d'une lettre écrite an Diretoire exécutif par le Citoyen Lromrn y fubflitut se Citoyen ddencaup dans les fonctions de Commiljaire du Gouvernemeut dans le Département du Mont- Terrible, adrefée au Citoyens MEncai à Bâle.: Bienne le 12 Ventôfe, an 6 de la République françaife une& indivifible,(2 Mars 1798.) CiroyENSs DripECTEURS! Les Bernois viennent d’être battus,& ce font eux qui ont provoqué les premières hoftilités. Hier au foir à fept heures vint un officier parlementaire chez l’adjudant-général Freffinet, chef de l'étatmajor de l’aile droite de l’armée d’Erguel, commandant les troupes de Bienne& des environs, porteur d’une dépêche du colonel Grofs, chef de l’étât major de l’armée bernoife à Nidau, dans laquelle il difait en fubftance:“ A moins de quelques changemens imprévus je Vous préviens, que ce foir à dix heures les hoftilités doivent commencer. Veuillez faire retirer Vos fentinelles qui font fous la volée de mes canons, chargés à mitraille: je ne conçois même pas une pareille difpofition militaire.” L’adjudant-général Freflinet retint ce parlementaire pendant qu’il expédiait au Général en chef Schauenbourg cette provoquante lettre. Il en reçut dans cet intervalle une feconde du Colonel Grofs, qui annonçait Fintention de ne pas entamer les hoftilités. Le Général Freflinet lui répondit ces lignes:“ Votre officier parlementaire, Monfieur, attend encore la réponfe du Général commandant en chef l’armée;& avant Pheure que Vous indiqués il Vous fera rendu. Vous avez fixé par lui le commencement des hoftilités ce foir à dix heures; quand cet inftant fera arrivé, Vous pourrez déployer tous Vos moyens. Les républicains francais Vous attendent avec le courage qui leur eft familier.” Le Général Freffinet, qui n’avait pas l’ordre d'attaquer avant que de l’être, a formé de fuite une ligne de bataille en avant de Bienne& de Bonfeau, fur Nidau& les bords du lac de Bienne;& il à refté fur la défenfive fans attaquer jufqu’à ce qu’il l’a été lui-même par un-pofte bernois des villages feptentrionaux de ce lac, qui a eu la làcheté de tomber en furieux fur un autre pofte de 4 hommes, placé à Vigneule, dépendance de Bienne; fans fe foucier des égards que les Militaires fe témoignent d’ordinaire à l’inchoation d’une guerre...’ Promptement inftruit de cette rupture de la paix& des mouvemens de l’ennemi pour tourner les villages de la montagne de Dieffe& Orvin,& tomber fur fes derrières par Evilard ou Boujeau, l’adjