les Vizirs» Généraux, & autres Personnes démarqué, ayant leurs Maifins qui crient aux heureS ordinaires Sc leurs Imams , qui font la prierez leurs w mti a ]u ans jé ans MS teïi íic. t«! jion 0T1 ! cm , qui Les son neli T>u Namas. 2 î il ïeuf s domestiques si trouvent & la Milice cha- ìl cune á celle de Ion quartier,autrement s ils en c, font éloignés plusieurs s’assëmblent&prient, iii Je plus docte déntre eux y présidant ce qui se i, pratique austy dans les petits lieux ou les |i Imams font souvent absents,, ii Les femmes ne peuvent prier dans la Mot 4 quée a cause des distractions que les hommes * en pouroint reçevoir , elles ont depuis deux jj ans, été souíFertes soubs le postiche de la Moins quée pendant le Ramadan 7 mais ce tsa pas été ij fans grand scandai & murmur , elles prient m dans leurs maisons se couvrant la tête d’un q voile blanc pour le respect des anges qui asci- js 1 stent á leurs prières S Iles peuvent aller aux pre- (| dications demeurant á la porte ou aux séné- tres de la Mosquée s il n’y a point de lieu gril— j lé, pour s y mettre a couvert de la veûé des sí hommes, quand les TurqshómmçsSç femmes u font la priere, ils doivent avoir la tête a u ro«- [, May namay , c’est a dire du côté de la Mecque I. cituée entre le levant & le midy ? & ìeNamaf s qui se feroit autrement sêroít de nulle valeur j , Les Turqsont tant de respect pour cette Oraison que fi quelq’unlesfrappoken la faisant ils j ne se retourneroinr pas & celuyqui feroit re- j cognu, ne pas faire ponctuellement la priere ng i ìfërok pas cru en justice, j II se fait une priere dautre façon pour les ' gorps qu’on doit enterrer chacun demeure en î B J piei 22 T>es Enterrements* pied devant le sepulcbre exposé íufune pierre i la porte de la Mosquée, le dit mmat est de six versets avec de simples inclinations, & ils’en faituoe pour chacque cadavre, ou plûtostpouï J’ame qui en a été séparée. mmmmmmmmm VIÏL Des Enterrements. A Pres que le corps mort a été bien lavé par le Maifin Lc l’imam , ses conduits font bouchés avec du coton , & derechef lavé avec de seau Rose, il est revêtu dune chemise fkcalçons blancs &C ensevely dans une piece de toile neuve qu’ils appellent ou suere& plusieurs le font faire , ou hipoteqúent une somme pour sa depance , quand ils se voient vieux ou á l extremité, les riches font mis dans pncerceuil &les pauvres portés dans les bières communes, mais íafoste des uns & des autres est planchée crainte que la terre ne touche au corps,tous ceux qui ascistent i l’enterremenc se presenrent tour a tour pour porter Jè corps, la Biere pour les pauvres est couverte d un l’in- sevil, & pour les riches d’un drap noir fur le î« Des Enterrements. 2$ cesexe. LesBieres des filles font couvertes de leurs plus beaux habits & de mile fleurs, celles qui meurent au Sarail font couvertes d’un l’infevilen broderie d or & argent. Pour tous les riches les Sépultures font élevées,de marbre avec leurs Epitaphes en lettres dor & un turban qui dénoté la qualitéquils possedoint, les autres ont une grande pierre á la tête & aux pieds Lc ceux qui font morts de peste font recognús pour martyres , par une palme noire peinte fur leur turban. Plusieurs derviches en réputation de sainteté fe font de leur vivant érigés des monuments dans de petites chapelles ou quelques lumières brûlent pendant la nuit & ont laissé un fond pour les entretenir, & pour payer le Sophta qui y lit journellement l’Alcoran, d’autres semblables ont étés fondés par leurs parents a mys, ou par ceux qui ayant pour eux un estime particuliers en ont voulu laisser ces marques. Entre toutes les rêveries des Mahométans cellççy n est pas des moindres , âpres que le corps aêtémisdans la fosse tout le monde s’en éloigne un peu laissant seul (imam qui âpres quelques prières interroge le deffunct de son état présent, & de la douceur de íbn repos, Sç ces extravagants fe font souvent imaginé avoir oûi une voix plaintive répondre aux demandes de (imam, qui ayant le premier mis de la terre fur 1c cadavre il en est bien tôt couvert ■ B 4 chacun H Des Enterrements;, chacun yen jetcant, les femmes y viennent er? íuitte pleurer,& prier.pour lame du dessunct,&; fontau mêmesobjet quantité d’aumônes &d§ sacrifices. » « twesTurqsípntfortzeléspouralciterárEn- ; \ terrement des morts & ceux qui se trouvent 1 dans ia rue pu passe un cadavre le suivent disant continuellement alla Ramet helefen, Dieu |j luy fasce miséricorde , & répondent souvent | atmn aux prières que lìníatn chante avec le Maifin, ils croient gaigner trois cent ans d’in-, j j diligence chacque fois qu’ils asçitent á un En- i terrement, & six cent s’ils aident á laver lq j corps , & mille s’iìs fournissent le Keifin ou t sue te pour les pauvres. IX, Des Prédicateurs, Es Mahpmetans ont un zele particulier JL/de se faire instruire dans les matières dq leur croiance ; Ils ne se çontantent pas de s en entretenir cpntinuçllement dans leurs conférantes, &par la lecture des livres écrits sor ce su j et par les doctes de leur Secte, ayant outre cela des chée ou Prédicateurs qui prêchent trois, fois la semaine expliquant au peuple les livres de la Loy, qu’ils tiennent devant eux dans la cháire ou ils font assis sor leurs talons, ou les jambes R < íe a m 1í t n jj í f j í t \ Des Prédicateurs, ?. $ Jambés croisées comme tous leurs auditeurs j Ils enseignent ausiy les œuvres méritoires particulièrement celles qui font funnet, il y en a aux quelles font annexés plusieurs mille années d indulgence, }es plusrecomandées font la charité envers les pauvres donner la liberté aux esclaves âpres sept ans de service, aiciiter aux Enterrements, dire pour les deíFuníls de qui l’on parle, aUarbamet belejfen,Dusaia^ fafee miséricorde , faire faire des fontaines fur les grands chemins , payer les debtes des prise- niers ou leur donner á manger, porter dans son turban un cure oreille pour fe les mainte-? nir nettes, une racine de mauve ou autre, a la ceinture pour fé nettoyer les dents, fe raser les aicelles, Sc autres parties plus baffes ou il y auroit du poil affes grand pour pouvoir retenir quelqu ordure , visiter les Malades, &c. Afin outre leurs superstitions ils enseignent la vertu & blâment Je vice, ils font une partie de leur prédication en chantant : &C après avoir Jú & prêché fobfervance de leur Loy,ils exhortent á l’obeiffance due au Sultan & á fe$ Ministres , pour lesquels ils prient , & pour tous leurs adhérants,chacque grande Mosquée a son Chée, qui est en telle vénération que les plus considérables ne font point de difficulté de luy baiser la veste » Ils font payés du revenu de la Mosquée selon la fondation faite pour l’entretien de la chaire,quelques uns ont? m Des Prédicateurs. demyEcu par jour outre le pain la viande, îe ris le bœure8c le miel qui leur doitêtre donné de I Hospital de leur Masquée. Ils sont mariés & ont des Concubines comme les autres, mais il doivent (3c toute leur famille) être plus modestement vertus, 8c chossés de cuir noir, leur Smq ou turban est comme celuy des Imams mais pas fi gros ny si rond. II y a d’autres cbée qui font Prédicateurs & Abbés & leur Couvent est remply de religieux nommés Malot ì lis font obligés d’y faire le Nawat aux heures ordinaires 8c de chanter l'Office âpres chacque Oraison ; Ils se mettoint autre fois en rond se tenant parla main 8c tournant peu a peu criant boa alla bou, Dieu, Dieu, Dieu, 8c sêchauffoint tellement qu’ils tour*, «oint á la fin plusvîte qu on rie peut s imaginer jusqu’a ce qu ils tombassent en terre tous étourdis 8c êscumansconlmedes sangliers, 8c enyurés de leurs heurlements 8c agitations s’endormoint fur le IieuSc prenoint pour révélations les Songes qu ils faisoint en cet état, I Abbé y prefidoit assis; Cet exercice est main* tenant deffendu,ils tournent tous les Vendre- dys mais modestement, ce Chée doit être vêtu d’êtoffe blanche fore grossière quand i! marche parla rue á pied ou achevai il est suivy de plusieurs de ses disciples §c u n chacun le respecte, il a une maison contigue á T Abbaye, Tequìé, ■Sc ses revenus font honêtes, ses Mote ou MoL DesPreMcateurs. 27 nés y íbnt nourris & Habillés d’un gros drap brun, 8câpres avoir été bien instruits dans la ’Loy par le Chée , ils sortent dfr ce.s lieux pour posseder quelque benefice ou charge ds justice. Il y a d autres Tes«íér dont îés Moines íbnt appellés Dedji (8c se peuvent marier) ilsy chantent 1 Office tôus les jours, 8c avec pins de Cérémonies le Vendredy âpres là prédication ,ils le récitent par versets avec un mouvement perpétuel de tout le corps, & le Chée quï est encore dans la chaire ou il a prêche finit 1 Office par quelqu Oraison ; Les Moines mariés demeurent á part Lc ont comme ceux qui restent au Convçnt, la table l’habit 8c neuf aspres par jour. Le nom de Dedái est donné á tous les Derviches dont il y a plusieurs Ordres qui font leurnouitiat au teqmé de Brousses, 8c en prenent un Acte de l’Abbé Sc son Obediance avec la quelle ils courent le pays Sc en font deg meilleurs , ils font le plus souvent habillés d’un gros drap blanc 8c couverts de la peau de quelque animal ils ont une corne á bouquin qu'iis sonnent dans les rues 8c récitent quel? ques prières en Rimes 8c ceux qui les o_nfc écoutés leur donnent quelque aumône. Les Smtens font lés plus scélérats religieux des Turqs,ilsont de grosses boucles d’aghate aux oreilles,iis ont pour vêtement quelques peaux, un boîiet en tête, de drap ou de feutre avec un rebord # Qes Prédicateurs, jrçbord par devant, leurs mains font toûjoufg Armées d’un grand chaplet, & d’un bâton fur nionté dune main d'yvoire ou de bois poux §'en gratter ou les propres mains ne peuvent Arriver ou pour ne les souiller par farouche^ ment de quelque partie,leur ceinture n'est jamais depourveiíe de coutelas ou marteau^ d armes,il s’en trouve de pernicieux particule erement entre ceux qui ont fait une reforme dç l’Ordre d'Agy Bectaçbe, ils ont des anneaux de fer passés dans la glande de la partie qui faix ï hommepour les empêcher d habiter avec qui que ce soft, 1 abus a été fi grand qu’il leur êtoit Autrefois permis commettre publiquement des impuretés que les femmes ramaíïoint avec grande dévotion. Il y a quantité de toutes ces Sortes de Canailles mais fans exercice public comme par le paflé,tous les Derviches peuvent quitter 1 état Monacal mais c est une infamie. Il y a d’autres Derviçhes vrayment fols ou qui Iç saignent être par dévotion ou plutôt par hypocrisie,ils portent mile guenilles, & íur leurs bonets des fleurs & des plumes, d’autres vont pieds & tête nuds , tant en Hyver que n Eté. Il y a tant de cette vermine (réputée sainte) qu’on n’auroit jamais fait si I on vouloir écrire leurs sottises. Les dévots ne font pas les moins méchants ils font surnommés fofous, ces hypocrites font les zélés & vivent dans une grande Modestie priant pendant la st fa 1 j>OI I ( b íii 1' •F; di íei w D ;h pot ’tflll =li)ir Des Prédicateurs, 3jì pîtis grande partie du jour, mais qui a besoin d’un faux témoin le peut trouver parmy eux- Tontes les sortes de M òines,& particulier rement les Fols j ont lëntrée ches totis ks grands , & s alToient ou plusieurs personnes de marque, doivent être en pied á ils n y vont Oue pouf geuser , & âpres avoir Marmotté sur leur Chaplets ils font une priere qui est fer Compensée d une aumône , & quand ils n’est sont pas satisfaits § ils ont aisés d Êffronterie pour s’ën plaindre hautement* mmmmmmmmm X. DuRama&arìiòu Carême. C Ëtte abstinance prent le nôm de la Luné pendant laquelle , ils l’observent avec tant de régularité , quils ne peuvent boirez ínanger, fumer, ny même ódórer quelque fleur que lors que les étoiles doivent paróître áù Firmament à ils boivent premièrement Un péri dëaU disant aU nom de Dieu , le priant que leur jeûne soitaussy pur qué cetElemént, cela ne se fait qu aptes la priere , en súitte de la-- quelle ils font Un peu de colation, quils appellent ( ìftar) & demy heure âpres mangent á poiurpoí ntdêboutonné; Tes grands qui récitent ordinairement ches eux Cette priere dtt soir, font colation au paravant, & souppents en. % F0 T>u Ramazan, ou Carême. ensuitte; pendant ce temps les parents vslsiï quelque sens manger les uns ches les autres, Sc ía table des grands ne manque pas de piqueurs; lis épargnent toute l'année pour se b.en nounr pendant ce mois, croiant mériter d autant plus , qu’ils preparent de sortes de mets. Pendant le Ramazan il est permis tant aux hommes qti’aux femmes de marcher toute la nuit, pendant la quelle les boutiques font ouvertes ,8c pluíìeurs'Arabes cou têt,t pàr les rues, vendant des Confitures de leur façon; au commencement du Carême, les tapis des Mosquées íonc renouvelles, & une prodi-' gieuse quantité de Lampes y brûle depuis le loir jusqu’aumann, particulièrement sur les Mtnarelás, qui en ont leurs galeries bordées de trois rans, elles font couvertes contre les ini- vresdutems& il se fait toujours (aux grandes Mosquées ) quelque galanterie de Lampes représentant diverses Figures. Les femmes qui ont leurs ordinaires ne peu- vens jeûner a cause de leur impureté, & si quelqun commettoit (de jour) une action charnelle son jeûne ne vaudroit rien, ou s il avoit commise de nuit, ne s étant lavé avant le jour,l abstinance ne Iuy seroit d aucune valeur. Lss Malades & Voyageurs font dispensés du jeûne , mais ils font obligés d’y satisfaire , en autre tems, quand la commodité leur permet ; Ce jeûne est d une telle délicatesse q’un T) ft Ramadan* â Carême. j-f q un homme le remproit sil baisoit une femme au visage. Le vin qui est deffendú auxTurqs sous peine de péché,lest pendant le Ramazan, fous celle de lavie,laLoy commandant qu'il soit jette trois liures de plomb bouillant dans la gorge,de qui ferá convaincu en avoirbuí. Elle n est plus observée en de semblables ri- gcurs, car il y a deux ans q un Tuxq ayant été saisy dans les riies ou il faisoit mile infolances causées par le vin qu’il avoit beú dans les derniers jours du Ramazan, fût conduit en justice & blâmé du Cady,àe n’avoir pú attandre jusqu a la nouvelle Lune ,ìl répondit lavoir ve- ûée le jour précédent Sc qu’il croioit être hors du Carême, cette excuse quoy que peu valable fût receile, &: n eut que cent coups de bâtons pour fa peine. Ils s’abstìennent pendant iceluy, de tous jeux,chansons et débauches,& lesfem- cnes les plus débordées se contiennent Sc vivent modestement. Anfin c est un tems de saintes Lectures, Prières, Aumônes & auttrs bonnes Oeuvres. La cause de cette Abstinance, est disent ils, que Mahomet ayant été adverti par l’esprit de Dieu qu’il vouloir îuy dicter hQuetamzet-ou Alcoran , se disposa a le teçevoir, jeûnant la Lune pendant chacque jour de laquelle il en devoir reçevoir une partie Sc pour le respect detí á l esprit Divin alumoit plusieurs Lampes á feutrée de la nuit qui brûloint jusqu'au lendemain. ji ~Du Rama'^arh ou Caremé. demain, & ses repas finissoint, avec eííe, comme ils y avointcommancé* î/on sçait trop que l’Esprît qui dicta ÍAl- Corán fût le malin du Moine Sergius qui plain d’arnbítion, ordinaire áúx gens de sa force, ne fçachant comme la borner se servit de 1 Occasion suivante* Mahomet servoìt son Mona- stcre,&; étant un jour fort arrascé s endormit á ía porte ou on lùyávoit donné sa pitance,un áig.e affamé la sentant voltigent âu deíïtis dè luy peur la pouvoir ravir, Scainsy luy faisoit ombre de ses ailes &. le guárantífîoit des âr- deUrs du Soleil ; Ce qu ayant apperçeú Sergius y fît accourir tous íes religieux leur persuadant que M íhomet devoit être un grand perso nage ; fl sêveilia áleur bruit, & l’aiglé élevant ion vol sêloigaásans prùye,i’odeur de Cè corps vivant 1 ayant empêché daffronter cet homme tout étonné des compliments dë ces religieux, qui avec instance luy demandoînt des Privilèges & Exemptions de Tribut lors qu’ilseroitRoy de leur pays, Sergius le raffeu- íá, &í obligea d’interiner les Requêtes de ses Confrères par quelque Acte âútantìqUe jmais íe pauvre homme ne í^achant écrire se noircit ía nriairi d’áiicre & sappliquá sut une feuille de papier pour Signe de l’Accord qu il leiir fai- sbit des grâces requises* Le Maître Moine ne perdit point detems & fit eonnoître á Mahomet T obligation qu i íuy âvoif t>u katnazàn, ott Carênïè. i| atfoîtde l avoir mis en si bonne estimé, Scquê s il vouloir le croire, il deviehdroit en peu lê plus grand homme de son Siecle. Ce rusté flatté de ce discours s’Obligea de luy obéis l’aíTevrant qu’il seroit toûjours Maître des avantages que leur entreprise pouroit fairê naître ; Sergius luy donna un jeune Oiseau, Haav baba pere blanc, & luy ordonna de sac* coutumer á manger dans son oreillé, cé qu’il fît de telle forte quêtant devenu grand il trou* voit insipides toutes les viandes que la campa* gne luy pouvoit fournir, & chetchoit partòuê Mahomet pour prendre sanouriture dans fort oreille; Mais lorsqu il deúoitparòître devant les peuples abusés de fa renommée dé grand Prophète, il faisoit jeûner le dit Oiseau, qui á la veùé de tous ces aveuglés s’attachoit telle* ment du bec dans 1 oreille de ce Prophète delà façon de Sergius , qu’ils Croioint tous être Id sainct Esprit qui luy parloir, ce nouveau Le* gisîateur ne manquoit pas áufly de leur dire qu’il luy avoir révélé quelque Article de Foy (mais le tout de 1 estoc du Moine.) Il continua de la forte jusqu’a ce qu il eût déterminé un jour pour l’entierre & parfaite publication dé la Loy qui fût la derniere révélation de l’Oy* íêau qu il tuâ,afin que ne se voiâilt plns.lon crût que le sainct Esprit n avoir plus rien á dire. Les Oyseaux de cette espèce sont en vénération parmy les Turqs & ne les tuent pas,aufly ne C vaillent jy Dh Ramazan, ou Carême. ils nê vaillent rien á mangerais font de la gros. íeur& forme d’un Alieron le plumage blanc, la moitié de la tête 8c les ferres dorées, ils ont ïa nature des corbeaux c’est pourquoy il ne ne faut pas s’êtonner si Mahomet en a été tant aymé puis qu il êcoit une charogne & puant teigneux’, Les Turqs l’appellent comme say dit. ou bien Peghamber couche, Oiseau du Prophète. La perte de l’Esprit fût suivie de celle deSergius, j ay apporté tous mes foins pour íçavoir la vérité de cette intrigue , tous les Chrestiena du levant > particulièrement les Maronites qui font les plus anciens , disent que Mahomet fêtant rafiné á 1 école d’un si Illustre fourbe devint fourbe ederny Sc résolut la perte de celuy qui l’avoit fait Prophète, & Maître absolu de plus de trois cent mile âmes qui le croioint pour un autre mesie Sc Je dernier de tous les Prophètes á venir ; Il creuc qu’ilvoudroit partager se gloire 8c être ledi- recteur de ses volontés selon leur accord, est ne se sentant plus d’humeur á le vouloir souffrir, craignant que ce Moine a postât fe votant privé, de ses prétentions ne retournais á son Monastère 8c ned’êcouvrît le mystère, il résolut dc s’en deffaire, 1 Occasion sén présentétres belle, car ayantfait jeûner les peuples pendant trois jours pour se préparer á la réception des dernieres volontés divines , il Içs fît assembler dans une plaine ou il y avoir un puits tres pro- a et lia t.'! « at; CCS :vei M rea îat lof :eci rva con itte ci/e arc te;: C f i «S: pan tì. f ï)fìRamazan } ou Carême. // ^ profund, & Sergius qui avoit conduit le ne- ii t goce ne croioit pas s’étre choify pour Sépulture n S un lieu dans lequel il croioit confirmer fa for-», iit tune, car étant deícendú dans un réduit qui im êtoit dans la muraille du puits, pour ordonner « á Mahomet ce qu il devoit enseigner á ses Se- u ctateurs, & la confirmation de l’Alcoran, il dît | á ces peuples que l’Esprir de Dieu luy avoie M révélé vouloir faire entendre sa voix du pro» | # fond des eaux , & lecouterent jusqu a ce que y TEfprit n’ayant plus rien .a dire íè perdit effe- K ctivement, car Mahomet commanda á tous nj lejs acistanrs de combler ledit puits de pierres i|j ou de terre afin qu’il ne pût tomber aucune I chose immonde dans un lieu fi saint,ce qui fût ^ exécuté fur le champ par un peuple de la plus servante dévotion. Ainfy Sergius reçeút la ,,, recompence que meritoit une si pernicieuse j; entreprise, & Mahomet fût délivré de la crain- te de fe voir un compagnon, & fe rendit ga- « rant de la Loy,diíànt que si Dieu les reprenoit J au jugement de quelque chose de mauvais en ,, icelle, ils devoint s en prendre á luy comme á | t leur caution, jugés de la validité de la garantie ji de cet Illustre imposteur. s Ce jeûne a une autre raison plus plausible» k qui est que Mahomet ayant perdu un chameau 1( le premier de la Lune du Ramazan , le chercha j tout le jour fans manger qu’a l’entrée de la . nuict pendant la quelle il allumoit plusieurs C i Lam« $6 Ou Bahiram , ou saque. Lampes & fît de grandes prières, & continua le même pendant tout la dite Lune car il ne trouva ion chameau quau premier jour de la suivante & fît trois jours d’allegreiTe. Ib fin la k û XI. Du Bahiram, ou Paque. C ''! Ette Fête ne se célébré qu a la vefle de j la Lune dont elle porte le nom, & pour la mieu x découvrir plusieurs Officiers desMofc quées montent furies Minarelds, 8 c l’ayant ap- perçeíiée en advertissent le Moufty, qui le fait annoncer á fa Hautefle & á son grand Vizir, qui’ font des présents á ceux qui lont veíiée les premiers, & ordonnent qu’rl soit tiré plusieurs coups d’Artillerie pour advertir les peuples que la Fête fe célébrera le Lendemain ; Iî rfy a si pauvre qui n’aye quelques bardes neuves pour ce jour, & quelques jours auparavant tous les Grands fe vont (en Cérémonie) fou- haitter les bonnes Fêtes, & le propre jour tous les Vizirs & autres Officiers de la Porte , fe trouvent en Pompe auSarrail,d ou ilscondui- íènt faHautesse ála Mosquée, &I y reconduisent âpres la priere, avec fe même Ordre, que celuy de îa marche ál’Armée. Arrivés air Sarrail îe Sultan ambraíce le Mouftyíte, le grand Vizir, les autres luy baisent h sac si» îa :s J ram ire ies ur: :s p stri s/o co W ïffei tnvs Du Bahiram, ou Pâque. lt la main âpres trois profondes révérences; Les n Eunuques noirs & blancs, les Cappigis baJ)ys f i Moût apiiur agas , Chtaoux , 8c autres principaux Officiers domestiques se trouvent aufíy dans la Sale, ou les Ambastadeurs ont Audience, 8c | s agenouillant baisent le bout de la manche de sa veste. Ce qu êtant finy, les Vizirs se retirent chacun avec lâ Cour & le Grand est conduit par les Moût aphr agas & Chiaoux du Sultan âpres avoir tous été traittés auSarraíl, comme aussy I les Jannistaires qui ont bordé les rues ou le II grand Seigneur a passé allant á la Mosquée , n • les valets 8c Esclaves font habillés de neú ,& | reçoivent la bonne main de leurs patrons, les 1 parents & amis se font des présents recipro- ' ques, &au premier rencontre pendant les trois- 1 jours que la Fête dure, ils se salvent se prenant 1 les mains zndifant Babiram goutlos , 8c les plus * Civils beatri chéris, bonne Fête, les jeûnes gens I fans barbe, & les femmes, se baisent 5 Ils font i des pains couverts d’annys & d’amandes,qu’ils " distribuent á leurs parents 8c voisins. Enfin K ces jours se passent en réjouissances, 8c visites; ® 8c comme un chacun reprens les mauvaises jí coutumes qu il Javoit laissées pour mieux & 1 plus digniment observer le Ramazan (particu- i lierement ceux qui boivent du vin.) Il est exil prestement deffendú aux Chrétiens, & Juifs, d’en vendre pendant ces jours, crainte des que- í relies aux quelles les Turqs font fort sujets J C i quand 1í j J Im Bahiram, ou Pâque . quand ils ont Chopiné, Sc comme cette Liqueur n est alors deffenduée fous peine de la vie ceux qui y font accoutumés la recherchent avec une incroyable passion; Il y a deux ans q un Turq ayant bú du vin dans les derniers jours du Ramazan, étant menacé de mort, & jfeverement repris de n’avoir pú s’en abstenir pour si peu de jours, répondit qu’il y en avoir deux qu il avoir veú la nouvelle Lune, & en fut quitte (avec cette reponce) pour quelques cous de bâtons fous les pieds. Le Sultan & ses Officiers allant le jour du Babiram á la Mosquée font vêtus comme lors qu'ils sortent pour ailerálagUerredela quelle l’on a Indice, par le Sourgoache , ou les Aigrettes de saHauteffe,les pointes defquellesrenversées furie visage, la dénotent, &si elles Je font fur la tête,signifient la paix, je parleray des habits de Cérémonies au Chapitre de la Sortie du Sultan pour F Armée. La raison de cette Fête fë tire de celle du Ramaz.au, pour célébrer la mémoire des trois jours de réjouissance que fìt Mahomet âpres avoir reçeú la Loy,ou trouvé son chameau; d autres disent que cette Fête fe célébré en mémoire de fa mort ou naisiance. Il y a un autre Babiram appelle Cmcbouq ou petit, qui fe folemnife septante jours âpres le grand, il est autrement nommé le Babiram des sacrifices, ou celuy des Agiíar, ou pèlerins, qui s ce ïi U Tki Bahiram) ou Pâque. 3$ i a ce jour se trouvent tous au lieu ou Abraham voulut immoler son si Is Isaac, & âpres y avoir j fa it leurs prières descendent á la Mecque , ou ils j font le Narnae de ce jour & enfuitte sacrifient I des moutons chacun selon son pouvoir, ce quï \' s observe par tous lesTurqs a moins qu ils n s i| foin t fort pauvres, & en distrubuent la viande >i á leurs voisins & aux necessiteus. Les mêmes í Cérémonies de la grandeFéte,s'obfervent en í celle çy, mais elle n’est precedée d’abstinance» j Les Turqs hommes,femmes &adolessanrs, s t ce Babtram íònt obligés fous peine de péché de k, donner aux pauvres la dîme de leurs revenus, - (ce qu ils font ordinairement aux honteux) \ le pris du bled réglé cette obligation j Car 1 s il se vend un Leu la mesure,ils deuront don^ ! net un de cent, & si deux , ils doubleront leur aumône. XII. De la Circoncision 3 ou Shounnet. C Et ancien Sacrement est del’Essancedt* Mahometisme avec cette restriction, que si quelq u n avoir ie prépuce naturellement rabbatú de dessus la glande, tellement qu’il ne peût être tiré par dessus pour le coupper 3 il pou- ïoit être diípencè de cette Loy. Quelques re- C 4 negats 4» De la Circoncision, ïiegats Lc même des Turqs naturels ont pre- tendu pouvoir s’exempter de ce Mystère, scause de la douleur qu il fait á ceux qui le re- | coivent , disant que la Circoncision de cette partie,êtoit par Cérémonie,ou acause de la net* tecé requise au corps pour faire la priere, & qu ils selapouroint maintenir pure, ôtant les ©rdures qui damassent ordinairement dessous j Mais cette opinion a été rejettée avec punition de ceux qui la tenoint,&les incirçoncis font appelles tnortats , c est á dire, n y Turqs n’y Chrétiens & les Autheurs de semblables ex- ! ce.ptions font nommés TUpbafis,o.u Hérétiques* Ils croient que c est la marque de la Loy, & par icellesont tecognús les corps de ceux de leur Foy,& séparés des Chrétiens qui font laissés fur le champ sse bataille Lc les 1 urqs enterrés. Ils font ordinairement Circoncire leurs sils i liage de dix á douze ans, il n’y a pourtant point 4e tems déterminé comme dans le Judaïsme. Les grands font des Festins magnifiques & je'n'oubhray pas ceux qui furent faits, j il y a deux ans, pour ia Circoncision deSulta» Moufìapba fils aisné de saHautesse ; les Moins commodes, ou tout a fait pauvres, attandent l'Occasion des riches & puissants , qui ont á gloire que plusieurs enfans foìnt circoncis á leurs frais & déports , & en Compagnie des leurs, Lc pour «acquérir plus destime,âpres les avoir proprement revêtus, les régalent «ncor© ncoH us fi iode: ests qit ami) sali qui M «en M MI Un jpai pet ce q duc fiw i fer U n I les i -mo : étai P» l l enfa i veto | don ' iun cu Sbounnet. 41 pi encore de quelques présents. Ces jeûnes en» 1 fans font parés de dorures, & de bonnets en broderie de Perles &C autres Pierreries, couverts d’aigrettes, ils font montés á l’avantage &. promenés par la ville au son des trompettes tambours & autres instruments,puis conduits su lieu destiné ; l’on fait Festin aux conviés qui font quelque régalé aux enfans ,enfuitte de quoy un Imam , ou autre homme de la Loy, les prêche Sc leur en fait cognoitre la grandeur, & de ce Mystère qui en est la marque, le barbier n’oublie pas de les caresser, & lexhorta- tion finie il s'en approche, & fait tenir au devant un rideau par deux personnes, il prent le membre 8c tire le prépuce le plus qu il peut pardessus la glande 8c le ferre avec un fer dépérir que Iç rasoir n'y touche, il couppe tout ce qui passe le dit fer Sc fe met la piece au bout du doigt,criant comme un perdu, alla,alla. plusieurs fois en signe de rejoûissance ; toute l as- semblée fait suivre ses acclamations accompagnées de mile vœux, le Maître ouvrier pensé les playes des patients y appliquant du ver; moulu & d’autres semblables drogues pour i étancher le sang, puis un chacq’un (ayantcon- * gratulé les circoncis, de leur entrée parmy les enfans de la Loy) fe retire les laissant bien souvent criant de toutes leurs forces acauíè de k douleur que peut faire une semblable blessure s une partié si délicate, & particulièrement C $ sìls jfa De U Circoncision , s’ils íbnt âagés, les femmes font aussy bien invitées áces Festins,que les hommes, mais elles font dans des lieux séparés (pour la raison que je diray en son lieu) & si les circoncis font jeûnes ils font menés dans leurs appartements. Lors qu ils veulent circoncire quelque renégat, ils le promènent par les rues avec les mêmes Cérémonies que ;y dessus, ils (ont feulement distingués des autres , par une fléché qu'ils portent á la main droitte élevée, le fer en bas, le second doigt êtandú dessus ; & s‘il n est pas riche , outre le parain qu il auroit choify & qui fait toute la dépense ordinaire, quelqun de la Compagnie porte un baifain pour y reçevoir les présents que tous les Spectateurs ne denient pas en de semblables Occasions, ou ils se trouvent voluntiers par un principe de zele & de pieté. Cette blessure est si peu mortelle que je visa K.amìnìcfky< (âpres fa prise) quelques Almands fort âagés, qui pour se conserver le peu qu'ils y avoinr, se renièrent, & furent circoncis fans être attints des moindres Simptomes de sieiíre. Sultan Mahomet aujourd’huy régnant en fût fort malade son sang ne pouvant être étanché, ce qui fit la fortune d un Barbier de Constantinople nommé Cafom qui bayant arrêté, dans le terris que les plus habiles gens avoinr en vain appliqué tout ce que Fart leur enseigne, surfait pacha, Sc épousa ensuitte un sœur de SB M I® ; Nl i f !|Li il k i fe ! lìf ; Jí !.sir j sot î' f f i ! i r h k JDI tlí ati h m Shounnet. '43 fa Hauteffe, cette Dame avoir procuré la mort de quatre Tachas, (quelle avoir eu pour ínarys) parce qu’ils n’avoint pú satisfaire á f appétit qu ils luy avoint excité, la force d un homme netant pas baftante pour rompre un Cahrn» quelle avoir au travers du col de la matrice; Le maître Barbier ayant été informe de cette baricade luy dit que si elle vouloir être satisfaite il falloir qu elle souffrist un coup de Bi- stoury pour lever l’obstacle de ses plaisirs, elle n eut point de répugnance de consentir & de suivre un conseil si salutaire, & se volant, pat son opération, jouyr de ce qu elle avoir désiré dune passion si violante, que ses soupirsfai- soint asses cognoître qu elle ne respiroi que feux & flammes, elle s’abbandonná entierre- ment á goûter ces douceurs , dont elle a témoigné une obligation tres particulière, ace Tacha, Barbier , qui mourut en mile six cent septante cinq, gouvernant la Province de Ser- rim, il en a eu trois enfans & sept de diverses Ódalsques, ou Concubines, cette Princesse a été remariée á fambalat oglou, rapelíé ácet effet de la vice Royauté du grand Caire. Les Garçons incirconcis né peuvent aller á la Mosquée pour y faire la priere avec la communauté, auffy ne font ils pas (comme les autres ) obligés foubs peine de pêché de la faire, aeause de la raison que f ay dite, de la nettetés ils portent les cheveux longs, trèfles par de°- ritíce 44 Dttu LMariage . D jaàráçoné, couverte dune étoffe en broderie depuis les pieds jusqu’á la tête qu elle a ornée d une guirlande 8c d’aigrettes. D’autres pour plus grande Pompe conduisent les Mariées avecuncortegedecarossés (ála modedu pays) qui íbiit proprement des cochés couverts dé drap rougèjSc eh cet ordré elles entrent au logis de leurs Marys qui ne s’y peuvent trouver, si non dans les appartements du dehors ou ils traictent leurs amis, Lc le soir venu Ces hommes vont ensemble á la Mosquée, & á lasin dè la priere commune, il s en fait encore deux versets pour les époux,énsiàté de qUòy l'imám & toute l’affemblée précédés des petits garçons de la paroisse (dont quelq’uhs portent dès cierges allumés) priant hautement pour le galant; le conduisent á se porté ou on íèur donne dú Sorbet á boire ,8c âpres les Prières de ílmam lé plus proche amy du nouveau Marié le poussé dans le logis, puis un chacun se retiré, le même s’observe s il doit aller demeurer thés fa femme , qu il trouve dans le coin dîme chambré Couverte d'un Voilé róugè j Lc s’approchant d’elleia salue, ellele rëçbit par uné inclination de tête luy marchant sur le pied sans parler, il ía prie de se découvrir ; cè quelle laisse faire âpres quelqués résistances ; LC des promesses d’esclaves ou de queîqu'autrë présent ; 8c étant découverte rie parle qu’apres lés mêmes engagements de parole pour dés régalés cònfide- D râbles p DuCMarìage, râbles ( qui ne se donnent pas, car c est feulement une Ceremonieen usage) elle commance faïBtsmiUa,iLU nom de Dieu & âpres quelques Caresses ì’êpoux fait deux versets de Nâmœs, puis se met á table avec sa chere moitié, qui mec deux pigeons en pieces , & s eu mettent réciproquement dans la bouche. Uya ce pendant quelque eonfidantequi fait leur lict, &ia Dame déshabillée par son Mary,se couche, & deux Bougies de cire blanche ìes éclairent toute la nuict, le lendemain á leur levé elle donne un chemise & des calçons á son Ma- ry,une ceinture &une bource, qu’elle neluy prefente pas vuide si elle a dequoy, & si son époux a sçeu luy fournir des sujets capables de l’en faire aymer ; C’eft alors que les vefues font obligées de donner/ âFttrà/ á leursMa- rys (sielìe est comme j’ay dit, la premiere quhl préne pour femme) & âpres s’être habillé il vat se laver aubain ou il deffraye ses amis qui s’ytrouvent avec luy. Il se retire en suitte dans son appartemét ou fes plus familiers & voisins viennent le congratuler, & luy dire bonpro, ils mangent de compagnie des pieds de moutons á la vinaigrette qui est leragouxdont l’on restaure ceux qui font débilités par quelque ec- ces, les Dames amies & voisines font le même avec la nouvelle Mariée, qu elles interrogent fort librement des caresses qu elle á reçeú la nuict precedenteÔC si «Ile a lieu d’espcrertou- bu ïj^dariagt. . si res fortes de satisfactions, a quoyelle ne mangue pas de répondre avec toute l’amplification que luy peut faire déployer fa Rethorique & l’ambiuon detrecrûebien Mariée. Ce Mariage se peut defaire quand il pìaist á l’homme, il y a quelques années que les femmes le pouvoint auflyalantdevantleCdíátj.oiï juge,luypresentent (sans parler) leurs cbes, ou pantoufles renversées, ce qui signifioit que leurMary, leur avoit voulu faire tourner le feuillet, & fur le ferment qu elles faífointde cette injustice en êtoint séparées, mais un .juge plus prudent & adroit que ses prédécesseurs ayant recognú les grands abus qui arrivoint de cette liberté, & que le crime n’étoit que le peu d’amour des femmes, pour leurs Marys quelles cheriísoint peut être Moins que'dau- tres,ou en aimoinc le changement selon la coutume du pays) fit fesremontrances (au Moufty ) fur cette matière, & par son decret elles ne sonc plus admises áde semblables pleintes, ce n est pas quelles leur foint deffendues, mais fans ìaûeu du Mary il ne si rend plus de sentence de divoríe. L'hom me peut absolument répudier sa femme, qnand bon luy semble, en luy disant Befcke bol hendé, sois libre de moy,&cé en présence de deux témoins, il doit luy payeï la dotte dont leurs Procureurs font convenus en faisant le Mariage , il faut auffy qu’il luy donne une nouriture, convenable á la per- D z sonne, jz DuiManage. sonne, pour nonante jours pendant lesquels ellenesepeut marier á d'autre,craintedegro- soste des faits du premier; s’ils ontdesenfans la mere doit & peut les tenir jusqu’a l’âage de íêpt ans,avec la pension que la justice ordonne au pere de luy donner,ils en conviennent quelque fois á 1 amiable, un homme peur épouser & répudier trois sois Une femme; mais âpres cette troisième qui est appellée Utche dalaq, il ne peut plus la reprendre quelle n’ayt été remariée á un autre, & avoir auffy demeuré nonante jours âpres en avoir été répudiée ; mais lorsqu ils Cè veulent reprendre âpres une troisième séparation, ils trouvent quelque pauvre Viellard aVéc lequel il traictent pour épouser la Dame, á condition de la répudier immédiatement ápresíànsla toucher, moyenant quelqu’ argent qu’on luy promet, & le Mariage ayant été conclu dans les formes ordinaires, il est conduit k íâ maison, á petit bruit, & se couche avec elle sut un lict, l’Imam & les témoins attandentau dessous, ou á la porte de la chambre, Scl’interrogent s il a consommé son Mariage , il répond ordinairement que otìy, mais il s’en est trouvé âufquels les femmes âyant refusé ceqtìi në íë denie pas á un Mary, ont répondu que non, & ont été obligées de les satisfaire & même dé vivre quelque rems avec eux, né Voulant répudier des objets si aytmblês que le fort leur avoit mis entre mains* n i « : á !ï l n u n 11 \ ! ti ii et n it ;r ei k m 10 « í I Du f JMarìage, ' ^ mains , & oubJiont les obligations quils a- voint de les laisser,par les Serments quils ep avoinrfaìt dansléurtraicté. Les biens ne font pas communs enttel’hom» me &la femme,le Mary est obligé d’entreteniç fa famille fans l aide du revenu de fa femme amoins quelle n y consente, il s’en est trouvé qui les ont fait emprisonner pour de Vargent qu elles leur avoint prêté, & bien íouvent les misérables noient les répudier ne se trouvant en état de pouvoir payer leur Niquiat , ou dotte qu elle peuvent quitter au Mary , mais elles ont droit de retour. Si 1 un ou Vautre meurt le survivant partage avec les enfans s il y en a d’un autre lict, saris qu ils en ayent eu ensem- ~ble , mais s ils en ont est ils n’heritent rien - amoins qu ils n’ayent sorveeií au pere ou á la more, car s’ils font morts auparavant, le§ biens retournent aux parents du Mary, ou de la femme sens que l’un hérité de Vautre. Les enfans qui naissent des Odaliques y ou Concubines sont en toutegaux á ceux qui naissent du Mariage, lesTurqs les épousent quelque fois, ou leurs donnent désMarys avec quelque dotte &des meubles suffisants ; Elles peuvent être ven- duées de leurs Maîtres quand elles n en ont point eu d’enfans, mais âpres les avoir épousées ou fans ce, si elles ont seulement été enceintes de leurs faits, quoy quelefruict ne soit pas venu á terme, elles ne peuvent plus être D j vetî< Du ^Mariage. vendâêes, pourveu qu il y ait quelques preuves du fait. Les Ottomans peuvent avoir en même tems cinq femmes au Niquiat , ou Mariage, & des Concubines tant qu ils en pou- ront achepter & que leurs revenus permettront qu’ils en entretiennent & nouriiTent , toute foisquoyquils ayent lapoligamte ils ont fort peu d’enfans, j 'en attribue la cause (âpres Tordre divin) á la Sodomie,íï communeparmy eux que c’est un espece de crime & d’insamie de n y pas être anclin, ils peuvent épouser leurs parentes au premier degré & un peut prendre la femme de son frere ou la sœur de sa femme, pourveu que le deffunctou la deífancteait été laine, les femmes appellent ordinairement leursMaryság^îs,Monseigneur & elles font re- ciproquemêtappeîléesy atweum, Kadeneum, mon cœur, Madame,elles ne peuvent sortir du logis fans leur permission, & si elles leurs disoint quelques injures,ils p-ouroint les faire battre en justice ou elles les peuvét faire reprandre quand elles en font makraictées áoutrequidance. «W XIV. - Des bonnes Oeuvres. i D Ans ce que j’ay écrit des Prédicateurs, j j ay fait mention de quelq’unes des bon- j nç? Oeuvres des Turqs, toutes les Actions mo, í ■ ; • raie- | Des bonnes Oeuvres. s S râlement bonnes sontparmyeuxen ttesgran- de recommandation & fon t estimées de grand mérité pourveu quelles fe fassent au nom de Dieu. La superstition y est tellement en, vogue, que même ils croient être péché de tuer un poux ou une puce quand ils les mordent, plusieurs d’entre eux croient la transmigration des âmes, & ont un foin particulier de ne mal- traicter aucuns anima'ux crainte d’inquieteC l ame qui les anime qui peut être celle dequel- q’unde leurs plus intimesamys ou proche parents 3 il rsest pas de moindre indulgence de laisser aller les chevaux entiers, trois fois fan auxGavasses,ôter les pierres duchetnainpouc empêcher les blasphémés que pouroint faire ceux qui s’y choqueroint, ramasser les papiers qui se trouvent dans les rues & les mettre en lieux honestes de crainte que le nom de Dieu y êcant écrit il ne fût prophané par quelque chose d’imtnonde , j en cognois plusieurs qui portent toujours un sac sous leur veste poux les y mettre, & les conservent avec dévotion, faire des prières voiant la nouvelle Lune rendant Grâces au Ciel de la refaire paroitre suc leurEmisphere,nourirles chiens,&ne point incommoder les chats á l imitation de Mahomet, qui couppa la manche de fa robe , pour rsen pas éveiller un qtìi s etoit endormy dessus, prononcer souvent le nom de Dieu, ÔC réciter la Confession de Foy,lire l’Alcoran, prier pouc D 4 leí $á Des bonnes Oe-uvres. les morts, donner de seau á toute forte de bê-. tes, 8c mile autres choses semblables font réputées méritoires & de tres grande valeur tant pour futilité de vivants Lc pour leur attirer I 4 bénédiction deDiçu, que pour le soulagement des âmes qui souffrent, ils croient que leurs Oeuvres les justifient, 8 c que par icelles ils s acquièrent l’éternité bien heureuse,á la quelle la seule Confession de p oy ne serviroit rien, Lc seroit morte íï elle n'êtoit animée par des a- ctions dignes d un Musulman , ou fidelle. Ils, tiennent que donnant á manger aux chiens, aux chats & aux poissons qui font dans la rivière,ils soulagent les âmes de ceux pour les quels ils font cette Aumône, & si c’est pour les vivants, qu ils font par son mérité préservés de malheur ; Us adjoutçnr-grande Foyaux songes &C font fort exactes á se les faire expliquer, par des gens qui se mêlent de ce Métier, & qui ont des livres qui traictent amplement de cette Matière raiveuse*, Lors qu il font en quelque fâcheux songe, ils font incontinant quelques Aumônes ou Sacrifices de moutons, il font le même âpres avoir évité quelque denger, cela se pratique aussy pour ceux qui sont en voyage , á 1 Armée, ou attints de quelque Maladie, les personnes á Marier n oublient pas d’acçom- pagnet leurs vœux de íès Ceremoniés, pour obtenir un partis avantageux & selon leur inclination. Lors Des h&nnes Oeuvres. s? Lors q’unTurq monte á cheval pour quelque grand voyage quelq’une de íes femmes ou esclaves jettent un sceau d’eau fur les pieds de fa mouture, & avec quelques prières qu elles y adjoutent, elles croient que cela ferá qu il n’y aura non plus de difficulté, que cette eau en á eu á couler. Ils tiennent tous les evenements humains provenús par la prédestination qu’ils admettent austy enfétde salut moyenant les bonnes Oeuvres j Lors que quelque perte leur arrive ils disent que c’est un fruict de leurs péchés qui avoint mérité un plus grand châtiment 8c quelque funeste accident íur leurs propres personnes, mais que Dieu flêchy par leurs bonnes Oeuvres, la envoyé fur leurs biens ; C’est pour quoy âpres tout ce qui leur arrive de désavantageux, leurs amis les consolent de ces malheureux accidents, en leur diíànt Bafche sagos- sum, que vôtre tête soit faine. Je ne crois pas qu il y ait fu perstition egale á celle des femmes Turques & elles croient leurs sottises pour des Actions de la plus rare pieté} Lorsque laLu- ye est dans son p!ain,elles jettent dans la riviere ou dans la mer, des requêtes áDieu pour obtenir quelque Grâce, elles y font instance pour la mort de leurs ennemys , & pour lobtenir avec plus de feureté, elles font lirel’Alcoran á rebours par un J?»*»?» qui s’êtant jette de I’eau Rose fe parfume avec du bois d’Aloés avant D 5 que j S Des bonnes Oeuvres. que commancerde travailler á la destruction de son prochain ou plûtost augain de largeur quiluy est, promis pour sa peine, ce sexe n oublis rien pour se satisfaire, & toutes les plus noires magies font des galanteries parmy elles, les devains font leurs Otacles,& elles donnent une entire Foy aux supputations des Faines, 8c atout ce qu’on leur Pronostique pour quelque evenemenc, 8c croient que les augures font inspirés de Dieu fous le bon plaisir du quel toutes choses arrivent: Les bons Musulmans disent toûjours^í/líí bûir. Dieu íçait si cela arrivera, ou bien Ichutla, s il plaist áDieu, cela ne ferá pas, ils observe encore en bien des endroits,q’un homme feroit puny de quarante coups de bâtons fous la plante des pieds, s il avoir dit il pleuvra ou non, fans la restriction du vouloir divin , ìly a quelques années qu un renégat nommé Mouftapba ejfendy , écrivit en langue Turque un traicté des cieux, il fût condamné á mort & exécuté pour avoir eiì la témérité de croire qu il cognoiífoit ce qui est du refort divin , Lè pour avoir voulu penetrer jusque dans I’habitation des Dieux. Cette soumission aux voluntés divines est toujours comme j’aydit, accompagnée de quelque cause seconde, que les femmes particulièrement, croient avoir une vertu & puissance que Dieu laisse operer par son concours; J’en ay cognu une d zBel- gttïie fur le Danube, qui ayant été épousée par up ï sc fât t jjsoi ;« b [vi M he Des bonnes Oeuvres. jp un Jannistaire,ìe suivit en Andrinople, ou elle en fut répudiée, & prise en seconde nopcçs par un huylier avec le quel ayant vêcú deux ans en fût aulsy laissée acause de quelques inivres quelle luy donna, elle se,retira la nuict suivante cires une Dame, Lc dans la chambre qui luy fût donnée pour coucher , elle mit au feu un pot avec de la poy & des doux St joignant aux bouillons de cette Matière des paroles qui me font íncogniiées, il se fît un tel bruit dans la chambre q un Esclave Italien, qui a du depuis été mien, & servoit la Maîtresse de ce logis, fût contraint d’y accourir & enfonçant la porte cette femme jettá son pot par la fenêtre, & le lendemain á la pointe du jour le repudieury vint la priant instamment de le reprendre pouE Mary , á quoy elle consentit âpres quelques heures de répugnance dissimulée, pendant les quelles ce misérable êtoit si cruellement violenté d’amour pour cette habile Maîtresse qui! en seroit mort si elle n eut eu du tendre pour luy & plus de passion véritable qu’il n en avoir ds forcée, les Turques ont de certaines écritures quelles portent dans leurs cheveux quand elles doivent aller en justice, elles les croient de vertu suffisante, pour leur rendre les Juges favorables. íl y en a d’autres hommes Sc femmes qui étant plus religieux ne se servent e'n toutes occurances que du jeusne & de la priere 3 & font tout ce qu ils croient être de pieté & dévotion â De IdJuJUce, votion pour Sattirer les grâces duCiel 8c éviter lesEffests de son couroux. XV. U C UtiCCj. L Es Ottomans la croient établie parl’Or- dre de Dieu & pour ce subjet l'ont en telle, vénération, que si quelq’un refusoit d’y aller y étant appelle par celuy qui se rendroit sa partie, il ternit déclaré Dgiabour ,ou infidelle, & sa femme séparée de luy. Les Officiers de fa HauteiTe peuvent ( fans danger d’encourir les peines sûdites) refuser d’y aller, si leur partie n’est munie d’un Boujouvdy ou commandement de la Porte avec un huissier pour les y conduire, les Cbtaaux du Divan, ou Conseil (qui sont ceux de saHautesse) font pour les exécutions, des personnes de Marque comme Pachv, Beigs, Capptgys Bacbys , Moutapbaragas , Sphahis, & contre ceux du corps des mêmes cbiaoux, il n’y a point de force qui les y puifle contraindre fans ces circonstances, les Empereurs Ottomans ayant donné tels priviliges á ces Sortes de Mrs. les Capy Kiajas,o\i Lieutenants des Portes du General de lìnfanterie conduisent les Janniffaires devant luy, 8c si leur ProceS est àvec quelq’un qui ne soit pas de leur corps, st |es renvois tous deux par devant les Juges ordi«ç De la 'fujlice. Si (ordinaires, mais fi les deux parties, íbnt de fa Milice , il prent cognoissance de leurs causes & les juge. Les ou Juges, ont des Valets nommés Cboadars, qui exécutent les gens fans employ,mais de quelque considération, il y a d'autres petits recors pour ceux de la moindre condition ; mais si quelq’un étant cité dans les formes ne vouloir comparoîcre, l’on a p- pelle f imam avec la Guarde du quartier , & âpres avoir averty les femmes du rétif de fe couvrir le visage, ses Portes font enfoncées ÔC il est conduit en Justice , ou en prison jusqu’ au lendemain, si c est de nuict qu’on le prene. Les mêmes formalités s’observent auffy pour les femmes, qui peuvent être exemtées de la prison nocturne, par la caution d’un homme valable, qui s'obligeroit de les reprefenter toute fois & quantes que les parties lademande- roint. Je veux seulement traicter içy de la Justice me réservant á parler de fes Officiers dans son lieu. Les parties comparoislant devant le Juge le demandant est interrogé de ses prétentions, aux quelles son contraire rêpont par affirmative ou négative; 8’il fe confesse redevable ou criminel il est sans resource condamné sur le champ , s il nie les demandes ou faicts allégués contre luy, íl faut que fa partie produise des preuves valables & suffisantes afaute de quoy elle est debouttée^ de ses prétentions, fans retour z Avant qu’admettre les témoins Ó2 De la Justice. ledemandant requiere queserment soit don* né á sa partie, qnelq’uns refusent de jurer demandant que preuve soit faicte, &quoyqu’ils jurent,fi deux témoins se trouvent prouvant ie contraire de ieur serment il ne leur sert que d’infamie & sont condamnés ,au même moment. Les témoins peuvent être récusés s’ils sont Ennemys de íaccusé , ou domestiques & parents du demandant, s’ils êtoint auffy dune même Cour ou Service iis nepouroint témoigner en faveur de leurs Patrons ou Camarades, mais bien contre, les Janniffaires , Bouchers Revendeurs , Crieurs devantes , Marchands d’Esclaves & autres semblables peuvent être récusés, & leurs preuves font sensées invalables acause du mensonge qui est Presque inséparable de leurs Professions. Ceux donc qui peuvent témoigner étant interrogés du Juge s ils font témoins contre l’accusé, ils répondent que, ouy,& jurent de cette Sorte des faicts allégués contre luy, Vatia PebìHabe kelamzet aqui - che, par Dieu & un Dieu seul &par la pureté del’Alcoran; La Sentence n’est pourtant rendue sur ce serment solemnel que l’on naît preuve de la vie & meurs de ces témoins ; Le Bombachir, ou Huyssier qui a conduit Iaccusé en Justice est envoyé sur les lieux pour prendre information de la probité des témoins,amoins quelle ne fûtcognue s & âpres son raport, Lc le rigou- De la Justice. âj rigoureux examen qu’on leur fait touchant les poincts de laLoy& particulièrement duN*- mai, l’accafé est condamné félon le mei ité des faits prouvés contre luy. Le demandant doit payer les frais de sOoget, ou Sentence, qui montent á quarante Sols, & fi la cause est pour d..btes le Bombacbw, ou Huylîìer prent un de dix silestc inaoux de la Porte, pour les autres Sergents & Recors n’ont quedixafpres pour une exécution,le condamné estTraicté selon le bon plaisir de sa Partie il faut qu’il le satisfaite sur íe champ,&ne peut pas l’obi iger á prendre caution ; si le cas est criminel le prévois s en saisy & le faict conduire parmy les autres scélérats jusqu'á la premiers exécution , car on n’en fait guiere pour un homme seul. Les Pachas & Officiers de fa Hautelïe font attestés chesle Chtaeux Bafcby , les autres font conduits aux prisons communes ou ils doivent être nourris de ceux qui les y détiennent, les Janniffatyes ont leurs prisons au palais de leur General, ou ches leur Oda&afcby, ou Lieutenant, les femmes emprisonnées pour debtes font miles avec celles de mauvaise vie dans une prison particuliers, ou leurs galants les vont voir, & payent unSol pourl’entréedela prison, elles n’obser- vent pas laLoy dans ces lieux car elles y font 1s visage tout découvert, shonêteté ne permet pas dé dire ce qui se commet par les barreaux de la Chambre o» elles sent renfermées, Je Sous- f í>4 De lajustke, SousÙaschy,oùFiCcû les en peut delivrer quand il veut, & s’il s’y trouve quelqu’un qui veulle payer le Tribut qu’èlles donnent ordinairement á cet Officier , ils en pòuront disposer pendant trois jours fans crainte d être pris, mais Ce terme étant expiré, ils seroint affrontés, les criminels sont dans un lieu á part aux fers 8c aux fceppes. II n’y a point de partialité dans la Justice* elle est également rendue aux Chrétiens 8c Juifs,comme aux Turqs,qui peuvent rendre témoignage contre ceux d une autre croyance, qui au Contraire ne font pasreçeús contre les Musulmans qui peuvent êtreappellés en justice parles Dgiahours ainsy nomment ils les Chrétiens , 8c par les Chifòuts , ou J uifs, qui font re- çeús en témoignage les uns contre les autres* Les faux témoins íont maintenant si communs en Turquie que le désordre qu’il Causent n’est pas concevable,il s en trôtive de toutes fortes pour cinq Ecus ; ils font punis corporellement quand ils font découverts, mais s’ils ont été reçeíis , leur témoignage est valable , Lc la Sentence renduée en vertu d’iceluy est exécutée, quoy que pour mort d’homme, 8c si ces scélérats venoint déclarer leur faufceté 8c 1 innocence de l’accufé, ils seroint pûnys,mais luy non obstant exécuté la Loy le voulant ainfy. Les Sentences des cadts 8c même celle du VU fn4x.m, qui est le premier juge delEmpire Ot- tomartj a j # ; iti í ÍS h íc Pi h ír ! iU j!j JB ui bi hí ot ac y et M. I 1“ j :rc ! ■ ut 101 àft jiit m at i) e la jujíicë, 6 $ st ióman, peuvent être annulées par lePbetpba d u ït Moufty , du quel vous lires la force dans la, ® suictedéces remarquesj& lastìivanten’estpas fy des moins considérables , montrant combien ip la Justice est en vigeur parrny des gens que I on I Croit énnemys du contraire. Lìn jugeaccom- iî pagne le tíLourtdfip Ágâ, qui est celúy qui taxe les vivres,& trois fois là semairte précédés d’une ! Vingtaine de KaUlòukgis^ oU Soldats des corps de lîi Guarde j & suivys des poids & balances ávec ni ìè porte, fàlakdì OU bâtons pour ptinir les cou- K pables > ils visitent les étaux: dès boulangers, if bouchers & revendeurs- & s’il setrOuvequël- 1V1 que choie de fa Ux poids ou mesure- l’artisan est ^ piiny dé quelque ceíiteiìe de coups de bâtons us fous les pieds- Lc de la confiscation de ses Marins thandisés âveé une ámandé selon sâ portée, le y íóutaUprofíctduMoàrííí/?/!, qtieje comparerois ,! facilement au provost des Marchàtlds - mais if âyant moins d’àuthorité on le peut direcòntrò k leur, le Cady doit souscrire feS taux, &ces deux li Mrs. s accordent si bien ávec lés boulangers l qu’ils y trouvent tous leur compte,& pbur faire t Croire âUx peuples qu’ils ayrUent l’equité, ils t battent quelquefois un misérable Coupable Oii 3 ftôn , & il se trouve souvent de malheureux ji Grecs ou Arméniens aux quels ón donne quel- f que chose dé faux poids & il se mettent dàns Fj, un lieu découvert afin quêtant surpris leur puis tiition soir pùbli que, à ils vendent leurs corps h Ë pour 66 De la Justice. pour couvrir le vol de ces Officiers qui ne respirent comme tous les autres Turqs qu'apres les richesses. Aux lieux ou il se trouve un vifir il Juge les criminels qui font condamnés á Con Divan, m quel ascistent les Juges du lieu qui luy font ra- port de ce que les livres de la Loy ordonnent íùr telles matières; le sang se paye par le sang & les voleurs font pendus ou condamnés en galere íì leur vol ne mérité pas la mort. Il ne se parle plus en Turquie d empaler n’y de brûler, le supplice aujourd'huy ordinaire est la corde ; le provost conduit les patients, un a chacque coing de rue, & âpres que le boureau a passé la corde autoict de la boutique de quelque Chrétien, fait boire un grand vers d’eauau misérable , afin qu’ii secousse plutost,puis le soulevé jusqu’a cequ’il puisse luy passer le lacet au col,ce quêtant fait il le laisse tomber & mourir de la sorte íâns le secoiier, sil y avoitfaute d’executeur de Justice, l'Afafce bascby,ou provost fait prendre le premier misérable Juif qui se rencontre & âpres ce premier esse d'un metier si infâme il se doit faire Turq & exercer cette charge toute sa vie. Les parties en faicts criminels peuvent tomber d accord avant que le coupable soit aresté, car s’il est entre les mains de la J ustice il será difficile de 1 en retirer ; Ce n’est pas que l’argent nefâcetout en Turquie, comme en plusieurs autres endroits, quand les par- Ife li T> e lajuflhe, '6y ** parties saccordent lavis dun homme sc payé V cent & vingt livreS d’argent j & le sang pour quelque blessure que ce íoit , cent Ecus, fans y P Comprendre le payement dú Chirurgien j &C ^ les dépens domages & intéressa du blessé, fi cê * ftest qú’ils Saccordent autrement entre eux ; ® cette Loy est autant contre ies Turqs que con- “ ! tre les Chrétiens , mais si quelq’un deux où B d'entre les juifs âvóit blessé un Turq, ou feule* f 1 hient frappé , il seroit contraint de payer l a* J 1 mande & de se faire Tutqpout sauver la vie, oú tout au moins lepoing,mais s i! ârrivoitquri ® Zele véritable Ou indiscret êitt fait pàrîer quel* w q un contre la Loy Musulmane le changement p deFoyne le pouroit pasexémpter de la mort* ® il s’y voiténcoreapreséntdegrosbouletSatra- * chés á des chênes, que í’onfaisoit jouer autre* ls fois,contre les dents de ceux qui avointrrê- * prisé l’Alcoran, jufqu’a cé qu’elleS eussent été Í£ mises en mile pieceS avec le coffre qui les rén- s ferme. Il est plus désavantageux á un quartier « de souffrir quelque blasphémé contre la Loy, » q’un meurtre,qUoy que tout le voisinage du lieu s ou il se commet, soit obligé de le payer àu cen- fi tuple, si l’Autheur ne íè trouve. Si un renégat e retourrtoit au Christianisme & êtoit recogmí, i il seroit indifpensâbleméhtmisá mort. Î1 y a 5 six ans q’un jeûne Garçon âyaht lu dans l’êco- ij le, la Confession de Foy Mahométane en pre- Itf sence de plusieurs Turqs, fût mené cn justice & if E L circon-» éS De la Justice. circoncis par force, quelque rems âpres il § est àllá dans l’isle de Tmne , ou il avoir ses paren ts ! & âpres y avoir demeuré trois ans, il retourna dans la boutique d un sienOnclejHá#íír,ou êpi- cier& ayant été reCognú & revêtu d’habits á ] la Chrétienne, il fût interrogé de fa Loy, il répondit qu il êtoitChrêtien&qu’onl’avoítinju- f stement circoncis,ayant leú ce qui s’êtòit trou- [ vé dans íe livre què son Maitre d’êcolé luy ! avoir donné pour apprendre á lire Turq , & ! qu’il vouloir vivre Sc mourir Chrétien,il fut fort pressé par prières Sc par menaces de rentrer au Mahometisme, & que la peine ordinaire á ceux qui en sortent ne luy seroit imposée acau- se de sa jeunesse j mais ce brave champion de Christ ayant fermé l’oreille á tout les avantages promis Sc méprisé les Tourments dont il êtoit menacé,restá ferme dans saFóy&fûr d ecapitté. Lâ Loy porte que les adultérés doivent être mis dans Un sac & jettes dans l eau, íì le Mary de la femme le requière, mais c est une chose in- oíiye depuis long tems,l’argertt accómodant tout j outre que les plus rigoureux supplices ne se practiquent plus. Les Officiers de fa Hau- j teste ne péUvéní être exécutés n y punis en public, mais ils font mis ámort entre les deux: portes de 1 entrée interne du Sartail, & s’ils font Viz.irs , ou Pacha* considérables l'on érigé des Mosolées á ces braves qui ont été étranglés avec un cordon de soye,ies Jannis- faireS T>e lajujììce. 6§ faires font traictés de même chesleur commandant en prestance de leur Camarades á deux heures de nuict (comme les autres) puis jettes dans l'eau, les Domestiques du §arrail'hommes & femmes y font suppliciés & l’on tire un coup de canon lors qu’iìs font jettes dans l’eau, & deux s ils font personnes de considération. LesChrêtiens de qualité que staHautesse faict mourir quand ils sont faicts pristoniers, ont pour êchaffau le parvis du Sarrail, & ce lieu qui ne deuroit être que le Théâtre de la gloire est celuy de la cruauté , fur le quel ses victimes de la Tyrannie Ottomane,sont exposées pendant trois jours, & j’y ay veií pendant fiXjlecorps deMonsieur le Chevalier de Terne-- ricour (neveux de Monsieur JeCommandeur de Binanmlle ) qui âpres avoir été la terreur des Turqs dans tout Larcbipel ,ou il faisoit le Cours, & s’être plusieurs fois battu contre tous les Tr/- polim &ç Algetins, qu il a toujours vaincu; âpres dis je avoir pris plusieurs vaisteaux considérables de la Caravane du Caire, & porté leffroy dans plusieurs en drois de Terre ferme,alla enfin álatraverífe fur les côtes de Barbarie, âpres un combat de trois jours contre les Barbares, quesquïí mit tous en désordre, &auxquçls il donna la chasse ; mais n étant plus qu’a soixante miles de Malthe la tempête le fît échouer comme jay dis, son vaisseau fe perdit & plus de cent mile Ecus, des prisosqu il avoit faites. E Z II 7« í>e Injustice. Il se sauva en terre avec peu de ses gens, Scies Arabes qui attandoinc le Nauffrage du bâti- jment^ju’ils voioint abandonné á la furie des Ondes de cet im pitoyable êlement, le voyant échouer accoururent pour reçceìillir ses débris dont la plus pretieusê piece êtoit nôtre Infor-! çuné Chevalier qu’ils menerent ÁTrtpoly, ouil çraictá de fa rençon ; mais les Milices de ce lieu qui partagent l’authorité avec le Pacha, ne. purent s’en accorder avec luy,& le menerent de présent á sa Hautesse, dans, i’esperance de recevoir grande récompense pour la prise d’un jeune Chevalier qui avoir été la terreur de ses Armements Lc de ses sujets. Comme l'Armée Ottomane retournait de la Conquête d eKami- piesk.fi. jappris le funeste accident de cçbrave qui avoir été mis dans les priions d Andrinople. pu j’allay le voir luy étant amy particulier, je letrouvayaux scê'ppes parmy les voleurs avec, son valet Paul, Esclave Turq fàict Chrétien, quin’a êtérecognú qu âpres sa mort qui arriva de peste Tan passé á j obtins de pouvoir demeurer avec mon amy jusqu á sa mort qui, s'enluivit le lendemain au grand Divan, ou Conseil, sá Hautesse le fît interroger de ses prouesses, il répondit asses confusément & demanda du Delay jusqu au jour suivant pour pouvoir répondre, ce qui ne luy ayant été accordé , il offrit une Rançon considérable pour sá liberté, & le Sultan lauroit reçeîiée s’il ne n. êut De la Justice. // i éutêté dissuadé par T Interprète Pawtaioty, ente nemy du Chevalier acaufe qu’il faisoit quel- I quefois du Biscuit dans lìsle d eMuono que la 'ê Porte avoitdonnée á cegrec. Le grandTurq s| luy proposa dam brasser saFoyavec la liberté te qu’il luy proniettoitensuitte, ou la mort en cas l/,i de refus, mais ce corps prisonier renfermoit un s; cœur qui Pavoit toujours méprisée , & lelut i plûtost que celle de son ame, qui en fût séparée s sur le champ comme sa tête de son cors, qui fût i expo sé com m e j’ay dit,puis jetté dan s la riviere. í Monsieur le Chevalier delaBoëssiereêut prés- ;l que le même sort Tannée suivante, car ayant * été pris fur un Corsaire ou il étoit de passage » fût conduit au quartier d’Hyver iBabadag prous che 1 eD/tnttfa.&c âpres quelques jours de prison, i pendu & étranglé comme le plus scélérat des t hommes, luy qui n’avoit que l’honneur ÔC la i pieté en recommandation. Il fautnotter que s Ton ne peut détenir personne en prison (pour i debtes ) plus long tems qu’il n’a été au ventre i deíàmere,& si a faute de quoypayer ilíède- « clare Fins, ou insolvable, ses créanciers peuvent i s emparer de tout ce qu’il a, & même des ha- i bits dont il est revetú ; Si un tailleur ou Mar- í chand avoit vendu quelques hardes á une per. î sonne qui ne le voulust ou ne pust payer, il i pouroit le contraindre en Justice dese depoul- i 1er des habillements, qu’il luy auroit donné, i & les reprendrait pour son payement, un Qf- E 4 sicier 7 2 - T)e Idjujiìce. fîçier de íàHautesse,oumême un Soldat, p’a s yant autre chose que sa solde, pçut obliger ses créanciers á se payer dessus, & du reste de ce que la Justice aurá jugé nécessaire pour son entretien, & comme leur Vlefê, ou paye est fort petite plusieurs années s’êcou'Ient avant quils puissent être satisfaicts si fa somme qui leur est due est un peu considérable. Il n’y a si petit lieu dans toute la Turquie pu il n’y ûtun Mequiémé pu lieu pour rendue la Justice pour les ordonnances de la quelle ils buttant de vénération quils disent en Proverbe , Acbim fôfty parmaq agtmas, le doigt’que la Justice a çouppé nefait pas mal. XVI, Des Esc laves\ L ’on n’ignore pas que presque tousIesE- sclaves, qui font en Turquie perdent la liberté par les Tartares, qui les y menent âpres les avoir enlevés de Pologne, Russie , Géorgie, Circacie, Mingrelie, & quelques Abiíïìns que les Arabes prenent,les Barbaresque en font sur Mer (quiíbntles plus estimés étant de Nation franque ) & les Turqs ne peuvent faire ce rapt qu’en tems de guerre , & ceux qui font pris alors, dans les places rendues á discrétion,font du £í/íg,c’est a dire pour le profit de sa Hautesse, ïí w 3Í b e í T h bc & f' lu ib it U si ï fil ìq ! t< q le si rii q 1 p< w I)es: Esclaves. : -y$. Jes hommes font envoyés en Gálere fans exce-g ption de condition n’y dâage,les jeunes garçons & filles que la nature ,a advantagésdeses plus beaux dons, font d estinés pour le Sarrail de faHaUtesse & quelquefois pour son propre usage , les autres font vendus au profict dtt. Trésor. Les particuliers font de ceux Zc celles (que le destin a rendus leuçs Esclaves) ce que bon leur semble fans qu ils puissent être repris de la Justice, étant permis áun chacun de disposer de son bien selon son bon plaisir, la cruauté naturelle áces infidesses leur fait prendre plaisir á tuer çes infortunés,c est ce que j’ay veiis ■ plusieurs fois dans la route par une pure boutade, ou par çe qu’ds n’avoint pas la force de suivre leur Patron; Il est bien vray qu il n“y a que la Canaille qui en use de la sorte, car les Turqs de quelque Caractère ont un soing particulier de leurs Esclaves , particulièrement quand ils sont jeunes , les faisant instruire á tout ce qui peut contribuer á leur ad vancement &c fortune, qui arrive quelquefois a tel point qu en peu d’ann ées ils font maîtres de ceux qui les ont acheptés, j en cognois plusieurs de cette forte, & comme se sont la plus part gens de, rien,ils n’ont pas famé de recognoître ceux, qui de misérables les ont rendu puissants, & pour le certain il y a plus de ces Esclaves. rç~. negats ,dans les emplois considérables que dtz Turqs naturels. E 5 If 74 I>es Ejèlaves. \ II y a des Marchands d’Esclaves, {J-tstrgit) j gui en tiennent Accadeune Sc les dressent comme un écuyer ses chevaux, Jes places pour leur vente font particulières, & ceux qui en veul- lent achepter,les peuvent visiter partout, cette liberté fait trouverplusieursgens qui feignent en avoir besoin pour avoir la íacisfactiondeles pattiner. Les filles ou jeunes femmes font bien parées Sc fardées quand on les mene á la vente, les jeunes garçons ne sont pas moins embellis, les hommes grossiers & paysans font lailíés avec leurs propres habits jufqu’a ce qu’ils soint vendus,leur sort est ordinairement pour laGa- îere, amoinsque la fortune ne les fasse tomber entre les mains de quelque Turq , qui les employé au labourage & autres travaux ; si le malheur veut qu il s'y trouve quelque Gentilhomme desja dâage il n’est pas mieuxtraicté. que ses propres sujets. Je n’ay jamais reçeú de plus sensible déplaisir que celuy de voir des Dames de mérité & naissance être acheptées par des paysans auxquets elles ontdeú servir dans les choies les plus Viles de la maison d’un ruste, la fortune fait bien voir dans la personne de ces déplorables Esclaves qu elle se plaist a triompher de son inconstance, car j’ay veus un Turq achepter une Dame avec fa fil le de chambre, qui pour être plus jeune que fa Maîtresse, fût faite Odalique, ou Concubine du Patron & commanda en suitte á celle de qui elle avoir tou< Des Esclaves. f$ toûjours reçeú lesOrdres,ces infidelles n’ayant eguard á la qualité, mais aux seuls objets qui peuvent satisfaire leur convoitise. II n’y a rien de plus vray q un quart de ceux qui portent le nom de Turq, est de renégats volontaires ou d Esclaves qui de gré ou par force, o.u plu- tost par les délices & avantages qu’ils n avoint jamais cognus, ont oublié ce qu ils êtointnés } pour a m braiser la Secte Mahométane ,avec la fortune qu ils y ont trouvé ; Il n’ya point de maison ou il ne se trouve une femme ou fille Esclave ( ou qui lá été ) & combien y en a il ou il s’en trouve desCentennes, & les principales Dames de 1 Empire Ottoman font de ce. Caractère, Sc se voient aujourd’huy de paysannes. Meres des Empereurs S c d’autres Maîtres, ses de leurs affections. Les jeunes gens doués de quelque talent Sçbauté telle qu’elle puisse leur donner l’entrée dans le Sart ail ou dans la Cour des Grands , y font élevés, par la tendresse que leurs Maîtres ont conceú pour eux, avec tant de Soins, quils parviennent au plus hauts degrés de la fortune. Asiam Pacha (Polo- nois) c est autrefois veú tellement chery de fa Hautesse qu’il ioiioit avec luy & obligeoitle Sultan den passer par ou il vouloir, 8cs'en reti- roit quelque fois si brusquement, que cet Empereur qui avoir donné. 1 Empire de son cœur á ce jeune homme, perdoit le repos jusqu a ce qu il fût rentré dans ses bonnes Grâces ^Cafetan Des Esclaves. pacha fils d’un misérable tailleur Géorgien pet%= dant la liberté , s’est veú ensuitte Maître de celledç toute la chiourme des Ottomans,, lif- saim pacha . que l’sovicible Sobiesky deffit á Kotchin avec I Armée qu’il commandoit, Lc sont frété le deffunct Sciaotu pacha , qui álong- tems été grand Visir, ayant perdu les rets de leur pere pescheur Abiiíìn, se sont veús âpres le grand Seigneur , ce que fans comparaison étoit Pierre aptes Jésus Chrtjì. Mouflapha Rehú effendy, ou Vice Chancelier perdant son pere avec sa barque sur les côtes de calabre, sest veú ìe dépositaire de tous les Secrets de ce grand Empire, enfin il y a une infinité de gens de la derniere trempe, que j’ay cognus hauts & puis. sants Seigneurs, Quoyquilsoit permisauxTurqsde traicter leurs Esclaves de telle maniéré qu ils veullent, ils peuvent quand ils font en lieu commode sfen plaindre,& les citer devant la Justice de Dieu,ils n entreprennent pas cette affaire qu ils n’ayant averty les Juges, qui ayant reçognu la vérité &justice de leurs plaintes,obligent leu rs Patrons de les ven dre ; mais ceux que le malheur a poussé jusque dans la Galere sont exclus de cette reigle , & n’auroint pour rêponce á leurs plaintes,que tout ce que I on se peut imaginer de cruel. La Loy conseille aux M.ufuU piatiS) ou fidelles, qui est le nom que les Turqs Usurpent, de donner liberté á leurs Esclaves âpre? Des Esclaves. f f âpres sépt ans de services ; Cette liberté te donne de diverses maniérés , l'une s appelle Acat, c'eft á dire entiers Liberté donnée parde- vant les juges qui en delivrent un acte àutan- tiqué áceluyqui la reçoit, &s’il veut ensuittç ne plus servir son Patron il n yá point d’autho- rite qui í’y puisie contraindre* Une autre Sorte de Liberté est nommée Mourtibé, c’est á dire quesÈsclave est déclaré n’êtré plus sujet ála vente iles considérables parmy lesTuras íè trouVant Malades ál'extremité en usent de la sorte envers les leurs, âfin que venant á mourir leurs heritiérs-né les paillent Vendre, Sc que la Liberté qu ils leur ont donnée aú nom de Dieu, en puiflse obtenir celle de leurs âmes Sc les retirer des chênes dont lé démérité de leurs fautes les áuroît árrèstés danS les peines de l’Enfer. Lá troisième façon dé Liberté est que ìes Misérables , qui se trouvent appartenir á qUelque Máitre raisónâble obtiennent de luy d’êtrë taxés á Urte somme á lá quelle ils doivent satisfaire par ce qu’ils pourront gaigner á la Sueur de leurs corps, leurs Patrons les favorisent don Kahique, ou Barque avec laquelle ils font îa somme dont ils sont tâxés,&y ayant satisfait font misert Liberté de sert retourner en leur pays (s ils ne se font reniés) ou de se marier,á quóy ils contribuent'Lc font même les frais desnopces, s’ils ont quelque inclination pour l’EscÌave,ils en prennent quelque- jì DesÊfilaves. fois de'si grande, que dés lé premier jour, ils déclarent libres ceux qui n’ont pas encore éprouvé la rígeur de l’Esclavage, il se trouve d’autresTurqs si intéressés & si fainéants,qu’ils ácheptent des Esclaves pour les entretenir, car ils les employent á travailler 8c les taxeíìent á tant par jour, 8c cé qu ils ne peuvent payer dans un jour, ils doivent y satisfaire dans un autre, ils fe fervent de ces Misérables comme de chevaux de louage, 8c tous ceux qui n ont pas de bien pour le rachepter des mains de si mauvais Patrons, font obligés á souffrir ce que je ne peux exprimes» Les Personnes de qualité ou commodes qui fe trouvent dans ce déplorable malheur, peuvent traicter de leur rachapt avec lèúrs Patrons qui lesmâltraittent ordinairement asin deleS obliger á promettre une plus grosse Rançon, mais lors que l’accord est fait, ils n’en font plus molestés, 8c au contraire fort bien régalés de- peur que venant á mourir ils ne perdissent le tout. Le Baigne , du grand Seigneur est le lieu ou font mis tous les Esclaves de lès Galères, d’ou il est fort difficile de sortir,si ce n est par les échanges dont l’on convient par quelle traicté depaix,telquefût celuyqui sefît il y a sixans de ceux qui a voint étés pris au service vénitien pendant la guerre de Candie, avec îesTurqs, qui a voint été faits prisoniers aumême tems. Les grands écrivains du Baigne, doivent êrre Ëícla» ïíl m te su ’ le [pi Ile; ico ijfoi b j'Ai C' tu rit à ipo la de m< Mt val Co pn pq P! ífi Des Esclaves. 79 Esclaves j ils font ordinairement François» comme aulíy ceux des Galères ( ils se font riches dans ces employs) & quoy qu’enchênés dune malheureule captivité,ils se lient encore de celle du Mariage, les Esclaves des galères qui font fous caution peuvent vacquer á leurs affaires & ne portent q’une anneau de fer au pied, ils font presque tous quelque negoce ÔC les plus misérables font des bas & degansde cotton qu’ils vendent aux plus riches qui en font commerce,ou par les rues ou ils vont quelquefois enchênés deux á deux pour demander l’Aumône, & font auífy quelquefois Loûés á quelques travaux,Sicommeiis y vont en nombre ils ont toujours un guardien qui Jes fuit. C’est une chose déplorable de voir dans cette misere plusieurs personnes de qualité & de mérité, dont les uns font de pays fans correspondance en Turquie > & dautres qui recognús pour tels , n ont pas les moyens de fatisfaireá la Rançon qu on en exige ôcainsy font obligés de voguer comme les derniers de tous les hommes, ainsy fait aujourdhuy, sur laGalere de Majfamamay une jeune Gentilhome íìenoisChe- valier de 1 Ordre SaintEstienne, quifaisantle Cours avec un Capitene Ligournois qui fûc pris duTurq fus nommé, & n ayant de quoy payer quelques mile d’Ecus , doit endurer ce que les plus paysans souffrent jfgrand peine & difficulté, ne xeçev-nt par jour q’une livre de biscuit Des Esclaves. biscuit & Quelque fois la semaine un péù dé bouillon au Ris ou aux Pois, comme les autres Galériens. Outre la grande quantité d’Escla- ves reniés qui parviennènt aux plus grandes Chargés,il yen a piuíìeurs autres qui font leur Fortune servant leurs Maîtres, lesquels ayant éprouvé ìeur fidélité, leurs confient tous leurs biens & familles avec la Liberté d entrer dans l’appartément des femmes , & bien souvent ils épousent les vefues ou lés filles de leurs Patrons. Lé Sort qui favorisé qUi bôn ìuy semblé abandonné des enfans de la première qualité parrny la lie du peuplé j & fait tomber de petits paysans entre les mains dé qíielques richeè Turqs, qui n’ayant point d’enfans les adoptent & les ayant fait passer par dedans leurs chemises , font par cette Cérémonie, recognus tiareté «A/stt/er, énfaUs d'amoúr Ou d adoption, ils doivent se faire Mahométans avant cette filiation qui les rend légitimés heritiers des biens de Ceiixqui leurs font cette fa veut,cette sorte d a^ miriéestfort en usage parrny lesíurqs* Scellé est si êtróitte qu ils s aymént plus qué les frétés utérins 8í mettent le tout pour le tout acáusé de léurs tiarete Kœrdœcbeler.Plusieurs Tutqs particulièrement dans les villages matiënt leurs Esclaves ensemble j & les enfans qui ert hait sent sont auísy Esclaves,qúoy qué léurs parents ayent embrassé l’AlcoraUjle changement deRe- ligiotl Des Esclaves, Si ligion n aliénant rien des biens 3 & Ton voie tous les jours des Escláves reniés être vendus corne les autres-, mais si l’Eíclaverenié êpouíé une femme libre, lesenfans qui en sortent sonc aussy libres, les Métairies dés Ottoman s íonc pleines de ces Sortes de gens qui vivent dans cette captivité sânslarecognoitre nysenrese sentir , car ou ils sont mieux que ches eux, ou ne font pas de naissance á avoir lame sensible* ïls peuvent aussy se marier aVecdes Chrétiennes, ce qui elì permis átous lesTurqs, mais non pas aux Chrétiens d epouser des Turques, il est aussy permis aux Chrétiens d’âcheptér deS Esclaves de tous sexes & conditions, pourveii qu'iîs ne soinc pas reniés, & s en servir comme les Turqs , non feulement les originaires du paysysent de cette liberté, mais aussy quantité d’êtrangers qui les revendent ensuitte ou leur donrtent la Liberté; mais si par hasard la fille s’êtoit reniée á l’iníçùe du Chrétien achetant» & qu’ilêut eii affaire avec elle, il devroit se faire Turq ou mourir , étant rare q’un Chrestiest échappe de semblables ambarras amoinsque d’employer une sorheconsidérable, ilsnepeu-* vent aussy tenir d’hommes Esclaves faits Mâ- hometants. Les Juifs rachètent generalement toiis ceux de leur Loy qui se trouvent Esclaves & les entretiennent jufqu’a ce qu’ils puissent trouves quelque favorable passage pour retourner dafts F leuí Sz Des Esclaves. leur patrie,ils oru aussy la permiíTìon d’acheter des femmes & des filles pour le service de leurs familles,& ils n apportent pas moins de foin i les pervertir, qUe les Turqs,qui n’empechent pas quelles Cambrassent le Judaisme, pour- veu quelle n’en ayent pas autant fait del’Al- coran,Catilnyiroit alors que de leur mort, &C de la ruine de leurs Patrons, ils achetent rarement des hommes & quelquefois ceux qui ont de la protection ont aussy quelques jeunes gar- ; Çans Esclaves pour guarder leurs boutiques & j autres semblables services , mais comme les Turqs ne le souffrent pas facilement, ils ay- ment mieux s en priver que d étre exposés á de continuelles querelles * & s’exemter des reproches qu ils reçoivent d’être la cause que ces jeunes gens ne se font pas Mahometants, & S ils se le faisointpar 1 exhortation des furqs, ils n'auroint pas pourtant; leur Liberté, & le Chrétien ou Juif auquel ils appârtiendroint auroit son rambourcement de ceíuy qui les voudroit prendre* á faute de quoyiis ne luy donneroint pas le billet appelle Pingiq. Sans le quel on ne peut tenir d Esclaves fans denger de les perdre. Ce Ptngiq se donne sur les frontie- : ïes de 1 Empire Ottoman par des gens qui font j commis á cette charge, & fi quelq’un en fai- j soit entrer íàns 8 en munir, il payeroit double i entrée;* qui est de trois Ecus par tête,amoins que ce nesoitdesenfansaudessousdednqans pouf ' Des Esclaves. f pour lesquels on ne paye que l’amoitiéils doivent encore payer un Ecu par tête entrant á Constantinople ou an grand Caire & en prendre le billet, mais le premier sert pour tous autres endroits. Les Esclaves qui s’enfuyent ou qui íbnt dérobés font restitués á leurs Patrons, par tout ou ils font retrouvés, ils font recognus en être les véritables Maîtres , par le P ingiq qui contient leur âage, leur stature, leUr pays & leurs visages, & si tels Esclaves êtointvendusá quelqu autre , il devroit avoir son recours fur le vendeur, comme àuffy ceux qui en achetent de Malades & infirmes les croiant sains , car si finfirmité est vielle ils obligeront, par Justice, le Marchand de les reprendre, la punition des Esclaves qui senfuyeiit est á la discrétion de leurs Patrons , quélq’uns les éstroppient de coups Sc d autres fe contàntènt de leur faire porter un gros Fer finiílant en fourché, qu’on leur attache lé long du còl. Lès Esclaves reniés peuvent íèrvir de témoins , máis non pas de Caution, car ils ne font pas Maîtres de leurs Corps n’y de leurs biens, leur Patron lés pouvant prendre dés leur vivant,& âpres leut mort ce qui arrive rarement s ils ont des enfans,dont lesPatrònsont un foin particulier comme tous lesTurqs de leurs Esclaves qu ils tâchent d a- vancèr, & parviennent quelque fois au point que j’ay dit. De F r $4 s! De U Façon de vivre , XVII. De la façon de "Vivre des Furqs, J L seroit a souhaitter que tousceuxquifont Profession du Christianisme , eussent les a- ctions Moralement bonnes autant en recom- riiendationque lesTurq”,ils viventdansunû grande crainte de Dieu, & reçoivent avec une entiere résignation á fa volume les disgrâces qui leur arrivent, louant & bénissant son St. .Nom, Cbucqur alla, Dieu soit loué, ils fontfi- delíes dans leurs negoces , & tiennent pour tres grand crime d’avoir d’autruy. L’usureest tellement dessendue parmy eux,que si queiq’un ydonnoit de 1 argent ou dés Marchandises, s’il en êtoit fait mention dans le contract ou obligation., il perdroit son Capital bien loing de reçevoir des interests,& seroit déplus condamné á quelque amande outre la Confiscation pour les Pauvres , mais pour éviter ce denger les J uifs & Usuriers se payent d avance des m- terests de largent qu’ils prêtent, les retenant de la somme qu’ils donnent íìir bon gages, ou assevrances. Chacun vit en tres bonne intelligence avec ses voisins,ils se communiquent Sans répugnance tout ce que le besoin peut requérir desuns &des autres, ils croient que ce seroit des Turqs. jfj serolt pecherde n’enpas user de la sorte, comme aussy de cuire quelque mets extraordinaires ou délicats fans en envoyer aux voisins cheslefquels l'odeur en pouroit être parvenue. Us se consolent réciproquement en toutes afflictions & tachent de mettre la paix,ou la discorde fe trouve, particulièrement entre les Marys & les femmes qui veulent fe séparer, estimant á grande indulgence de pouvoir contribuer á un Mariage, ou á sa conservation, il est même permis de mentir quand il s agit de traicterces Matières. Les voisins ne peuvent avoir de vetie dans les maisons les uns des autres, étant (selon la Loy) aufsygrand peche devoir la femme d au- truy, que d’en joíiyr, c est pour quoy elles ne peuvent fans pecher selailïervoir, & pour éviter ce crime quand elles vont par la ríìe elles font masquées, & doivent faire le même fi elles êcoint obhgées, pour affaires, de parler avec quelq’un á leurs portes, les peres & frétés peuvent entrer ches les femmes, mais non fans péché ceux des parents, qui pouroint les épouser, ainsy il n’y a qu’eux qui puissent les voir, il faut encore excepter de cette reigle celles du grand Seigneur qui ne peuvent être veuees de qui que ce soit que de luy & des Eunuques noirs , & je fuis surpris que des gens ayent l’Hardiesse d écrire, se disant fort Pratiques du Sarrail > que le deffunct Vizir Kmprulu oglou F | avoit 86 De la Façon de vivre- avoit êtéconfidant des amours de saHautessé car il conste qu il n êtoit pas Arabe n y Eunuque. Le grand Seigneur de toute son Autho- riténepeut entrer ou il y a des femmes, fi elles n ont été averties de se couvrir le visage, & que (Imam n y soit présent, la Justice même Lc autres forces font obligés den user de même, quoy^que pour entrer & saisir des femmes scandaleuses, il est deffendu s8us peine corporelle d'en user autrement, & si quelq’un voulant transgresser cette Loy, êtoit tué, il ne sep ensuivroit point de punition. Si des lurqs ayant reguardé dans la maison d’un autre y avoint veú sa femme faisant quelque choie contre la fidélité qu elle luy doit l’alloint accuser & rendre témoignage contre este, ils seroint crus,mais punis de quatre vingt coups de bâtons fous les pieds pour avoir reguardé dans fa maison. Us ont toujours ( ou pour le plus souvent) un cháplet á la main, de quatre vingt dix neuf grains fur les quels ils diíent, Alla, èismilla, Elbemiaul illa, aUa becber, Sc autres semblables paroles desquelles j’ay donné 1 explication traictant du Namat , ils ne font point d’autres prières, avant de semestre á table, que Bismilla, au nom de Dieu, Sc âpres le repas ils passent les mains depuis le front jusqu au bas de la barbe, disant Ellemdotd illa choq cbuqur, Dieu soit loué & beaucoup beny, ils croiroint grièvement pecher s ils íè cou- choint ! « Id' j í j if I l( :s f tr I le I M o: e. E£ ra. Bi fui itt iti D lit des Turqs. choint sans faire la priere qui s’en fuît, soit loíìé mon Dieu de m’avoir conservé & entre- tenú pendant ce jour, je me couche au nom de Dieu,íi je meleve qu’il soit IcuéLt si je meurs en dormant, qu’il le soit de mesme, mais mon Seigneur tu, auras toûjours foin de ma vie & de mon ame, je te prie pourtant de prolonger mes jours , & en tems de peste ils disent, ne fait point mon Dieu ressentir dans ma maison 1$ force dc: tes armes vangeresies,car elle est foible Lc non pas un chateau de fer, ils disent en suitte trois fois leur Confession de Foy, 8 c âpres chac- qune, soufflent par la chambre, il n y a que les plus superstitieux qui observent ces dernieres particularités. Lors qu’ils s’êveillent ils récitent dabord leur Confession deFoy & remercient Dieu de Ls avoir conserves pendant la nuict, & s’habillant ils disent B [fini Ha neketale* je me vés au nom de Dieu, ils se lavent comme j ay dit au discours de l'abdejse , & dejeunent incontinent âpres avoir fait leur premiere priere, ce repas est appellé Rasé hdlty , ils dînent ádix; heures & souppent fêté á quatre parmy les grands, & les gens de negoce âpres la priere du soir ; Ce repas est lemeilleur qu ils fassent pendant le jour ne prenant pas toute la commodité possible pour les autres, acause de leurs occupations, ils mangent de diverses fortes de Bouillons fans y mettre de pain, le Ris est leur mets ordinaire & ils consumaient une quan- F 4 tité S S: De la Façon de vivre tité prodigieuse de viande qui est aííes bonne? ils ont des moutons qui ont des queues qui pèsent vingt huict á trente livres, j ay veus plu-: sieurs de ces animaux qui les portoint fur de petits chariots que le berger leur fait pour les soulager de çe fardeau, ils aymentde passion les fruicts & les douceurs , íi un Turq á des amys á fa table il les invite de bien manger & s’ils ne le font, il lereceurá pour affront,croiant qu ils n ont pas trouvé ses viandes bonnes, un chacun fe sert & avec les doigts n’ayant autres instruments á table que leurs colliers de bois, les viandes fe déchirent & le pain fe sert çouppé fur la table, s.’il en manque á quel-, q un il en prent ou il y en a fans avoir eguard, á la personne qui l’auroit devant soy , il est surprenant que rarement ils boivent pendant le repas, mais siquelq’un est altéré ií est servy d un petit pot d’eau, & âpres avoir beu il remercie Dieu íe paffant la main fur la barbe 0u le manton., les autres lay diíent á(J.4h.ateler, ou, ajfiéthr olla, grand bien vous falïe, aux quels il teÇpantœlla rafoúi,l>ieu vous le rende,cela s'ob-, serve inviolablement en tout rems ou quand quelq’un eterniie , & íi c’est une personne de considération ils se croisent les mains sur l’esto-, mac & avec une profunde inclination luy sou-, hajttent ce que je viens de dire. Les gens du commun ont toujours leurs prévisions de farine,de Ris, de Miel, Fromage, via n-- des Turqs. S p # viandes salées íèichées au Soleil, Beure.Huyle, Boudins & autres danréesdesquelJeslesfem-! mes font diverses sortes de mets pour leurs familles, & nç mangent de la viande fresche que quelque fois la semaine,ils mangent quan-. tiré defruicts& de légumes, particulièrement de Concombres & deMçlons ils en font leur déjeuné dans la saison &c en mengent á toutes heures fans pain n’y sel, ils trouvent un ragoust particulier en mangeant l’aïl& Fognon cru, il n’est pas mesme oublié á la table du Sultan. Ils font extraordinairement propres & ne souffrent aucunes ordures tant sur leurs habits que dans leurs maisons ornées de Tapys fur le pavé, & de coussins á l’ehtour íur des ma-» telats couverts selon la richesse des personnes, 31s font toujours assis ou couchés deíìus n'ayantz pointdesieges élevés, leur table se met contre terre, elle consiste en une piece ronde de toile ou decuirála campagne, & en ville d une table de cuivre blanchy élevée fur un Tripié de pied edemy d’siauteur, les grands en ont d’ar-> j gent, âpres le repas, ils se lavent la bouche, & les mains avec du savon 8c aptes avoir remet-- cié Dieu,disent áceluy chesqui ilsontmengé AUa bin berequiat vetfen, Dieu tç donne mile be-> nediistions,ils boivent toujours un café âpres íe repas & une pipe de Tabac, ce vilain ran- goust est tellement çhery des Turqs que les F 5 fentmes p De l' IIojpit alité, femmes, & les plus jeunes filles ont toûjours îa pipe, á la bouche. XIX, De l Hojpit alité. L Es cabarets ne foat pas permis enTurquie acausedes désordres qui s y comettroint» maïs la plus grande part des Turqs, ont des appartements expres, séparés de ceux de leurs femmes, pour reçevoir leshostes qu ils appel- Moujsaplms., Sc quand il en arrive ches eux, ils disent que fe sont des anges que Dieu leur envoyé, ce seroit un grand péché &une infamie áceluy qui refuseroit de loger un étranger, le pou vant faire,i ls traictent leus hostes du mieux cy ils peuvent & nenprenent point d’argent íì la pauvreté ne les. y oblige; Mais quand ce font des gens de guerre ou Officiers de la Porte, qui patient pour son service. Ils font logés par d :s Kiajas , ou Lieutenants du lieu qui les conduisent ches les riches habitants , qui reçoivent tour á tour cette incommodité, le même traictement ns se fait pas dans les villes, si non aux Grands & aux Officiers qui passent pour aller exécuter quelque commandement de la Porte. Sur tous les Grands chemains qui conduisent aux Villes & places principales de 1 Empire De lHojpïtalìtê. ! pire Ottoman, il y a des Hans, ou Karvanfarats» pour la commodité des passants, ceslieuxfont de tres grande étandiie, faits en façon de grandes Hales , & tout á l’entour il y a un terrain élevé de quatre pieds., & d’autant de largeur I pour le repos des hommes, &c, les chevaux font attachés au bas, & les Mulets & Chameaux dans le vuide que le dit bâtiment fait au milieu ; il y a fur la dicte élévation, des cheminées de quatre en quatre pieds, le nombre en est conforme á la Grandeur du lieu, il y en a ou deux mille hommes peuvent loger commodément. Chaque Han á son directeur ouH^j, il y doit, fournir des nattes asin que les passants ne foint pas obligés d’êtandre , leurs bardes fur le terrain, ils portent avec eux de quoy fe coucher & toutes sortes d’ustancilles, ils fournissent aussy le foin lorge& le bois (en payant) chacqun fe pourvoit du reste dans les boutiques qui ne manquent jamais d’être fournies de tout le nécessaire, acaufe du grand débit qui fe fait des damées en de semblables passages, il ya des particuliers qui possedent de cesSortes de bâtiments &en retirent de grands revenus acaufe de ce débit,qu ils font eux mêmes; mais les plus considérables font de fondation des Empereurs Ottomans & de leurs Vizirs ou autres Grands, & leurs revenus font annexés á la Mosquée du lieu. Dans tous les Karvanfarats de. Ç2 De t Hospitalité, ; de cette Sorte, se distribue tous les soirs (par cheminée) une sosippe auRis, cent dragmes de mouton,un pain, unechandelle, 8c les Vendredis ou pendant le Ramazan , quelque pi- tar.ee extraordinaire. Un chacun y peut loger fans exception de condition n’y Religion, les premiers venus (pour misérables qu’ils soint) ne pe ivent être délogés par les survenants de quel caractère ils puissent être. Entre Constantinople 8c Andrinopie il y a h\ïi£t Karvanfarats^m font des plus considérables de l'Empire Ottoman, les édifices en font j Magnifiques 8c de plusieurs corps deLogis en quaréavecd belles Cours, au milieu desquel- j les il y a des fonteines á grands bassaîns de mar- j bre pour y abrever les chevaux , & tous les édifices soot couverts de plomb. Ilsontdetres grand revenus, Lc plusieurs Officiers pour en av ir la direction, 8c le foin d exécuter les vo- lur tés du fondateur, l’on y esttraicté comme jay dit çy dessus, Lcil n’y ajourquil n’y passe cinq á six cent personnes. Ils ont été fondés des biens du fils d&Cbatal Bafcbe , ( tête fourchue) lequel étant grand Vizir l’envoyá Tacha á boude ou il exerça quantité d’injusti- ees 8c de concussions contre ces peuples, ce quêtant parvenu álacognoissance deSoliman, qui regnoit alors, il fît appelier fondict Vizir qu il aymoit 8c consideroit beaucoup, 8c luy dit fort civilement d’exhorter son fils de mieux traicter Ve 1' alité. pj mister ses sujets , il promit áson Empereur d’y mettre bon ordre, & en voyá le même jour u nCapigj bascb) (Capiténe des Portes) en poste pour prendre la tête á son fils, qui fêla laissa coupper avec la fourmilion ordinaire aux Ordres de la Porte, & luy ayant été apportée il la lá incontinent porter au pieds duSultan.qui l’ayant blâme d’un procédé si rigoureux envers son fils unique ; Répondit qu’il n’y avoir point de meilleur moyen peur l’empêcher de donner du mécontentement á fa Hautesse, qui en êut un sensible déplaisir, & vouJíit que de ses biens ( qui devoint être confisqués au profit de la Porte ) les sûdits Karvanfarats en fussent bastys & fondés pour le repos de son ame. Tout ce que les Marchands peuvent avoir déplus pretieux, est fort asseurédarslcs dicts lieux, la Porte desquels se ferme á sor de tambour, pour en faire retirer ceux qui n’y font pas logés,&apres minuict elíesouvrede même,afin q un chacun puisse prendre guarde á ce qui luy appartient, Sc que personne iVest puisse sortir furtivement & emporter quelque chose des autres. L aumône est en tres grande recommendâ- tion parmy les Turqs , & ils ne commettent pas un petit péché, quand ils la refusent á ceux qui la leur demandent alla lcbim,aííahiktné,M nom ou pour l'amour de Dieu ils ne refuserons pas auiìy, en plain minuict, le Couvert á ceuX p# De £ Hospitalité, qui les en prient de la sorre de quelle conditíott ou Religion ils puissent être. XX. De la Salutation . M Ahomet a tellement recommandé á ses Sectateurs de se salver réciproquement que si quelq’un l’ayant êcé ne rendoit le Selam » ou salut áceluydont il sauroit reçeú, ilseroit estimé être déchu de la Loy Sc devenu Dgiahouti ou insidelle, 8cpour les y engager davantage* il y a annexé cinq cent ans d indulgences, elle se fait dela Soite,Sélam alechum, le salut de Dieu vous soit donné,& la réponse est alechum SéUiti, le salut de Dieu vous soit rendu » elle mérité austy trois cent ans d indulgences. Us ne sal- vent pas les Chrétiens de ce salut de Dieu, Sc se contantent de leur dire bon jour,ou bonsoir» mais si quelq’un les salvoit en la maniéré sû- dite, ils rêpondroint Alena melon, que le salut de Dieu me reste,impie, si ce n est qu ils traictas- sent avec quelque Chrétien leur familier au- quel ils rédroint le salut crainte dé le chocqueí & perdre les profits qu’ilsauroint avec luy, ce point étant un essentiel du soin des Mechani- ques. Lors qu’ils se trouvent en campagne ils âdjoutent á cette salutation Houhour oUa , bon Voyage 3 alla koulak geumfen, Dieu te conduiss facile^ ! I De la Salutation. gs facilement, & l’autre rêpont Alla rafola, Dieu Vous le rende, Mahomet a montré aux siei s par exemple lestime quil faisoit du salut, car il prit un jour son gendre haly , &c luy dit de Raccompagner á une foire pour y faire quelque commerce, il s’y promena pendant tout le jour salvant &reçevant le salut de tous ceux qu il rencontroit,&s en retournant il fût interrogé d’baly , pourquoy ils n’avoint faict aucun ne- gocecontre ce quil s’êtoit proposé,auquel il répondit qu ils avoint plus gaigné que tous les autres ensemble.par le mérité de tant de saluts qu’ils avoint donnés &reçeús. S’ils estiment les bons souhaits & bénédictions,ils n’abbhor- renc & ne craignent pas moins les malédictions , car les moindres qui se donnent en Turquie sont Allabéla verfen Dieu te donne des malheurs, capy capanfen- quil rende ta maison inhabitable, oigag fundfen, quil éteigne ta race, & autres semblables imprécations, qu ils croient devoir retourner fur ceux qui les donnent fans juste sujet,ils nesalvent pas feulement les hommes, mais aussy Dieu, les anges &la nouuelle Lune, le salut qui se donne aux personnes que l’on estime se fait mettant la main sur seftomac, mais si elles font déconsidération, ils les y joignent toutes deux & y âdjoutent une profunde incl ination, quand ils entrent ches quelque grand ils le salvent en luy baisant la main ou le bout dc là manche 0 De la Salutation. qu ils se mettent en fuitte íur k tête,il n y a quê les personnes de marque qui puissent prendre cette liberté ches les Vizirs, les autres devant se conta n ter d’une grande inclination faicte de loing. XXL De ì Habillement. L A qualité desTurqs estrecognúe parleurs habits, particulièrement par la diversité de leurs Turbans , car si queSq’un en portoit de 1a façon de ceux des Officiers duSarrail oU des gens d’Armes, il íèroit puny, èc fur tout en rems de guerre. Leurs vêtements consistent, en des caiçons, d'Hon, qui tombent jusque íur les talons , la chemise Gietimeleq , leurs toiles font tres belles & tres fines,& les grands LL commodes ne s’en servent que deSoye ou de lin finement file 3 Ils ont une Camisole Zupon, un Cafetan, ou Capama , qui est la premiere veste ou Soutanne fort unie fur les corps arrivant fur k cheville du pied. Ils font ceints dune écharpe ou de quelque large Ceinture, couchaq, ils y portent ducôté droit un poignard Gban~ jy ou infidelle , mais comme par la répétition de la confession deFoy ils y rentrent derechef, ils ne font pas si formalistes dans ce qui les en pouroit faire déchoir, 8c la feule crainte des hommes les empêche d’en user plus que n’ont fait les Templiers, car si quelq’un êtoit trouvé yíìre, de jour ou de nuict (par la patrouille ) le General de l lnfanterie, ou par le provost, ou le Fiscal (Sou- bacby ) il seroit bastonné sur le champ, amoins quil ne fût Officier de se HáutelTe ou de la milice, car en ce cas il íeroit envoyé á ses supérieurs pour en faire Justice qui consiste pour l’ordì- De FUsage du vin. íoj ! lordinaire á quelques livres de Kafé, les Jan- ( nilTaires n’en font pas quittes á si bon marché ( Quand ils font pris par leur General, car pen- il dant trois jours il doivent chacquefoir menger i quatre vingt coups de bâtons fur le dériere, 8c s si dans leur Vin ils ont commis quelques in- s sciences ou fait insulte, particulièrement aux r femmes passant par la rue , ils font exilés en quelque Province des frontières ou conquêtes, ; ou étranglés s ils ont déja été plusieurs fois re- ji pris du même crime. ií Les Turqs conservent 8c cultivent les vei- !. gnes, 8c il n’y a autre chose aux environs de 1 Constantinople 8c d’Andrinople, ils mangent ! les raisins 8c boivent, fans péché, le Vin doux (cbtra) qui n est que de trois jours, ils en bouillent une grande quanticépour faire uneefpece de raisiné (Petmes ) dont ils se servent en guise de miel ; Il y a quelques années que les tavernes êtoint p u bliques en T u rquie particulièrement á Constantinople, 8c ïentrée du Vin val- i Ioit annuellement huict cent mile Ecus á ík Hautesse,F4»«jejfe«ífjPredicâteur,8cDirecteur de la conscience de ce Sultan a fait d étruire les tavernes 8c la vente du Vin, par tout l’Em- pire Ottoman, 8c fur tout dans les lieux ou iî Ì y a des Mosquées, ce qui a été la ruine deplu- sieurs pauvres Chrétiens, qui pouvoînt, par ce moyen, gaigner dequoy payer leur tribut j & impôts; ce cretique a aussy procuré lade- G 4 stru- î&4 Z>f /’ Usage du vin. ftructí ondes veigncs qu’il n'a pú obtenir, a eau- se des remontrances qui furent faites au grand Seigneur fur cette entiere ruine de ses pauvres sujets Chrétiens. Le Vinne sevent plus qu en Cachette 8c lesTaverniers en obtiennent une permission tacite du General de l’Infanterie,ou des Officiers de la Guardede leur Quartier, 8c ceux qui en vendent a son insciìe étant découverts, outre la perte deleur Vin qui estrêpen- j dú, ils font mis á l'amande-battús, emprisonés, & quelque fois pendus ou condamnés en Galère, ces cruautés séxercent particulièrement á l’avenement d’un nouveau General, duquel í je parleray en son lieu 8c de son authorité. Les Ambassadeurs & Ministres des Princes Chrétiens, á laPorteOttomane, ont la permission d’en faire entrer sept mille Métrés, qui sont des mesures de dix peintes , mais il faut auparavant qu’ils fastent porter (par leurs Interpre» jj tes) cette permission au Kaimaeam deConstan- ! tinople, Sc au Bofiangy Bafchy , pour en faciliter 1 exécution, 8c comme ils donnent ces prjvili- ges, fous bonnes conditions,áquelque Taver- nief qu ils protègent, non fans utililé, ils font de grands présents auxMinistres Turqspout éviter la recherche du surplus des Mesures permises, quelques particuliers ont obtenu ì'entrée de deux mile Métrés , j’ay eu cette grâce & m en deffis il y a trois ans en faveur d’un Çapiténefait Esclave au service des Vénitiens, qui | à k & B De l'Usage du vin. ies qui âpres sajiberté retourna á Constantinople pour y faire commerce & y mourut de peste, lan passé. Les Interprètes des Ambassadeurs, ont par le moyen de leurs Maîtres, nouvellement obtenu quelques semblables permissions pour eux, & ceux de leur nation, ceux qui ont quelque consulat & habitent á Constantinople ont un privilège pour mile Métrés. Il y a fort peu de Turqs qui íçachent distinguer le bon d’avec le mauvais Vin, pourveu qu il ne soit pas aigre, il est toujours bon pour eux, & le plus grossier est plus estimé que le délicat, la mesure du Vin contient quatre cent dragmes , & sappelle Hocqua, les Taverniers Chrétiens ne font pas juste íçachant ne devoir être visités des juges du poids, les Juifs ne Font pas fausse n y n’alterent pas leurs Vins, mais ils le vendent plus cher que les Chrétiens,il y a deux an s que la mesure sûdite íe vendoit un quart d’Ecu en Andrinople, mais á Constantinople este se donne pour cinq ou six Sols, dans tous les Villages ou il en croist il se boita deux 8c n est pas beaucoup plus cher dans les Villes A l'abíànçe de la Milice.Sur toutes les advenues d’AndrinopIe il y a des corps de Guarde qui visitent exactement tous les Chrétiens qu ils voyent venir des Villages circon voisins, ou la liqueur Bachique abbonde, &t de bonne qua* lité, s'ils íbnt trouvés avoir du Vin le bâton ne leur manque pas , ils «'accordent ordinaire* G f ment loé De t Ujage du vin, ment avec l’Officier de la Guarde, & ceux qui veulent épargner cette d épense ont des valets dans leurs Tavernes qui moyénant quelques j Sols, s exposent á en porter ches ceux qui ne i j veulent se commettre d’y aller, ils ont pour cet i effet des Instruments de fer blanc en forme de i Plastrons, ou de Portes lettres qu ils mettent dans leur sein fans qu’on puisse s’apperçevoir qu’ilsayent quelque chose, iìy a de fort bons Vins en Turquie entre autres le Muscat de , l’Isle, de Tenedo, la moustie d’Alogne, & ceux i des Archipel ScdeSmrne, peuvent passer pour f des plus Esquis qui se boivent. Il est rare de \ \ trouver un Jannissaire & fur tout Officier, qui ; . ne boive du Vin & I on remarque que depuis i ] plusieurs siécles ils n ont point eu de General 1 qui n en ait use, que celuy d’aujourd'huy du quel je traicterayen son rang. XXIII. Des zJìítonoyes. L EsTurqs ont été fort changeants en faict ( desMonoyes,ilya quelques années que les pieces de cinq Sols, Temîn, y êtoint tellement recherchées quil ne sen donnoit que sept á i’Ecu, ce qui fît entreprendre, non seulement á quelques Suoverains d’en faire battre, mais aufly aux particuliers des ports d Italie Des cMonoyes. io? Sc même en Turquie, se servant du Coing de Mademoiselle deMontpensier,cequi á été la ruine de plusieurs marchands Chrétiens & in- fidelles, car fur la fin elles se trouvèrent de si mauvais Alotìé que ceux qui les avoint prises septouhuict ála piastre, étoint contraints d’en donner vingt, elles n’y passent plus fans être Marquées & recognues de bon argent , & ne vaillent alors que quatre Sols, celles au coing du Roy y ont la même valeur qu’en France. Les Piastres Sivilianes Mexicanes, Sivíliagrou- e he, font de recherche á Constantinople pouf le comerce du grand Caire & d'Alep, les Lyons Sc Florins Zelota, d'Holande,y vaillent leur prix,, commeaussy les quarts d’Ecu de Pologne, Roup , & les Ecus moulés d Almagne, Duqmégroufcbe , les Sequins, Jaldys altoun de Venise, valent deux Ecus edemy 8c les Ducats deux & un quart, les vieux testons de fOraine y font estimés, ce font les Monoyes estrange- res qui courrçnt en Turquie, ou il ne se bat, que des Ducats, Cher if, avec le nom de l’Empe- reur régnant, & les noms de Dieu & de Mahomet, ils valsent autant que ses Ducats Hongres quand ils sent de poids, ils sont si peu estimés en Turquie qu’on a de la peine á ses y passer, Lc par 1e cas que je vois que l’on en fait alieurs je recognois que ses choses font d’autant plus estimées qu elles sont étrangères, ils ont pour Monoye d argent des Paras, qui vaillent; trois aspres ; B ioS Des c. Monojes, afpres Hatebé, qui vaillent chacune de m y Sol pourveu quelles n’ayent pas été rogniées pat les Juifs ou autres gens qui se mêlent de ra- courcir les Monoyes qui causent souvent beaucoup de désordre & de bruit,lesBoutiquiers ne les voulant prendre qu avec grands difficulté, il y a trois ans q un, sphahy , Cavalier tuá un boulanger qui n’enavoit point voulu prendre pour du pain , I on y met souvent des regle- jneots qui durent peu, les faux Monoyeurs en ont fait de fort larges quipassoint facilement, ce qu ayantêtérecognul on a étably des Officiers quiontl’inspectionsur les ouvrages d argent, & qui visitent souvent les revendeurs ou autres semblables gens, particulièrement les Chrétiens, & si leur en trouvent ils font battus 8c mis á l’amande pour les avoir reçuées. La loy commande que les faux Monoyeurs suffifanment convaincus, soint jettés dans une chaudière de plomb bouillant, ce supplice est quelquefois modéré & changé á la corde,mais fi le crime est exhorbitant, Justice fera faite selon ce qui est ordonné par les livres qui ne font pourtant suivis,comme autrefois , touchant la cruauté des tourments,dont ils ont beaucoup relâché , les faux Monoyeurs font appellés Kalpefan, nom qui se donne á toutes personnes trompeuses & frippones, D# Du grand Dur q, 109 XXIV. Du grand Dur q. J E me sers de ce nom, quoy qui m propre-, peu r rn'accommoder á lu sage commun. Sultan Mébemet fils de Sultan Ibrahim eû âagé de trente neuf ans, il régné depuis trente ou environ que son Pere fût mis á mort parlaMiliceacau- fe des ecces presque publics, qu il commettoic avec toutes les femmes qu’ils sçavoir belles. Ce jeune Prince fût obligé de donner l’Attichertf ou Arest de mort contre le Sultan son Pere, étant la coutume que celuy qui doit succéder á TEmpereur qu'on veut faire mourir, rende sentence contre luy , ce qu'ayant fait Sultan Mahomet contre celuy qui luy avoit donné laître, il enreçeut un coup de poignard qu il luy jettá au visage ou il en porte encore aujour- dhuy la Cicatrice, ce coup fût accompagné de sa malédiction qtsil luy donná pri'ant Dieu qu il peût courir les bois & les montagnes, comme un enragé, & plusieurs attribuent la passion désordonnée que ce Sultan a pour la chasse, á cette imprécation de 1 Empereur son Pere. Il est de médiocre taille,un peu voûte étant continuellement á cheval, & fort brûlé du Soleil,-aux ardeurs du quel,il est toujours exposé, il a le visage gros plus l ong que rond, 1 œil noir mourans & gros, le nez grand un peu aqui- ïìo Du grand Turq. aquilain, la bouche aises belle, & cinq ou fìx poils de barbe au manton, le deffaut de cet or-» nement humain, est degrande infamie parmy j lesTurqs,& ceux qui en font privés comme ] luy font appelles Kieufcés j entre toutes les par* j ries que ce Sultan peut avoir belles, se main est i á admirer, f en parle pour avoir eu l’honneuï | de la baiser quelquefois. Il est aises replet LL i d’enbonpoint 6c a la voix fort claire pour un Prince de fa force & posture, entre ses belles qualités l’humanité fy trouve,car il n’ayme pas le seng,& pendant cinq ans edemy que j’ay été Esclave de fes volontés, il n’a fait executer que trois Pachas, convaincus de crimes, &du régné de fes ancêtres il n’y avoit semaine que quel- q'un de ces Misérables grands, ne fût privé de la vie avec sujet ou non, ou pour avoir fes Rk cheffes quand la Porte les d’êcouvroit grandes. II est ambitieux de gloire & ayme entandre parler des conquêtes faites fous son régné, il a été grand Sodomiste,&Mp«/?**/>l>*í pacha, au- jourd huy son gendre Lt grand Vistr, a été tendrement aymé de luy avec la permission de rendre le réciproque á son amant. La Sultane mere, tant pour le retirer de ce crime, quepour contrecarer ÍAfsek 'ie femme du Sultan , luy fît présent d’une Demoiselle Candiotte enrichie j de tout ce que la nature a de plus charment, j j’ay fçeu ces rares qualités, par un domestique de Frinkjiiebmet pacba 3 qui avoit ête en Candie ôil Du grand Turq. m ou quelques années avant la reddition de la Capitale de ce Royaume \ cette jeune beauté que le fort avoit destinée aux amours d un grand Empereur, tombá entre les mains de ce Pacha Italien de Nation,qui âpres lavoir guar- dée quelque tems en fît preíent á fa fille, ?u- jourd’huy femme du Nicbangy, ou grand Chan- cellier, & cette Dame la donná enfuitte á la Validee ,Sultane merequi n’a rien oublié pour la dresser & instruire de tout ce qui avec íâ beauté,la pouvoit rendre digne de l’assection. du Sultan son fils , & rivale de son Epouse, qui avoit cherché tous les moyens dela faire mourir. Les Empereurs Ottomans ne peuvent épouser que des filles Esclaves & âpres le décès de l’un, toutes ses Concubines & autres filles sont mises au vieux Sarrail de Constantinople pour y attendre la fortune de quelq un qui les puisse obtenir en Mariage, mais le plus souvent elles y finissent leurs jours. Le Sarrail du nouveau Sultan est alors remply des plus belles Esclaves qui se puissent trouver, & tous les grands y en envoyeur par présent, afin que si elles de- venoint favorisées de la fortune & de l’amour del’Empereur pour les choisir Sultanes, ils en eussent la gloire, & leur faveur avec les avantages que ces Dames peuvent Procurer. Si le Sultan est en âage competant, il fait mettre en Ordre toutes ces filles devant luy, qui n’ou- , blient ji 2 T) u grand Turq. í blient sans doute aucun artifice pour íè faire | trouver aymables, entre les quelles il enchoi- ! íìtíept & la premiere qui en accouche dun fils» jj est déclarée Ajsekie, compagne» ou pour mieux j dire femme légitimé,& si les autres en ont des ; enfans,ou novelles font pourtant considérées, j mais la jalousie leur fait sentir ses effets & ceux de l’authorité de celle dont là nature a été la plus seconde ; Car les ayant eu pour compagnes elle ne les veult avoir pour rivales, & les fait envoyer au vieux Sarrail,si saHauteffe n’a la bonté de leur donner desMarys. 11 y a eu peu d’Empereurs Ottomans qui ayent eu deux femmes en qualité d'Ajfekje , ou Impératrices, que le Sultan daujourd'huy,qui a pour Exercices ordinaires la chasse, & l’amour,& n’a pas moins de passion pour l un que pour ì’autre,car ilse leve souvent á Iaminuictpour íè pouvoir trouver á 1 aube du jourau lieu qu'il aura destiné pour la chaste,ìlen fait de grandes que les Turqs nomment Surgon ay L II nes’y touve pas moins de quinze á vingt mile paysans pour faire les enceintes, & Je Sultan étant arrivé fur un Kiosque élevé dans quelque plaine, tout ce qui s’y trouve degibiér est chassé en fa presance & tué par cette multitude Armée, qui se joint proche le Kiosque, & il ne veut pas que la moindre bêté se íkuve,car il y a trois ans que faiíànt un chasse á Démitoca , cinq heures d’An- drinopléíscs veneurs Sc íès chiens manquèrent une t>U grand Turq. ii$ une biche, qu’il poursuivit luy mêmeavectanc de chaleur qu’il se jertá avec elle danslaRivie- re Tvnya , & la vitesse de cet animal ayant surpassé celle de son courcier Arabe, évitá la mort que ce Royal veneur luy envoyoit au bout d’un Javelot,il en éut tant de déplaisir qu’il descendit de cheval & dît sux siens qu il ne par tiroir pas de se place que l’affront qu’il avoit reçedne fûst payé par la mort de cette bête ou par 1a leur,il semble que ce corhandement donna de 1a vitesse au coureurs & de ì’Adresse auX Chasseurs, car dans un quart d’heure ils satisfirent leur Empereur qui ayant passé le fleuve á la Nage dans le Cœur d’un rude Hyver en supporta mieux le froid que plus de mile&cinq cent hommes qui en moururent, outre les piétons qui se noyèrent étant tous contraints de le suivre, je fus aussy malade du froid que je sentis tout ce jour á fa suitte. Il n’a jamais bed de Vin & n’en a jamais souhaitté , qu’en septante quatre, que passant par Skender kieu , village d’Alexandré, á une lieueedemy d’Andri- nople,il vît les paysans Chrétiens qui dansoinc & chantoint ; il demanda le sujet de leur Ale- greffes, le grand Ecuyer luy répondit qu’ils avoint une Fête, & que le vin qu’ils avoint bed pour 1a solemniser , les rendoit si gés, il ordonna á un Eunuque noir daller Pi Sarrail pour y en faire trouver ásoq arrivée,ce qu’ayanc oiiy 1a Sultane sa Mere, donná au dit Arabe ' .. H une ii4 Du grand Turq. tine porceléne pleine de vinaigre avec du Sucre détrempé, & luy ordonna de la presenter á ía Hautesse>l’Eunuque s en voulut exempter disant qu il le feroit mourir 8 il recognoilsoit la ruse, & elle le menaça de le faire étrangler s’il ne luy obeissoit, & luy promît fa faveur en cas qu’il fût découvert ; Ce misérable fût contraint de presenter cebrevage á son Empereur en arrivant, mais en ayant goûté pour du vin, m audit les Chrétiens qui bevoint une fi méchante liqueur 8c abbhorrá le vin plus que jamais. La Sultane fa Mere craignoitquen luy en laissant donner du bon il n y prît goust à habitude, & par son usage ne devint furieux. 11 n’est pas fort libéral, ayme les chevaux & les chiens, &prent tous ceux qui luy plaisent j au retour de la premiere campagne de Pologne, il vît, de dessous ses pavillons, un mien levrier prendre un lievre,il envoya dabord unC biaoux, dire que le Maître du levrier luy menast ce chien, ce que je fis avec joye, il me paria favorablement, á son ordinaire, & me donná vingt deux Ducats pour mon levrier, il est fort modeste dans ses habits, & ne dedégne pas paf- j sant par les rûes de íalver ses sujets par une pe- j rite inclination de tête , il vat tous les Ven- j dredys á quelque Mosquée, les riies sont bien j nettoyées par tout ou il doit passer, il y vat avec peu de suitte n ayant que ses valets de pied, son grand Ecuyer 8c son K*uk»ttUq, porteur T)ugránd Tttrfy ttj tsur d’oidres Secrets , qui le précédent avec quelques cbiaousí Son Seliítar, porte Espée$ ion premier Tcboadar , valet de Chambre, & quelques autres domestiques le suivent. II reçoit favorablement les Requestesqui luy font présentées en s’en retournant, ceux qui eii veulent donner sont en hay.e dans la rue faisant des vœux pour sa conservation, & apreâ les avoir reguardés,il fait signe á un de ceux qui sont auprès de luy de les reçeVoir,& leá luy donner, & s occupe par le chemain áleuC Lecture, & les entérineíelonqu'illuy semble juste. Il présidé ordinairement aux grands Divans, Conseils, étant á une fenêtre élevée au dessus de la tête du grand Visir,au commance- ment & á la fin comme aussy quand il entré ou sort du Sarrail il fait une inclination, qui a lieu de Salut, & un Selam cbiaoux , Huyíïïer du Salut, respond en criant, alekum Selam racmet oulla berequiat hou aiUclala padecha umurler ver- fen, le salut de Dieu te soit rendu,la grâce ds Dieu & sa bénédiction te soint données, Dieu tout puissant veulle donner plusieurs vies á l’Empereur,le même ce pratique quand il fort ou entre dan s les pavillons. Il a comme j’ay dis deux Ajfekies, Sultan Mou - stapba son fils aisné qui fût Circoncis en septante cinq âagé de douze ans , la Sultane f aima* ou fatime, âagée de neuf ans, manée enmême tems í Kquíou Oglrn Moujìapba Pacha apresent H L grand u6 Du grand Tarq. grand Vizir & un autre Sultan né dans la Province de Silistrieen septante trois, sont de la premiere^jj/ê/^eSultane, la seconde accoucha, j de son premier enfan qui fût une fille, en se- j ptantequatre ílfaqcbm sur le Danube le même jour que sArmée y retourna d’Ucraine. Tous les grands Seigneurs font obligés par la Loy d’apprendre un métier afin que si étant ; faits prisoniers dans les guerres quelle leur j oblige de faire continuellement contre les \ Chrétiens, ils pussent par leur travail gaigner kurvie fans être obligés demenger le pain du Chrétien , le Sultan aujourdhuy régnant est i Caz.ttí, bouttonnier de son métier & j’ay encore apresent des bouttons de íà façon. Les ; Empereurs Ottomans se reposent sur leurs grands Visirs de sentier gouvernement de leur Empire, & ne souffrent pas les visites des Grands qui n osent approcher son Sarrail fans y être appelles ce qui ne se fait que pour affai- > ] res de la premiere importance ou pour leur coupper la tête ; Tout le divertiflement de ce- ; luy d’aujourd’huy est a voir battre ses pages au Girit , ou dards fans fer, á la chasse & parmy ses j femmes, plus par habitude qu’autrement,car j la Sodomie la tellement consommé que son u peut aussy dire de luy qu'il n’a pas quitté le péché, mais que le péché la quitté. Il n est pas vray ce que plusieurs ont dit que ! l’Empereur Ottoman faisoit mourir ceux qui se i ! T)u grand Turq. nj í"e trouvent dans les rues lors qu'il y passe il est bien vray que les Pachas & autres Grands seloignent de son Chemain plûtost de peur qu’il ne leur demande quelque chose que de crainte d’en être maltraictés. mmmmmçmmem XXV. De la Sultane Mer e de sa Hau- tejjè, &desesFreres. ' C Eluy qui d’un rien a fait tant de merveilles qui sont le sujet de nos admirations s a par une providence Secrette , permis q’une paysanne Russiene faite Esclave par les Tar- tares, ait été femme de Sultan Ibrahim, & Mere de Sultan Mahomet Successeur des Empires de son Pere. Cette Dame étant asses enrichiée des dons de nature fût êlvée l’unedes sept, selon la courûme dont j'ay parlé, Ibrahim Aga, Eunuque noir qui servoit de ce tems les filles du Sar- rail, dit que celleçy Chatouillée de son election & affligée de íçavoir que deux des autres fìx se croioint être enceintes , ambitionnant ce doux titre d'Imperatrice avec tous ses avantages, se Feignit être grosse, Sc íçeut avec ses con- ndantes Sc une Juifue qui luy apportoit tous les jours des biyoux,si bien joûer son rôlet Sc se faire paroître un gros ventre, qu’elle fût aussy cruée enceinte, elle se plaignoit incessenment H 3 de // stes fourées de Zebelines empoisonnées, aux Princes ses Freres, les Sultans Scliman & Or an, furent secourus de la force ds leurs tempéraments & des prompts remedes qu’ils reçurent, | De sa Hmtejfe. 12% mais Sultan Acmet,dé}â assoibly dune longue Maladie fût réduit au tombeau ou je le vis porter par le Kaimacam de Constantinople, le Boftangy Baschy, le Stambol effendy, grand Juge de la dicte Ville, & autres Officiers considérables. Soliman Aga , Boftangy Bafcby , quelle fît faire Caimacam de Constantinople en septante quatre, & mourut en septante cinq, fût favorisé au dernier poinct de cette Dame, que le Sultan son fils fit venir auprès de luyen Andrinople il y a trois ans 5 âpres avoir juré Sc donné fa parole par écrit de ne rien entreprendre contre la vie de sesFreres, qui y resterent l’an pasté quand ík Hautesse vint á Constantinople , il a fait bâtir un Sarrail nommé Hac pounar, puis blanc, á deux heures d’Andrinople, pour le divertissement de \&V alidéy Sultane, sesFreres - que l’on dit que cette Dame chérit fl ten« drement,ou acause de la supposition que j’ay dite, ou acause que Sultan Soliman est un ay« mable Prince.EIle a comme toutes les Sultanes des districts pour appanage, ou elle tient des Mujfelims, ouReçeveursquicommandent avec lamêmeAuthorite q’un Pacha dans son Gouvernement. Elle en a cent soixan te mile Ecus de revenu, mais elle a Dalieurs des richesses immenses qu elle a ramasées pendant le long rems qu elle a gouverné l’Empire Ottoman» outre quelle peut avoir du Sultan , ce qu’elk; H $ seu» 122 De sa Hautes. íouhaîtte, & qui n’attans pas même ses demandes pour iuy faire des dons de considération ; Il c’est peu veú de renégates si zelées pour le j Mahometisme, quelle, la Mosquée qu elle a j fait bâtir sur les rives du Canal de Constant!- j nople & Gala t a , en donne d’êvidentes preuves, : c cet édifice est manifique & bien fondé, & elle Jj n’oublie rien pour faire cognoitre fa dévotion < envers la Mecque , ou elle envoye de tems en é rems de grands présents. Sultan Soliman est ij c un Prince âagé d environ trente sept ans de ri- : jj che taille Scbien proportionné, le visage beau .jjj & Majestueux avec une belle barbe noire (j eus ! jd 1 honneur en septante quatre de reçevoir un [g présent de íà main ) il est d’un esprit ravissant ||f le cœur haut Sc bien placé , & fort aymé du peuple quoy qu’ilnel’aye jamais veú; mais la Sultanemere qui en est inséparable, adore ses ‘u t belles, qualités. !>■' Sultan Orant, est plus jeune dun ân , il est j ' f plus fouet Sc n'a pas de si belles qualités, ces j. : Princes se peuvent dire misérables puisqu’iîs so n t pire que beaucoup d'Efclaves des sujets de | j leurs ancêtres, il ne sortent jamais, & font toû- : , jours avec la Sultane mere, lans qu homme vi- j j vánt les puiste voir, si non quelques domesti- 1 ; ques par accident, quand ils doivent aller d un ( lieu ál autre, ils font dans un coche farmécom* , meceluydelaSultanequ’ilssuiventimmedia- 1 , tement.guardés demême quelleûls n’ont point T>e saHauteJjè, îê$ dOfficiers ny domestiques autres que les siens. Je íçay que la vérité ne veult pas être toujours dite, Ô c quelle fait souvent hayr ceux qui la publient, pour moy qui n ay autrebut que de désabuser le Christianisme, de ee qu il pouroit croire par lalecture de quelques Autheurs peu informés de la Turquie, [ay cru être obligé en conscience , de faire cognoitre labbus ou un certain Turq faitEselaveenbas âage parMrs, de Malthe, a mis tant de grands Monarques 8L dìllustres personnes , se disant Frere êné dn Sultan au jourdhuy régnant. Il ne m a pas été difficile de íçavoir son Origine qui est dune EselaveCircaciene qui ayant été fille duSarrail, fût a ce que l’on croie, cogniie de Sultan lòra- him, & comme il s’en met annuellement plu* sieurs en liberté, elle fût du nombre & se maria avec un Vézenadard > ou Peseur des deniers dn Trésor,elle eût quelques enfans de cet homme, entre autres celuy que l’on appelle le pere Ottoman, Elle voulut par dévotion aller á la Mecque, & s’embarquá fur un Galion de la Caravane du <7às, qui fût pris parMrs.deMal« the, elle passa > je ne sçay par qu elle intrigue, pour Sultane, Sc luy encore au jourdhuy pour Sultan , véritable heritier de l’Empire Otto* man z II faut avoir une effronterie fieffée, poux maintenir une telle imposture á la face detant de Souverains qui en ont étés abusés,par le peu de foin, & d’intrigue de ceux qu’ils entretien* nent I J24 De fi Haute [se. nent pour leur service, á la Porte Ottomane ce n’est pas dans ce seul rencontre qu ils font mal servis, car on leur donne peu decognoislance des affronts & injures qu ils y reçoivent en la personne de leurs Ministres. Il íeroit a sou- naitter qu ils n y eussent que des Refidents ou Consuls , ou que leurs Ambassadeurs fiissent fi riches , que l’interest ne les pût obliger de commettre ou souffrir mile basesses, pour pouvoir sentretenir longtems en ce poste asses lucratif pour remplurer en peu d’années un homme déplumé, mais faire toutes les choses d une résolution capable d’y maintenir l’hon- neurde leurs Princes, & fans aucune crainte, se commettre au besoin , pour le soutiens de leur gloire , comme fit Monsieur de la Haye Vantelet,aujourdhuy Ambassadeur en Bavière qui d’un zele digne d’un Ministre de France, jetta les Capitulations au nez du grand Visir, depuis peu mort, qui a toujours scuhaittéson éloignement de la Porte, avec mile intrigues, le cognoilïant incapable de souffrir ce que d au- tres ont faict, je íçay l’estime que ce Ministre Ottoman&plufieursGrands en faisoint.&font encore aujourdhuy,&quoy que sesennemys ayentpú publier contre luy,j assure sons aucun interest, que ceux qui setoint plaints de luy l’ont en suitte désiré. SaHautesse a plusieurs sœurs Mariées á diverses Pachas, qui, pour re- çognoissance de l’avantage qu’iís ont de poste- De sa Emtesfe. izs der les filles de leur Empereurs, doivent entrer aulict la tête par les pieds, & se glissant ainsy le long de ses cuisses arriver entre ses bras. mmmmmmmmm XXVI. Des Jîjfekies Sultanes. A premiere Ajfekie, ou femme de fa Hau- I , , tesse est du même pays que la Sultane fa mere, elle est parvenue á ce bonheur corporel par la perte de fa Liberté, & de son a me, se reniant comme toutes les autres. Elle fût, entre les sept êlvées,fort tendrement aymée du grand Seigneur qui pendant un long temsnecognût point d autre femme qu elle. Sa naissance n’est pas plus relevée que celle de la Validée Sultane, quiluy a inspiré lé genieadroit& galant & la dressée á tout ce que les femmes les plus lubriques ont aecoûtumé de faire pour donner de î'amour. Pendant les premieres faveurs de la fortune, elle mécognut lés grâces quelle avoit reçiìes de la Sultane mere, qui en parloir toujours á saHautesse avec tant d avantages,quelle réussie enfin dans le dessein quelle avoit de l’en rendre passionë ; & cette Ingrate chercha tous les moyens de la faire mourir, mais s’en étant apperçue, & que le Sultan son fils, s etoit plus que jamais adonné aux Garçons, elle Rappliqua á leducation de la Dame Candiette, dont 't2Í Des Ajjèkie-s Sultanes, je parleray encore , afin de la rendre un jour, í’obìet des tendresses du grand Seigneur qui a de cette premiere Ajfekìe , deux fils & deux filles. Lette Sultane a des appanages pour ses menus plaisirs,elle en retire cent quanrante six mile Ecus tous les ans, ses Officiers internes &ex* ternes sontçntrerenus du Sultan qui ne luy ferme pas ses Trésors, j ay veu de ses habits, ses Brâcelets & íà ceinture ches TOrfaiure de la Porte, ces pieces font cognoitre quelle est de taille fort deliée & petite. Gule Stan, champ de Rôles, seconde Affekie, est de Torigine & rare beauté dont j’ay fait mention , la Sultane mere lapresantaen mile six cent septante, á sa Hautesse qui en devint êper* dûment amoureux , & voulu dés le premier jour, luy donner les plus sensibles preuves de ion amour - mais cette belle qui sortoit dun lieu ou les instructions nécessaires luy avoint été données, refusa dans ce moment ce quelle ambitionoit, disant quelle aymoit mieux mourir des mains de son Empereur en ne luy obéissant pas , que de celles de son Apk[e , qui n’êtoit q une Esclave comme elle, à qu ayant est cognoissance de ce Mystère amoureux, elle ne manqueroitpas de la faire étrangler comme elle avoit faict celles qui avoint accordé les der» nieres faveurs au Sultan , qui ayant encore quelque teste d’amour pour ía premiere Maîtresse* ne voulut jouyr de h belle crainte de Des Ajfekies Sultanes. ìsy l s’exposer a la perdre , & ne pût se resourdre ; alors, de la déclarer Sultane. La premiere favorie ne manquá pss détrs I instruite de ce qui e’êtoit passé & donna quatre i vingt coups de bâtons, fous les pieds de la , belle qui devoir être íà rivaile,c'e mauvais trai- : ctement fait á une personne que fa Hautesse adoroit, le mit en telle confusion quand il en i fût informé, qu’il voulût faire mourir son Afje~ i hie, mais les Instancesdu Mouftj, & les larmes du petit Sultan son fils prostern é á fespieds ; en empêcherét l’execution 3 mais il déclara la mal- traictée pour Ajfekie Sultane , & pour appaiser ses douleurs la voulût cognoitre le même jour, elle en est aymée avec tant de passion, que cé Prince, ne pouvant comme j’ay dis se priver de la chasse,fait souvent mettre des relais de Cavalles Arabes pour en abbandonant fa proye fe Venir entierrement donner a celle de cette belle, á laquelle il donná aussy tost les Officiers ordinaires aux Sultanes, & cent cinquante mile Ecus de pension pour ses menus plaisirs, outre fesappanages qui luy en rendent encore autant, ses richesses sont immenses , car elle possede tout ce qu’a son Empereur qui en est idolâtre, elle en a une fille de Tannée que j’ay nottée çy dessus, le commun veut dire quelle est fort avare, au contraire de la premiere. Elles avoint toujours vescu ensemble era tres mauvaise intelligence, mais la premiers crai- ï2Ì Des Áfjekïes Sultanes. craignant de désobliger le Sultan > qui êtoîc autrefois Esclave de les volumes, le prie sou» vent de voir des filles plus belles & plus jeunes qu elle, & pour iuy témoigner qu elle se depor- toit, de la prétention qu elle avoir de posseder feule, son affection, elle procura au retour graine une bonne intelligence avec la seconde, ce qui donna une joye particulière au Sultan, duquel elles reçeurent cent mile Ecus chacune. Les Sultanes ont leurs Kiajaísa dehors, qui ont foin de leurs revenus, & affaires exterieu- res, ils en sont souvent régalés, cet employ est considérable, ils ne peuvent parler, qu’a la Sul- tanne Mere , y ayant un rideau eípais entre deux, ce qui s observe auísy quand elle veut parler aux Vizirs ou autres Grands. Les Ajfekies da Sultan ont des espionnes pour : íçavoir celles qu’il caresse en Secret, & ces jalouses les font souvent mourir, & cornue les T urqs ne peuvent faire leur prières a prés avoir cognú une femme,fans se laver,l’on sçait quand íá Hautesse a fait quelque contrebande,car il vient alors se laver dans l’appartement des hommes pour ne point fâcher celles qui sont fesmignones publiques, qui exercent des cruautés inouyes contre les belles qu elles fçavent en avoir été aymées, non pas que cette jalousie provienne d’un véritable amour, mais afin qu’il s imagine qu elles en ont pour.luy. Des Des Ënfans de fa HautcJJ'e. 12p XXVII. DesEnsans de fit Haut effe. I Lsíont au nombre cy dessus déduit, le pre* mier est Sultan Mouftapha, âagé maintenant de quatorze an s, il est blond 5c fort beau ilserá déplus riche taille que íbnpere, il a l’ceil foc vifaussy bien que lesprit.il ne fort que quelque fois en compagnie du grand Sultan qui le fait marcher a fa tête, tant pour avoir la satisfaction de se voir un Successeur,que poUr le faire cognoitre 5c aymer des peuples, ce jeune Prince n’a des Officiers particuliers 5c des valets de pied, que depuis fa circoncision,que le Sultan son Pere, voulût être faite avec toutes les magnifissances possibles > il fit pour cet effet, venir de toutes les parties de son Empire, tous ceux qui pouvoint contribuer á l’execution d une entreprise digne de sa Grandeur , qu il vouloir, á l’exemple du grand Soliman, faire paroitre en semblable occasion. II y á unetreS belle pleine devant le Sarrail d’Andrinople, ou les pavillons de fa Hautesse, des Vizirs ,S£ PrincipauxOfficiers,furent dressés,ayant le dit Sarrail en face; Tout le foin de cetteFêtefût laissé á Acmet pacha > grand Trésorier, il fît élever plusieurs Machines guarniés de Lampes disposées en divers Ordres, pour faire lumière aux Jeux qui s y donnèrent pendant quarante I jours, jjo Z>es Enfans de fa Haute fe. jours, vingt devant & autant âpres ia Circoncision du jeune Sultan, qui fût le jour de la Cérémonie, conduit incognito au vieux Sarrail, &de la mené au nouveau dans Torde qui fuit. Deux Pyramides de fleurs & festons d’ar- gentde toutes couleurs surent portées íùr des Machines par deux cent Esclaves chacune, elles avoint cinquante coudées d’autheur & huict de Diamètre en pied,il s en porta quarante autres toujours en diminuant de la Gran- déurdes Premieres, les cbiaoux^Moustapharagaí, Cappigy fíafihis , & autres Principaux Officiers, fûivoint dans l’Ordre & avec îes habits que vous lires,en son lieu,les Solacques marchoint á leur place accoûcumée, fur deux êles entre les quelles lesgrands J uges, Vizirs & le Mouf- ty, precedoint sept Cavalles de main avec tout f harnois Impérial, dont je parleray alieurs, le grand Ecuyer les fuivoit avec vingt quatre Triques & autant de Cbatirs , valets de pied, entre les derniers defquels , marchoit le jeune Sultan monté fur une Cavale Arabe de quatre mile Ecus, Tharnois de la quelle étoit comme celuy des autres, en Broderie de Perles, Dia- ments, Sc autres Pierreries, avec le Sourgoucbe, ou aigrette fur la tété, enrichyjd’une Rose des plus précieux biyouxdu Trésor Ottoman. Ce jeune Prince tout couvert de Trésors, chaque pierre en vallant un, pasta dans cet Ordre par les rites bordées de Jannissaises, julqu a la ì ! JJes Er/fans de fa HauteJJe. /j t la porte du Sarrail, ou il entra seul avec les Eunuques 8c fût Circoncis , dans lappartenient de la Súîtanë fa Meré, par Noubout Cheleby , Mï> Noël renégat corfiotté Chirurgien major de ía Háutesse laquelle âprësâvôir fait lesPrierèsor« dinâires en semblables rencontrés, sortit soUS ses pavillons auprès de ses Visirs câmpés auprès de luy, 8c qui s’êtoint fait élever des Sophàts, E pour voir plus facilement les feux dArtisice» ! Danseurs - attaques de Forteresses» 8c châteaux f 1 de Quarte a Iles grossièrement représentés -, 8é 0 plusieurs autres choses si MaPterieiès, que je ne f les Veux pas déduire, Crainte de guâter la bcau-> * té de cette Illustre Fête. Tous les Etats 5 Princes 8c Officiers relevants de la Porte y avoìnt été conviés, noji que leurs prefattces y fussent fouhaiìtées,mais bien leurs prëíants qui furent Magnifiques» Abdy Kadir maintenant Vice Roy de Babylone» autre fois Aga, Ou General des jannissaires, s’y fit recognoitre, Comme par tôutalieurs splendide, il y envoya quarante Esclaves Ctreapenes, dune rare beauté 8c richement mises, douze chevaux Eciôpiens de grand prix, vingt qUatrè grands Vases d'argent» deux Cassolettes d’oï 8c urt Sabre Persan dans uti Foureau semé de Piereries de Valeur, le Pacha de Boude en fit un de même Forcéjles Princes de Transilvaniê» Valachie, 8c Moldavie » n oublièrent pas d’y faire paroitre les Refpeás qu ils ont pour le I t, Sou» xj2 DesEnfans de fa Hautejfe. Souverain dont ils relèvent, par une Libéralité forcée, aussy bien que celle de tous les Officiers & Artisans de l’Empire,chaque communauté avoit envoyé fa contribution á Constantinople & Andrinople, &les députés des lieux plus voisins , joints á la Compagnie de leur art,passerent dans les rues deux á deux avec des Chanteurs & Joueurs dinstruments chaq’une ayant son Chef, qui faifoit porter devant soy les presants de fa communauté, & en cet. Ordre passerent devant les Pavillons du grand Trésorier qui lesexaminoit,&nè les trouvant de suffisante valeur, les renvoyoit fans leur permettre de passer devant fa Hautesse, jufqu’a ce qu’ils eussent accru leurs dons, qui consistoint en diverses ustancilles d or & d’argent. Il paf- soit tous les jours trois ou quatre Métiers, qui mettoint leurs offerandes aux pieds du grand Seigneur qui leur faifoit Largesse de quelques centenes d’Ecus. Les Juifs de Constantinopledonerent vingt mile Ecus, outre cent pieces de Brocard, Satin, Tabys & Drap, portées par autant d hommes de leur Compagnie, les Patriarches Graecs & Arméniens y donnerent des choses de considération, tous ìcsCadyS) Juges de touc 1 Empire sirent le même, & ce qui est surprenant 8c indigne d’un si puissant Empereur, est que les presants êtoint tous les jours vendus dans les marchés publiqs, ôcleur vente a monté a trois sent 'Des Ensans de JkHaúteJse. 13$ certt cinquante mile Ecus, plus que les Frais de la Fête qui furent de quatre cent trente trois mile Ecus. Pendant tout ce rems, íaHautessè traictoit alternativement ses Officiers 8c fa Milice, & fur la fin tous les Juges, 8c chaque Imam d Andrinople avec tous ses paroissiens qui le fuivoint depuis la Mosquée jusqu a la place de la Fête ou ils êtoint régalés fous de grands Pavillons, & puis passoint devant le grand Seigneur , Faisant, á haute voix , des vœux pour fa conservation. Il fût deffendu aux femmes de ne fe pas trouver dans le camp de la Fête, pour éviter les insultes 8c désordres que la Liberté donnée en de semblables jours, auroit pú faire prendre aux Janniííares. Mile 8c huict cent Garçons surent Circoncis aux frais de íà Hautesse qui les fît tous habiller, mais contre la coutume en de semblables rencontres, ne donna des Charges qu’a vingt quatre, je ne vis jamais tant de prépuces, il n y avoir point de Barbier qui n’en eût une bandoulière bien guarnie. Mile personnes tirèrent au fort, 8c chacun avoir eequiêtoit écrit dans son billet, quelq uns marquoint des pris, offices , 8c sommes d’argent, d’autres des coups de bâtons 8cle fouet, ceux qui vouluren t, s’expo- serent á cette fortune.Vne fille pucelle fût attachée sur une table panchante,bien unie 8c frottée d’huyle,avec cinq mile Ecus 8c la fille áquî pouroit la dépuceller sans s’aramber á elle,& i i q u * xì 4 Des Enfant de faHauteJse, qui tomboit de dessus la table, ssy pouvoit plus remonter,vingt cinq sy expoferét fans en pouvoir venir a bout, Cette Fête prit fin par une Cource de douze heures de cent chevaux,les trois premiers arrivés au lieu marqué eurent chacun mile Ecus, Hc ceux dune autre Cource de six lieues, de rnême nombre de chevaux eurent chacun cinq ' çent Ecus, La Sultane fille de fa Hautesse, âgée de neuf ans, fût promise á Mouftapha pacha , Moujsaip, ou mignon de fa Hautesse, le Nichan ou la mat- ; que des FianfalJes luy fût porté en pompe 8í accompagné de tous lesOfsiciers de la Porte, il confistoit en une père de Braffelets de Dia- 1 ments de quatre vingt mileEcus, deux autres pères, de Perles & Rubys de quarante mile, deuxs pendants d oreilles d Hemerodes de dix mile Ecus, une Ceinture en Pierrerie de cent vingt cinq mile,un Talpache ou bonnet de quarante çinq mile Ecus, un Miroir, Haina , des. Sandales d’Aloë, Nalen, des Chauffons en broderie de Perles,quatre grands peignes de dents, de poissons,six Polices de famourCouvertes de drap d’Or, douze Vestes de brocard d or & autant d’argent,& cent aulnes de Brocard pour Tapisser l’endroit fur lequel la jeune Sultane devoit passer pour venir rcçevoir ces présents portés par les Eunuques noirs á la Sultane fà fnere, qui les luy prefanta au nom de son prétendu Des Enfans de ft Hautejfe. rj$ tendúgendre,auquel elle envoya, selon la costume, deux mouchoirs en broderie dor chacun dans une toilette en broderie de Perles, Ce favory avoir faict bâtir á sonSarrail les appartements nécessaires pour recevoir son épouse, qui y envoya ses meubles qui consi- stoint en quarante Couffins en broderie de Perles montant á huict cent mile Ecus, & infinité d’autres bardes & ustancilles á la Mode du pays, selon la qualité d une semblable Princesse qui fut âpres le Mariage conclu 8c bénit par ìeMouftj, menée au Palais de son époux, ou il se fît vingt quatre jours de rêyouissances de la nature des Premieres. Cepandant fa Hautesse devint amoureuse d un jeune Singuan , qui avoir dansé á la Fête, 8c le prît auSarrail dans la grande Chambre, 8c depansá soixante dix Bources,chaque Bour- ce fait cinq cent Ecus, pour luy faire son équipage, ce petit gueux revêtu , á dabord tellement abusé de la faveur de son Galant,qu il a prétendu devoir monter íes propres chevaux, Scluy a demandé queleTrihut des fût supprimé, ce que je ne crois pas qu’il obtienne étant l’un des plus grands revenus de la Porte, J 4 Bu j}6 T>u Sarrail. mmmm&mmwmwm XXVIII. D u Sarrail. N On seulement les Palais de sa Hautesse font appelles Sarrails,mais aussy ceux desVizirs ScGrands,íls font en grand nombre, mais ceux de Constantinople Sc d’Andrinople étant les Principaux nous ne ferons mention que de peu des autres,& pour ne m'arrester aux bâtiments qui n ont rien de rare dans sexte» rieur, que certains Kiosques deMarbre, de Jaspe Sc de Porphire, je passeray á l’Ordre qui s y tient, & aux personnes qui les servent & habitent. Le quartier des femmes est séparé de celuydes hommes, & les seuls Eunuques noirs y peuvent entrer & enguarder les portes, elles font dans celuy d’Andrinople mile Sc huict cent, entre lesquelles il y a des sourdes & Muettes qui sont les Bourelles de celles que les Sultanes font mourir , elles y sont aussy divisées par Chambrées , & les Sultanes s en servent á leur bon plaisir leur donnant des Charges, comme de Tresoriere, femme deChambre, & autres semblables á celles que vous voirés au nombre des Officiers du grand Seigneur, sauf le porte Epée, elles y travaillent divinement bien en broderie, Sc s y font 1 amour avec plus de passion que sos Galants á leur Dames, & pour êvister les désordres qùï ce démon pouroit causer parmy ces jeunes Du Sarrail. #7 jeunes beautés, les Eunuques veillent toute la nuict chacun dans la Chambre qui luy est co- mise,elles n en sortent que corne j’ay dit. l’Ap- partement des hommes est divisé en quatre Chambres, des ifchoglans, ou pages,qui font Laz.»da, ou grande Chambre , Lanem Oiaci, Chambre du Trésor, Kiler Oàrr,Chambre de la Sommeleri e,Sepherlú odact, Chambre desGuer- riers, tous les Pachas & autres Grands y font ordinairement reçevoir leurs fils pour parvenir á quelque dignité. Dans l' Az.oda,ilriy a que trente neuf personnes, le grand Seigneur fait la quarantième, ils font tous Moujfaipstou favoris,par ce qu’ilsparlent journellement avec saHauteíse,quim’y a tenu pendant cinqmois, pensant me faire am- brasser sa Secte. Le premier de cette Chambre âpres saHau- teffe, est l’Az,oda baftby , Eunuque blanc qui en est comme le Gouverneur, & tous ceux qui y font l'appellent^ baba , Seigneur Pere,ilest des plus considérés de 1 Empire & les Visirs s estiment heureux d’avoir ses bonnes Grâces, pouvant beaucoup á la fortune ou destruction de ceux que bon luy semble, a cause de la grande familiarité qu il a avec le grand Seigneur qui luy fait souvent des présents considérables, il a uneSignorie,ouZ/4î«Êt,de sept mile Ecus, ceux qui veulent obtenir quelques faveurs s a- dressent á luy ou aux suivants, avec des pre- I 5 sents j tjt$ DuSarrail. sents selon la'nature de l’affaire. Le Second est le Selittar, ou porte Espée, il est au dehors inséparable de sa Hauteíse, & porte son Sabre sur le dos, tous ceux qui font dans cetteChar- ge obtiennent ordinairement toutes les Grâces qu’ils demandent du grand Turq , qui outre leurs entretiens j & les présents il leur donne des ZUmetSy ou Signoriés les plus considérables de l’Empire, Acmet aga , celuy d’apresent én á un de huict mile cinq cent Ecus, ils ne sortent jamais de cette Charge que pour être Pachas, il, est Géorgien de Nation, Le troisième est le Tchaadar ,o\i homme de Chambre, il a foin des habits de fa Hauteíse» qu il suit partout-, 8c fait porter par quelques Valets, des sacs d’habits crainte que le Sultan venant a être mouillé ne voulût en changer, tous les habits de dessus 8c haudechausses que le grand Turq ceíïe de porter luy appartiennent, ce revend est grand car il en change souvent , 8c outre cela il a un Ziamet de six mile Ecus, sa faveur n est pas moindre que celle du . précédant, 8c l'efperance de fortune tent a mémo but. Celuy d'aujoudhuy est fils d'un paysan de Silistrie, il porte ordinairement une Bource de Ducats pûur servir aux libéralités d u Sultan. Le quatrième est Laz,ena Kìayacy, Lieutenant du Trésor,il a la direction du Trésor de sa Haute (se, il reçoit les deniers qui y doivent entrer, Sc : t :i áJ I $ ■r í ! kl i V í K t : r! Z î( Bu Sar r ail. 13$ ZL doit rendre compte de ceux qu il en tire, ses profits font tres grands, étant á luy de payer toute la depance interne du Sarrail,il a cinq Ecus parBource, uneBourçe fait comme j’ay dit cinq cent Ecus, il en donne un par chacune il'Anaktaragacj > qui en a les clefs, & en prend ce'quil luy commande, celuy qui exerce cette Intandanoe du Trésor est fils d’un Boulanger : de Constantinople, il a une Signorie de deux Íí mile. cinq cent Ecus de revenu. >j Le cinquième est ìeSirt Kiatin, ou Historiographe appelle Acwetaga, Circacien de Nation, \ il fuit son Seigneur par tout, & porte avec soy ! un livre dan§ lequel ils écrit tres exactement toutès les actions du Sultan , & ses Histoires font mises dans les Archives âpres fa mort,il A un zìamet de Mouflapbœr aga , qui luy vaut neuf Bources, Le septième est le Tavnaqcbj , ou Coupeur d’ongles du Sultan, il s’appelle Abteulla , il est renégat Vénitien, aises beau Garçon, & a la faveur de son Maître , il appartenoit au grand Kaimacam, & le grand Seigneur luy demanda dan$ ]e moment qu il se disposoit a le faire mourir , jaloux de ce qu’il avoir procuré par lettres son entrée auSarrail, ilcouppe les ongles du Sultan,qui le régalé fort souvent il a un. Ziawet d’onze Bources, VAnaílar Oglan, ne tient point de rang mais est pourtant des plus considérables il a toutes les î 4° Du Sar rail, les clefs des Trésors duSarrail 8c parle souvent avec leSultan,il parvient aux premieres dignités & a de grands profits. Le septième est le Tulbenteragacy , ou Faiseur de Turbans de fa Hauteste, il en a le foin & les change trois fois la semaine,ceux qui ont étés portés luy appartiennent,aux jours deBairam, il envoye un Turban á chacque Vizir qui ne luy font pas moindre présent que d uneBource, il est quelque fois Eunuque blanc. Le huictiême est le Caftangy , il a soin de toutes les vestes Cafetans de fa Hauteste , qui en change tous les jours austy bien quedeZ«- pon ou Camisole, 8c ces bardes luy appartiennent Sc 1 argent qui se trouve dans les poches, ou le Tresorier met tous les matins, âpres qu’il est habillé, deux mile aspres & douze Ducats pour donner aux pauvres. Cet Officier a une paye de Mouftapbar aga, de quarante Sols,ii faut notter qu’il n y a point de revenus & Signories annexées á ces Charges, & que ce qu ils ont vient de la faveur du Sultan. Le neufiême est ìeDovangy bafeby, ou grand Fauconier , il y en a un du dehors , il drestë tous les faucons du Sarrail, il a une paye de Mouftapbar aga de quarante Sols, 8c sort ordinairement Pacha. Le dixième est l'Atmagy Bafeby , ou grand Veneur du Tiercelet, il a le mémo que le précédent. Le DuSarrail. , 14s Le onzième est \tSoffragy fíafcbj , qui mec la table de sa Hauteffe&: a soin de son pain, il a un Ziamet de trois Bources. Le douzième est lèCafegyBafchy,o\iMúltz du Café qui a foin de cuire celuy que faHau- teise doit boire, tk luy presente íuy même dans un ou tâce de porceline sur une petite astìette de même ou dor, tous les vases dor, dargent &c de porcelines se changent tous les ans & les vieux luy restent, il a aussy tous les jours trois dragmes d’Ambre autant deMufque íìx d’Aloë & quatre livres de Succre, pour mettre dans le Café, dont il a dix livres journellement z ses profits font tres grands n usent pas le quart de ce qui luy est donné, il a une Signo- rie de trois Bources. Le treziême est le Eerber Eafchy , ou Barbier de seHauteste, c est á luy de le frotter,& raser partout dans l’estisve, celuy qui lêtoitdemon temsesta présent Pacha i’Erfeckj, en Dalmatie, il sa été a 7H«à,,il est Ortec de de la Bacs d’Omere,il est mon amy particulier,celuy d’au- jourdhuy est Russien de Nation, il a des présents du Sultan toutes les fois qu il le frotte ou rase, & les chemises du bain & autres ustan- cilles de la Barberie font renouvelles quatre fois l an & luy appartiennent, il a un ziamet de quatre Bources. Le quatorzième est l'ibriéiarBafcbyfû a foin desHeguieres Sc Bassins,& verse á laver au Sultan, Ì 42 Bu Sar r ail. tan, il doit avoir soin de luy tenir toujours de 1 eau chaude pour se laver en tous besoins, il ert fait même portera lâchasse dans des vases expresses Basiins tk. Heguierés d'argent oú d’autre matière luy appartieíient une fois fan, il a une Signorie de quatre Bources, il est Polûnois* Le quinzième est le Cbiamachirgy, ou leinger il a soin des chemises calleçons Sc mouchoirs que fa Hautesse a au dehors, Bc luy appartiennent âpres avoir été portés une fois, il a trente cinq Sols de Mouftapbar aga, il est Abiffin, le Sultan change tous les jours de leinge. Le seziême est le T’èfquirgy, il a seing des nappes & serviettes qui servent á fa Hautesse, elles luy appartiennent aux deux L-r/ffiâr.il a le même que le précédant. Le dix septième est le Schamdangy, il doit servir de chandeliers 8c chandelles dans la grande Chambre, Bc par tout au dehors ou sa Hautesse va, on luy distribue routes les semaines trente livres de Bougies, les chandeliers 8c mouchet- tes d argent avec les petites nappes en broderie ou ils se mettent, luy appartiennent quatre fois fan, pourveu qu’ils ayent servy , il a un Ziamet de trois Bources,il est Renégat órasc. Les autres quoy que fans Offices sont aussy considérables, que ceux qui sont en Charges Bc sortent rarement du Sarrail,sens être fait Pachas, ou des plus considérables Officiers de la Porte, les quatre premiers ont quel que autho- d 9 C è u d i i '■ » i Cl ie a J Bu Sarrail. 143 j rite sur les autres, & mangent 3 part, les autres , font servis de ce qui se leve de devant fa Hau- teste mangeant au d’hors, & quoy qu il mange , ches les Sultanes, fa table est toûjourssiírvìe, comme jediray en sonlieu. Outrelegrand Sarrail sa Hauteste a cei ny de Constantinople , ou elle tient autant de 61 » : les & de jeunes Garçons qu en celuy d’Andri. nople ou il habite depuis plusieurs années,il .j y a austy á Constantinople un vieux Sarrail, ; ou font rpises les filles & femmes aptes la mort du Sultan, & par penitence celles qui o tu fait quelque manquement, il avoit un Sarrail de ( Garçons á la place de Lypodrome , qui y r êtoint instruits avant qu entrer au grand, 8c un en Galata, legrand De/terà en procura la destruction il y a deux ans, ce qui a osté le pain k plusieurs pauvres gens qui y avoit des offices, Le en reçevoinc leur nouriture j ils étoinr gouvernés par des Eunuques blancs, il y en a un vieux en Andrinople ou il y a quelque jeunesse. t imam, de fa Hauteste peut entrer dans la grande Chambre, il est entretenu comme le Médecin, il en a austy un autre pour la ' Chasse & Campagne, « De *44 Del’Azenœ, Chambre XXIX. De tu4z>ena» Chambre du Trésor. E lle est la Seconde duSarrail, & ceux qui y sont entrent ordinairement dans laGran» de quand il y a une place vaquante, ils font deux cent soixante, ils ont pour chef un Eunuque blanc, dont la Charge s appelle Odabacbj, chef ou Lieutenant de la Chambre , ils ont foin de nettoyer tous les habits &pelices dú grand Seigneur, de la part duquel, ils portent les présents qu il fait á ceux qui viennent au Sarrail,&en reçoivent souvent la bonne main, ils ont leurs Odyxs, ou Maîtres d’escolle, qui leur enseignent tout le jour a lire & a écrire,ils «exercent aussy á tirer de l’arc, á monter achevai, á lancer le dard & autres Exercices, si quel- q’un d’entre eux manque,il est châtié par Í0- dabafcby, ou pari eKiaja, troisième personne de la grande Chambre, qui s en sert pour faire ce quebonluy sembledans le Trésor. Us mangent á huict tables , on leur sert le matin un bouillon avec des pastes ou boulettes de viande, quelques petits pastés ou morceaux de rosty avec quelque douceurs Sc du fromage» Scunetace de Café, au disné ils ont de la viande boûille avec des poids &de l’ognon appelles Janny , des boulettes de viande dans des seuil- m feuilles de veigne ou de choux j des legumes, du rosty, de la gelée, du suc de Prunes & raisins cuits, dUPi/d«, qui est du Ris cuit au secavec dú heure & une souppe,puis le café ; trois fois la íêmaine ils onrdsi’extraordinaire particulièrement au Ramazan, ils ont le soir, de la volaille, du rostyjde îa Salade, des bouillons & le. teste comme au matin, ils sont vertus une sois lan de pied en cappe, 8c ont cinquante Ecus pour s entretenir du reste, ils ont un cheval entretenu, & un valet á deux, ceux qui ont du leur, peuvent avoir des chevaux de main qui sont nouris de Têeurie. Quand le Sultan vat en campagne cinquante de cette Chambre le suivent 8c ont leurs Pavillons a part, comme leurs Chambres au Serrai! ou ils couchent en rond sor de grands Matelas chacun ayant un ormoire pour mettre fa couverte & son l’inseûil , quantité dé chandelles y brûlent toute la nuict &.un Eunuque y fait la guarde crainte d’amourettes Turquesques, personne ne peut sortir du Sar- tail fans permission, 8C ceux qui ne peuvent attandre jusqu’a ce que le tems,8c la fortune les Advancent,peuvent par Requête procures leur sortie,on leur donnealors un cheval un habit , leurs armes 8c trente Ecus avec quelque paye de Moutftaphar aga , CbiaouX , ou Sphabj/t eeux qui sortent une fois du Sarrail n’y peu- K, veni J4Ó Bu Qtáler ou Chambré vent rentrer sans ía volonté absolve duSultárì ce qui se pratique fort peu. Xxx. Du Quiler ou Chambre de ía Somelerìe. C Ette Chambre est gouvernée par un QuU lergy Bafcby, Eunuque blanc , & par un Qdabafcby de même stature , ses monstres exercent fur la jeunesse qu ils commandent des rigueurs quelque fois insopOftables, ils ont en guarde tous les sorbets Confitures , Succres, Ambres, Musques, Aloës , Eaux de sauteurs compotes, Confections,8ctoutes autres choses appartenantes álaSomeierie, comme aussy tous les vases,les Cafés,Bougies 8c chandelles, qu ils envoyeur 8c distribuent aux Officiers des autres Chambres. Ce Maître Somelier est fort considéré, 8c á entrée dens la grande Chambre, tous les sorbets 8c succres qui viennent du grand Caire luy sent d’abord livrés,8c il dispose a son profit de tout ce qui se trouvé de reste au bout de lan dans íaSoihéserìe, il peut aussy Commander aux Confituriers de faire ce que bon luy semble en leur fournissant les ingfediants nécessaires. Le Lieutenant de cette Chambre 8c desau- Dde la Somcierìë. i£f "tre petites, a quarante Sols de paye, & souvent une Signorie, Ja Jeunesse « exerce comme leis precedants& font nourrys &entretenus de me- me &c sortent dú Sarrail avec même recompen» ce, ceux qui ont de la faveur &des amysdans la grande Chambré obtienent quelquefois des Ziamets , ou quelque bonne Chargé, ils font obligés de preparér les sorbets & leCájrpouríâ ij Hautesse,& de le porter aux Officiers de ÍAìcodá i qui féuls lé peuvent servir, il en fort même f( nombre que des précédants quand le grand Seigneur veut aller en Campagne, & marchent chacun feldn l’Ordre de leur Chambre, ils soht veillés,enseignés & couchés commé lesautres* &sontâu mêmenòmbréqueux. XXXI. T) u Sejjherlie o da, o m Chambré des Guëriers. L És ïchógiàns ou pages,qui la remplissent ,font environ trois cent, ils sont traittés Lc entretenus comme les précédants z & Ont les mêmes Officiers * le Lieutenant de cette Chambre áfervy dUíeiOs de Sultan Mbttrái, il est decrepité & fort aymé du Sultan qùi luy donna il y a quatre ansune Signorie de íèpt iiiile Ecus. Cette Jeunesse aptes letude de iiíeScêcrífë, K % qui i4$ Du Sepherlie oda,ou Chambre qui est la principale dans leSarrail, n’a point d'autre occupation que l’exercice des Armes ausquelles ils font fort adroits,& font appelles Sepberlis Guerriers, devant au besoin combattre, & dans la nécessité de Soldats, ils sortent duSarrail pour être faits Sphœbjis,á dix Sols de paye & rarement davantage, il en fors plus’de cette Chambre que des autres, car fe voyant éloignés de la fortune plus ordinaire aux autres, ils procurent leurs sorties, outre quannul- j lement l’on met dehors les plus vieux ou ceux qui ny veulent plus rester,ils font alors récompensés comme j ay dis. 11 en fort fort peu de toutes ces Chambres, qu’ál’age de trente á trente cinq ans & la plus grande partie de ces Pages font de cet âage& quelq’uns tous gris, ayant eu la patiance d’at- tandre la fortune qui quelque fois leur rit quelque fois non , il en marche cent de cette Chambre pour suivre sa Hautesse en Campagne, ils font montés & entretenus comme les autres. Il faut notter qu entre tout legrand nombre des personnes que vous voirres au Sarrail, il , n’y a que le grand Seigneur 8c h Bostangy Bafchy, I qui puissent y porter la barbe & le turban, tous j les autres ne devant avoir que la Moustache & une barette rouge en tête, tous ces jeunes gens outre les cinquante Ecus qué leur donne fa Hautesse,en reçoivent quelques Ducats au Ba- birms,, des Gueriers. ^ hirams >, plusieurs d’entre eux écrivent & vendent leurs livres par le moyen des Juifs, qui peuvent entrer dans leurs Chambres & leur porter toute forte de Marchádifes,8c quelq’uns ìoubs ce pretexte leur portent des vefcies pleines devin soubs leur bonnet haut &large> & ces Mrs. le boivent en cachette 8c aux lieux les plus Sales, ou ils commettent bien souvent des infamies quel hohêteté ne me permet pas décrire. € XXXII. De t diva hanê\ ou Chambre des Confituriers. O Utre les Odas, dont je viens de parler, celleçy est encore comprise entre celles de Finterieur, e)le a un Alvagy Bafiby , Eunuque ou chef desConfituriers qui la gouverne& fous íuy un odabafcby , ou chef de Chambre, ils travail lent continuellement aux Confitures 8c douceurs que fa Hautefle consomme avec ses Dames, & autres Domestiques, ils fout cent cinquante dans cette Chambre.de laquelle ils peuvent parvenir aux plus Grandes , ils peuvent avec permission aller par la ville ce qui est rarement permis aux autres, qui s’en servent comme de valets 8c particulièrement ceux de i'âà.qm en ont chacun un ou deux qui les K | fervent jso De l'Alvahane des Confituriers, servent ponctuellement pour le d'hors & pour le dedans. Les profits des chefs de cette Chambre font fort grands , outre lesquels ils ont quarante fols par jour,leurs habits, 8cd.es chevaux entretenus comme les autres,des quels ils font distingués par un bonnet de peau blanche fur du carton, ne venant quaux oreilles, & s élevant en pointe, jusqu a la hauteur d’un coude, leur Souttanne ou Dolama , est avec un collet en pointe large de quatre doits, couvert d’un Damas violet, les manches fort larges mais forant au poignet, & ceux qui font encore nou- vaux portent la Ceinture de cuir large, 8c les bottines noires. Leurs Officiers font recognus par un mouchoir blanc, qui couvre une partie de leurs coiffures, personne delinterneduSámilny peut porter de C ontoche , ou veste de dessus, que les premiers Officiers de la grande Chambre 8c les chefs des Eunuques, les AlvagU ont des profits acaufe de la grande quantité d’Ambre 8c de Musque qui leur passe par les mains , ils font habillés, & ont deux Sols edemy par jour, leur nourriture est comme celle des autres, mais ils n’ont des chevaux qu en campagnejls font souvent envoyés ches lesGrands avec des présents de leur chef, ou des lettres de ceux qu’ils fervent, Sc en reçoivent toujours quelques faveurs. - - ' ' ■ ‘ : Dit Des'Eunuques, ìjz XXXIII. Des Eunuques. » I L y a deuxEspeces de ces monstres de nature,noirs Sc blancs,les noirs & plus horribles ynr en dêpos toutes les 1 belles Dames du8ai> rail qu’jls guardent nuict & jour , ils ont un çhef appelìé K,ìz.eldr dgdcy, Seigneur des filles, ìl est dans toutlEmpire le plus puissant, & redoutable Ministre, les Sultanes qui ont chacune le leur ne font rien fans son agrément, le premier Eunuque noir, est fur Intandant de çoutes lesMofquées,& Vaeoufs ou terres appartenantes á iceîles Sc í h Mecque, il dispose de leurs Officiers , fans subordination de personne , il est toujours auprès de la Sultane, 8e quand le grand Seigneur îa vient voir il vat avec elle jusqu’á la Porte de la Chambre pour le reçevoir. Ils font d^ns les plus grandes intrigues de l’Empire,& sont les Ministres de toutes celles du $arrail, chacque Chambre des filles r ses Eunuques; pour les guarder tant de jour que de nuict,, dautres guardent les portes & avenuesdes lieux ou elles se trouvent, & siunt Eunuque blanc en avoir approché de prés il perdroit la vie, Les revenus de ces Eunuques ne se peuvent sçavoir,depandant de lâ libéralité des Sultanes fie filles du Sarrail, qui font obligées de leur en K 4 faire r zjm • Ues Eunuques. j faire pour en obtenir quelques ferviees & libertés les unes avec les autres, ils font richement entretenus ,& ont Presquç tous des Si- I ! gnpriées. ì i Lors qu’il ce fait, d/víííe.c’est á dire quand ! ç les Sultanes sortent de le.urs| appartements è pour venir dans queîqu’exterieur pour voir ] quelque restée ou jeux (comme elle firent au.x r nopees) ces noirs font devant la porte pour 1 en empefeher les approches, mais quand elles ç sortent dans les jardins çe qui arrive quelque S fois lannée,ils font parmy elles & y commet.- q tentplus d infamies qu’on ne peut s’imaginer,. d fans efpargnet leurs pretieuxattours quelles, c< se jettent á la tête les unes aux autres,&souvent f îes y laissent, au profit des jardiniers, defquels j] j en ay souvent achepté. Les advenuées du Sarraiî font alors Guar- ; j dees par unç forte de Canailles^ ppeîlés Alve- a! ter, qui maltraíttent les passants fans avoir le n plus souvent eguard 4 la condition n y á sage. f Je m’en êtois fait un amy qui fé fentoit fort ti chatouillé des caressés que je luy faifois toutes. c les fois qu. il me venait voir avec fesCamara- p des qui s en retoumpint rarement fáns être I í guedés,il me permit,un jour d’Alvette, de me c tenir derriere une élévation reguardant dans le bois duSarrail d’Andrinopîe, je defeouvry o fâçillement les habits, & gestes de ces dever- „ gondées, fans pouvoir diftin&ement difeer- ] ( nef ‘ 1 Des Eunuques. xs$ ner les traits de visage. Les Eunuques blancs font auprès des Pages & jeunes Garçons du Sarrail, ce que les noirs font auprès des Sultanes & filles,ils ont un chef, appelle Cap agacy> qui est inséparable du Sultan, comme l’autre des Sultanes, il n’a pas moins de crédit que le premier,mais pas tant de revenus, tous les Vizirs & Grands Iuy font la Cour, les pouvant bien ou mal servir àupresdu grand Seigneur S qui luy est fort familier,tous les Officiers du Sarrail reçoivent ses Ordres avec même respect; que ceux du grand Turq,duquei il a souvent de grands prefénts&des Sultanes aussy qui le considèrent comme directeur des volumes de sa Hautesse ; ses revenus ne se peuvent sçavo'iï il a une Signorie de sept mile cinq cent Ecus. Les autres Eunuques blancs font employés á la Guarde 8c Instruction des ifchoglans, 8c aux portes exterieures du Sarrail, tous les Eunuques doivent toujours avoir le Mudgevez,é, fur la tête,si cen’est quand ils suivent fa Hautesse á la estasse, ils sont tous disserenment récompensés,leur nourriture est comme celle des Pages, mais les deux grands Agas noir 8c blanc font servis á table á part,& peu disserente de celle de leur Maitre, Ils ont leurs propres Palais dans les Villes ou ils tiennent des filles Esclaves, Sc des femmes qu’ils épousent 8c font seicher á force de les susser & careiìer sans pouvoir éteindre le K f feu x$4 P es Muets & des Nains. feu qu’ils allument dans ces femmes qui son? obligées de se pourvoir alieurs, 8c ordinaire» meut ils leurs permettent de coucher avec quelque Esclave ou Garçon qu’iis ayment, &c adoptent les enfans qui en naissent. « K XXXI Vi Des Muets ^ des Nains. T Ls sont compris parmy les ìfcboglms , de diverses Chambres,selon leur fortune, & la faveur qu ils ont auprès de fa Hauteiìb, les premiers font fort souvent dans les premieres, 8c font lesBoureaux des grands Seigneurs, 8c de r ceux qu’ils sont étrangler au Sa,rrail, Dieu du- - quel nous admirons toutes les œuvres avec merveille, ne nous en donne pas un petit íiibjet dans ces hommes qui nés muets 8c sourds, par leurs voyes inarticulées 8c par leurs signes s’entréparlent 8c ont des interprètes qui avec la longue habitude, ont une parfaite.cognois- • sauce de ce qu’ils veulent exprimer par leurs démonstrations, ils font trente huit, 8c ceux qui sortent du Sarrail sont faits Moustapbars -- agas-i avet vingt cinq ou trante Sols de paye, - & ont une êtappe ou Tahiti perpétuelle,de pain, viande 8c orge. Les seconds sont quarante six Sc sont entre- . semis comme les autres , ils ne fervent qu a donner Des Muets & des Nains. i f j donner du divertissement á saHautessequiles fait souvent battre ensemble, & quelques fois avec quelques puilíantes filles duSarrail,aù- pres de grands Bassains d'eau ou le plus fort jette 1 autre, ils nont q’uncalçonpour se couvrir les parties. Les Sultanes font Spectatrices de ces Jeux, par des fenêçresgrilliées 8c en voyent toujours quelques présents aux Nains pour les consoles des coups qu’ils reçoivent ordinairement, Sc les encourager a semieux battre un’autre fois 8c s exempter de boire seau qu ils avallent par force , étant souvent tenus la tête dedans jusqu’a ce que les filles leur donnent quartier, desquelles ils se vengentaussy quelque foisen touchant 8c découvrant ce quelles ne cachent que par contrainte. l’Histoire dit qué Sultan Ibrahim , Pere du Sultan d'aujourdhuy,faisoit souvent commettre á ces gens,en fa presance, tout ce que la- mour a de plus tendre 6c lafif, Lc recompen» soit ceux qui sen acquittòint le mieux, Sc qui avointle plus ému ík passion qu’il íàtisfaifoit fur le champ avec quelq'une qui se baignoit dans lemêmebassain destiné á assouvir ses appétits, tous les surnommés çy devant, íbnt de l lnterieur du Sarrail Sc n en sortent qu’a- vec sa Hautesse, ou rarement 8c bien accompagnés, pour peu d’héures. D et I tjá D Des Boflangys. XXXV. Des Officiers & Domeftiques externes : Des Boflangys. I Ls font appelles Boflangys > ou Jardiniers car ils cultivent tous les jardins,iis font la plus grande Partie enfans de Tribut, ils ont un chef nommé Bostangy Bafiby, cette charge est dés premières de l’Empire , & fe donne par ancienneté, ce qui n’a pourtant été observé dans la derniere promotion*, le Bo/langy Bafchy de Constantinople, que le grand Seigneur y soit ou non, est le Prince, est lé Roy de la Mer depuis l’ambouchure du Bosphore jufquau de!a des sept tours, il y fait fa ronde deníiit 8c de jour dans une petite Galliotte voguée par une trentaine de Boflangys , un Officier desquels tient le timon,ce que ce chef fait quand fa Hau- tesse est fur Met. U punit ceux qui fe trouvent fur leCanal faisant quelques désordres avec du vin ou des femmes, 8c les coule quelque fois a fond, il est austy Maître des Eaux Lc Forests, il n’ypeut point entrer de vin dans Constantinople fans Ion agrément, il a la Guarde du grand Sarrail,estlntandant de tous les autres Jardins de fa Hautesse, aux quels il met des Officiers appelles Ouflas, ou Maîtres, qui en ont la direction Lc tous ceux du Canal doivent chaé- que Des Bofiangys. 13 y que Jeudy se trouver aupresdeSuy. il y a dans ! ces Jardins plusieurs Bojtangys , qui âpres leur chef, ont des Oâasbaschys, cií chefs de Chambre, dans les grands Sarrails de Constantinople, Andrinople &Brousce,ily aun Beftangy Bajcby , I un Kiaja Lieutenant,douze Ajftkies Suífragans, f & autant d’odatbafcbys, son revenu est tres considérable, & a plusieurs Villages annexés á íâ Charge qui luy portent vingt sept Bources,& j le tour du bâton, quiluy vaut beaucoup plus j luy seul peut porter le turban & la barbe dans le Sarraiî, il prend fa Hautesse par dessous les bras á la sortie du Sarrail &c luy tient 1 étrier du remontoir. Il ne se trouve point dans les marches avec fa Hautesse,demeurant toujours ■ á laguardedes Sarrails,thacquc Bo/tangyBafcby | a ces privilèges lors que le Sultan se trouve au ” lieu qui luy est commis. Ils doivent avec leurs gens accourir aux ambrasements , & en envoyer avec un Affekys ou Odabafcby } í la prise des meurtriers & voleurs de grands Chemins. Les Bofiangys font au nombre de plus de huit mile dans lEmpire, ils ont un habit par an & trois aspres tousles jours,les Aflefys six,les Oda- bafibys douze, les Ouflas quarante, & ìesKiajas septante* fans les accidents. Les Bofiangys font lespostillions & sergents du Sarrail, il y en a de fort riches, mais ceux qui n’ont point d’intrigues font misérables. Ils obligent une fois psr semaine tout les revenu ■ij8 DesBoJìangys. revendeurs du lieu de vendre les herbes du jar- dain du Sarrail,au profit du Bostangy Bafchy qui a tous les fruicts de celuy du grand Sarrail, & la moitié de ceux ou il y a des Oustas, Ëúx seuls peuvent voguer dánslesGalliot- tes de fa Hauteffé, qui donne qUelqué Chargé á ceux qui rompent leur rame en voguant, ils peuvent parvenii' á d autres Charges , il y á trois ans qu on prît tous les anciens 8c riches pour les faire JanniiTâires , & ne purent s en exempter. Les enfans deTribut font divisés en trois cidres,les mieux faits & plus spirituels for t faits lcbaglaus,les feeondsAdgem ogláns,les troisièmes Jardiniers ; les Adgemogtans, ou Garçons apren- tis,font compris foubs le nom de Jardiniers^ ils doivent devenir Jannissajres au besoin,& sont appelles Apprentis jusqua la troisième Campagne qúils prennent lé nom de Jannis- íàires,leurs Officiers font pris d entre les vieux Baflangys, 1 habit desquels est comme celuy des Confituriers sauf le bonnet qui est d’un drap Tanné, 8c le collet noir, 8c la barette rouge hors le Sarrail,les Officiers ont auiîy dessus un leinge blanc,&portét la ceinture large,de drap. Il y a un Affcky aga, qui estBeJîííwj'j', 8cinséparable du Sultan, & pource est appel! é^/e^, ou Compagnon, il est envoyé ches le$ Grands pouf les affairés les plus importantes, &n’en retourne jamais fans dés présents considérables, íí 31 ( îí |d N i fi P : n fi E a c o <1 î » t Des Bofiangjs. ijp íahíe, ce qui s’observe envers ceux qui font envoyés de Já part duSultan, quand les Vizirs & Pachas le vcyenr,ils tremblent appréhendant quelque mauvais Ordre, &luy font plus de civilités qu’â un Pacha, celuy qui l êtoit de mon tems fut fait ÊofianpJ B a/c b j , il est Renégat Graec de 1 Isle de Metelin. Les Bejlangjts Bafcby-s deviennent ordinairement Katmacams de Constantinople ou Pachas de quelque Provinée considérable. mmmmmmmmm XXXVI. Des B ait agy s. I Ls font appelles de ce notn acàufê d'un marteau d'arme, appelle Batia* dont ils font armés au Sârrail, ils font les Guardes exte- ïieurcs des femmes , ils ont leurs quartiers proche les premieres Portes de leurs appartements , & doivent faire les voyages qui lent font commandésdudedans par ldrguâne des Eunuques noirs, chacun fçait les Dames qu’iì a á servir ils en reçoivent mile régalés, parti* culíerement les Officiers,ils n ont q’un Kiajd t ou Lieutenant & quatre qui naturellement fçavent gagner les cceurs* gagnent par argent les Eunuques noirs, qui ne pouvant joiiyr d autre chose laiiíem faire â ces Baltagys, ce qu’a leur grand déplaisir ils ne peu- sóo Des Baltagys. peuvent que voir faire. Les Baltagys doivent marcher á pied á côté des Coches ouCarosses des Sultanes , le fusil fur f épaulé le sabre & le marteau d’arrne au côté, ils font vertus comme les autres, excepté le collet qui ert couvert d’unDamas vîo!et& le bonnet qui finit la poin* té en rond, les jeunes Cuisiniers & Boftangys les fervent, ils en ont ordinairement un á deux qui A íbin de nettoyer ìeurs habits, & laver leurs leirtges, ils reçoivent la paye avec les Moufle phars agas, des quels ils ont souvent l’Office en sortant du Sarrail,ils font au nombre dedeux cent distribués dàns tous les Sarrails ou il y a des femmes & doivent guarder les premiers Portes de leufs appartements,ils font souvent envoyés en commission par les Sultanes, ou pa r leur Lieutenants,ils ont la table comme les autres,l’habit & vingt afpres le jour qael- quns plus ou moins, ils ne peuvent sortir de ce service sans congé, 8c font alors faits Mottfia - phars agas ou Spbahys , avec la paye que la bonne fortune leur procure,quelq’uns aussy obtiennent dès Signories mais rarement. Í’íntrigue fait le tout, car ceux qui sçavent gaigner laminé des Eunuques ont facilement celle des Dames, avec lesquelles ils preneur les plaisirs que ces Hongres ne peuvent gouster, & comme ils font plus amoureux que les hommes entiers, ils mettent ces belles prisonieres en tel état, que lassées des caresses de leurs mains elles î N :? pli I Te 3e ;o ’;a ísi< >d< H tt d' d ï d r t< t Des Chatyrs & des Pejques* îSî fouhaktent ardanment du réel, & donnent ce qu elles ont de plus précieux pour obtenir ce quelles ayment le plus ; Lccesontl^sL-i/tckA-i qui jouyssent de ces avantages , qui outre le plaisir, les font riches,Sc souvent Grands. XXXVII» Des Chatyrs des Veìqms* L Es Chatyrs font les Valets de pied des Empereurs Ottomans, ils font vingt quatre, & marchent devant fa Hautessc, vêtus de Bolœmas, ou Soutanes de velours, satin, drap, toile sine, ou brocard, selon la fantaisie du Sultan, qui bien souvent, les en fait changer plusieurs fois par jour 5 Leurs haudechaulfes font de Satin, leurs bas de Soye blanche,& leurs Escarpins coususde fil d or 8c argent, fans autre talon q’un demy cercle de fer de l’epésseur d’un Ecu ou un peu plus ; Ils ont des Ceintures de vermeil doré á boucles jointes larges de quatre pouces, couvertes de rubys, leurs bo» driers font de même matière 8c ornement,& n’arrivent q’un peu au dessous de l’êcelle, otì, touche presque le pommeau du Riche Cymme* tére qu’ils y portent , dans un foureau de velours rouge, iìs sont armés d’un Jauelotdoré} leurs Turbans sont ornés fur la gauche, dune aigrette attachéeavec unegrande rose de Dia- L ments, i 62 Des Chatyres çy des Pâques. ments, cet ornemét est de l’invention du grand Turq d’au jourdhuy. Ils ont un chef, Cbatyr Ba- fchy , qui seul entre eux, peut porter la barbe longue, il est toujours auprès de fa Hautessé qu’il foûtierit par dessous lés bras dans toutes les occasions qui le requièrent, il ne fors jamais dé cet office que pour êcr t Páfcha i Ses gages né font que de quarante Sols par jour,mais il a dé plus, tine Signorie de sept Ëourcés, & a pOurfá table hors le Sárrâiî, í êtappe que vous lires des fous Ëcuyersjil reçoit fou vent des présents* non feulement de fá Hautesse, niais áussy dé plusieurs Grands, qui íçavent qu’en ayant 1 o-, reille, ilpeittles y mettre en bon odeur. Il á un Lieutenant qui erì íbhabsanaj, commandé aux autres,qui habitent dansles appartements extérieurs du Sarrail,& y ónt la table comme les ifcboglans , des habits neufs totìtes les semaines, un cheval entretenu, un valet pour quatre , & vingt aspres de payé, & la bonne main toutes lès fois qu’ils passent quelque bourbier ou riviere álá nage, 4 quoy leSukan fe delecte, & prent souvent les plus fâcheux passages pour lés y voir barboter; quand ilS sortent du Sarfail ils font faits Aíouttapbœr agas^ ousp/w/ijí.&ceuxqui ont dé la faveur obtiennent des Ziamtts ou Signories. LeS Peiques font aussy valets de pied, & dé même nombre que les précédents, ces fortes de gens avec leur attirail ont été incognus jusqu’ad MV díht tjiai ì SS í’ui ijiai iliên f:etí L ton il 7 H pli lin té; tei âl cc li Bes Chatyres & des Peiqnes. ï6± jusqu a Sultan Mahomet aujourdhuy régnant j ilsportent en tête un pot de vermeil doré,leurs vestes ion t de brocard, fort unies au corps ne Couvrantpár devant, que le buste quelles bordent dune frange d’Or,& par deriere arrivent juíqu’aux talons j Leurs chaussures* haude- fchausses,Ceintures & armes font comme celles 5 des Cbatyrs. Us ont auffyún chef,mais non]pas 1 d’un.carácterô si vénérable que le premier, ils i marche pourtant proche fa Hautesse & â les iî mêmes revenus,les aiities Pèiques font aussy en- l . tretenus comme les'C hatyrs. xx3cviîi. I Ès Offices du Sarraii forir dans la bassé cour dans uné quantité de corps de logis éòntigùs, chaque foires de mets a íès Cuisiniers* il y a urì Intendant de lá Cuisiné appelle ìAbui- paq hèmine, cette Charge est considérable & des plus lucratives dé í’Empire Ottoman , t est á luy d y pourvoir de toutes ìes choses nécessaires. Il porté toutes les semaines ses comptes au gránd Defterdart, qui est celuy qui paye tou™ tes les depances dé la Porte, lé même Heminè â fora d’envoyer aiix Vtíirï Têtáppe qu’ils ré- Coivént journellement dé fa Haiitesse ; Il eít UoHtaphar aga, á quarant Sols de paye, Mais JL r j$4 Z>£f Cufìmers, I-latchyler. le profit de sa Charge luy vaut plus de cent mile Ecus par an, il y a aufly un C oubin hemme , Intendant des moutons qui doit fournir tous ceux qui redistribuent pour la Porte, il reçoit le payement de ses Comptes âpres auoir été vérifiés par le Deftertard du quel depent cette charge. L’Atcby Bafcbjt ou chef des Cuisiniers , est considéré,Il ordonne feulement les mets pour la bouche de fa Hauteffe & fait toujours quelques plats de fa main,il a ses Lieutenants qui ordonnent du reste,& cent cinquante Cuisiniers fous luy, qui ne manquent pas de tra- uail,il a cinquante Sols par jour,mais fes profits font tres grands, outre les présents considérables qu’il reçoit des Vizirs toutes les soys qu ils mangent auSarrail. Il porte ut bonnet blanc comme csluy des Ualvagys , mais plat parle bout, ce que font tous les Officiers de Cuisine, auec un ieinge deísus, ils ont fhabit comme les sûdits auec une ceinture de drap, large d’un pan,&les botines noires ; les simples Cuisiniers n’ont que sept Aspres le jour, 6c un habit par an , ils ont des cheuaux en Campagne & profittent de ce qu ils peuu'ent dérober. Il y a auíTy un Hodoun bemme ou ín- tandant du Bois,qui en fournit nonfeulement les Offices,mais auíTy tous ceux qui par leurs charges en doiuent auoir du Sarrail'; ce Bois 6c liuré par les fubjets , & cet Impos est a p- De ce quisesoumit journellement 16$ pelle Sur fat, ou íiircroisál s'en consomme,tous les jour dans leSarraiî, quarante quatre chariots 8c deux de charbon; cette charge est fort lucrative, elle depent du Defterdart, cet Hemtne est entretenu comme un fous Ecuyer, 8c íe sert des lioflangys pour enuoyer á la récolté du bois,il est Officier externe 8c Mouttapbar agà. mmmmmmmmmm XXXIX. De ce qui se soumit journellement á P ossce. I L s y fournit tous les jours aux Cuisines de fa Hautesse,cent douze Moutons,six Agneaux, quatre Veaux , cent quarante Poules, cent Poulets,cent Pigeoneaux, trente six Boise seaux de Ris, huict Boisseaux d’Ognons, deux cent livres deBeure, autant de Miel, cent de Succre,deux Boisseaux de Pruneaux & Raisins secs, deux de Pois, six charges de Legumes, quatre Boisseaux d’Amidon pour les Pattes,un Boisseaux d'Amandes, trois livres deCanelie, dix de Poivre,autant deGiniambre,trois livres de Muscades, autant de Clous de Girofle, & du Sel á discrétion. Ie ne marque pas le Gibier,il ne mange que les Perdris,8c Cailles prises én vie, car si elles auoint été tuées fans «ju’on eût pú les égorger encore vivantes, il L ? n’eit jóá á íoffice. n’en goûterok pas , les Viandes suffoquée!; n étant en usage parmy eu^c , non plus que parmy les Juifs. Le Pain est foumy par un Etmeqgy Bafiby ou maitreBoulanger,qui a vingt Ouvriers foubs luy , il en distribue tout les, jours, six pour la bouche de fa Hauteffe,& autant pour les Sultanes ; les Vizirs & les grands reçoiuent deux de ces Pains tous les jours, ils font faits du Frouman, qui croist fur le da- nube,dans un endroit appelle Bouiaqae, habité par des Tartares.qui en prçnent auiîylenom, Tout l lnterne du Sarrail menge du Pain fort blanc,mais fans goust, il s’en consomme journellement quatre mile rations,tant dedans que d’hors ; les Etmeqgjs font habillés & payés comme les Cuisiniers. 11 sy distribue auffjf douze livres de Bougies cinquante de Chandelle par jour , outre cinquante Liures d’huyle pourlentreriendes Lampes qui brus- lent toute la nuict en chaque Chambre & Office. Il n y a point de lieu qui ne soit éclairé, tous les coings & avenuées ,font guarnies de grostes lampes, que l’E : unuque blanc,qui a la Guarde ches les hommes, &c le noir clies les femmes, doit bien entretenir. Les fruicts confis &C cruds font servis de la Somélerie,ruais il. n en entre point ches les Dames , qui foint de quelque Longueur, car ils font mis en pièces austy bien que les chandelles , ces belles étant fort sujettes á caution. I ifc' F n j nés l|t/i ri d m qsl p 4lU< chu qUe en ■joC ífitt an dar acc de de : noi i de! ! Ssr. : Vu m r xxxx. De la Table de fa Hautejfe , Ette coutume plus barbare que tiers, ^qui ne permet pas aux Sultans d’admet- tre qui que ce soit á leur Table,les fait mçn- ger seuls , si çe n'est quelque fois á la Campagne que le Vizir ou migífon mengent en même endroit que lay -,mafs á dix pas lòing a il est astys fur un carrau de velours en broderie, ou de brocard, & une table ronde d’argent ou vermeil doré de trois pieds de diamètre,Lc élevée fur un tripier de même matière poféfurun grand rond de quelque êtofe en broderie d or pu de Soye , le pain luy est fervy fans être çouppé&lerompt avec les doits, comme àussy quelque ogrsions cruds qui luy font toujours servis, ilmenge le matin de diverses sortes de boulions çlers aux herbes, ou avec des boulettes deviande qu quelques pastes dedans; on luy fers en fuitte, de fort petits pâtés fris dans le beure,des beugnês, quelques poulets accommodés de même,un plat de morceaqx de viande rostie,des pigeoneaux, desboulettes de viande dans des feuilles dherbes lés plus nouvelles, des legumes, une êtoufade, un plat de Ris, & pour conclusion un boullon, & un Sorbet , ou Hochas, qui est seau de quelquéfruits houllis avecduSuccreLc de lambre,enfuítte L 4 ï® i68 De la Table de sa Haute (se. le Çafé, & ce déjeuné s’âppelle, Kaféalty , i onze Jiçures il dîne,ce repas est nommèKabba manya, ou gros repas, les plats íont portés par vingt quatre Chechenters, qui ont un chef qui les met fur la table, n’en servant jamais deux á la fois, ils ont devant eux une nappe de Soye 5 audîné & au fouppé, l’on augmante les mets du déjeuné , par un agneau farcy, tant en Hyver qu en été, des perdrix & des Cailles , un plat de viande couppée par gros morceaux euitte avec des pois 8c de íognon, un autre de plus petits morceaux fritte dansdtì beure, Kaverma, un pâté bâché, Bureq, épais d’un doit, de la largeur d une grande table ronde, d’argent, fur la quelle il est fait à cuit, une tourte Bac lava s d? divers fruits, un plat de gelée, Palsuzay, un de suc de prunes Scraifains avec ùn peu de Ris & d’Amandes, E cqchym , un de Ris au laict, Bout- lâche , un autre de farine de Ris & d’amandes, Mailèhy , euitte dans le laict avec le Succre, l’eau Rose l’ambre 8c le Musque qui ne font pas épargnés dans tout ces mets, plusieurs sortes de Salades & compotes ,Tomchou, quantité de fruits, ïemiche,cmás 8tconfis, l’Ochaf, qui est de quelques raifains ou fruits boiillys, qui ses mange avec la cullisre z en fuitte le café, âpres S‘être levé de table,8c s 'être lavé la bouche& íes lhains, 8c avoir âhEUemdoul iík, auquel tous les afeistans répondent par une profunde inclination, 8c le plus considérable dit pour tous les De la Table desa Haut esse. iSç les autres Ajsahateler olla allaciala padecba bumur - ler verse», bon profaceDieu toutpuiflant donne longue vie a l’Empereur j s il veut boire pen- dát le repas,un Sorbet luy est servy á genoux par un desOfficiersde la grandeChambre,qui seuls font présents quand il mange, étant de bout les mains croisées fur 1 estomac, 8c lors que le Sorbet ou Casé, luy est servy hors de table,onluy côuvreles genoux dune nappe en broderie, & celuy qui luy a servy demeure á genoux, avec une serviette de même matière, dont ils’eísuie la bouche. Sa Hauteíse est servie en porcelines, il y a trois ans que Vanny qfewi/j.sonPredicateur &dìrecteur de cóscience,luy en fít rompre pour cent quatre vingt mile Ecus acause des figures qui êtoint dedans disant que le Sultan pechoìt en les souffrant en sapresance. Ge qui obligea un favory de le prier de donner á ce Caguot quelques sequains Vénitiens, fur lesquels font des figures Sc une croix , ce quayant fait le Sultan á la premiers veué de ce ridicule, qui les reçevantlesbaisa,mit sur sa tête, selon la cothurne,puis dans son sein ; & interrogé pour quoy ilreçevoit de la forte des pieces ou il y avoir des idoles imprimées,répondit que partant de la main de son Empereur le péché en avoir été ôté, il est certain que par toute la terre ces fortes de gens font ce qu’ils défendent aux autres, il se fait fort souvent servir dans des plats d’argent ou de cuivre h 5 Etammé ijo Des Offieìers Logeants Etammé. Ce Príntç est tellement superstitieux dans íàSecte, qu’il fait tout ce que les doctes en icelle , luy disent, particulièrement le dit , Vanny , qui luy a fait démonter toutes ses pier- ; ( riées de dessus for, pour êttemìsçsíurlelacon j j disant être péché dc les porter autrement. Il ! ; menge toujours les fruits á la glace, qui ne manque jamais proçhe le, lieu o,u il a fa table afin de pouvoir promptement rafroidir les vi- Andes qui se trouvairoint trop chaudes. xm. XLÏ. Des officiers Logeants hors leSarrail: D u grand Ecuyer 3 Bomoucj htm •» merore-, (f des Ecuries avec. leurs Officiers, C Ette Charge commp par tout alieurs est des plus considérables, le Boujouq bmrne- rore est ordinairement appelle, le grand Aga, celuy d aujourdhuy se nomme Kara Kjaja , par ce qu il est fort noir & a été Ktaja du grand Raima c am^ïï a lìntandance de toutes les E'cuiies & fiatas du grand Seigneur, & c est á luy de distribuer les montures aux domestiques, Sc d’a.- cheter á son bon plaisir tous Chevaux, Cha- jpieaux &Mulets pour le service de la Porte; §5 ses comptes sont sans contradiction payés hors leSarraïl. ijî M grand Trésorier, il est toûjours âupres du Sultan & marche jmmediamment devant luy partout ou il vat,il y a des villages annexés á cette Charge,mais de peu de revenu, n en manquant pas d'aliieurs; il a en déport dans une Sale vis avis le Sarraíl,tous les harnoisdesCa- valles du grand Turq, qui font fans doute ce qu’ily a de plus beau a voir ches4uy,& dan^ tout fbn Empire, ■ Les Selles en broderie dor & de Pierreries sonc sur un Ordre , les brides ornées d’escar- boucles,, rubys & autres pierreries font en suîtte, les étriers, les Ricbcmés , ou gourmettes de même, les Housses en broderie de perles & deDiaments, les masses d’armes auTopom, les Cimeteresde semblable ornement,les plumes & aigrettes autres équipages d un tres grand prix y font auffis côfervés & il n en donné la clef qu’á ses fous Ecuyers ; Il faut notter que dans toute la quantité de pierreries dont vous mçntendres parler, il s/y en trouve peu de parfáittes, les Turqs ne s en sousciant pas pour veu qu elles soint grosses & fines. Le grand Ecuyer dispose de tous les Offices desïkuryes excepté deceluy du petit Ecuyer, & des douzes, Salahors , ou foubs Ecuyers, ses profits font inconcevables , il a cent pains, deux moutons, quatre poules, un boisseau de Ris, six livres de beure, autant de miel,uneli- yre de chandelles, une ddgnons, des légumes, épice- rj2 Des officiers Logeants épiceries, 8c quatre peintes de laictpar jour j II est souvent envoyé pour faire mourir les Pachas, & pour autres expéditions d importance. II y a un petit Ecuyer qui suppléstá son absan- Ce , & marche devant luy au jours de Cérémonie,il a l'Intandance des chevaux de bas prix, & des mulets 8c chameaux nécessaires pour porter les Offices, il a le foin de faire marquer tous ces animaux á la cuisse ga»che,d une marque á trois pilliers fuportants un croissant, & ceux qui font montés , ou ont des bêtes de somme du Sarrail, font obligés quand elles meurent de coupper cette marque, & luy apporter pour leur décharge ; il est entretenir comme l’autre Sc a un Ziamet de quatorzeBour- ces, outre le grands présents que l’un 6c l’autre reçoivent, il a la même êtappe que le grand, 8c a se part des profits. Les chevaux qui font destinés pour le Service du Sultan font marqués á la cuisse droite. Les douze Salahors, ou fous Ecuyers doivent dresser les chevaux , 8c les promener un peu auparavant, que fa Hautesse les doive monter, Ils ont tous des Signories de quatre á cinq Bources, 8í le quart de Têtappe, ou T babin du grand Ecuyer, ils font aussy souvent envoyés en commissions déconsidération dans lesquelles ils s’enrichislent. Il y a douze Principaux Jedeqcbys , qui le Uítdgevaifé fur la tête, mènent les chevaux de hors leSarrail. ip parade du Sultari,iÌs font montés, habillés, & ont quarante aspres par jour, & use Hocque de viande, qui fait quatre cent dïagmes & trois cent dragmes de pain par joiy.íi y en a vingt autres qui meneur les chevaux de main á toutes occafions,les premiers ne servant qu’aux Cérémonies Sc á 1 armée, ces derniers font Logés & entretenus comme les autres domestiques du Sarrail,leur paye ordinaire est de douze aspres, lé grand Ecuyer les peut augmenter , comme toutes celles de 1 écurie, deíquelles on luy envoyé le payement selon leCatalogue qu il donne au Trésor. Cent Saraches sont entretenus comme les précédants, & doivent harnacher les chevaux de fa Hautesse, & en remettre les équipages entre les mains du Sar ache Bafchy, Officier considérable marchant toûjours á côté de fa Hautesse, il a une Signoriede cinq Bources & lêtappe des fous Ecuyers , il devient souvent Pajcha. Tous les Officiers duSatraìlont des Sart aches, & les Uhoglms un , pour le service de deux, mais ils ne sont sensés domestiques & peuvent être chassés, quand ils pechent ou quand ils ne plaisent pas au grand Ecuyer. Il faut notter que tous les Officiers domestiques,&Soldats de faHauteffe,étant une fois re- çeus,& enregistrés, le sont pour toute leur vie, àmoins que quelque crime ne les fît reformer, ils portent tous 1a barette rouge,sauf Usartacbe. Safchj, ijf Des Officiers Logeants Bafchy, qui porte un bonnet comme les Halvagyí mais ayant un rond fur la pointe} de la largeur de demyEcu, 8í un leirige blanc. Outre fhomme de Chambre dònt j’ay parlé dans l’ÀLodà , il y en a un dans fexterieur qui marche àussy toûjours á côté dé fa Hautesse avec la Barette rouge en tête, il tire fes bottes & porte fes Papoucbes, ou pantoufles dans un sac de Satin attaché á fa Ceinture áveé urië éponge pour nettoyer de temseritems laboiié qui pouroit reyallir fur feS bottes ou étriers* il est considérable áyánt continuellement l'o- reillé de sonMaitre,duqueî il reçoit souvent des présents & des grâces, il a toutes lés bottes & pantoufles qui ont été portées , elles font ferrées d’argënt& doublées deSatinouíafé- tas>& celles d“hyver, dé semoiir, il a quarante Sols, un ziamet de cinq Bourcés, &la tablé, &C 1 entretiend’habit commécëuxdudedans. Les Ecuries du Sart ail fónt tres grandes, 8é fort belles,avec uriê Mosquée & un Imam pour çeux qui les fervent * elles peuvent Contenir deux mile chevaux, qui font pansés par deux Cent palfourniërs Arabes qui ont Unchef,Sre- bes Bafchy,Á quarante fols dé paye& les autres Scehes a douze,avec deux habits par án, du pain de la viande du Ris & du boiíllon tous les jours, & quatre cent dragmes dé C fié, par mois j les profits de ce chef consistent en l’orgè qu il dérobé dé ïprdinaíre des chevaux, Sc hors le Sar r ail ïj$ én leurs vielles couvertes qui luy appartiennent. Les Ecuries des chevaux de Caresse font á part, ce font tous petits chevaux blancs,la queiie, le crain &les pieds rougis, il font quelques cent & vingt, les seuls Carolïes des Sultanes peuvent avoir l’âítelage dé six chevaux,& lés CaroíÏÏers qui ont un chef Arrabagy Safcbj, font entréteiius comme lès autres domestiques, &ont des présents toutes lès fois qu ils fervent. Les Ecuries pour les chameaux font á part & ontìeursOfficiers de mèmé,ie chefdes Chameliers, Sarvan Ba/chy, est considéra blé, il y a aufíy un Iiirandant appelle Sérié bemin, ils sont á quarante Sols de paye & leurs profits font tres grands,acàuse deshuyles distribuées pouries graisser aptesaVòir eíì'le poil couppé, qui leur áppartienr,&ontsoin de tous leurs équipages, ils tint letappedesous Ectlyers, 8c ont fous eujj Lent vingt Servans , qui doivent mener chacun six ou sept chameaux, tenant le prenr.ér parle licol, iís font Officiers perpétuels j leurs gages foiit inégaux, mais ordinairement de vingt où trenteàfpres, ilsn’ont point deT habin, ouêcap- per qu en servant, &. né sont obbgés de le faire qu’á 1 armée ou autres marchés du Sultan, car en autre tems îes chameaux font gouvernés paf des subalternes^ Devegj , qui ont toujours quel- qun pour leur commander, & font àu inêmé nombre qué les autres* fa Haútesse á toujours 1 tiiené ïj 6 X>es Officiers Logeants hors le Sar rail. '' mené en Campagne ces Années passées deux mile chameaux, Devé. Les Mulets font aussy a part au nombre de mile huit cent, ils font gouvernés par des Ar* mandas ou Muletiers au nombre de cent soixante entretenus comme les précédants, mais peuvent être chasés, Ils ont un chef ârmania Bafihjr, ou Kattrgy Bafcby , qui a trente Sols de paye, tous les vieuxharnoisluy appartiennent & dérobe de lanouriture de ses bêtes, quelque chose pour fa bonrce,ils sont tous nourris& entretenus comme les palferniers, & chacun doit códuire sept mulets, ils font aussy montés comme les précédants, & un des sept mulets ou chameaux,sert a porter leurs hardes, lesTurqs n’ont point de mulets de pris, les sept coûtent ordinairement cinq cent Ecus & les chameaux un peu plus. Toutcet attirail est íous le commandement du grand & petit Ecuyer, qui ont plusieurs écrivains & Inspecteurs qui en prennent toute la peine. L XII. De l’j4rf?a hemine ou Inten - dant des Orges. 1 Ette Charge est autant lucrative que con- l sidcrable, tout l’Orge qui se distribue pour i t De f A’i'pâ bemìnè des Ôrgés\ tff pourîesEcur esduSarrail, & áceuxdu d’hors qui en tirent íêtappe passe par ses mains, il le donne á tellemesure que bon luy semble,particulièrement á l’Armée ou il se ventquelque fois si cher, qu’ilpeutchacque jour páríèslarc- cins gagner mile Ecus, il a des écrivains qui distribuent IDrge selon leurs Registres & luy portent les profits, fans oublier le leur. ïl a aussy la direction des foins , pailles LL pasturages, á larmée l Orgé & le foin luy est livré par le grand Trésorier qui a le foin de pourvoir aux Magazins, mais en ville, il peut luy même faire acheter FOrge, quand celuy du Sur fat , qui est un impos, manque, & envoys ses comptes au susdit Trésorier qui âpres les avoir reveús, les parafe, & font en mitre payés, cette Charge fournit souvent des Pachas, comme Ss/úbíí», qui fût tué á la derniere bataille de Kotcbin dont je parleray çy âpres. Il est to&joms Mouttapbaraga i quarante Sols de paye, il a 1 entretien Lc êtappedu petit Ecuyer, ils ne demeurent ordinairement que trois ans dans cet Office, qu’ils peuvent reposseder une autre fois selon la faveur qu ils ontaupres du grand Defterdat , qui dispose presque absolument de semblables Charg.éS. M ìjS- Dela Fauconerie. Lxin. < De la Fauconerie. E Lie a plusieurs Officiers, mais le chef estîe Dornngy Bafcby. grand Fauconier, Officier c nsiderable, il a cinquante Fauconíers sous luy a vingt aspres par jour, nourris & entretenus & un habit cópl et tous les an s, Ce chef n a point de prosits que les presants du Sultan , Sc une S’gnoriede cinqBources,il a letappe T babin, des fous Ecuyers , il envoye au grand Fauconier du dedans les Oyfeaux qu il demande, luy est Inferieur & reçoit ses advis. ÍAtmagy Bafcby a le même nombre d'houïmes pour le Tiercelet, ils sont entretenus comme lesprecedehts,il a les mêmes privilèges & revenus que l’autre. Le T azegy Bafcby ou grand Veneur, pour ne pas dire chef des chiens , a soin de tous les Chenils, & même des Tygres, il prend tant de pain que bon luy semble pour leur nourriture,il á cinquante hommes qui ont soin des chiens, & ont trois pains, une livre de viande, & six aspres par jour & un habit tous les ans, cet Officier outre ses prosits a une Signorie de cinq Bources. 11 y a un Samfongy, Bafcby , qui est un des Principaux Officiers des Jannissaires fa Compagnie doit mener les Samsons ou Dogues, par touc Ic jn I lis I le if k ; 1 jet íft & la !0t far Du LMedecìH , m tout ou le Sultan les veut, je parleray de Cet Officier en son lieu» mmmm mmmmm, L. XIV. Du (Médecin. A Médecine est la science la Moins co- J ^gnue auxTurqs, il y a un Médecin poufi leSarrail, Ekim bafeby , celuy d’aujourdhuy est un renégat Juif, il est fort considéré comme étant tres souvent prés le Sultan & les Sultanes, qu’il ne peut visiter qu elles 11e foint bou- seháes,& tâter lepouix que pardessus un leingtì dont leur bras est couvert, il est vestu comme les grands Juges, il a de grands profits &lïntendance fur tous les Médecins de l’Empire, qui luy donnentun présent une fois pour tout,à á ses Lieutenants qu’il tient dans toute les villes, il â la même êtappe que 1 e grand Écuyer & est servy par dou ze Boflangys , qui le suivent par les rites, il ne visite jamais faHautêsse ou quelque Dame fans reçevoir de grands présents, il a un Ziamet de quatorze Ëources , & la Surin tan- dance de tòutes les Drogues du Sarrail. Le Chirurgien major fuit ses Ordres,il â fat tous les Chirurgiens lauthorité que l’autre í furies Médecins,il a letappe de fous Ecuyer, èc estpayé de tout ce qu’il faitáu Sarrail, il reçoic aussy de grands présents, il n’ade paye ordi- M t narre iSo T>u c Médecin . mire que quarantSols & deux babits complets tous les ans. ll y a quatre vingt autres ayde.s Chirurgiens entrelesquels un e&Cdfa, ou Aydemajor,iÌS ont cinq livres de viande,douze pains,deux livres de Ris, centdragrnes des beúre & deux chandelles par jour, outre le foin & 1 avoine pour trois chevaux qui leur sont donnés de î’Ecurieen tems de guerre. Le Sarrail a aussy ses tailleurs, cordonîers, pelliciers & autresOfficiers presque tous Chrétiens ou Juifs, particulièrement le Bazarguian Bafcby, ou Marchand pourvóìant leSarrail dê- îofes, il a authorité fur tout les Marchands de ÏEmpire, &les peut punir pour leurs manquements, tous les chefs qui fervent au Sarrail, ont cette authorité fur ceux de leur art ou mêtier.iis n ont que sixafpres par jour, íìx pains & trois livres de viande, & en campagne, ils font montés & ont des bêtes de somme pour porter leurs équipages, & leurêtappe est alors doublée. Le Koujomgy Bafchy, ou chef des Orfaivres est des plus considérables, il fait traviller á toute l’Orfaivrerie du Sarrail, & toutes les Pierreries passent par fes mains,il est Mouttapharaga á quarante afpres de paye, il a le Tbahin, de fous Ecuyer, celuy daujourdhuy est renégat Polonois, il gaigna plus d un million aux nopees dernieres & en montant & démontant les Pierreries du Sultan, il Châtie les Orfaivres qui ne travail- Des Cdppigys Bascbys. jSi travaillent pas bien, ou de faux aioy, il leur commande tels & tant de travaux que bon luy íêmble, pour le Sarrail, & paye leurs peines á fa volunté, il a un Lieutenant pour le soulager au d’hors,êtâht joûjours fort occupé au Sarrail» XLV. Des Cap p t gy s Bafchjs. C "'! E nom signifie feulement chefs des por- _j tiers, ou alieurs Capitenes des Portes,ils font douze, & leur dignité fuit immédiatement celle des Pachas, ils affilient au. Diván restant en pied, vertus d’une veste de brocardfou- rée deZebeline, coiffés du Mudgevezé, tenant á la main un grand bâton d’argent, ils servent deux par jour, mais dans la marche ; Ils précédent les Vizirs & á tous les ponts,six d’entré eux mettent alternativement pied á terre, & âpres lavoir recogmt sont une profunde inclination au Sultan pour luy témoigner qu il est passable,8c remontent á cheval pour continues la marche jusqu aux pavillons ou ils fe mettent en haye, á la tête des portiers, ils ont un Chatyv òu valet de pied, leur paye fe donne avec celle des Mouttaphars agœs, dans la Sale du Divan, elle est de cent vingt ou cent trente aípres, ils ont le même Tbabin que le grand Ecuyer,ôtfont or-* M z dînai- jSz DésCappigysddfchys, h dinairement envoyés auxcommissions impor» j tantes, comme auprès du Han des Tartares, pour arester quelque Pacha , le faire mourir, OU prendre ses biens. Il faut notter que tous ceux qui vont en commission de la part de la porte reçoivent des présents conformes á leur qualité tk équipage,de ceux aux quels, ils sont i envoyés, & si ç’est pour obliger á quelque paye- ! ment considérable,ils ont dix par cent,comme aussy des biens qu'ils confisquent,les fils des soeurs ou parentes desgrandsSeigneurs ne peuvent poflseder dautres Charges que celles dtz Cappigy Bafchy, XL VI. DesMoutt^harsag^. r, i L On ne peut mieux comparer ces sortes dOEciers quauxGentilhommes ordinaires d une Cour, leur rang est âpres les Cappigy s Bafchy s , entre lesquels passent ordinairement le Houttapharaga Bafchy .chef de ses Mrs, il est appelle chef non qu'il ait, comme les autres,droit de punir les délinquants,mais parcs qu'il a le soin de leur paye qui sc donne dans I la Sale du Divan en la presance d’un Nahip , ou j Inspecteur, & de deux Cals as , c’est á dire sous j Contrôleurs, ou aides du Roufnamegy, qui tient | les rôles des Cappigy $ Bafchy s , Mmttapbar agai j & I Des Muttaphars agas. iS’$ A & Cbiaoux. l’Argent est Pezé par des Ve^nadan, f, ou pefeurs, &c plusieurs monceaux étant mis ç en Ordre par mile , deux mile & trois mile s afpres,la lecture fe fait par les contrôleurs commandant parles plus hautes payes qui font cel. le des Cappigys Bafibys, puis des autres enfuit te, 4 dont il s'en trouve de cent afpres,cette Solde fe v distribue en deux ou trois jours, le nombre de tt ces Ossiciers ne montant qu’a six cent ou un itt peu plus, la plus basse de leur paye est de dou- V ze afpres, ils ne font obligés daller á f armée, : que lors que le Sultan y marche , ils furent âpres la bataille de Kotchin, contre leurs côftitu- tions,commandés daupresduSultanpoutêtre I envoyés augros de f Armée, ils ont du depuis obtemí l anillation de ces ordres,ils ne font obligés á autre service que de conduire le Sultan á la Mosquée aux deux Babtratns., étant revestus de leurs Cafetans comme les Vizirs, 8 c Coiffés de même avec le Mudgevefé, & au retour dicelle ont seuls fhonneurayec les Vizirs & Cappigys Bafcbys, de baiser la manche de fa Hauteffe qui la laisse traifner fort loing, étant assys fur un Sofas ils marchent á f Armée devant les Cap* pigys Bafchys , & ne quittent le gros bonnet que fur les confins Ennemys, ils escortent le Sultan jusqu a ses Pavillons , & rangés fur une ligne á la droitte & les Cbiaoux á la gauche reçoivent le salut de l’Empereur &des Vizirs aux quels ils répondent par une grande inclina- ! M 4 tion, ® es Mouttapbars agas. rion, & âpres que le grand Vizir est sorty d’au» prés du Sultan ils le conduisent jusqu á son quartier ou il entre dans le même Ordre que le grand Seigneur, ils ne font obligés á aucunes fonctions n’y services que les précédents, auísy ne font ils entretenus j mais á T Armée,trois livres de viande leurs font données pour trois aspres, cent dragmes de pain pour une,& la brade d un cheval pout trois , ceux qui ont train peu ve-nt prendre de ces provisions selon îe nombre de leurs Serviteurs & chevaux, csest cet Ordre de vivre qui fait le gain de leurs Officiers , çar peu se trouvent á leur poste étant la plus part Officiers óuDomestiques des Pachas, ils êtoint autre fois employés en plusieurs com. missions que les Vizirs donnent aprescne á leurs domestiques pour les enrichir, ils ne peuvent être punis que par le grand Vizir & du ChiaouxBafchj, par son Ordre, & nom point d’autre prison que sa maison ou celle de leur ancien, & si quelqun a mérité la mort il est exécuté entre les deux portes du Sarrail, il y a des Ziatnet ou Signories annexées á cette Compagnie & ceux qui les políedent, marchent en guerresqus l’Etandart qui commandelepays ou elles font,ils ne font obligés á aucun travail & demeurent seulement auprès du Pacha du dit pays, mais ils doivent avoir auprès deux, un homme pour chacque deux cent Ecus de leur revenu, m Des Chiaoux. iSs XL VII. Des Chiaoux. L Eur nombre s Privilèges 8c Controleurs $ font communs avec les précédents , ils ont un chef nommé Chiaoux Bafchy , qui estun des premiers Officiers de la Porte, il a un Cba* tyr, ou valet de pied,comme les Cappigys Bafchys, ìl est continuellement avec le grand Vizir, 8c vá tous les jours au Sultan pour reçevoir ses Ordres 8c luy porter les Requêtes données au Divan du Vizir & les fentances qu’il a rendues dessus qui font enfuitte distribuées á qui elles appartiennent, il marche devant le Vizir par lesriies&á l’Armée avec le grand Ecuyer, les Pachas Cappigys Bafchys , Mouttaphars agas, 8c gens de justice font mis sous son arrest,8ca cinq pour cent des deniers que payent ceux qui font arrestés pour debtes, il devient ordinairement Pacha, ses profits sont grands, fa paye n est que de cent vingt afpres il a fêtappe de Capptgy Base hy , 8c est vestu de même aux Cérémonies, 8c porte déplus une plume fur le côté droit de son Mudgevefê, ce que sont aussy tous le Chiaoux , qui font proprementHuy ssiers,exploitants un chacun. [Les meubles 8c biens ne fe vendent si cè n'est pour les debtes de la couronne, son se prend au corps pour les auttes, le&chiaoux so trouvent á toutes les Cérémonies publiques M 5 coin» ïU T>es Chiaoux, 1 comme les Mouttaphars agas , maïs outre cela ils doivent aller la plus part á l’Armée quand le Vizir y marche,les autres restant pour le service du Sultan. Ils sont divisés en brigades Buluq de quatre vingt, & ont un Bulluq Bascbji , ou Brigardier qui leur signifie les Ordres qu'ilsont a suivre Sc le jour qu ils font de guarde au Sarráil ou estes le Vizir,car il y en a toujours une Briguade avec fa Hautesse á la chasse oualieurs,&un autre estes le Vizir pour servir a un chacun en faits d’expíoits,ou d’affignations,qui font fans def- fauts,la force obligeant les rétifs. Ils font payés ácinq pour cent de la valeur de la cause de sex- plòit, & sont obligés de rester ou la cour résidé. Ec comme ils servent continuellement ils ont étappe quotidiene de Pain,viande & orge pour leurs Chevaux, ils font envoyés'pour toutes sortes de services, 8í quelque fois en commit sion, il y en a entre eux de fort riches par leur grands services. Ils marchent áÎArmée devant hsMouttapbar agas , & font Guarde estes le Sultan & le grand Vizir, ils ont aussy quelques Ziamets annexés A leur Compagnie, & ceux qui les possedent en usent comme les Zahims,Mouttaphars agas, les Chiaoux ont aussy le foin de faire marcher la maison de fa Hautefle en Ordre aux jours de Cérémonie, & crient á haute voix quand il faut h|ter outardes le pas, il yen a un,la troisième Des Soìlaques, iSf * personne d’entre eux qui est Salant Chiaoux , ou * Huyffier du salut, qui le rend au Sultan de la façon que j’ay dit’alieurs, XL VIII. : Des Soìlaques. j TL y a quatre cent Soìlaques ils ne sontob- ,j Jjìgés daller áTArmée qu’avec sa Hautesse á ^ côté de laquelle ils forment deux Hayes ápiéd, vestus d’un Cafetan á longues manches attá- chées par dériere dans la Ceinture de lare &/ quarquois dont ils font Armés, ils portent de- fous une chemise tres fine, des háudechosses de Satin, & chaussés comme les Cbatyrs . coiffés dune mitre fermée, surmontée d’un grand bouquet d aigrettes fausses, fait en crête de cocq, ils doivent toûjours marcher á pied en presance de se Hautesse, mais il sortent quelque fois de leurs rangs pour monter á cheval alternativement, en ayant tous a leur particulier, ils ont des Pavillons de la Porte,& du pain.de la viande du Ris &du Bouillon deux fois le jour, il y a quatre Compagnies de Jannissaires , appellés Solaques , qui ne vont aufly en Campagne qu avec le Sultan & font obigés de servir les grands Solaques qui ont des Cuisiniers des dites Compagnies, ge des Bêtes de somme du Sarrail pour porter leurs bardes» jSS VesSsIlaques. hardes. Le Soílaque Bafchy, ou chef de Sollaques est tres considérable étant toujours en Campagne ou aux Cérémonies á côté droit du Sultan, luy touchant la botte, il est compris entre lez grandsOEciers de l'Inianterie,il elì velìu com- me les autres, il a quarante Sols de paye & a les profits ordinaires á semblables Officiers en tous pays, il est souvent régalé de íâ Hautesse, & al êtappe de Cappigy Bafchy, les vieux Solaques ont ordinairement vingt quatre aspres de paye mais la plus part des autres , ont moins que plus ; Us ne font nulle fonction que celle de îa marche. Tous ceux dont jay parlé çy dessus,tant Officiers qu autres, font sensés Domestiques du Sarrail, Sí par privilège,ne peuvent être emprisonnés que ches leurs chefs ou anciens, n’y mis á mort que dans le Sarrail ; Leurs Soldes, comme toutes les autres de l’Empire Ottoman, font perpétuelles, & peuvent être augmentées par quelque bon íèrvice, par faveur ou parar. gent, achétant de leurs contrôleurs , deux aspres qui leur restent de celle de chacque Officier mourant, & celuy qui leur en porte la nouvelle en a trois ^augmentation á la sienne, ou trois mile argent contant, le reste rentrant auTrésor, un’aspre est estimée mile dans les Soldes que donne le grand Turq, & ceux qui en ont s outre leurs privilèges, font exempts de tous 1 C ei li fo Vi cè ci- m m át er Vk di h tr- K bo P Du gras!d Divan , Conseil. 189 tous impos 8c logements, 8c fort respectés, particulièrement hors les grandes VdJes. XLIX. Du grand Divan, Consul. I L y a sept coubbé Vizirs, qui le composent 8c saHauteste y présidé; cesseptMrs.sóntles Conseliers d’êtat, le premier est le grand Vizir, ensuicte le Kamacam , Viceroy de 1 Empire, ce- luy de Constantinople,le Defterdar, grand Trésorier, le Chancelier, hsPachas du Caire 8c de Boude,8c comme les deux derniers ne s’y trouvent jamais, si le General de slnfariterie est ?a- cb* , il tiendra la place de l un & quelque ancien Pachal’autre, Koulou Oglou, sils de la Milice, maintenant grand Vizir fùtfait coubbé Vizir en même tems que Pacha,8c tous ceux qui le font á trois Tboux, ou queue de chevaux, y ont ausiy entrée 8c íont Vizirs par leur Charge. Tout ceux donc qui font du Conseil se trouvent le Dimanche 8c le Mardy, avant la pointe du jour, ches le grand Vizir, ou se rendent aus- sy les grands Juges, le Vicechancelier, 8c autres Officiers considérables. Chacque Vizir a ses Agas, qui tiennent lieu de Gentilhommes, 8c marchent devant luy avec le Mudguefé gros bonnet en forme de ruche á miel,avec vingt quatre Mouttapharagas , coiffés de même (ceux çy iço D u grand Divnn, Conseil. çy ne sont Officiers de la courons) mais feule* j ment les Huyssiers des Pachas , ils portent á r Année une demy picque á cheval ; douze ; Cbechénim qui portent les plats jusqu’au pied j delâ table de leur Mairre, la mitre fermée en ! tête , couverte sur le devant d une espece de j trenche de frielon de cuivre doré; Leurs Prin- ; cipaux Domestiques font á Cheval entre les quels un Alaye Cbìaoux, Huyffier de cour, passe j 8c repalse, pour leur faire observer un bel Ordre ; puis suivent les Vizirs,précédés de leurs C hatyrs , & á leurs côtés les Officiers dont je parleray alieurs, qui en cet Ordre se rendent au Sarrail, ou le General 8c Lieutenant General de lìnfanterie arrivent fur le même Ordre, ayant laissé leurs Jannissaires en haye dans les riíesou legrand Vizir & les autres Conseillers ' doivent passer avec luy, & tous les Sorbagys.C a- piténes de Jannissaires, vêtus comme vousli* rés dans la sortie du grand Turq pour 1 Armée, íè mettent en Ordre devant la porte du Sarrail, ouïes Généraux mettent pied á terre pour descendre leFiz.irAz.im de Cheval, mais si le General est coubbé viz.tr, il tiendra son rang sans cette soumission, st non âpres lavoir faite, il reste sur un banc avec le Lieutenant General, ! dans la cour que les Jannissaires remplissent. Les cbìaoux de fa Hauteiìe qui ont precedé les Vizirs mettent pied á terre, 6c 1 Officier du Salut,le donné auSultan,qui se trouve ordinairement Du grand Divan-, Conseil. içt rement á une fenêtre, quatre toises au déíus du milieu de la muraille de la Sale,ou le grand Vizir a son íiege sur un blanc couvert de tapys & plus élevé que celuy des autres ; Les deux grands Juges font á ces côtés avec deux des plus anciens Vizirs, & fur les bancs des deux êles font aíîîs, le Chancelier, grand Trésorier & les autres Vizirs qui s’y trouvent, le reste des Officiers se tenant en pied t, DeuxTesquéredgy, Secretaires d’état font en pied auprès du Vizir > pour écrire les sentences qu’il rend avec le Conseil des deux grands Juges,qui lisent ce que la Loy ordonne sur les faits mis encausc. L’on peut dans ce Divan, demander justice contre le Sultan même & le grand Trésorier y a souvent assaire, les demandants contre luy ne manquant jamais. Si quelque Ambassadeur doit avoir audience, il aurá été conduit par le Chìaoiix Bafchy , & par un Cappigy Bascby , avec grand nombre d’Huyíïïers, & ayant été introduit danS la Saied’Audiance, soutenu par de- sous les bras, parles deux Officiers Innommés, qui âpres luy avoir fait salve r saHautesse,d une tres profunde inclination de tout le cors, luy laissent présenter ses lettres, lesquelles ayant passé par plusieurs mains, font mises á côté du Sultan , assis ou plûtost couché fur un Sopha, guarny de riches coussins qui font ses Appuys, & dune fiereté non commune, voit étaler devant luy, les présents qu’il y porte, qui font reci- ip2 T)îí grand D h m, Conseil réciproques par un Cafetan , veste de Brocard donc il est revécu, cous les Principaux de fa fuitteonc le même régalé qui se faic ála fin de la negoriacion, & âpres avorfaic un autre re- verence,qui faic fore approcher sarêtedupavé, il est reconduir, & cous les siens,i reculdn á une cable magnificque, comune par com ie Sar- rail á ceux qui onc été presencs au Divan, le pavé de la Sale d’Audiance est couvert d’un ta- py en broderie de Perles, & l’Ambassadeur n’y reçoit de rêponces posicives,car estes luyfonc spécifiées en fuicce.si faffaireveûtdutemspour en délibérer; ii s'en retourne ce pendanc estes luy avec le même Ordre qu il est venu, je par-» leray alieurs des Ambassadeurs, pour T Audience desquels , l’on retarde ordinairemeirra faire sortir des coffres duSarraiflaSolde desOf- ficiers 8c de la Milice, afin qu’iis voienc cette magnifissance,qui consiste en mile Sc deux cent Bources (chacune faic cinq cent Ecus) qui font le payement de tout ce que fa Hauresse a d Officiers & de Soldats dans Ion Empire. Apres le repas donné, chacun s’en retourne j avec ie même Ordre qu il est verni, Sc les Bources distribuées pour le payement des Jan- niffaires leur font livrées, Sc si le Sultan doit | forcir duSarrail, le General des , 8c ce- ! luy des Jannistàires le mettent á cheval, ce qu ils font aussy á tous le jours de Cérémonie, Ie premier ayant la droite de l’autre, mais dans cette 'Du Divan âu grand uìzìn , ìgy eette seule occasion, luy étant par toutalieura beaucoup inferieur ; il le Divan & tient póut délibérer de la guerre, le Mouftys’y trouve pour examiner,s’il y a des cauíès suffífentes de la rendre juste, quoy qued’alieursil soir toujours permis aux Turqs de la faire contre les Chrétiens, L. Du Di van du grand Vi&ìr. ""I E premier Ministre de 1 Empire O j man tien t ordinairement deu xDivans E premier Ministre de 1 Empire Otto- j man tien t ordinairement deu xDivans pat jour , dans lesquels font admis ceux qui oiit quelques Procès , les Cinaoux , dont il y a toujours vingt quatre á fa porte pour executer ses Ordres, lés font mettre fur deux files dans la Sale ouïe Vizir est astis fur un lieu élevé tapissé Le couvert d'un carreau ; Legrand fk petit Te- fqtieredgy, Maîtres des Requêces 5 & Sccretaires d état touc ensemble - sont á ses côtes avec le C biaoux Bafcky , qui donne les Requêtes á ces deux Mrs. qúi en font lecture,& les parties font souvent renvoyées pardèvant les grands Juges, ou pardevartt le Cady ordinaire ; Il définit ce que bon luy semble, & fur tout en faits criminels, fur lesquels il Juge fans retardement. Ceux qui ont présenté des Requêtesfe doivent promptement retirer âpres lecture faite, & avoir été interrogés j L e Divan finy l’Huys-. N fier iç4 Qu Divan dugr-and yiz.tr. sierdu salut luyáonneáfiautevoix les mêmes bénédictions qu’au Sultan au quel le Cbiaoux Ëafcbj, porte touteslés.suppliquès & sentences que le dit Visir a rendues asm qu il en voye 1 Equité, il en lit quelq unes puis les renvoyé, Mais s il n’est pas au Sarrail, elles y restent jusqu a ion.arrivée, pourvoi qu elle doive être le même jour. Le Líaimaeam de Constantinople & tous leS Pachas dans leurs Gouvernements tiennent lemême Dìtan tous les jours & un grand.chacque semaine ouaffistent tousìes Officiers & J uges du lieu. LI. De ttîléséi on Soldes. Es deniers pour le payement des Officiers __ ,& Soldats, ayant été délivrés comme j’ay dit, chacque Compagnie de Jannifíaires em- portece qui luy touche, ches ion Capiténequi leur distribue, le General envoye la part aux Compapnies absentes. Le Contrôleur des Uouttaplurs agtu , reçoit celles pour le payement des Officiers de la maiíon du grand Seigneur, un Officier de rAttilliene,&underÀr- senal, reçoi vent ce qui leur est déu,, & les Bourres pour le payement des Spbabjs foi)p portées ches le Vizir, qui les doit payer èrt píêfaricedu Defterdar, de leur General, & des grands jtiges, ils £>e ÍUUsè\ âu Solde. ïpj felìeireftent quelque fois deux ou trois mois avartt quetre distribuées,mais les absents pèu* vent én recevoir trois á la fois, fi ce n est en tems^df guerre, car fi lâ reìievefe fait, ils font castes pt'âyant obtenu pemiíïion de s’abfanter ‘ Et cohirhe Cette montre appelléeJeir/d!W4,se fait rarement,pîusieurs iie fe trouvent pas á l’Arméè Ce qui est un crime capital, Lc son envoyé pour Cet effet un Pacha qui avec ses trouppes visite les Provinces quel q un? de ceux qu’il y trouvé d obligation d-etre au caïhp font pen*. dus si leur Bource ne les fauve, & les autres obligés de marcher & s aller rendre sous leurs EtandartS* La paye doit sortir tous les trois mois du Trésor', mais elle fût les anneées passées des neuf mois entiers fans en être tirée. Chacque Officier ou Soldat a fa Carte, appeilée Bjjamet, elle luy est donnée de là Chancellerie âpres avoir été enregistrée dans les rôles de fa compas gnie, la^qualité de la Charge, fa paye, son nom & le tems quelle luy a été conférée yfontínar* qués, & pat qtìi. .. v LII. Du grand ìsìzjf*, .. ' I L est avee pifori appelle ^rand ctàûì’ptèf- que Maître absolu de tout l Empire, les SuL K à tani ipâ ' Du grand viz,ìr. l tans se mêlant fort peu du Gouvernement ,,il dispose des Charges fous le bon plaisiç de fa Haurésie,qui lepìus souvent ne preiit çognois- J lance que de celles qu il donne luy même á ^ quelques favoris, & si qudq’un veut avoir un ^ Gouvernement ou Pachalie, il doit préalable- j ment luy payer cinq pour cent du revenu de la } Charge qu il ne possede que trois ans, âpres les- | quels il est fait Mansoul, & doit par faveur & argent se procurer d’autres Gouvernements. | II eíMouverain Juge de lEmpire,8c il doit avoir ; cognoiffance de toutes choses avant qu elles j allent devant le Sultan, il peut faire mourir des j Offici ers& Pachas fans luy faire fçavoir qu âpres g leur mort, ses ordonnances font payés fans ^ contredit au Trésor, & tous ses ordres sont exc- £ j cutés comme ceux du Sultan même. Celuy qui mourut il y a quelque mois, Sc ^ qui a tant fait parler de luy, s appelloit Acmet j| Tacha , surnommé Kieuprulu Oglou, fils du fai- r | sieur de ponts, son Pere ayant eu cette Sornette, tant acaúfe du Village d Anatolie d’ou il j êtoit, qu’acause de la quantité de Ponts qu il fit • fairé dans l’Empire Ottoman pendant son gou- j vernement, auquel U parvint pendant la mi- notité de fa Hauceste, la Sultane Mere ne pou- vant mettre á raison les Sphahys alors fort redoutés , qui units aux Janniflasres , faisoint ,|, toutes les semaines mourir le Vizir; Scconfuî- j; tant un jour avec le chef des Eunuques de sélection Dugrand vizir. ipy lection d’un Vizir de courage & de résolution, il fût proposé á la Sultane, car Uffaim Pacha, dont il avoit été Kiaya ,ayant eû l ordre de dom- ter les Rebelles d’Anatolie, mourut âpres une seconde Bataille,& son dit Kiaya, en donnáune troisième & deffit les désobéissants , ce qui savoir mis en réputation. La Sultane luy dépêcha un expres, qui le trouva faisant réciter la leçon de son fils du quel je parle, il fût surpris ne sçachant pourquoy on le demandoit á la Porte, ou étant arrivé, la Sultane de derriere un rideau , l’interrogea fi. l’auroit le courage d’entreprendre la destruction dçs Spbahys me- contants, qui ne tendoint qu a la ruine de son fils 8c de son authorité; A quoy ayant répondu affirmativement fût fait Vizir á onze heures du soir,8c fur le camp envoya Ordre áceluy qui restoit reformé par son Election, de ne se trouver dans Constantinople á la pointe du)our, fous peine de la vie, luy envoyant par un Eunuque Arabe, tHemyr, ou Parante pour aller gouvernera Damas, & la même nuit assembla le plus qu’il pût de gens affidés, & á l’aube du jour investit les Karvatisaras ou les dits Sphahys s étoint obligés de loger de nuit, & ne leur donnant pas le tems de s assembler dans les places publiques & y former des cors confiderabîes B s’en rendit Maitre, par les armes & par la fumée qu’il fît faire aux portes & fenêtres de ces lieux, qui .les étouffant & leurs chevaux aussy» N f furent ipS Dugrxnd yiyir. . furent contraints d’en sortir i’un âpres ì’autre, &apres quelques résistances eurent le col coup- pé jusqu’au nombre de trois mile, ce qui épouvanta tellement tous les factionaires, que leurs chefs s enfuirent & chacun se rendit á son devoir, la valeur & résolution de ce nouveau Vi- zh étant recognùe. Il fît porter lestâtes des décapités, aux pieds du jeune Sultan & de fa Mere,qu i ont con serve pour luy jusqu’á sa mort, tout 1 estime possible, il détruisit tous les Principaux de TEmpiré Ottoman & particulièrement de la Milice'? jusque la'que quantité de, jeunes Spbafjys, retournant des premiers guerres d’Qngrie ou ils avoint fait merveilles, furent par ion Ordre mis ámòrt disant que de si braves gensnetoint pas alors nécessaires a 1E- tatdlfk mourir tous ceux qui éteint capables dêmouvoirqqelque Rébellion,& s’il eût vescu encore deux ans, la MiliceTmque auroit été anneantie, & depuis son Gouvernement elle isa ny le lustre ny l’authorité ancienne. En mourant il dit au Sultan, que si 1 vouloit se conserver la vie & TEcat, il devoir luy faire succéder son fils alors Pacha de Damas, âgé de vingt ans sçachant les maniérés & intrigues nécessaires pour son service ; Ce qui fût fait & pour la premiere fois depuis l origine des Ottomans ,1e fijs. n’ayánv jamais succédé au Pere en cette Charge; Ce jeune Vizir a gouverné l’Etat Ottoman avec tantde bonheur qu il sest ■ acquis i J -f ç . Ì: ■ C « c! U 21 à íe L té pi fa Pi i ' n|: vj, P" vr »! il î\' ft 1 I! Vu grand vizir, ly/j acquis l’estime des plus gràndsRoys dè lâ’terre» i! est mort dans la quinzième anriée de son gouvernement, il écoit de taille médiocre affesreplet le visage beau, sort modeste & mélancolique,la barbe passablement bien fournieScfrisée ilaimoit fort le vin, 8c bevoit tous les soirs en com pagnie de quelq uns dè’Fes favorys, & particulièrement d'un renègayqdi'â'ltéson Chan- cellier, íìx peintes de vniHn'MpáELc de jour une d’eaude vie de Can elle, 1 c plus souvent il alloit au village d’Aiéxándife , heure edemy d’Andrinople,qui luy appartennok, & y avoir ses Ecuryes & une maison ou il tahoit uy kiaja Lieutenant, renégat Provancal, il y bavoir de telle sorte qu or d i na i rem en t il en revendit á peine fe pouva nt tenir fur son cheval, Ilaimoit: fort 1 équité & haissoit autant le sang que son. Pere laimoitjle vin luy a donné la mort, ou jssátost seau de vie de Canelle q un Médecin de Chypranppellé^iíffe, luy mît entête comme nécessaire á fa santé, en quittant le vin Lc devant cet'te liqueur qui luy a causé une Hydropisie qui lamisautombeau,il à laissé saiMere vivante & un Frère nomsoé Moùfiba beïg, qui n a jamais voulu accepter aucun gouvernemét, il est fort bien fait & le seul Tuf q qui ait co- gnoissancedes arts & des sciences, tenant tpû- jours auprès de luy plusseurs Esclaves, ^ìri- tuels & éclairés, de divèrsos nations,. « . • Ce grandVizir na pointlaissé d’enfans,car N 4 il sm Dagrmd ! | il êtoît estropié ce qui luy arriva se jettant d’une - ! l Gallerie en bas, d'ou il tombá fur un pieu qui b Juyfîrrentrer&gastá lesBources, voulantêvi- | terlacoîerede sonPere, quiaccouroit aux cris p de son odya, Précepteur,auquel il avoir caste la : jf tête avec une êcritoire, il êpousá en premieres nopces la sœur d’U faim Cbdeby, de Constanti- b ïîop!e,& non pas une Princesse Ottomane êle- ;e véechessa Mere, j’ay cognu tous les parents de ; fa premiere femme,âpres le deces de la quelle, k il fît chercher par tout quelque beauté digne de ;t son amour, il s y en trouvá une rare, fille d’un |1 Patron de Barque il fît conduire toute fa fa- j f mille en Andrinople , & donnoit á son Pere j sept Bources tous les mois, & fa maison entre- tenue de tout, comme la sienne propre. j < Il avoit un Kiaya,. cent cinquante ifche- j i glans , deux cent quatre vingt Agas, qui sont J j eommeGentilhomessefvants, quarante Moss- j tapkar agas, seize Checbeniert,. un Ecuyer, deux j : sous Ecuyers, un Vequilarge, Maître d’Hostel, ! deux Intandan ts d- Offices, quarant Cuisiniers j avec un Chef, six Confituries avec un chefRe- ! negat Bourguinon, quatre Boulangers , huit Valets de pied; Il faut notter qu’il- n’y a que ceux du Vizir qui puissent porter des vestes d© ' Drap rouge, cinquante Païferniers, vingt Ma* cbalagys,, qui font des Arabes , portes fallots, : dont fa Hautesse a auffy cinquante, deux Tuf- ; fícgys, Mousquetaires, & deux Mataragys, por- j tant i Bu grand vìyìr. . 201 J tant chacun une bouteille de cuir boíiilîy en t broderie, cet quatres marchoint auprès de luy i aux Cérémonies ou en campagne ou il a toû- jours eu plusieurs Chariots de vin, & s’est souvent fait malade pour éviter la marche en compagnie de sa Hautefle, restant dans un chariot bien fermé, & y bevant pendant toute la ma» * che avec quelque mignon. íl entretënoit á l’Armée deux mile cinq cent i Soldats á pied & á cheval, fa maison êtoit en- { tretenue de sa Hautefle qui luydonnoit la va- » leur de la moitié dé ce qui se fournit á sespro- !■ prés Offices. » Le grand Seigneur allant ches un Vizir il iì est obligé de le reçevdir avec de grands présents & allant Visiter sa Hautefle elle se soulevé de son séant pou iereçevoir,le deffunctVizir, Kiiu- pruluOglou , netoit point aynré en Turquie a- cause des guerres continuelles qu’il a faites, & la Milice n’a jamais perdu le souvenir du sang de ses Camerades,que son Pere répandit si abondamment. liii. L 'Election de cè grand prêtre de la Loy Mahométane , depent de fa Hautefle, qui ne fait mourir personne, si non ceux qui sont con- ' N f vain- id* ÎDuìJ^doúspj. \ ? vaincus dans le deìict, fans son T et f a, ou decret j rendu au bas d'une demande qui fe fait en cette formé; si quelq'un avoir fait ce ou cela á quoy í le condamne la Loy, il fe réglé en ce rencontre | felonses livres qu’il consulte, 8c Juge selon ce J qu’iis ordonnent; Il donne de semblables de- ! crets,deux fois par semaine, fur toutes causes 1 Civiles 8c Criminelles, qui luy sont reprefen- ìí tées enla forme que je viens de dire, 8c iesju- f gessous peine de prévarication de la Loy font i obligés de jugersolôn ce qu’ilaurá souscrit au c -billiet de la demande faite; On ne luy paye a que sept aspires pour chacq’un. Le Sultan prent |C -soirConseil dans toutes les affaires d’impor- ,tapces,. 8c lors qu il vátau Satrailif en est reçeú í jusqffau bout 4u Sofa» ou sa dite Hau cesse Jam- - braíseSc iuy fait prendre place àûpres de luy. 1 II en est inséparable áf Armée , ou le Vizir aï- 1 lant seulil envoye un Veqml ou Vice Moufty , j qui a la même authorité dans tous les cas qui arrivent. Il y a des terres dans la Silisttie,annexées á cette dignité, elles rendent trente six Ronrces par art,outre les dons qu il reçoit du Sultan 8c de tous les Grands & fur tout des Vizirs, entre les deux premiers defquels il tient rang dans la marcbe,mais fans Valets de . pied, ny-aucune dorure fur ses équipages > il est vétu & chauffé comme les Juges,mais son Sariq . ou Turban est encore plus gros, dans toutes les Principales villes, ily a des Vicaires du Moufty, O " qui Du UVíOufi}\ . 20$ 1 qui y ontlamêmeauthorité. que îëgrandouil sc trouve, ils peuvent tops être reformés,ce qui ariverarement duchés,qui le fut pourtant il y, A trois ans acausc de sa V iei l este , mais.il est entretenu de la pqrte qui luy donne six cent asprespar jour 8c son ’êtappe ordinaire eguale á celle du grand Ecuyer,, Lc une Signoriç de neuf Bources par an, ôç pe f ut non pbstant,rendre des Feïfas, quoy que reformé, son .Caractère de Mous t j, ne sc pouyant perdre.il y a un Moufty devenu fol 8c court les riie.s d’Arîdrinopie,quí a donné des Décréts reçeus avec la même vénération que les plus sacrés. Oracles. Çeluy d aprescnt sappell z Jlaly effendy , âgé de,quarante çinqans,il a été grandjuge dEprópe^Les Mouftjï ont leurs femmes & concubines comme les autres gens, mais elles doiventetre modestes errhabits ; quandil marche parles rues il estprece'dé de plusieur^hiqtnmes deLoy & de quelques JanniiTaires aises côtés, îuysoul peut avoir scs Litières Lc Brancards, couverts de drap verd ; Le Stambol Effendy, grand Juge de Constantinople, y represante íâ personne Sc y tientmê-me rapg,que luyi la Pòrte. «KWUWWURNWW» : I.IV. ' ' Q Des Cadylafquiers y ou grandsJîiges. T Un est pour les affaires d-Emvpe & lau- I ^ trepour celles dAsie , toute celles quiont de 204 Des Cadylafquiers, ou grands Juges, de la difficulté pour leur jugement, ou de quelque importance, sont renvoyées pardevant eux,leurs équipages & vêtements font violets fans dorure ny pierreries, ils font fort respectés, 8c tiennent rang dans la marche avec les Vizirs, qui les reçoivent ches eux avec grande Cérémonie & les reconduisent jusqu’au bas de Tescailler, & si c’est á l’Armée leurs chevaux font amenés jusqaau bout duSo/a: da premier Pavillon, ou on leur met unplacet de velours pour monter á cheval, soutenus par dessous les bras, parles plus considérables de la Cour du d it Vizir. Quelq’un ayánt été nommé Juge en quelque endroit de 1 Empire, il doit prendre ces expéditions dc ces Mrs. qui 1 examinent,8c nelen trouvant pas capable,les luy refusent, & en font avertir le Vizir; Ils ont aussy droit de nomination aux Judicatures, sous le bon plaisir du Vizir, qúi ri y contredit jamais,&sur les Imams , avec l'agrement du Qtnz.elar Aagacy, Gouverneur du Sarrail des Dames, qui est le Surintendant des Mosquées & Dispensateur de leurs Charges. Ces grands Juges ont chacun un Seratgjj Lieutenant, qui Juge hors de leurs Chambres, les causes que les parties ne demandent pas aller pardevant eux ; Il a six écrivains auprès de luy qui êcrivét de mot á mot,toutes les paroles des plêdeurs, Sc sentence rendue, ils en livrent Coppie au gaignant, qui la peut faire excuter Des Cadylajquiers, ou grands Juges. 20 j sur le champ , les Juges peuvent être récusés s il y a cauie, & l ors peut se pourvoir d’un Ordre du Divan du Vizir , pour y faire juger la cause, avant quelle aye été examinée par les Juges, qui se lailìent facilement corrompre, ÔC donnent un tel biés á lassa ire de celny qui leur a graillé la main, que les plus huppés y répondent d une maniéré ou il se trouve matière de sentance. Leurs ruses sont Grandes & permi- mises, comme fût celle d une femme, qui m’é- toit cognúe, elleavoitgaigné le Nabtp, Lieutenant du Juge, pourvoi Procès touchant fa maison, un’autre femme prit ses habits & comme elles font masquées fa partie ne la cognoiffanc qu’au vêtements, crût qu’il avoit affaire avec cette déguisée, l’autre se contrefaisant bossue, &s’etoit rougy le doigt pour se faire cognoitre au Juge, qui ayant interrogé le demandant, de sa partie, montra la femme revetue des habits de 1 autre, Lc iuy représentant que ce pouvoir être celle qui s’etoit contrefaite bossue ,ii Jura que non, & qu il n'avoir rien a prétendre délie. La dissimulée demanda acte de la déclaration du demandant, qui fût ainsy débouté de ses prétentions, & cette rusée relia en procession de la maison qu elle avoit, par achat in valable, jefûs présent á ce plédpyé, tous ces Jugés ont á leurs portes les Sergents & rècorsdont j’ay parlé alieurs. Ils ont deux cent aspres par jour & les etappes des Cappigys Bafchys , leur paye est 2aó ■ î)es CadysJ'uges, cn General. est si grande, afmqu’ils ne commettent pòînt d’ínjustice ; mais Issdòmrne alieurs, Mônoye fait tout. LV. Des Cadjs Juges > en General. I Ls jugent fans appel Hc même ámort,danS les lieux de leur district, il yen a d’ordinaì- res dans les Villes ou fe trouvent les grands Juges,qui ne jugent que les affaires les plus inss portantes j Les Cadjs des lieux ou il n’y a point de Pacha,Beig, Lc autres Gouverneurs,jugent en dernier ressort, & reçoivent les Ordres de la Porte,pour ce qui est demandé des gens de leur Juridiction > & en doivent procurer le payement, ce qu’ils fontampîement fe réservant îe fufpluS. Ils ont leurs Officiers subalternes» qui leur font donner paries sujets, tout ce qu’ils désirent, leur authorité étant fi redoutable qu’elle les fait adorer. Ou il y a des Pachas ils ne jugent sien, Lc fur tout de criminel, qu’au Divan;, & les criminels qui font arrestésfur leurs terres, par les Beflangys, ou autres Officiers envoyés ácetesset, n’y peuvent être Jugés fans Ordre exprès, mais bien ceux dont ils se seront saisis eux mentes. Il fe rend quelque fois des Sentantes pour t i i i i ì ì îí ii l: I ì li Í Des Cadjs Juges. y en General zoj être exécutés dáns la prison; mais fi le condamné est riche, il fait donner une sommé considérable, auProvost & auFiscasqui font étrangler quelque pauvre misérable en sa place, c est ce que j’ay veú plusieurs fois,& pour la derniere fois fan pafféjen la personne du Lieutenant du Pacha dé Van, qui avoir fort Concu- tionné les peuples, & ayant été condamné á la mort fût sauvé de la forte , & senfoyt dans l’Archipel ou il demeure incognu. Auxlieux ou il n’ya point de Aíoarfá/Fp,contrôleur des Vivres, le Cady a seul l'authorité de Visiter les boutiques &depuriír -fur íé cbtsp & par la Eource,ceux qui yandent á faux poids 6 c mesures, 8c 6 âpres avoir été pun ys plusieurs U fois ils ne s aman dent, ils font menés par la | ville, la tête passée dans un trou au milieu dune p grande Table qu’ds portent fur les Epaules, rempliede Sonettes fur leíquelles les Harchers frappent pour causer plus de confusion á ces misérables, par la multitude qui accourt á ce Carillon ; si celuy qui a été puny de la sorte peche derechef,il est cloué parl'oreilíe á quel» . que poteau ou murailled’ou iln’est dêtacbéíàns i argent, ÏAffas Safeby Provost, & le Scusbafcby, Fiscal, se doivent trouver átoutesles exécutions Criminel Ses,le premier estCapiténede Jannifo ■ foires & fo Compagnie lefoit toûjours, l’autre a quatre vingt Harchers, ils ont soin de faire nettoyer lesriiespárou faHaureste doitpasser & 2&S De Coulis a Oglou, maintenant Scs’y trouvent pour empêcher le désordre 5 Ils ont l’authorké fur les Galantes qui leurs payent Tribut & s’accordent souvent ensemble pour attraper quelque Nigaud , les C adys n’ont rien á dire á ce procédé & se contantent de faire leurs Bourcesd’alieurs,ils ontunEcu par joúr & demy Etappe de fous Ecuyer. L VI. De Coullou Oglou, maintenant grand Fi&ir, I L s'appelle sonPere étoit Paysan l^uffien fait Esclave d’un Officier d’Infan- terie qui luy fîtambraffer leMahometisme& le fit Jannissaire, son fils est áce sujet, nommé comme tous lesfììs de ces Soldats, Coullou Oglou, fils de la Milice ; Le Sultan étant encore jeune, le vit un jour & voulût savoir auSarrail,ou par fa bonne Grâce accompagnée d’agrement Lcdun Esprit asses bien tourné, il devînt Mai- tre absolu de la partie plus pretieusé de sa Hau- tefie, qui ne respiroit que feux & flammes pour ce jeune Page, qui reciproquá si bien ál amour de son Prince, que l’on peut dire qu il n’y en eût jamais dEgaláceluy qu’ils se portoint,& qui vînt jusqu’á ce point, que le Sultan cheris- soit Moustapha, corne sa chere motié,& Mouftapha le Sultan , comme une Maitrelse Sc un Galant tout grmd' FÌyìr. tout ensemble, cet amour Juy a donné le nom de Moujfaip, Mignon ou favory, & n“a point diminué qu âpres être tous deux devenus á un âge, qui commance de ternir le vermillon & la beauté d une tendre jeunesse & á faire naître le poil aux parties plus extérieures. Mouflaphd n eût jamais cette infâme inclination - que pour complaire au Sultan, car il n*y a point» ou fort peu d hommes, qui ayment plus le sexe queluy. Il y a huìtans qu’il sortifcdu Sarrail, fa Hau- tesse l’ayant fait Pacha & coi^èé viz.h, & dés le premier jour il acheta plusieurs filles Esclaves dont sept accouchèrent fur une semaine, lors que l’Armée partit pou tKaminietky Pùdolskjt&C neuf autres resterent enceintes. Il a été fort pauvre avant que d'êtte grand Vizir,ses revenus n'êtánt auparavant,que de cent septante cinq Bources, insuffisantes pour l’entretien de son train 3 II a fait plusieurs deb- tes piûtost que deMezuscrde la bonté de fort Sultan, qui fa plusieurs fois mené dans son Trésor ,8c luy a donné la liberté dy prendre tout ce qu il voudroit,ilena toujours usé fort modérément, mais sil a soif, il pouri boire apresanttenantenmain lerobinet dune grande source de Trésors. Il est âgé de trente six ans de riche taille» le visage plain l’ceilvîf Sc tout le reste asses beau & fur tout fa barbe noire , il n’a îamais @û qu’a presant, d'affaires en p œani* 2io Bugrand Cáìmacam. manîment, ny fait d’exploits guerriers que ceux que vous liê dans mon récit de la guerre de Pologne, ou ii fít fa premiere Campagne,ib a épousé,comme jay dit çy devant, la fille du grand Turq , qui luy a toujours donné une Etappe comme celle de grand Vizir au quel il n’a jamais été beaucoup inferieur en train, il n’a jamais beu de vin& êtoit aises affable,je ne fçay fi fa dignité presante saura rendu plus fier. IW líiìi h n L VII. Du grand Caimacam. C Ommeles Empereurs Ottomans Iaislent le plus souvent la conduite de leurs Armées á leurs grands Vizirs, qui y étant occupés ne peuvent vacquer au Gouvernement de l’Etat,pour le foin du quel,ils établissent un Caimacam qui a la mêmeauthorité que le grand Vizir lors qu il est á la Porte.Pendát les guerres que les Vizir Xà/>rà Actnetpacha,hiíoit en Candie, Cara Moujîapha troisième Vizir, fût éltí pour cette Charge, pendant la quelle il fît teçcvonDorofitiko, chef des Rebelles Cosaques, fous la protection de là Hauteífe, qui luy fît donneriesEtandarts & toutes les autres marques de Prince ou Beig, & l investit tel avec les Cérémonies ordinaires lors q'un homme est fait Pacha, qui consistent en un Cafetan^ don t il est v , ; T)u grand Camacam* zn !r ,sÇ revêtu, 8cune grande Pancarte qu on luy re SdeJUvre^ vous lires ála fin de ce livre, les mi- - jpri^qú’f caqsé cette intrigue, á la quelle ne y^gtrípua pas peu la grande Afjekte Reine, qui . ^p^contrequarrer la petite nouvellement en faveur, fît fort secrètement avertir le Rebelle i de íê publier son parent, 8c quelle le recognoi- troit pour tel; elle pensoit par ce moyen,se ren- ■ ,dre plus considérable auprès du grand Turq, 5 quaildril l’auroit sçeúe alliée á un homme qui étoir crû de la premiere qualité,étantMaitre d’un si grand pays 8c chef dune Nation autanc nombreuse que belliqueuse. : m lustre Caimacam Maufiapba Pacha,n été Capital! Pacha,General desMers, & a gouverné plusieurs Provinces, il est de la riche taille aises gros 8c de bonne mine, mais fort Baz.atié, ce qui lefait appeller Car a noir, il a lámeautant remplie d ambition que de courage,fkayme la juste vengence; ensin il a toutes les qualités requises á un Galant homme; Jeluy ay vetí donner beaucoup de louanges á Monsieur de la Haye en presance de plusieurs Pachas , quiadmiroint la Résolution d’un tej Ministre qu ils ne sou- haittent plus,les poulies mouillées étant bones pour ne point contrarier leur audace,8cc. Son jugement des plus solides luy a toâ- jours fait avoir part aux plus importantes affaires de l’Etat, car outre fa dignité, qui luy donnoit rang dans le D w an > il a presque toû- 0 r jours 2t2 Du grand Caìmacam. j jours été inséparable du Sultan & a tenu lieu de second favory : Il est du pays du dessunst grand Vizir* Kteuprulu Oglott, 6c outre l'AHian- ce de leurs familles laurs premières femmes éteint Sœurs» non pas sultanes, comme écri t un autheur moderne,mais Sœurs d’ujfaim cbeleby, homme riche & Fils dun Turq Officier de marque, il a crú, avec Justice,devoir être fait grand Vizir, mais volant 1 Alliance du favory C outlûa Oglou avec le Sultan, il s est procuré le Gouvernement dugrandc<»ru grand Désterdar^ Trcjoriet, même qualité fût donné á ìfouf, Joseph Pacha» qui fût laissé 4 Andrinopîe pour la Guarde de îa Sultane Mere de sa Hau cesse & de ses freres. Il y a quelques places dans {'Empire qui ont été Souveraines,Lc leurGouverneur quoy qu’il ne soit pas Pacha est nommé Caimacam, comme Belgrade lur le Danube. L VUI, Du grand Defterdar^ Trésorier , Ette Charge comme par toutalieurs,est des plus considérables, cet Officier reçoit &paye tous les deniers de {'Empire, Sc distribue les Charges Si Commissions du Trésor, dans toute letandue du domaine , il donne aussy l’ordre des Taille,impos&Etappes; il n'est pas seulement Surintendant des Finances mais aussy des Armées,sieges & travaux, ses Ordres font par tout exécutés comme ceux du Sultan méme. Il est ordinariement de bonne intelligence avec le grand Vizir, qui procure toû jours cette Charge 4 quelque sienamy,asin de pouvoir tous deux, mieux faire leurs Bour# ces. Acmet Pacha qui ietoit il y a deux ans, a exercé cette Charge lespace de quinze ans, i! est sans doute lun des plus grands hommes qui ait jamais paru á la Porte Ottomane, il a par O z tout. 3i4 ÙugrandBesterdar, Trésorier, tout, donné des preuves de fa capacité; IIest détaillé médiocre mais beau & bien fait, ávéc, une venerable barbe, & un air fort dégagé; Il fût fait Man foui reformé á fa propre Requête,: & rendafit ses comptes d une si grande Charge, le Sultan luy resta redevable de cinq cent mille Ecus,á ne jamais payer, il fûtenfuitte envoyé Vice Roy au Caire, ou la Milice fe révolta contre luy, 8c 1 arrêté dans leChateau, d’ou iíne* sortit que l’an passé á f arrivée de Car a Moujìapha Pacha, 8c fût conduit á la Porte pour fe purger des faitsqui luy êtóint imposés. Cette Charge êtoit autrefois exercée par un homme avec le seul titre d’Efscndy , Reverend, mais les derniers Sultans,ont fait Pachas,ceux qu ils y ontêlú; celuy d’aujoucdhuy estfils de Pacha, ii êtoit Contrôleur General de 1 Infanterie & pat sá v conduice á mérité cette Charge avec celle de coubbé Vtz.tr. Les D-efrerdars peuvent donner des tìemyrs Commandements de , leur chef, & y apposer le Thourna qui est le nom , de Dieu & du Sultan en grandes Lettres en» treiassées,qui fefont auhaut des ditsEemyrsi Ils ne le font que pour les aftaìrcsconcernantes leur office, ils ont du grand Seigneur la moitié , de rEtappe-duFï^ô grand, & tiennent tous les jours leur Divan, ou ils jugent détour ce qui est de IeUt resort, & y donnent les Or- donances pour le payement deceux qui ont -’ quelque somme áreçevoir de la Porte s ác.ppur "set Du grand Defìerdar, Trésorier. 21$ cet effet le Vezenadar Base b y , & quelqu autres peseurs de deniers du Trésor, y sont toujours avec un Secretaire, pour y faire les payements qu’il ordonne. Le Trésor des Sultans est dif- ferentde celuy de laCourone,leleur étantau Sarrail, & un Empereur Ottoman ne touche á celuy de ses prédécesseurs ,qu’en extreme nécessité, le surplus des revenus y est mis tous les ans,commeaussy les,cinq cent miîeEciisque le Caire paye. Celuy de la còuròhe est employé, par le Defìerdar aux nécessités communes ; & á îarmée il est mis avec une partie de celuy du Sultan, entre ses Pavillons Le ceux du Vizir,& tous les coffres remplis de Finances font disposés en rond, & exposés á la veste d’un chacun fans autre Guarde, que de quelques Jan- niffaires , mais dans la ìnarche un Régiment des Spbabys subalternes, doit en avoir la guarde Sc le remettre entre les mains de ÍAzanadar Ba~ fcby , Tresorier, qui en a le soin, sous le bon plaisir du Defterdar Pacha, qui tient belle cour. Celuy dont j'ay parlé avoit quatre vingt dix Agas, cent cinquante ]sehoglans,6cáï Armée huit cent Soldats a pied 8c á cheval,son Kiaya,un Ecuyer & tous les autres Officiers que j'ay marqué, parlant de la masson du Vizir. Tous les Officiers externes nereçóivept des Pachas, que du pain de la viande, delorgëpoúr leurs chevaux Sc une veste de drap & de Satin tous les ans, l Etappe leur est donnée á proportion du tirairt O 4 qu il* %i6 Dft grand Defterdar , Trésorier, qu’ils ont au service de leur Maître, tous ces Agas, ne peuvent avoir pratique avec les ifcbo* glans s ils n'en ont été du nombre. Les Dôme* stiques ont bouche enCour 8e outre cinq aspres qu’ils ont par jour ils font entretenus de tout le nécessaire ; Ils font nommés eau çmllmgy , Serviteurs du gros travail,chacun dans son em* ploy n oublie pas ses petits interests. Les lfcho- glans,o u Pages, font fous le Gouvernement du Trésorier da Pacha, quia parmyeux,des Officiers de même Caractère, que ceux du Sultan dans la graride Chambre, Ils fontpunys de cet Officier 8( ne peuvent sortir en Ville, fans sà permission, 8c accompagnés s’ils font jeunes & beaux ; Us ont pour tout exercice l'étude des livres de la Loy, le manege, á leur mode, & le jet du dard, avec lequel le Sultan fait souvent battre les siens, contre ceux des Vizirs z Cette Jeneussé est fort adroite á ce combat,ils prenent feulement leur demy volte pour jetter le bâton á celuy qu’ils attaquent 8c qui s’enfuyt pour luy donner lieu de lancer son coup, puis le poursuit dans fa retraite, ils fe frappent quelquefois si 4 propos, qu ils y laissent souvent un ceil, des dents, 8c aussy la vie, quoy que leurs bâtons ne íoint point ferés. Ceux qui reçoivent quelque méchant coup,ont toujours quel- , que régalé pour adoucir leur mal, ils font nommés Gyndy, combatants. Tous les Pages des Pachas 8cautres Grands íbnt bien entretenus, parti» Du grand Desterdar, Trésorier , zíf i pariculieremétlës plus beaux, pour deS raisons i que je ne veux dire, crainte de blesser les oreîl- , leschastes) ils sortent rarement du service d’un pacha, fans quelque Office, avec un cheval,leurs armes & habits & le plus souvent sont faits Agas & la même Cour, & fur tous i Az,e»adar èc autres Principaux Officiers, qui ne sortent ja- i mais du Sarrail de leur Maître, fans être riches ; & avec grand équipage, ils ont les mêmes pro- j sirs que ceux de sa Hautesse, mais ne sont pas , divises en chambres. 11 y a encore douze Gar- | çons qui sont du d hors & du dedans, ils sont | nommés Meffers % ou Sonneurs, a cause de leur i Office qui est d’appeller ceux que le Pacha de, mande, ils ont un chef Mefier Bafcby, qui est envoyé aux plus considérables, ils fervent aux Pages dans ce qu’ils ont de besoin en Ville 8c sont entretenus comme eux, mais ils ont plus de profits, n’allant jamais chercher quelq’un de la part du Pacha fans en être régalés, la plus part de ces petits Mrs- sont de misérables Esclaves de la derniere condition, Toutes ces particularités sont de mêmeches tous les Vizirs Sc Pachas qui ont aussy un Tju leqchy , qui vat des uns aux autres, 8c méme au Sultan, pour faire savoir les affaires Sécrétés ; Celuy de íâ Hautesse est appellé C ara kgulaq, oreille noire voulant par ce nom exprimer, que ses oreilles doivent être bouchées á toutes demandes des choses que son Maître luy a O j* con- Bu Nttchangy Pacha, 21$ Bu Nítchangy Pacha. confinées, ìlmarche devant le fous Ecuyer & est éfttreténu comme luy. LIX S I íjpjiyouípit bién tout considérer,le grand M'^ir est proprçtnent Chancelier He Guarde des jfçeaistç en même tems^car ils luy font donnés 1 son éjection , neantmoins cette Charge s’exscce parle 'Sttcbangy. qui ícéle toutes les dê- S ï íjpjiyquípit bién tout considérer,le grand Jsizir est propretnent Chancelier He Guarde pêcsté^ànH'Kuefeptaipres poiïrchacune.cétte | Charm a fort peu de revenu, m^is comme ce- luy q.oi.rejsprcê^-est pat-ha i & GBMiiUviz.tr, il a fes gouvernements comme les autres Vizirs, qui fëstgnt asta Porte, & y tiennent des, VicePa- j char>oûAk«Hst'M ,qui leur en payent les reve* { nus pat avance, mais ils font sujets á reçevoir i uneCÌhahîbre de Justice de ces Pachas, que la j Porté traícte souvent de même ; le Chancelier j d'aprefdstpeàstls d’un pauvre homme de Con- 1 stanMiPstà tl Mt fait iscboglarifur ce qu il écoic heast garMnl^c parvint dans la grande Chambre oDMtFà ài-rr/pe, ou Historiographe, & enfuïtte Pacha Sc Chancelier; Ces Gouvernements ne luvrendentoue soixante & dixBour- ; ces 04 çojnm e § ries n çi u y ìumientpas, u a ou- fenu duSultan dejreppint faire de figure ál'Armes, Du Rejs Effendy. sip mée, ou il n entretient point deSoldats, aussy n’a il pas plus d’Etappe quélè grand Ecuyer, il avoir les campagnes paíïees , cent cinquante hommes, ou environ, fes Theusdc ses Etandarts êtoint portés dans leurs Custodes fans Tambours ny Trompettes,je ne spécifié pas les gouvernements ou Sardyaqs des Vizirs, car ils íont souvent changés. " ' LX. Du Rejs Ejjendj , Vice . ; Chancelier. I L tient les archives de lEmpire Ottoman* & toutes lesdépêches pour Charges & Offices y font enregistrées âpres qu il les a dépêchées, selon l’Ordre de la Porte, elles doivent être paraphées de luy & des deux grands Contrôleurs , nommés Behqgy tffendy, 8cMhallelhy Ejfendy, le premier étant pour les choses données du Sultan & l’autre pour ce quireguarde les biens & interests du Trésor» Lc le Chancelier n'applique le sceau á aucun é patante quille ne soit paraphée comme j’ay dis, & quand c'est pour Charges ou Offices , elles doivent auffy avoir celuy du Roufnamégy Effendy , Con- iroleur General. Quand unTurq reçoit une placp;dans l$ Milice ou parmy lesOornestíques de fa Ji autefle, son Ordre ou celuy de son Vizis est Du Reys Effendy. est enregistre dans laChancelerieqúi en délivré acteá la personne, qui le porte en íuitte au Contrôleur du cors ou il est entré , & âpres j] avoir payé un Ducat, en reçoit un billet nom- j, mé Ejjamet , dans le quel est marqué tout ce que j'en ay spécifié alieurs. Le Reys Effendy, est toujours au prés du grand Vizir, aux grands Divans & aux Audiançes des Ambassadeurs j tous les Officiers de plume luy 1 , font subalternes,, & font en grand nombre, | 1 on ne peut rien dire de certain de leurs reve- j j nus, étant payés selon la qualité & quantité ( des affaires qu'ils écrivent, les Principaux ont j| l’Etappe des Cappigys Bafcbys , & les simples ■; écrivains,ou pour mieux dire commis 8ç clercs, ont trois livres de viande 8c dix pains, ils font > tous Mouttapharagas 8c le Reys Effendy a une Si- < gnorie de cinq Bources, ou il a fait rétablir, , contre la coutume , les Eglises de ses scjets Grecs , qui êtoipt ruinées , cet Officier a de grands profits & est fort considérable, j’ay parlé de son origine parmy les fortunés. LXL acha a Gene- Du Capìta ral des Mers. EsTurqs íè íërvent de la langue Italiens pour les termes de Alarine » la leur n en ayant Qu Capitan Pacha. zzt ayant point dc propres,outre que leursGaleres & Vaisseaux, onttoûjours eú deschiourmesBí équipages d’Efclaves & de Renégats, parmy lesquels il c’est trouvé des François & italiens qui ont eú le foin des Principaux services, & leur ont donné des lumières de la navigation, á la quelle ils font naturellement impropres, les Grecs delArchipel sontaussydeleurs Maîtres, & comme ils font nés en Mer, ils les y fervent & usent de tous les termes en langue îtaliene qui leur est commune, & les Turqs qui veulent aussy en user, quoy qu astes mal, appellent leur Admirai , CapitanPacha,. Cette Charge est des plus considérables de 1 Empire Ottoman, celuy qui la possede est Empereur de la Mer, Deria Padecha,&í lorsqu ils ont guerre du côté de la Mer noire le Capitan y faic voile avec les plus grandes forces, si fennemy y est le pluspluissantj&un Vice Capitan est envoyé fur la Mediteranée fous le nom de SarasqHier » ou General, reçevant ses Ordres immédiatement de la Porte, mais perdant toute son Au- thorité fe trouvant avec le Capitan , qui peut alors luy commander tout ce que bon luyfem- ble, & comme les Turqs n entretiennent point des Flottes, & même que la plus part des Vais* faux qui font pour le convoy de la Caravane du Cane, appartiennent á des particuliers, je ne parleray que des Galères, defquelles íe Capitan Pacha, est proprement General, & des vóiles 222 Du Cafìtan Pacha. qui sont pour le service de la Porte. Il a. en Met u a ' Authórité souverain s, il y donne sentences , de!ivre dés Parantes 6c exerce tous autres Sc semblables actes dans les choses qui reguarderít la Marine ; Toutes les Galères qui dépendent dtì Belìq (c’est ainsy qu on appelle tout ce qui apparnentaugrandSeigneur) font directement fous ion pouvoir , 6c dispose de leurs Charges 6c Offices selon son bon plàiíïr. Il a un Palais á ia Marine ou il tient pivap,Sc les Ambassadeurs iont obligés daller i sonau- d.unce,áleur airívée, & n'oublient pas dp lu y faire des présents ; le Batgne du grand Seigûeur ou ítìnt iesEíciaves,eit au dessous de sonPalais, 6c du même coté il y a des remises pour plus de deux cent Galères d’ou les Chiourraes font retirées eu Hyver, & mises au Baigne , oucés misérables ont desEgíifès que la Porte a accordées par í tuthorké que les Empereurs de France y ont, lune est pour les Catholiquss avec les armes de fa Majesté, 8c l’autre pour ceux du rite Grec- Le TersenaKiaja , Lieutenant de l’Admi- jrauté SC:fíisêé<í Hmi»e,Intandant de la Marine, font les ^Gouverneurs de ce lieu Fatal, ces deux Gb^rgeS font d un grand lucre, & ce Lieute- nántiaausty une Galere qui vogue âpres celle du General; Il y a aussy dans le Batgne, un Contrôleur .î& un grand Ecrivain des Esclaves qui en doitêtre du nombre, comme j ay nottéali- eurs. Les Galères se metçent tous les ans en - Me£ fl I l’E : n le ei iJJ eri ses lo h v ÌCO' Ei Bu Captan Pacha. 22? Mer au premier du primteiris,& font grande rêjouyffancelemême jour, ellessalvent le,Sar- rail en passant devant. St tous les bâtiments qui se trouvent au Port salvent la Capiténe,qui ne rêpont á personne; Autrefois les Vaissaux de guerre François íalvoint Je Sarrail dans l'Esperance da reciprocque promis pat les Turqs avant le dit salut, mais ayant manqué de paroSledis ne salvent plu s de tout. Les,Ga- leres qu on appelle Beigltr, font les meilleures, elles font mòncéespar des íe/gíPrinces.deGa- lere, qui font la plus part Pachas, selon les,terres qu’ils tiennent pour leurs entretien t^ ils doivent en avoir une seconde qu’ijs nomment Jedeq, Galere demain, que monte un Cspiféne qu’ils y mettent, les Provinces qu'ils qntfbnt toutes fur les côtes,ils y font Hyverner leurs Esclaves qui ne se mêlent jamais avec ceuxdu Séliq , qui servent les Galères, dites Chacquales, elles font au nombre de vingt quatre commandées par des Capiténes que le Gen eral y met & qui n’ont que quaranteSols par jour & la table; & s’ils ont quelque propre Esclave, ils peuvent le faire servir & en tirer quarante Ecus par campagne ; Ils ont de plus les profits fur la nouriture des Eselaves & autres dépances de la Galere. Il y a des Ziamets qui obligent ceux qui les possedent, de servir fur la Galere du Beig ou Pacha, du pays ou elles font ; Les Beigler font recognus des c hacquales, par leurs flammes» trom» 224 Z># Caprian Pacha. trompettes, tambours & autres Instruments qu ont les Pachas servants par terre,mais ils ne les peuvent faire sonner en prestance de la Galere du General, qui fe fait tous les ans neuve, T ouïes les Charges de la Marine sont á vie, excepté celle du General qui est ordinairement reformé tous les trois ans, il est Vizir 8c a en* trée au DíV4K,son revenu ne stepeut exprimer car outre les Provinces qui lu y sont annexées, il a des profits tres considérables, la Porte luy donne un etappe comme aux autres Vizirs, msmmmtmsêmsêm LXíI. Des Pachas, en General L Es T bous & Sandyaques sont les marques de , leur dignité,lel7>o«jest un perche de vingt pieds d’hauteur, dont les trois d’en haut sont couverts de crain rouge 8c blanc bien tistu avec trois houppes de même áun pied l une de l'au- tre, le resté du crain ou de la queiie de cheval pendant de même longuer Lc couleur, 8c une pomme dorée au sommet des perches pour les distinguer de celles de plusieurs Officiers en chef qui en ont á l’Armée devát leurs Pavillons pou être recognus de ceux qui ont affaire avec eux,8c non pas par dignité.Le grandi*urq porte fes perches verdes 8c les autres rouges. II y a des Pachas á un á deuxLc á trois Thous ceux qui &e$Pa{;ha$ ) kn'GefteraL ízy Hui ên ont trois font sentes Vizirs & áuroint íceance au Divan s'ils s’y trouvoint, il font ordinairement appelles Setgler Beig , Prince des Princes comme aussy ceux de deux , car ils ont dans leurs gouvernements,des Sandyaque Bttgler, qui ont un T bm 8c gouvernent quelque petite Province ou district qui en depent, LL font obligés de marcher á l’Armée avec ledit Pacha, &y reçoivent fes Ordres, mais non pas étant dans les pays qu ils tiennent de la Porte- qui feule peut en exiger quelque chose avec le Beig , qui peut avoir deux Chatyrs , Valets de pied, quatre Chevaux de parade > autant de Trompettes,de Tambours Lc Aubois,un Pacha en peut avoir cinq avec autant de chacque Instrument des çy dessus nommés, & quatre C ba* tyrs, un Beigler Beig six, & un Vizir sept. Ils ne gouvernent ordinairement que trois ans dans un endroit, pendant les quels, ils font fort sujets á la reforme, il n’y a que le pays des Kiurdes ou les Charges foint perpétuelles & héréditaires,ils ont auffy de íaNoblesse comme les Perses leurs voisins» Les Pachas font Souverains dans leurs Gouvernements , mais s ils tyranifent les Peuples, ils sen pleignent á la Porte, ce qui leur coûte ordinairement leurs biens & la privation de de leurs Charges ; & bien souvent là vie» Les Pachas Manfouls reformés , n ont aucun entretien de ík Hautesse , il sen trouve pourtant P comme $z6 Ses Pachas , ou General. comme de tous autres Offices & dignités qui \ font faits Uotouraq morte paye, & ont des Soi- j j des assignées fur la douane de Constantinople, j Outre cent quarante six Sàndyaques qui font dans lËmpire des Ottomans, il y a les Provin- j ces ou Gouvernements du nom qui s’enfuir. I Ën Egypte le grandC<*OT,enEtiopie Babylone,t n Hongrie Bude , en Grece Sophie , en Arabie Ales, Damas, en Palestine Coutchenf Jérusalem , en Mésopotamie, Dealbequier, Van, en Surie Tripoly, ■, dans f Anatolie Coma, Brouffe,tk, deux autres, J en Asie inferieure Manijsa &c Caramanie, fur la T Mer noire du même côté, Trebiaunde, Sinap, Ki - ri* lia,Balfara fur le Golphe Persique, 8c dans le jj. festede l’EuropeThemishvar,Senm s Bojsena, Sili- ^ strie,Constantinople, Herfeq,Vvaradin, Hegrj, ^ Camhmskys & a la marine, Candie , Negrépont , ;i { chio, la Morée, le bras de maine, Tnpoly, Thunìi, ^ Alger,&c. Outre les Principautés deTranfilva* jj nie á cent milleEcus de Tribut, Valachie deux ^ cent mille, Moldavie cent mille, l'Ucraine, qui n’a f 6 pas encore été taxée depuis qu’elie est fous la „ protection Ottomane , & la République de Ragtife á seize mille Ducats Hongres quelle ^ envoyé ànnullement par des Ambassadeurs, s t fans autre dependance de fa Porte , qui met ^ dans les autres pays tributaires, tel Prince que [ ( bon luy semble. Il y a plusieurs autres Pro- 1( vinces & districts Gouvernées par des Agas, j Comme la Tur cornante , ou le Turqmen Agacy a la g même Dès StgnóHèì Zìdm'et & Timah èèf même authoritéde Vizirs & Pachas j lesMput* tevéiys qui tiennent les terres des Sultanes ©û des Mosquées y sont aussy absolus^ L X111. Des Sîgnones Ziamet ér Timar. L y en a sept mille & huit cent dans I Éma pire Ottoman j il yen a fort peu qui ne soie d obligation d aller á l'armée,lesMaitres de ces Sighories peuvent punir leiirs sujets de coups & d amandes, mais non de la mort, ils en font nouris, devant tour á tour leur donner, poules œufs jbeure, bois & autres choses nécessaires* ils prfenent les dîmes des grains, agneaux 8c fruits & quinze Sols par porc * s’ils ont deS sujets Chrétiens qui en nourilTent, ZC un Ecu par cheminée, ils se trouvent quelque fois plu* Ííeurs dans un même lieu. LesSignorieS qui sont marquées dans le Registre , de quatorze mille afpres, sont sensées Ziamets, Le au dessous de cette somme timars. je ne peux pas mieux comparer leSZabims qu’á la Nobíefle qualifiée & lfes Timariotes qu'á la petite Noblesse, ces derniers Ont les mêmes privilèges & hon* neurs que leS autres, mais ne sont obligés àt mener personne á rÁrmée,íeur revenu étant moindre , mâís ils sont tetius de travailler 228 Des Signer te s Ziamet & Timar. aux ponts,batteries.retranchements, & antres semblables travaux, & font pour ce sujet nommés Topraq Sphahyler , Cavaliers de terre, dont un mourant ses nls ont la Signorie,màis si elle est de grand revenu on leur en donnera feulement uhe partie, s’ils n’ont point d'amis á la Porte. Les Pachas ont la nomination á celles qui vacquent dans leurs Gouverneménts, qui fe confirme par le Vizir, qui rarement y contredit, il est vray que les Pachas en laissent lé plus souvent la disposition aux grands Vizirs & premiers Officiers pour fe les conserver favorables, par cette démission; depuis quelques années le Sultan fe les est reíervées pour en favoriser ses mignons, ce que faifoint aussy les grands de la Porte , & luy ayant été repre- senté que la plus grande part de leurs Domestiques possedoint des Signories fans aller a lArméé, il ordonna qu’ils y deussent marcher fous péine de les perdre. Dans chacque San-': dyaq'ù y a un Halaye Betg , Intendant des Zahinít & Timttriottes , & a la nomination á quel qu n s, ils suivent fonEtandart qui marche á la tête dès troupes du Pacha ou Betg de leur Province, ils n ont point ddbligation d habiter fur les lieux & peuvent envoyer un homme en leur plate á 1 Armée, si fíntendant y consent, si non ils perdent leurs Signories par dévolu ; fi cen est que leur dignité & employ ne leur permíst pas de s éloigner de la Porte, ils en font avertir l'In- tesidant \ J :í Des Sphahys. tendant qui est ravy de les avoir pour amys,& de prendre de l’argent des autres,ce qui fait que plusieurs s’absentent de l’Arm ée. LXIV. Des Sphahj. C Ette Milice faifoit autrefois la plus Illustre partie des Armées Ottomanes, 8c la frayeur deses Empereurs, mais depuis le Vizir Mahomet Kieuprutu , ils font tellement abbaifc fés qu’il n’y a pas d’apparance qu ils puissent plus entreprendre le moindre soulèvement. Leur création est de dix huit mille » devant aller á 1 Armée lors que le Vizir y marche > Ils font divisés en deux cors, le premier est de l’Etandar rouge , 8c font nommes Sfhahys , 8c f autre est du J eaune 8c font dits Seltílars portes épées , ces derniers fusent crés 8c de ce nom, par un jeune Sultan qui étant íùr le point d’être mis á mort fût sauvé par la jeunesse d eBrouffe qui 1 épée á la main, courut áfon secours j Ils portent tous des lances avec une banderole de Tafetas de la couleur de leurs cors,qui ont chacun un General fans autre titre que celuy d’Aga, mais font considérables 8c ont un valet de pied & l’entretien comme les Cappigys Bafibys , leur profits font considérables , cette Milice a les privilèges que j'ayditalieurs. Outre ces deux P I cors çors de Cav^Ieriç il y en a quatre autres nom, 'I prés Alcbaq BuUuq, bas Régiments qui ont cha*. \ tun leur Aga privilégié commeles deux grands 1 Lc ne relevant d ordres que de la porte, ils sont 1 armés comme les autres, n-pais les banderolles de leurs lances, font verdes, blanches,verdes Sç blanches, rouges 2$ blanches j ils font com, mandés dans tous les plus grands besoins, S? par toutou il y a guerre. Les grands Spbahjí íont obligés de faire une nuit la guarde au Pa~ j Villon de fa HauteíTe,ou du Vi?ir en son absan- j ce Lc i’autre á la trenchée, les petits escortent i; Je Trésor ,les Pavillons du Sultan, T Artillerie ijt & les munitions,leurs Régiments font de cinq j i cent hommes, payés & privilégiés comme ^ les autres. .. p La paye ordinaire des Spbabys , est de à i âfpres, qu ris peuvent augmenter de cinq chac- \l que Campagne en se faisant enfans perdus, í leur Religion ies fait croire Martyres mou- d rant contre les Chrétiens; il n’y a point de p Turq qui n’escalade une muraille pour au, f gmenter sa paye de trois aspres. Lecoràandanr p desenfans perdus est toujours recompencé á la j fin de la Campagne, de quelque Signorie, on j < Çandyaq , Sf peut disposer des payes de ceuZ !, qui font tués fous luy, ce que peuvent ausiyles ! j autres généraux; Iln’y a pointd Officier dont j les Domestiques ne soint Spb/tbys , Sc comme ijs ne peuvent les servir & se trouver á leuíf : Etau- DesJ-dmitsams, $31 Etandart > il est certain q’un tiers y manque toûjours,ils ont en Campagne le pain, la viande & Forge,en les payant auprix que j’ay marqué. LXV. Des jannïjfains, P Ui/que par modestie je me fuis jusqu a- present empêché de blasmer ceux, qui avec tres peu ou point du tout de lumière, ont écrit desTurqs, 8e particulièrement desjan- nisiaires,jeme contanteray de dire auvrayce qui en est. Ii s doivent être quarante mille dans tout l’Empire , y compris les Guarniíbns 8c mortes payes, le tout divisé en cent Lcdoues Compagnies, quiont unCapiténeLieutenant Ënseigne,Maîrre d’Hostel,Cusinier 8c Porteur d’eau, avec de tres bons chevaux de bas pour porter leurs Pavillons 8c Cuisines; la porte leur fournit des Chariots 8c des Chameaux pour porteries Malades,leurs valises 8c manteaux; les Charges fe donnent par antiquité sauf celle du Capiténe, qui depent des généraux. La paye ordinaire des Jannissaircs estde trois aspres elle ne peut arriver qu’á neuf 8c celle des Capiténe* a douze, iîs font nourris tant á la Ville qu’á l’Armée 8c ont tous les ans une piece de gros drap bleus 8e cinq aunesdqtoxlepourunTur- P 4 ban; $$2 Desfannìjfaïres. ban 5 II n’y a que las misérables qui s en vêtent t j car ils sont presque tous bien couverts, ils ,j portent un petit coîet finissant en pointe, avec j le Turban á la negligance^ui les distinguent d des autres, ils ont en marche St aux Ceremo- j nies,unemytre en tête; ils peuvent augmen- q j ter leur Solde jusqu a neuf aspres, en se faisant ’ Serdengeihty enfans perdus,il n’y a que quatre m vingt Co«rfla%y,yietíxJannissàiresqui ontpaE i!l jour, vingt neyfaípf es,huit livres de viande, ii & douze pains d’un’afpre; Les Officiers & Sol, j i dats, de morte paye, font obligés en tems de d guerre de se retirer á Constantinople , ou ils \î lont payés á la doìiane. ■ | j tâgà General des Jaiinissaires,estsàas doute :it ïe plu? considérable Officier de l’EmpueQtto- jt man,.la vie duSultan 8t le reposde 1 Etat depen- ! dant le plussouvent de luy; il n est pas seule- ^1 ment Ceneral, mai§ aussy grand Provost, car :;î il sait tous le jours la ronde par la Ville &C an * Camp, suivy de trois cent Jannissaires , fans j autres Armes que des bâcons; íl punit ceux p qu’il trouve en faute, romptles tavernes, St.est '2 tellement redouté, que tout le monde se retire \( t des rues quand il y doit passer; il a toujours c quelques espions déguisés, qui le précédents t & saisissent les in solents qu’il punit rres rigou-., 1 reusement, douze Cap}y Kiay,as Lieutenants de j Û Porte, marchent á pied devant Iuy deux á deuxpersonne de fa fuitte netant á cheval qurt ï>esjanmjfaìres. ê qunChiaoux àt sa Hauteise 8 t un Huyfîîeï des Sphahys, pour mettre en arrest ceux des leurs qu’il trouve en faute,ce Générai he les pouvant empriíbner n’y punir,mais les devant envoyer á leurs ftperieurs. Il n’est pas toujours Pacha & ne prent jamais que le nomd'Aga. Le second Officier est le Coul Kiayacy, Lieute- nantGeneral de laMilice qui le tient pourPere, il partage l’authorithé avec t'Aga & a plus de profits que luy,car qui veut avoir une Compagnie lùy doit donner cinq Bources & trois au General 3 ils ontEtappe de Vizirs & tiennent même train , excepté les valets de pied, leur paye est de cent aspres mais leurs profits font inconcevables,& les biens des J anniiíaires qùi meurent fans hoirs,leur appartiennent. Lé Sítrnfongy Bafcby est le troisième & petit devenir Aga , la Porte peut elìre cet Officies 1 ayant fait premierementreçevoirSoldat,mais \eCoul Kiayacy doit être de 1 ancien cors sc pat degré. L qM.uz.ut Aga, Capiténe de jannissai- res Armés de Pertuysannes, a la Guarde du Vizir & est le quatrième Officier. Le Teurtiagy Ba- fihy, & le Seimen Bafcby suivent, le dernier est: : ordinairement Aga deConstantinoplèjcardaris toutes les principales Villes il y a un Aga qui j represante la personne du General & y a même ; Authorité. LesTurqs appellent fair çCappy porte,quand ils font des jannissairesj ceux qui s’y presen- - ■ P f : ' teas Desjannijsaìres, tent sont reçeús,sils le méritent, & se tenans tous par la main, avec une Barette rouge qui est la coëssurequ’ils ont en bataille& ála trenchée, passent devant le General qui leur donne un soufflet, leur dessendant de ne le jamais souffrir quedeluy. On leur donne alors un manteau de gros drap brun avec des parements de plusieurs feuillages de diverses couleurs, 8c le collet doublé de verd; Ils ne sont alors que Sepher- lii guerriers ne relevant le billet de J annUlaires qu'á la fin de la Campagne , ils commettent mille insolences dans les Villes, obligeant les Turqs & Chrétiens á leur donner del argent. Lés fils de Jannissaires naissent Soldats &, peuvent être obligés de servir, l’on permet beau* coup ácetteMilicepour la rendre plus hardie, ïls trafiquent tous, mais quand le General en trouve revendans quelque damée, il sont rigoureusement punys. Il ne peuvent sabsenter de leur Qda ,sans la permission de l'oda Ba.fchj Lieutenant, ils font fort bien logés á Constantinople, &alieurs du mieux que l’on peut, les Capitáneslogent toûjours á part, & peuventfê marier, & les Soldats qui le font ne peuvent âtre faits Officiers, ils peuvent avoir des Concubines, &ne se laissent croître la barbe qua- yant quelque Charge ou neuf aspres de paye. 11 y a quarante cbtaoux parmy les Jannissaires jîs tiennent rang aspres lesCapiténes & commandent souvent LUX cors de Guarde ou il »y L jamais h if ijE j- ì5 \ à t Vesjannìjjaires . m járnaîs d’autres armes que des bâtons, ils se mettent en haye quand le Sultan óu quelque Grand doivent palier, vingt quatre CappylSia- yas fkMomgys marchent devant le General, les derniers conduisent ceux qu’il envoye en Justice & leur Chef est Maitre de ses prisons j il y a un quart de cette Milice qui pour-être Domestiques de Généraux , Officiers & autres Grands,ne fait point de service ; leur Juge s’ap- pelle Janmffaire Effendy, il en estaussy Contrôleur General & a fous luy plus de cent corn* mis, il est de constderation & ses revenus font remarquables. 11 y a huitCompagnies de cette forte,de deux cent Jannissaires, tirés des en fans de Tribut» leurs Capiténes marchent á pied á côté du General aux sorties, pour FArmée,ils ne reçoivent le billet de Janniíîairequa la deuxième Campagne. Les Jannissaires du Caire & de Dam & autres grands Officiers voisins ou éloignés de la Porte, y tiennent un Lieutenant qui a foin de leurs affaires & de leur procurer des amys& avantages. LX VII. De la sortie da grand Dur q pour s Armée. I Eux jours avant la sortie de sa Hautesse, _ ’sOurdye assemblée de touslesmétiers de la Ville, fort en Pompe avec des Chanteurs & Jòíieurs d’Instruments chacun se parant de son mieux,les arcs tiennent leur rang', & ont des Niches ou font de jeunesGarçons,qu i par quelque action démontrent leur Profession, les Compagnies ont leursChefs & Kiayat ,qui marchent á la queue superbement parés 8c montés, il 2 $$ De la sertie du grand Turq ìls’ert trouve d’asses lots pour se palier deS flèches dans les bras dans les flancs & des plumes dans la tête pour montrer le zele quíls ont pour le service du Sultans ils parient en cet Ordre devant leSarrail ôcceux qui sont députés de chacque cors de métier pour fuiyre i Armée se campent sur une ligne,& doivent pendant la Campagne, avoir leurs bouttiques fournies comme á la Ville 4 ils ont un Juge qui taxe les danréês ík prenc cognoiflance de ce qui se pafls de mal. Le lendemain t Aga des Janniífaires fort en l’ordre suivant; Tous les Officiers se trouvent á son Sarrail, & les Compagnies qui fònt devant la Porte de leurs Capiténes, défi* lent avec leur Oda Bafchyà la tête& se rendent au camp,furies advenues du quel est la Compagnie des JanniiTaires Sacos porteurs d’eau à cheval pour donner á boire aux altérés, & ne font rien d’autre pendant toute la Campagne, íe Cuisinier de chacque compagnie tient lieu rie sergent il est vestu d une grande robe de cuit âvecdes parements en broderie 8c a Une ceinture ou il y a quantité de chênes & sonnettes d’argent avec de grands couteaux gúarnis de même, il est arméd'un'hache. Après lesCoíft* pagnies suivent les Ênseignes deux á deux á cheval-, leurs drapeaux ne font que des petites flammes rouges 8c jeaunes, celuy du Lieutenant General est grand, ÏAga n’a point dé Compagnie , suivent les Huyssiers de k dite , ïnfan- Vi u >1 e ;ÌÉ ìêl j lé ir :>a T) ,?> te C< I- pour P Armée. 2j% terie, montés á l’avantage lamytreen têteUrinés de lare & du quarquois & ceints dune Echarpe de brocard á fleurs d’un pied de large, les Sorbagys Capiténes paísent íur le même Ordre, vécus de cotres de maille couvertes d’un Cafetan fouré de samour, montés fur des chevaux de prix, tous ces Mrs.ont la myrte en tête, surmontée d une grande confusion d’aigrettes blanchesLort hautes,en forme decreste de coq* le Jannissaire Ejfendy les fuit, revêtu d une veste de brocard fourée de~samour,leM«ílgem.éeni tête, entourré dune cinquanténe d’hommes, défile en fuitte la Compagnie du Muz,ur Aga, &c immediatement âpres le Lieutenant General passe íur un barbe richement capparaçoné,fâ myrte en tête fermée par le haut, couverte ds plumes d’Airon& de quelques petites aigrettes fines, deux cent Soldats l’environnent, & âpres le défilé dune Compagnie, les Momgys 8c CappyKiayas a vecleDolama, ordinaireátcus les Janniífaires, c’est adiré les manches larges Se pendantes par le milieu bouttonnées au poignet avec le collet noir , la mytre en tête Sé ceints comme les Huyffiers, marchent á pied deux á deux, dou ze prieurs qui font de la con- frairie d’Adgy Beíiacbe, le Sc. & Patron de cette Milice, qui en hurlant font desvotux pour la conservation du General, qui a sept chevaux? de main qui le précédent avec des valets ds pied, s il est Pacha, 8e entourré des Capiténes 24 ° à pied passe avec mille acclamations vêtu & «oëffé comme ÍEjfendy 8c monté comme Ion se peut imaginerjses pages le suivent jacqués de maille avec une veste de Satin paílée en Echarpe par dessous le bras droit , coëffés de calotte de fer, fur lesquelles ils font des Turban s de diverses couleurs, foht armés d’arcs 8c de flëches&quelqû’uns deMousquetsenrichys d'argent, de corail, de nacre, de perles 8c de dorures , fuit le drapeau d Ailgy Beïïache, ancien Chef des Jannissaires,accompagné de trois autres bannières Brochées dor, les Trompettes, 'tambours 8c oubois suivent, sií est Pacha, C, ans cela toute ilnfanterie n’a point d Instruments, puis en fûitte íbn Kiaya & ses Agas richement parés & montés 8c en tres bel Ordre. Cette Armée ayant passé devant le Sarrail, ou les Généraux font revêtus d’un Cafetan , apporté de h part duSultan qui les reguarde par une fenêtre, & remontés ácheval, d ou ils êtoint descendus par respect,continuent leur routeLc st cam pent á demy lieíie du camp ou doit venir sa Hau- teffe; I lnfanterie trouve ses Pavillons prests, ils font ronds larges 8c fort hauts, eux stuls les peuvent avoir de la forte, chacque Compagnie en a trois avec une marque pour les faire co- gnoitre j le même jour partent les Pavillons, Ecuries 8c deux Thons de íá Hautesse, fous la conduite d’un Pacha auprès du quel se rendent tous les autres Maréchaux des logis des Vizirs F IjSI l!.e l|Ò : ic ’u t avec four [ Armée. , 2^i I à'Véc un de lemTéom & ayant rpccgnu lè terrain | ilsles plantent piquet» ouun chacun doit çam- i pea, ié lendemain les j annisìaires revenus du P camp se troúvent én baye avec les Spbabjs , en- I tre les quels défilent les trouppes des-Vizirs ) êommançant par le plus jeune 3 leurs Dragons fl L pied vêtus de rongé, marchent les ptemiers \ suivant: leurs EnseìgriesdesCápiténes S c Lieu- 1 tenants á la queue, ies Oelys fols suivent vêtus « de Camisoles de Tafetas de diverses couleurs í.í couverts de peaux deLyorísou deTygres,ar- ïj fnés cTun pistolet & de demy lances ornées il d une grande banderole de plusieurs couleurs^ ] ils suivent leurs Etandarts & leurs Officiers vêtus de même, avec des coca des de plu mes de coq sor leurs bonnets de samour: les Dragons a ! cheval suivent dans le même ordre, puis mar- ! estent tous les Domestiques que f ay nommés p alieurs,& les Aga/dcux á depx richemétmis & t mohté«,avec plusieurs valets á leur fuitte,Scout 1 chacun un cheval de main,les deux autres T bous p font portes avecl’Etandart Juruq qui vá le pre- I m ter aux coups,fuit. 1 Ecuyer avec lé Capiténè li de ses portes á-iatête.dè sept Chevaux de main 1 precieuserstent harnachés & leurs riches équipages sons couverts dune peau de Leopaid : avec une rondâchc de vermeil doré du côté du remontoir ; Ac Kiája qui represente s n Mai- ! tre, marché áîá tête ste quatre vingt Pages en j bel Ordre, montés & armés comme jay dit dë i Q« ceux 2^2 De la sortie du grand Turq ceuxduGeneral,puislestrois Sandyaqms comme ceux dont j’ay parlé, ils sont suivis des Instruments ordinaires & du reste des valets d’un chacun; nottésquiln’ya nulledifference ála Cour des Vizirs si ce n’est dans la quantité, que le Kìay* du grand Vizir est precedé de deux Valets de pied, & a deuxMousquetéres á ses côtés : ces troupes passent en cet ordre devant leSarrail d’ou fort le Sultan, attandu des Officiers suivants ; les Cbiaoux avec ìeMudgevéfém tête avec une plume fur le côté droit, la masse d'Arme á la main > les Uouttapharagas mieux mis & montés suivent en bel ordre avec tous autres Principaux Officiers, & les Cappigys Base hy s précédent les quatre autres thous du Sultan,accompagnés de cinq Etandars, & de cinq Paires de grosses Timballes portées fur des Chameaux, suivent les Ecuyers avec le Cbiaoux Bafchy, est douze Cavalles Arabes, Armées & caparaçonnées d’un équipage en broderie de Perles,Diaments&Escarboucles,avecles Sour- gottebe aigrettes de grand prix fur la tête, les Principaux Eunuques les suivent avec lesTur- bans de saHauresse qui sont portés devant elle, íes Sollaques, Peiques & Chatyrs tiennent bel ordre proche le Sultan qui passe vêtu d une chemise en broderie de Diaments couverte d un Manteau á grand colet de Samour, les parements bordés de Pierreries, soustenus de deux Officiers,acausc de leur prefenteur.sonTurban dhS v< ís ciei lalh njta d] n dííj nie gp Tn Ku i*y ctt íijip « I 'u :tc i:h |;h Ile db fo îi pour t Armée, * 4 $ de Soy verde,est fait sur une calotte de fer couverte de ses aigrettes : á dix pas devant luy marchent deux Chameaux bien parés lun portant la veste & Etandart de Mahomet & l’autre l’AI* coran avecl’Epée d’Haly, ce qui s’obferve pendant toute la marche, les 7M-A/-E les suivent disposés par chambre, à font êquippés comme ceux dont j’ay parlé , mais plus magnifiquement, leurs Eunuques les suivent &cinq grandes bannières brochées d’Or, avec onze Trompettes & même nombre des autres Instruments* Sa Hautefle salue les peuples qui Iny donnent mille bénédictions & se rent en cet Ordre sous ses Pavillons tres grands LL superbes. LXVIIL De la Marche de t Armée. Es Jannistaírês, 1 Artillerie & les Munî- lytions marchent un jour avant le Sultan, sice n est quand on appréhende l’ennemy ; á trois heures devant jour sonne le bout á selle, chacun se prepare á décamper, le Bagage marche toute la nuit, & ceux qui en ont beaucoup le font partir le jour auparavant avec les Maréchaux des logis ; Heure edemy âpres,l’on sonne á cheval, alors le Sultan se leve 6c les Vizirs , Motifty , grands Juges 6e tous autres Offi- CL » ciers 244 Dela Marche de V Armée. ciers &C Domestiques se trouvent, á ses Pavillons, d’ou il fort quand illuy plaist faire sonner la Marche qu ìl continue precedé des sûdits Mrs. & au milieu des Spbahys . Les Kenyan des Vizirs marchent á part avec leurs Troupes 8c attandent á l’Alte óu le Sultan dejeiítie síS íi' doit aller á la chaste les Troupes s’en vont á leur quartier, si non étant á ia veste du camp elles se mettent en haye pour le lailserapaiTer & reçevoir son salut , il est conduit sous ses Pavillons de la façon que j ay marquée; Chacun vá ou, envoye prendre ion Etappe & les fourageurs partent avec un’asses foible escorte ; & âpres la priere du soir toute l’Armée crie á trois reprises Alla, Alla, Dieu plusieurs fois, 1 invocation de ce nom Auguste ne íe fait qu en allant á la guerre &c non au retour: Quand I Armée doit séjourner en quelque camp,leGe- neral de lìnfanterie y reste á la tête & vient au devant du Sultan de la même façon qu’á la sortie , les Troupes des Vizirs le font auííy, cela 8 observe encore quand fa Hauteffe doit passer par une Ville, les habitans de laquelle sortent au devant & prient á haute voix pour sa conservation & k prospérité de ses ar- < ) mes,. Bu Campement. MS \ L XIX. D u Campement. E Es Turqs n ont point d’ordrë régulier ,dans leurs Campement, 1 Infanterie a la ' Têtè du Camp, 1 Artillerie & les Munirions font fur 1 hauteur,lesPaviìlons defaHauteíTe& t des Vizirs former un grand rond dans ie.mi.lieu j i. ceux du Sultan reguardenc toujours le pays ou î il doit aller & les autres ont les siens en face} C les Sphahys font fur 1 esdeux êles du quartier du I Sultan , & chacun des Vizirs a fa Milice en 1 queiìe, les autres Pachas & Eeigler campent á F J’êcart comme tous les particuliers cherchants | la commodité du fourage : en pays ennemy il y l a toujours quel que Pacha qui a f ariere gu ai de, j du reste ils n’pbíervent aucun ordre dans leurs : logements & le quart des Troupes ne fetrou ve i jamais á son quartier, car ils cherchent tous j l'ea'u & fherbe, & les Pavillons font si écartés que lAlarme d’unbout nesentendroit pas de .. Eautre: les gens de Loy logent surladroittede i fa Hauteífe, qui a comme tous les Vizirs, íès ■ Ecuries en fort bel Ordre proche fes Pavillons, : les siennes feules font couvertes, & font feulement pour fes Cavales & chevaux-de prix,dont : il a toujours deux cent, menés par un homme chacun : les Vizirs en ont auffy plusieurs, & il y a cent cinquante paysans qui ne font autra Q j chose 2^.0 Du Campement. chose que couper la meilleure herbe qu’ilspeu- vent trouver pour les dits chevaux,8c ont vingt Sols par jour & du pain : les Pachas ont un endroit proche leur quartier ou ils font distribuer J etappe á leurs gens qu ils entretiennent de leurs Bources, plusieurs millions de moutons font conduits avec les autres choses nécessaires qui se tirent desMagazins.qui en paysenne- my, sent portés fur des chariots 8c chameaux, á quoy leDefterdar doit pourvoir, &si un con- voy manquoit,les chevaux periroint ne pouvant être trois jours fans manger une quarte d orge, les hommes ont toujours quelque provision de farine dont ils font du pain qu'ils cuisent sur des plaques de fer, mais il en faut donner aux Jannissaires, de bon & frais tous les jours quand il est possible,& quand ils font mç- çontants ils refusent de crier AUa ,âpres la priere dufoir j si leurs Qeneraux n'êtoint d intelligence avec le Vizir 8c le Defterdar, l’on voiroitfou- vent beau jeu, «WKWM-WWWW» L XX, De la Guarde du Camp , E Lie ne se fait que fur le pays ennetìny,les Ktayas des Vizirs commencent par ancienneté avec îeurCavallerie,8c les autres pachas f n personnes avec la leur, ils rappellent Cam boula* De la Guarde du Camp. 247 Imlaque poste noire, car ils doivent être pendant vingt quatre heures á cheval,marchant de toutes parts au bruit de leurs Trompettes Sc tambours, ilsservenraussyd’escorreauxfoura- geurs, cette guarde est tres inutile,car ils n’ont n y vedettes n’y guardes folles& avancées,pensant par leur bruit faire peur auxgens, il y a trois ans que stx hommes paíserent de nuit á toute bride au travers du cam p & tuerent deux Turqs; fort peu s en manquáqu’ilsnepriffent Afjam Pacha lePolonois ancien favory du Sultan , il gouvernoit á Hégry & êut Ordre de íè rendre á l’Armée ou devant faire montre devant fa Hautesse,fût averty quil êtoit condamné á la mort acausedequelquesfillesTurques, qu il avoit violées, il prit avec luy son fils âgé de dix ans,deuxva!etsTurqs un EícIavePo- jonois & trois mulets chargés, 8c fur la minuit quittá son campSc s’en allá dans les montagnes ou ayant tiré quelque chose de ses coffres, am- brassant son fiîsluy dit de s’en retourner avec ses valets auprès du grand Seigneur qui auroit soin de luy, puisque le sort luy avoir donné un pere disgracié & inutil á l'avenir, il donné in continent des deux á son cheval íûivy del’E- sclave, laissant les siens fort ambarssés, Sc la porte dans une grande consternation,il y avoit quelques rumeurs en Asie qu’on craignoit quil deût faumenter, étant de grande experiance& brave de fa personne, d’autres croioint quil Q 4 s êtoit ' De la Guarâe da Camp s’eîoit retiré ert Pologne & en apprehendoint de ináîîvaxies suittes, son fils & íes valets firent çeçít de son procédé au Vizir qui en avertit le Sultan & luy envoya le jeune Beìg qu il tient encore ausourdhu-y dans son Sarrail, le faisant porter en litiereSc i! y a troisans qu iJ luy dona uneEsciavedè son'âge iíest fort beau,ainsy il est á craindre que les.fils 'retenants quelquefois plus du vice cjuede-lavertu de ìeursperes,ce jeune Garçon nesoìsodpré'sdu petit Sultan.ce que son pere a eso auprès de fa Hauteffe.Trois jours êcoulésdarisûe divers íen mmnts 3 Ajsdm Pacbœ se rendit de.itmit aucarrip, sous les Pavillons de CoaHapgloUy maintenant Vizir- confidant de íes socret&comnie il lavoir été de fes amours avec le Sultan, qui témoignant un jour le déplaisir qçul avoir de la perte de son ancien mignon, & d avoir rendu sentence de mort contre un hornme pour le quel il avoir souhaìtcé vivre, fût inc^rrqgé de son favory quel traitement ii ferait á son Camarade s’il le voioit,& ayant juré qu il síimbrafferoit & revétirpit de la veste dont isetoit couvert, il se jettá á íes pieds. & cpufeísa. qa'iì.êsoit réfugié dansson quartier,& qu i! n’avoit jamais eu intention de mêconten- tersaHauteíie qui lefît promptement venir& 1 e tr a i ct ú sq 1 o r> fa promeffe.luy promettant touc çe qu il dernanderoity mais il ne voulut plus accepter de gouvernements, crainte dun autre çliígrace & demanda 4’êcre fait morte paye, ce 'Del’Armée ottomaneen General. 24$ .qui luy fur accordé á huit cent aspres par jour son Etappe, il demeure dans une maison q’uila proche Constantinople,ou il m’a bien régalé'.- M mmmmë L XXI. De l’dírmee Ottomane en Gênerai. I L n’y a rien qîii'írt’est plus surpris queïaterL, reur-que donne 1 ânes des Turqs ou pi ut ost leur fimpie horti, âpres èn avoir cognu la force, qui n’éstalîeardrnentpas telléqu’on se íimagu ne, vous avez leú ló genre &le nombre de lepjrà Milices; il èstbienvrayqu’ils’ytrouvetròis4 quatre cent milsë homes, dont font un ciérs,lçs! revendeurs , ouvriers Chrétiens, Juifs,8ç,leS,, Marchands d’Efclaves & autres personnes in-f utiles, qui dans 1 occasion songeroint plûtostf, á se sauver avec ce qu’ils ont, ou á piller, quai faire résistance ; les valets & jeunes Garçons, composent u n autre tiers^oiitre comme j’ay dis,, que la plus grande partie des Domestiques des. , Grands & Officiers, font de ia Milice & naU-, bandohsnt pas le service de leurs Maîtres pour f aller á l’oecasion, de la quelle ils font dispensés j par leur authorité ; ainsy iì n y a rien dé plus vray que le Sultan naVoit pas cent Mllecom-i battansdans les dernieres guerres , quoy qu ìlff y surfait venir les Milices duc<èív'de Damas* ' ZSf> P Armée Ottomane en General. & de Mésopotamie qui jusqu’á lors n avoint servy qu á la guarde de leurs frontiers. II ne faut pas que le nombre des Pachas taise croire l’Armée plus forte jn’ayant que quelques Dragons, le reste de leurs Troupes étant des Zahiws ÔCTimarSphabyler ,il yen aplusieurs qui n’ont pas deux cent hommes, ainfy le fort portant le foible les Troupes de tous le Pachas, ne formeront pas un cors de trente mille hommes; Et comme les T artares font une partie principale des forces Ottomanes jen diray trois mots- LXXÍI. Des Tartans. ! L Es CíiwdesTartares deCrim sont de la famille Ottomane , 8c seroint Héritiers des Etats de la Porte , le Sultan manquans d’hoirs ou de frétés; ain fy du reciprocqueXes j Tartares sont Mahométans mais plus igno- j rants que lcsTurqs,ils n ont de 1 homme que la j figure, encore aises viléne, ils sont bons pour le pillage, 8c pour faire diversion d’armes, car ils menent plusieurs chevaux de main qu ils montent alternativement, 8c font tant de chemain qu'ils ne peuvent être joints que dans un passage ou dans leur camp ou ils ne font point de guarde 8c sont tous nuds sous leurs Huttes; Jsuts chevaux empigés sont abandonnés au Des Tc.trpares, s jt pâturage, & á la moindre alarme se ramassent tous á un coup de Mer. Les Tartares font braves á l arme blanche mais craignent le feu, ils font robustesse mangent la cher de cheval ou autre, criìe ou mortifiée fous la scelle du cheval, ils la font cuire quand ils peuvent, ils nefça- vent pour la plus part ce que c’est que pain ; ils vivent de laictage & font de petits fromages de laictdeCavále qu ils font feicher Lc le mettent dans un sac decuir plain sseau Lc disent que ce- luy qui boit de cette infusion de vingt quatre heures,peut rester cinq jours fans autre aliment» Ils ne cherchent point le guay quand ils’agit dépasser uneriviere, car leurs chevaux nagent naturellement mieux que les autres ; ils combattent fans Ordre Lc fuyants á toute bride ils s’abbattent fur la çrouppe de leurs chevaux, & décochent une douzéne de fléchés fort adroitement ; ils on t une vénération particulière pour les sépultures de leurs parents qu ils emportent, quand ils peuvent dans leurs pays, quand ils font tués» Tout leur équipage consiste en quelques marmites & ont fort peu de Pavillons; leurs habits íbnt á plus prés comme ceux des Polonois,mais fort éloignés deleurmagni- fifance,ils font coëssés de calpacs&ont un manteau de peau de bouq avec le poil, ou de feutre, couvrant la moitié du cors jusqu a la ceinture & le tournent du côté que la pluye vient : le Sabre & la fléché font leurs armes, leurs revenus con* 2)2 Des Tartdres. j consistent âux Esclaves qu’ils font dans tant de Provinces qu’ils désolent, ils traictent mal les hommes Sc ne, font pas de difficulté de se communiquer les femmes, les filles de neuf á dix ans ne sôï pas épargnées pour veu qu elles foìnt de l hauteurdeleurfoiietScqu’elles ne tombent d’un coup de Caipac qu’ils leur jettent, les avares conservent les pucelages pour les vendre bien cher; Ils boivent le vin, l'eau de vie Sc J’i ( dromélie, il $ font voisins de Moscovie,Rus- j fie, Circacie, Mingrelie & Gsorgie,ou ils ravissent la liberté á tant de milliers de pauvres ' Chrétiens, je f:ay ce.qu ijs en souffrent puisque le fort m’en a fait êprouyer la rigeur. Les Cams des Tartares,donnoinc autre fois leurs fils en ! Ottage á la Porte qui les guardoit á-Rhodes pont envoyer régner celuy qu elle vouloir, âpres la '! mort deleiir pere; çe que celuy d’aujourdhuy 4 refusé de fa ire: fes Troupes font commandées par fes fils Sc lès freres, avec des Moumos, brigua rdiers. "Les deux Armées infidelles étant voisines,le Cam visite faHautelîequiJereçoit jufqu’á la Porte desPavillons Scie traite de Sultan Lc d’Empereui,mais ne íuy rens pas fa visite Je tenant pour son inferieur» L XXIII. , be la Maniéré 4 e combattre. , . Ës Turqs ne forment ny Bataillons ny ^Efquâdronsjìls ont la prédestination 8c sccou- | be la Maniéré de combattre. 253 accourent au combat au cris d’Alla, Dieu,qui en est le signai,&pendant tout le chocq,l’on n ente» s autre chose que cette parole, ils cillent qu’il est marqué dans leurs livres, que quand ils se trouvoirointunmilîond’homes,il n y a jamais quedouzernille épées qui combattent á la fois, les mêmes écritures leur promettent q’un deux poura toûjours battre cinq Chrétiens» Cesin- fidelles ont l’avantage de leurs chevaux ordinairement bons aussy bien que leurs Sabres; mais ils font incapables de rompre des troupes qui leur résistent au second choeq ; il5 y trouve de braves Soldats parmy les Turqs, restés dêlá viélle Milice qui font des merveilles auiTy bien que les lsch'oglam des Vizirs & Pachas,ìesTurqS se servent de Mousquets , Pistolets, Lances,- Daid,s Sc Flèches, mais leurs forces consistent- aux Sabres» « L X XIV» Du Tribut des Chrétiens , $ des Douanes . T Ouïes les Provinces deTurquie íonbrem»r plies de Chrétiens qui y ont leurs.Egl ifes ou ils ne font point inquietésSc enterrent leurs morts avecCeremonies publiques,ils ont leurs prêtres & religieux» íer. Métropolites 6 c Patriarches depcndêt de laPorte,& les seuls Calot f ers reli” 2S4 Tribut des Chrétiens , & de s T>o'ûans. religieux,sont exempts de Tribut,chacque au- 1 tre personne doit payer trois Ecus edemy & les ! adolescents deux. Le Car ache Tribut des Chrétiens monteá seizemille cinq centBources&les Ecus qui vaillent cent & vingt aspres ne sont t prix qu’á quatre vingt ( ils se donnoint autre- [ fois á la Milice pour ia dite valeur.) Outre le ► ^fribut,ily adeuximpos^’áviw/je&íei'wr/âr- - te, que lesTurqsqui ne font Officiers ou Sol- | * dats, payent de même que les Chrétiens, l’Ava* j riche est fur les terres & maisons, á un pour cent &C monte annuellement á vingt deux mille j Bources, le Surfaite est une taxe de bled, farine, ^ foin, orge & bois en tems de guerre feulement, ' car ceux qui en fournissent en tems de paix les rabbattent fur leurs tailles. Les Juifs ont aussy ^ libre exercice en Turquie & fur tout áTesalo- i, nique qui en est laRome,ils payent quatreEcus ! par homme,& ceux de Constantinople ont de- 1 puis plusieurs années accordé de payer tous l les ans pour quinze mille,mais il y font plus de . trente, leur Tribut monte á deux mille cinq cent Bources, Lc celuy des singuans á mille. La . ferme des Dohanes 8 amodie áun seul homme, | celles de Constantinople, Smirne, Alep, Ale- ^ xandrie,Chypre,Chio, Babylone,&c. rendent ■ quatre mille Bources tous les ans, aux quelles . les autres revenus étant joints, l’on trouvera f que fa Hautesse n‘en a pas soixante & dix millions. u Des ' T)es Ambassadeurs. « m m » i LXXV. Des oámhajjadeurs. L Es Echelles du levant font pleines de Chrétiens qui y font comerce > pour 1s maintien du quel les Roys 8c Princes d'Euro- pe tiennent des Ambassadeursiá la Porte Ottomane , qui protègent ou font pour protéger leurs sujets íelonlesCapitulationsqu’ilsyontj celuy desaMajestétresChrêtiens est le plus considéré,il est Protecteur des Eglises 8c Religieux d’Orient, il a douze mille Ecus de la couronne & environs six mille du comerce de Marseille outre quelques consulats, 8cles droits furies Vaisseaux qui arrivent á Constantinople, ils n est pas obligé de tenir un train comme ali- eurs 8c peut mettre tous les ans quinze mille Ecus en Bource,ce que n’a pas fait Monsieur de la Haye Vanteleqcar ácequej’ay appris fur les lieux, il êtoit splendide 8c genereux, il seroit á souhaitter que tous les représentants eussent Une prudente résolution comme ce Ministre, leur Monarques ne reçeuroint pas tant d’af- fronts (en la personne de leurs sujets) que le maudit interest leur fait traire j je fuis certain que fa Majesté n y tiendroit q’un Résident ou plûtost un Consul, si elle étoit informée combien sa grandeur yest chocquée. Elle seule y a un Palais qui est aises beau. Un représentant devant íjjtf Desjîmbajjddems. devant faireToq entrée* la- porté luy envoyé îes chariots nécessaires,ficá «nheure clu lieu ou elle se trouve, des chevaux de-prix avec quan- thé de Clndoux. conduits- dé leur Chef & d'un Cappigy Ètifchy ■> qui le mènent en bèl Ordre au quartier qu’on luy a donné ; 11 obtient audiari- ce du'Vizir âpres lavoir postulée pendant quelques jours , il y est introdúìt'en Cérémonie par dejjpus lesm ras, dans urte chambre ou il pré n s siégé fur .un piacet : dp velours rouge,én attendant le; Vizir qui ne s’y trouve pas, pour n’ctrc obligé de se lever á son arrivée & obliger l’En- voyé de se lever quand il y entre,ilssiniiïent leur-smegociations par Forguane de leurs inter- prettes., eo suitíe de quoy,deux ìfehogUtis'i genoux , cquvrent ceux du Vizir dune serviette i de Soye ou en broderie, & deux autres en pied, j font en même tems le semblable ái Ambaíía- | deur, Sc leur servent îe Café , le Sorbet , & le parfum, puis il est revêtu de Cafetans avec les Principaux de fa suitte & reconduit avec les mê- 1 mes Cérémonies,laissant ses présents tant chez : îuy que chez le Sultan ,auquel ses Courtisans j font acroire qujils font par obligation,ils appellent le Roy, Francise Padecba Empereur de ■ France,!’EmpereurdesRomainsCèsféa!'Cesar, ou BetcbAfCral, Roy de Vienne, ils nomment Roys,tous les Souverains,que le CielveuIIé inspirer d entreprendre la destruction de ce superbe Ottoman, FIN, la Marche SULTAN Mahomet Contre la Pologne & en llcraine, a Avec un fuccìnt récit de tout ce qm cejì pajje de confiderable de part Én s Année i 6 7 jc 4 R E C IT De ce qui Ce fl passé pendant la Guerre de Pologne jusqu tni6j6. S AHautesse étant sortie en la forme quej'ay dite,arriuaauecson armée au bord du Danube à la petite ville nommée Ifaqchïa, ou il séjourna trois jours pourdóner tems à les troupes de palier les ponts faits un peu au dessous dans un endroit ou ce fleuue Isole, le premier êtoit fur soixante six bateaux & le second sur pilotis,dedix pas de largeur, & de cent &dou- zedelongueur, il y resta fi longtems non pas tant pourvoir & laisser passer son armée, que pour prendre les adieux de !a petite affekte fa fa- uorie qu'il audit conduite jusqu’en ce lieu a- yant laissé la premiereà vingt quatre Jieus de là dans une ville, qui porte le nom du filsd’un pelerin,4rfy oglou bazar, auec un PiUbalkqml- ques troupes pour faguarde.celuyqui fût laissé à celle des ponts eut aussi celle de la Migno- ne. Il passa le quarr eme jour& campa à demy lieuëau dela d’ou il retourna voir sa Maîtresse, ce qu’il fìt les deux jours saluants , lamée Á z ayant ayant campé au long d'un lâc de douze KeuS, que le même Hernie fait. U continua sa marche jusqu’à trois heures dé Jdtjy capitale de ìVioldauie & campa fur les rives daProubt. ce lieu fût le rendezvous général ! : des Ottomans, & plusieurs Paclm & Beigs s y j : rendirent auec leur troupes, entre autres ceux j de Valacquie& Moldauie, Gregorasky, pour ! , lors Prince de Valacquie, y fït passer en reueuê, 3 deu ’nt le grand Turq & son Visir, son armée : composée de 18000. hommes Caualerie & ín» : 1» fanterie marchant à la tête armé d’une cotte & \ | caìote de maille precedé des queues de cheuaux^ ; j comme les Pachas, de cinq chenaux de prix, j ,1 dont fa Hautesse luy en auoit enuoyé deux i jl pour luy faire honneur, 8c de six valets de pied | vêtus comme ceux des Visirs, sauf la coëfure quiêtoit un Calpacàla modedu pays, cent jeu- ■ nés hommes armés de même & bien montés le suiuoint immediatement formant un bel es- - quadror», les trompettes, tambours & autres : instruments,à ia Turque, suiuoint,auecplusieurs autres à i’almande, ce Prince étant fort galand & ayant beaucoup voiagé en Europe. Douca Prince de Moldauie fk le même [ de la sienne d'enuiron 8000. hommes feulement, ía plus grande partie de ses sujets étant f< employés à d'amres services de la Porte qui les ; | reuêtit, comme r ousl.es autres Pachas & Betgs } j d’un Cafetan qui est le signe de bienveillance & j íatisfa- i s satisfaction 8c après auoir séjourné sept jours dans cet endroit, pour y faire distribuer, aux Spahys , quatre boisseaux d'oige & deux de farine auec deux mile afpres & mile au xfantjjai- res, étant Tordinaire quand l’Empereur Ottoman fait fapremiere campagne, les Moattapha- ragas & Chiaoux en deuoint aussi reçeuoir trois mile, mais leur nombre étant petit la Porte ne craint pas de les mecontanter ne pouuant causer aucun désordre. Il partit decelieulelaistant plain de viures à tres-vil paix, les milices n'a- yant pû porter ce qui leur auoit été distribué ayant été contraintes de le vendre. Au troisième quartier quatre Polonois & un Arménien de Kaminiesky furent amenés prisonniers par les Tarrares qui en reçeurent récompense, un Gentilhomme d'entre ces misérables ayant hardiment dit à fa Hautesie qu’el- le n’auroit pas plus d’auantage fur les Polonois que Sultan Osman,eûtle premier la tétetrenchée &C les trois autres en fuite, l'Arménien fût con- feruépour seruir de guide & dire ce qu'íl fça- uoit de Kaminiesky ; ariué qu'íl fût au borddu Ntefîer à demylieuë au dessous du Fort de Kot- chin, il reçeut d‘autres prisonniers qui furent mis à mort, & les Tartares en amenoint tous les jours, leur armée étant en Podoliç auec celle du rebele Dorosink». La peur rfêtoit pas petke dans toure l'armée Ottomane qui ne se pouuoiç imagines qué les Polonois ne.íuy disputassent A 5 le paf- 6 le paflàge de ce fleuue mais n’entendant que quelques coups de canons tirés du chateau de Joanitsvisà vis Kotehin, apartenant à Mon- ; sieur Landskoronsky, parfesgens qui l'aban* donoint,Ies postes furent comtqandés le bate- ries dressées fur le bord du fleuue & le pont co- mancé fur pilotis, lesTurqs ne portant poipt de pontons, l'endrcit êtoit étroit & le courant 1 fortrapidecequicaufàla perte de plus de cinq ' cent hommes, & le grand Turqs’irnpg.tiantai)f i de la longueur de ce trauail menaça les Vifirs > de mettre leurs corps pour pilotis s’il n’êtoit I ach»ué dans quatre jours,ce quin’ariua pasau j huitième ny leur mort auíîì, Ibrahim pour lors Pacha de Bofname fût commandé de passer la riuiere auec ses troupes & deux compagnies de Jannissaires, & se retrancha de l’autre côté pour fauoriser les trauaux en cas de besoin, six pieces de huict furent passées sor des barques j donril dressa une baterie, le pont s’acheua en onze /ours fans aucun empêchement, & l’ar- ; mée Payant passé plusieurs partis furent en u o- ; yés pour reconoître le Polonois & faire quelqu ’s prisonniers pour en prendre langue, c e qui réussit mal, car les paysans retirés dans les châteaux ordinaires à chaque village de ce pays, les repoussèrent vigoureusement fans pouvoir pourtant empêcher f incendie de leurs maisons, ; & Penleuement de leurs bestiaux & de quelques personnes moins éclaircies des affaires de Pologne que les mêmes Turqs, L e 7 K Le Sultan nattandit pas les partis 8c fît mar- ( cher son armée douant Kaminiesk d‘ou plu- . sieurs bombes & canonades furent d’abord ti- . ' rées fans beaucoup d*eífet, les premieres apro- ches se firent fans grande perte, & la tranchée , fut ouverte la même nuict, les travaux furent ì des plus beaux que j aye jamais v eu, lesTarta- : res auec Dorosinko & un Pacha guardoint la t campagne pour empêcher le secours. Au quasi triême jour les assiégés demanderont à parle- | manter,!'armée accourut presque toute à la con- « tresearpe croiant que la ville íè rendît, mais i n’ayant pu obtenir cession d'armes pour douze jours,8cleur reddition à faute de secours, les j ’ otages rendus de part 8c d’autre, il ce fît grand feu du chateau, & plusieurs de cette impru- ; dente multitude accouru ée , en furent tués, ; Les assiégés firent quelques sorties selon leurs i forces, & les assiegants ne purent trouuerde I: terrain propre à la mine qu en un endroit ou ils | trouuerent un vieux fourneau qu'ils raccomo» dorent, mais il joua en ariere Sc tua cent Turqs t anfin les dehors gaignés,& la ville hors d’espoir 3 de secours, Jachamadefût battue 8c les otages j donnés pour capituler, cependant un capitaine d’artillerie, Allemand de nation , désespéré de j la perte de cette place mit le feu aux poudres, j, qui ôtant en quantité firent un bruit êpouuan- j table &renuerserent les châteaux auec perte dc , t huict cent paysans qui s‘y êtoint retirés auec . A 4 leurs leurs familles, & de plus de quatre mile Janif-? | ! íâires le folié érant rerriply d’enfans perdus j ' dont une bonne partie fût ensevelie feus ces j ruines & beaucoup de blessés,les pierres arriue- 1 rent jusques au pieds du Vìíîr, ou éteint les qua- í tres otages de la ville l’un defquels en fût blessé 1 à la tête. Ces Messieurs furent incoutinant fai- ; r íïs & auroint étés maltraités s’iîs n'eussent fait i instance au Visir.d'enyoyer un deux auec quel- i ques uns des liens. pour prendre cognoissance i de la caufède çetaccîdent, jurant être contents j de souffrir le dernier suplìce s'ils êtointtrouués, |i ry aucun d’entre-eúx, coupables & causes de ìj cet accident; Je.. Sieur Micblouiesky Gentil- 1{ ho'Tirné d’inrrigué & forjr.ciuiî y fût enuoyé a- ìj uec un .^iíTurq qui recognu par la quantité d°s hábitarfs & paysans écrasés que Paccident ; ì êtoir a^rioécomnie j’ay dit. j] Lalarn e fût universelle dans le camp, & les ' i Cauaîes du grand Seigneur luy furent amenées : i poUrs*' n seruirà la seureté de sa personne, une j partie des cheuaux & mulets du camp en prisent telle epouuante, que le reste du jour ne ba- sta pas pour les rasseurcr, enfin !a confusion fûç unipersslle Le lendemain le, Vìíîr me prîtauec luy & deux autres personnes , 8c âpres auoix fait occuper, les portes,corps deguardes& ma- ‘ gafins : , entra dans iá ville pour voir ies Eglises &eíi ordonner pour être érigé,s en Mosquées, j ie luy servy d’inurprete & piuíìeurs Gentilhommes 9 > hommes & Demoiselles furentrauis de me revoir, je ne leur fus pas inutile, & obtins une partie des faneurs que je demandé pour leucv seruice, particulièrement pour Madame Kons- ky.mere de Monsieur le Starofta & General de 1 artillerie de Pologne, laquelle en Ion âgedeí crépité,'& aueugle,eûtla satisfaction de voitía. maison jusques à son départ exempte de logements & visitesdes Turqs. L’ordre étant don-. né pour les Mosquées l’on commança de détruire I. sautels & images. & a déterrer les corps morts pour les jettes à la voirie & leur cendrés au vent, le Turq disant qu’il prophaneroit fa prière la faisant furies osd’un dgiahour ou chrétien ; dans TEglife des Franciscains quelques Jannissaires deíèpeiírent le corps dunGentilhomme tué pendant le Siégé & la promenoint par la Cour du Conuént luy tenant un bâton au fondement & un dans la bouche, le Supérieur me dit qu’auant mourir nous voions ré- sufciter& marcher les morts, AcmetPacbs grand" tnresorier medetnanda ce qu’il disoit& bayant sceu reguarda cette action à laquelle iin’auoií pris guarde & fit chasser & maltraitter cetceca- naille, ï’obrins 1 enterrement de céfcorps quf m’auoit été cognu de son vivant. ' - ' Les Polonois furent surpris décevoir traiter de la foire car dans îes capitulations qui leur furent données, & parles concessions faites au Xi, Seigneurs Landskoronsky Enêque-dú lieu, ■A - f r Potosky; 10 Potosky Palatin de la province, la copseruation deleurs Eglises,biens Lcmaisons leur fûtpro- misejcequinefiuobserué, mais bien des Eglises suffisantes leur furent données, le Ruffiens du rit Grec ayant êtes chassés des leurs pour íêruiraux Polonois,cequiles fâcha tellement qu’ils alerent en corps trouuer Haly Pacha de Si- listrieGouuerneurdela place pour le prier d'y loger plutost les chiens de íà Hautesse que de les donner aux Polonois, ils furent malreçeus de cet Infidelle seandalisé de ce que des gens croiants tous en Christ en usoint de la forte les unsenuers les autres.L’Eglise cathédraledediée aux Apôtres S.Pierre &S.Paulfût faite ív os- quéedunom de fa hautesse, celle des Jacobins de la Sultane íà mere, celle des Jésuites de ï Aflequie Sultane, celle d s franciscains du grád Viíir, une Russiene de Moujiapha Pacha maintenant Visir celle des Arméniens du Kaìmacam, uneautredu Destetdart , la maison de Ville du Janissaire Aga & les Carmes de Vany Effendy , tout ayant été mis dans Tordre requis les prières publiques y furent faites, & les réjouissances dans le camp pourla prise de la ville donc une bonne partie des Principaux sortirent à la réduction & furent auecle reste de sa guarnison qui consi- stoit en quatre cent hommes, conduits à Boat- ihtu petite ville de Russie(affez foite)ou Tarmée s achemina en fuite Lc le grand Destetdart auec ses troupes & quelques détachements l’ala attaquer, il n quer, il n’eôt jamais si chaud nysi peur car plu* sieurs des siens furent taillés enpieces proche de lu y, & fans Madame la Palatine qui craignoit quelque mauuais traitement, ce Siégé auroít dmé plus de trois jours, ils íè rendirent à bonne composition & aucun tort futfaità leurs per~ sonnes. Ibrahim Pacha de Bofna attaqua peu a prés le château àtBousanofàa SieurRoudginsky qui Je desiendit si vigoureusement que le Mouf- saip Moustapha Pacha qui voulut f aller secourir auec ses troupes íè trouua enueloppé d’une sortie qui J’auroit fait périr fans le secours qui luy ariuá, ce qu ayant fceu le grand Turq s’en approcha luy même, & un drapeau blanc ayant paru fur la muraille les Turqs crurent qu’ils vouloint íè rendre 5c y accoururent en grande foule, mais ils furent bien étonnés qu’êtant aux aproçhes, il ce fît fur eux une décharge genera- le de la moufqueterie & artillerie de la place dont un tres grand nombre resterent sor le ca- reau & deux valets de pied & trois Pages du Sultan tués auprès deluy, ce qui î’obligea de se retirer, Ton n’a pu fcavoir fi le drapeau blanc auoit été mis pour parlemanter ou non,maisie lendemain quatrième du Siégé fa Hautesse ayant fait aprocher des pieces de quarante huict & comancé d’en faire battre la place,le SieurRouginsky fìt arborer un Etandart blanc furie rampart & battre Ja chamade voiant ne pouuoir résister à une si puissante armée, & les Turqs I z Turqs s'en étant aperçeus y envoyorent plus prudemment que la premiere fois. Les otages furent donnés de part & d’autre, la capitulation fût que les familles nobles pourointse retirer óu ellesvoudrointauecrescorte qui leurferoit donnée, mais la place rendue le Sieur Rougins- Icy auec les quatre Principaux d’entre les Nobles furent conduits deuant ls grand Turq, &: comme ils approchoint les pauillons jouis ap- peller le Roureau & fçeu que c'estoit pour les fairemourir.de quoy bayant aduerty à son armée afiri qu’il s’y disposest, il ne pouuoit le croire ny s’imagìner qu un si grand Prince pust manquer de parole, mais mes yeux iuy ayant fait cègnoitrele déplaisir que j’auois de fçauoir qu il n’êtoit que trop vi ay, a peine eût il le tems de recommander son arr« nation qui s étoit retirée de Lithuanie ouelleauoit demeuré, viuant selon l'Alcoran, depuis plus d un siecle qu elle fût enuoyée aux secours des Polonois. L’Ukraine fût laissée à Dorosinko, sous la protection du Turq & vingt trois mile ducats promis annuellement à la Porte, il fût conclu dans le méme traité que les Prestres & Nobles restés dans Kaminiesky pou- roint sortir auec leurs biens ce qui fût exécuté fans contradiction, j’accompagnay Madame, Konskjt jusqu a une demie lieuë de la ville elle a- uoit pris dans son carosse la femme de Monsieur Potchasky mon amy particulier qui auoit donné le sien à leurs Demoiselles & foiuantes.Baa*/- chaí & quelques châteaux de Russie furent rendus aux Polonois & Madame la Palatine qui n’y étoit pas sens crainte s en retourna auec Messieurs les Ambassadeurs qui y furent conduits par Ibrahim 8c Mebemet Pachas, ainsi chacun se retira fort content particulièrement le Turq qui aprehendoit une méchante fin de campagne í6 campagne à cause de fautomne, ou lonátolï dêja, ce qui ne luy auroic pas manqué fans ce traité car peu de troupes fauroint pu battre, leg Turqs ny leurscheuaux ne vaillant rien dans cette saison (froide en ce païs là ) comme l’hyver aîiéurs. Les plus éclairés d entre les Turqs fe doutèrent bien que ce traûtési defauantageux,àlá gloire dsone nation qui leur a fl fouuent donné la paix, ne sobsisieroit pas longtems, aussi ne fit il, car les articles portés par Messieurs les Ambassadeurs ne furent acceptés de la Diétte Se particulièrement le grand Sobiesky si oppose 8c marcha le même hyuer auec ce qu’il auoit d armée & chaise les Insidelles de plusieurs en- droitSj &en fît passer nn grand nombre aufilde i’êpéê, dequóyla Porte ayant été auertie, Li- bi/in Ufiaini Pacha de Silistrie fût commandé a- uec tous les Pachas & Beigs de la Romelie , de s’acheminer auec leurs troupes au bord du Nie- fier & de s y fortifier pour empêcher les Polo- nois d’entrer en IVioldauíe & ranter le passagé du Danube, se Hautesse ayant résolu de faire circoncire son Fils se même année, trèntetrois compagnies de Janissaires y furent enuoyées auec un General,les quatre cors des petits Spha* hys quantitéd’artillene& de se milice,les Pá-' chas de Dealbequir ou Mésopotamie celuy d’A- natolie & plusieurs Beigs si joignirent comme aussi les Princes de Vaíachíe & Moldauie, & toute !>> V? toute cette armée sous le commandement <Íg sosiiit lissai m ne fît aucun exploit considérable n ayant ruiné que quelques viîages, & s'êtanc ’ retiré de bon heuresse fortifia fur les rives duNie- fterouil fur attaqué la veil le desainct Martin, par quelques escarmouches & le jour ses retranchements attaqués enferme & forcés, Soliman ViceRoydeBudeà la tête de quatre mile chenaux y fît des mieux & eut trois cheuaux tués soubs luy, mais enfin périt auec les siens, par les mains des HoussartsPolonois conduits de I’in- vin cible General Sobiesky le reste des Infidelles n’en eut pas meilleur marché, le General de l’In- fanterie & ctluy de l’artillerie y furent tués& deux Commandants des petits Sfhabys un autre prisonnier auec deux jeunes freres Pachas, nommés Charsouar Oglottkr , outre un grand nombre d’Offîciers & autres Turqs & la quantité qui se noya voulant passer le Niejìer à la nage, le pont ne leur ayant pu íustîre. Le Prince de Moldavie préférais crainte ds Dieu à son gouvernement & se retira auec quelques uns des siens auprès du grand General Sobiesky & combatit auec luy laislànt son pars, ou entroit C apelan Pacha pòur se venir joindre à Ussaim, le Prince Demetrius, pour lors petit General, poursuiuoit les fuyards, & le grand n'auroit pas manqué dacheuer de les exterminer, si la nouvelle de la mort du Roy Michel, Prince de rare vertu & dévotion, ne fusse ari- B véeà i8 i vée à Leopol ce qui obligea ce Généralissime de ! fi en aller pour mettre ordre avx affaires du Royaume,& le Prince Demetrius retourna aprés auoir fait furtiuement, & de nuict, décamper leCapeían, il laissa guarnifbn dans toutes les places fortes, deMoldauie & à Kotcbin qu’il a- voit pris aprés la bataille, puis se joignit à la Cour & de là à Varsouie fût d’un commun consentement êlû Roy d’un pa is qui luy doit sa liberté, il auoit fait porter auec luy les Etandarts & drapeaux des Turqs, qui auec tout leur bagage luy êtoint restés entre les mains, son dessein auoit été d’en faire présent à celuy qui seroit élu Roy, mais son mérité l’ayant êleué sur le thrône il les presenta à l’Eglise de sainct Jean, principale du lieu, les Turqs eurent une joye nompareille d’entendre qu’il s’en étoit retour» j né en Pologne, car la nouuelle de ses victoires ! étant paruenuë aux oreilles de la Hauteffeelle «'enfuit de Siltstrie fur le Danube jusques à vingt lieus dans le pais, & l’alarme fût jusques en Andrianople, il est constant que le victorieux auroit porté la terreur jusques dans le 8arail de l'Ottoman st la raison déduite ne l'en eût empêché, , Capeian qui s’êtoit retiré pour êuiter ce qu’il pouuoit attandre d’un General vigoureux & plain de feu cômeM onsteur le PrinceDemetrius, se raprocha de Jatsj d où 1 armée Polonoise a- uoit emporté & pris quantité de bagage & de magazins ! •9 ffisigâzîris qrie les Infidèles y auointlaissé, Ufi faim Pacha, le borgne, y fût aussi enuoyé auec plusieurs aníans perdus tant des Sphahys que des Jannifaires , les Polonois occupés à sélection d’un Roy ne firent rien de considérable pendant cet hyvef là, durant lequel les Turqs, aprés âuoirécé plusieurs fois repoussés de deuant les places qu’ils tenoinf en Moldauie, s’en rendi- rendirent anfin maîtres paf l’abandon qu en firent les troupes Allemandes qui y éteint de- pourveiies de viures, ce qui les obligea de se fendre au Prince de MoldauSequi lesáùoit encore fan pasié pour guard. s de ion chateaú de Jatfjj les Turqs ont da depuis] denioly ces places , & Kalgd Sultan frere, du Taftare Hart hy- uerna auec ses troupes dans les parties de Moldauie & Valachie îes plus voisines du Niester, iln'y a genre de cruauté qu’il n exerçât contre ces peuples sujets de la porte Ottomane, les hommes étoint pendus aux foliues & leurs femmes & filles violées fous leurs pieds . & s’en retournant en emmena plus de dix mile esela- ues, defquels peu ont été nus en liberté quoy que fordre ds la Porte eût été publié pour leur restitution. Sa Hauteste auec ses Visirsresta cette campagne là fur les riues du Danube & hyuernerent dans la Siíistrie, ou les Spbabys à faute de payement se refoiurent de faire du désordre,& vingt quatre d’entre eux allerent aux séné res du B 2 Defterdart sis! ±ô | befterdm demánder leut solde, mais ceiniíi ftre voian t que le nombre s’augmen toit, seíâ u- ua par une porté sécrété Se alla trôuuer le grand Visir qui envoya d’abord cent mile écus à l’Aga J des Janniffaires pour Pempécher d’étredupâr- ? tys,àquoy iíétoit fortement sollicité,&s’il eût j ambrasse tous les Vifirs âuroínt étés passés au fildelepée, lis marchoint tous déguisés par la ville de Babadag ( où ce bruit ariua, ) mais lés j corps de guarde ayant été redoublés les mécontents se retirerent laissant six des leurs, qui su- j rent étranglés en sccret* j La Porte attandoit auec impatiance Uffaím ] Aga Captgy Bafihy du grand Visir qui auoit été j enuoyé en Pologne auant la bataille, Sc passant j parle camp du grand Maréchal (quìlefít con- ; duire au Roy Michel,) il s étonna de voir une ; si belle armée, 8c encore plus quand cet Héros luy i ditqu’il alîoit battre l’arttiée de son Sultan. Les Turqs souhaittoint la paix d'une passion in- croyable, mais n*y ayant point d’appafance les milices furent assemblées de toutes parts,Sc celles même de Damas Sc du gtatid C aire, y vinrent sous le commandement èt Ibrahim qui en êtoie Pacha,le grand Seigneur auoit enuoyé son Ecuyer pour Ambassadeur vers l’Empereur du désert [chut Padccha ) pour en auoit dix mile Arabes ; mais certe nation ayant sçeu que les contrées où il faisoit la guerre étoint tres froides, ils n y voulurent pas aller étant accoutumés à uns aï une regíon si chaude quselle ne leur permet à porter des hardes que pour couurir leurs parties. Cette armée capable d’épûuuanter plusieurs royaumes ( étant fort nombreuse à causo de la quantité des gens inutils ) passa le Danube aprés auoir fait manger Pherbe aux chenaux, & continua fa route /uíques à trois journées du Mefler en intention de te passer à Kotchin pour aller porter son effroy jusques dans le sein de la Pologne ; mais la Porte ayant été auertíe qu’une puissante armée; Mofcouite attaquoit C berin principale forteresse du rebelle Dorofinko , & que îa dite armée ( selon les conuentions entre les Roys de Pologne & grand Ducs de Moscouia Empereurs de la Russie blanche) deuoic s’unir à lâ Polonaise, ou agir d alieurs pour son secours ; un grand Diuan fut tenu, & les Infidelles qui deuoint venger le íâng des leurs répandu en si grande abondance à Kotchin , & regagner leur Etandarts & bannières, se contanterent de laisser la Pologne à gauche, & d aller faire un pont, au dessous du château de Cb&roka, pour y pafler le Niester > & aller détruire lessieux dont je vais parler, les accusant d’auoir eu intelligence auec les Moscouites ; il y fut construit mais fort étroit, l’armée fût cinq jours ale passer, Ibrahim Pacha du Caire auec les troupes qu'il auoit am- menéís passa le premier , & alla attaquer des rochers furie bord dusteuue, ou plusieurs paysans s’êfoint retirés auec leurs familles; il n y B z auoit auoìt que de petites ouvertures pouf entres dans ces Cauernes, & ces misérables qui n’a* uoinrdequoy s’ydessendre, êtoint contraints, par lafuméequ’onyfaisoit, d’en sortir comme des renards de leurs tanières, les autres en êtoint dénichés comme des moineaux d’une muraille, & heureux ceux qui tomboint dans seau ou à terre fans toucher fur mile pointes aduancées des rochers, qui en froissèrent & mirent à mort plus de deux cent apant qu’être aux pieds des Infidelles qui auoint dressé des échelles pour ar- riiief à ces funestes trous , d’ou plusieurs torn- bointauec leur rapt, & finissoint la vie ensemble; de 800. hommes, femmes & anfans ìl n’y en eût que cinquante deux qui fauuerent la vie perdant la liberté. Deux autres petites places futent traitées de la forte, & le petit Kammïesk, chareau de dessence fût attaqué par ls.méme Ibrahim Pacha, & eeux de R omelie , Bofna , & Sili- strie auec vingt Odas de Jannissaires, les anfans perdus desSphahys, & plusieurs autres déta- chemetsLc volontaires,qui lètrouucncroûjours en grand nombre, lors quil s agit de buttiner, Ja place fût vigoureusement deffenduë par ses habitants, le Bourg brûlé,le chateau forcé aprés cinq jours de résistance, qui coûta quatre mile hommes aux Insideìles, qui passerent au fil de lepéecous les hommes & une partie des femmes, le Seigneur du chateau êtoit au seruice du Moscovite, il y auoit laissé une sienne sœur qui votant * ' í ì r : 1 1 ! C ' h \ I ìp ir • jj - ti í‘ il ' q ■ d 0 ■1 q ; r: : d 1: r c 1 i 2 ? voyant desja les Turqs furies murailles, se retira dans fa chambre, où elle s’orna.de tout son mieux, croyant en cet état pouuoir fauuer la vie ; Elle fût prise en eífect par un jeune Aga,de nation Géorgienne, qui ne Fauroit pas mal traitée, mais les milices ayant fçeu quelle êtoit fceur du Seigneur de ce lieu, la taillèrent en mile pieces, pour venger le sang de leur camarades, & comme c êtoit au commancement de la campagne, personne n’aimoit à fe charger d efclaues, ce qui causa la mort de plusieurs, & les plus petits enfans éteint abandonnés par les champs, où j’en ay veu être mangés en vie par IeschienV& porceaux, une belle fille ne sc vendoi t alors que dix écus. Ladigtn, place aises considérable, particulièrement la citadelle, fût inuesty par les mêmes troupes,en attandant fa Hautesse, qui s’y deuoit joindre deux jours âpres, mais les soldats & habitants de ce lieu firent de si vigoureuses sorties, qu’illes obligèrent de sen retirera trois quarts delieusloing , proche un bois où plus de huit cent infidèles furent tués par les ambuscades qui y auoint été mises ; Le grand Seigneur ar- riuant, ces peuples se retirerent dans leur citadelle abandonnant leur ville, qui fur incontinent mise en cendre, & ladite citadelle attaquée en forme. A fouuerture de la tranchée les assiégés firent une sortie,où il périt beaucoup de Turqs, le même arriua le lendemain âpres B 4 midy ^4 lîiìdy, j’yrcçeu un coup de fléché ayant été obligé de me trouuer auprès du Vinr; anfin Jà guarnison ne consistant qu en paysans & en neuf Cent soldats de Ciwo qui retournantde partie s’y étoint retirés, n ayant pû trouuer passage, a cause de i’armée Tartare qui battoir la campagne, & n’ayant de munirions que ce qui se porte en semblables rencontres, ils se virent au troisième jour sansauoirde quoycharger deux fois leurs mousquets, & ne purent se seruir d’arrillerie, à cause de leur peudemunirionsjils tanterent de tout leur mieux de forcer de nuit un quartier,par une sertie generale, pour pouvoir en íuitre passer IcBoug, qui coule au pied dudítlieu, & se sauuer dans les bois j mais les guardes ayant été redoublées fur le soupçon que l’on auoit de leur dessein, il ne put être exécuté. Un marchand Grec de Constantinople, qui se trouuâ dans la place, reuenant de Mofcouie auec quatre cent mile écus de Zebe- lines, se à fort de leur faire donner une bonne capitulation , pensent encore trouuer fe grand Interprété Panamy , son parent, du quel il ignorent la mort, il sortie de la place & procura premierement la (èuretéde ses marchandises, quiluy fût donnée moyennant cinquante mile écus qu’tl prcmrt' au Visir; la liberté & fau u s conduit fût promisà lamilices’iis seren- doinesur le champ, les quatre principaux vinrent traîner auec k Visir, il fût ariesté qu ils sorti- Lf fÔrtïroïnt auecle bâton blanc pour être cost» duirs vu ils voudroint, & que les habitants íeroint faits esclaves au profit de la porte, auee condition, qu une famille ne pouroit être séparée,mais venduë à un soûl achetant ^nyl'un ny l’aurre article fût observé, car le lendemain ces neuf cent soldats furent enchênés & envoyées en galere,&ces misérables peuples donnés au pillage, mais la plus grande partie mise à mort par la brutalité de ces barbares, fy vk vendre le pere la mereun garçon & une fille de dix sept à dixhuit ans,pour vingt cinq écus,cette citadelle fût conservée pour faciliter les core- uois. 'j-ampolj petite place, fortifiée d'une terra- sce palliíadée, se defendoit cependant contre cinq Pachas qui êprouuerent de telle sorte la vi- geur des assiegés.qu’ils furent obligés dedemaa- der trois fois du secours au grand Vifir,qui leur en enuoya auec de nouveaux mineurs, qui s’attacherent incontinent à la terrasoe, & une compagnie de dragons qui auoit voulûs’auan- cer pour les couurir, fût envelopés d’une sortie, & pas un en échappa; leur enseigne sût arborée sor les palliíâdes,auec leurs têtes, ce* peuples soûtinrent le jeu de deux fourneaux, & voyant ne pouvoir plus résilier, ils tuerent leurs femmes & enf- ns, & les jstterent aux Turqs, fort étonnés de cs procédé > aimant mieux les faire mourir, que de les laisser tomber encre les mains des infi déliés, qui trauaiì- B $ loias 26 loínt à une autre mine, & ces 'paisans ayant recognu lelieu, faisant un feu continuel,se mirent dessus pour périr par son effort; ce qui ar- jriua de la íorte, car l’affault ayant été donné par la brèche qu elle auoitfait, il ne se trouua dans la place que quatre homes en vie,mais hors de combat, & quelques femmes, filles & en fans quinauoint eunyperes ny maris pour les tuer, SaHauresse marchant contre la sûditte ville de Ladigin , eut ains qu’un Ambassadeur de Pologne la venoit rrouuer,je fus envoyé au douant de lity auec deux hommes qui me gardoint, pour voir íî je le cognoîtrois, & pourrois sça- Uoir quelque chose du subjet de íà venuë, je trouvé cet envoyé dans les bois à six lieues du camp, je recognu que c’étoit le Sieur Karouvvs- ky, Capitaine de cavallerie Polonoise, qui venoit annoncer à la Porte sElection du grand General Sobiesky, à la couronne de Pologne. J’auois eu ordre de Tinterroger touchant le payement de l’argent qui auoit été promis au Traité de Kaminiesky ,èc méme de Iuy faire co- gnoître que la Porte desisteroit volontiers de çette pretension, il me répondit que les Polo- pois n’avointny or ny argent pour les Turqs, piaisbiendu fer à leurs côtés,jeluy sisconfidan- çe de ce que je pu, & luy auroisle lendemain doué un beau mémorial, si ses guardes ne m’euf- fent trop obserué, je le laissé campé à %. lieues de e& retourné en diligence,Le sissçauoirle 27 ' íubjetde sa venue & sa réponce, qu! étonna tellement le grand Vi(îr ? qui! resta plus d’unquarc d’heure,rongeant ses doigts. Cet envoyé ayant euaudiancefût congédié, 8c larméeOttomane étoit àteípointdepouuante, que peu de gens laurointpa mettre en désordre, [arméeMoscovite n’en étoit que cinq journées, & leslnfí- delles apprehendoint que la Polonoise venant d’un autre côté, ils ne restassent enuelopés dans un pays où les retraittes font difficiles. Ces considérations obligèrent fa Hautesse de s’occu. per à la destruction de ces places frontières de fes Etats, & passage des Tartares pour rauager la Pologne & la Russie,tant pour faire entendre à íês peuples quelques exécutions conuenables à la cruelle humeur de cette nation, que pour éviter une bataille qui n’auroit pas manqué fans les révolutions de Lithuanie , & les intrigues de ceux qui jalons de l’Election du nouveau Roy tachoint à la détruire pour en procurer une de leur partie. Sa Hautesse, fuiuant son inclination & coutume ordinaire, alloit tous les jours à la chasse. Sc. le dousterne d’Aoust íè trouua entre deux bois, attaquée d’un partis de C 81 . Usure feffendue 84. Péché de -voir lesfemmes 85. Propreté des Turqs 8p. Chatal bafehefait mourir son fis 92 . Maiediéìiens des Turqs 9 $*. Supplice des faux monoyeurs 108. Inclination du Sultan n 2. Le Sultan apprens métier u6 t Freres da grand Seigneur empoisonnés 120, Le Sultan efi supposé 117. Fauorie battue 127 . Nopces des enfans du Sultan 12% Le Sultan amoureux dé un Singuan 1 3 5. Combat des Nains auec desfilles i$s V Cent 80, mille écus de 'vécelle perdue * 169. Fortune de Mehemet Kieuprulu i$ 7 „ Kieuprulu fe gafle les parties 200. Son Origines 196. Son frere fcaúant 19 9. sJMonfìeur de la haye 211. INDICE. leTrefor exposé - pag, 21 u Titras n ont f oint de Vaisseaux 22/. La leunejse de broussesauue la vie à un jeune Sultan ai9. Union de s JanmjJaires 236. i^duthorité de leur général 23 2 t Gouuernemens deTurquie 216. Cérémonie receuant les Jannissaires 2 34 . Démonstration dezele pourleSultan 2}$. Habits du Sultan 24-2» ! Fuitte d'Affam Pacha 24J. Sa Haut esse n a pas cent mille combatans 249. , Tipuriture des Tartares 231. Fils des Cams ottages en Turquie 252 % Reuenus du grand Turq 254, CMonfieur delahaye 2 s S’ Cérémonie de ïAudiance. 2f 6. F I N. r-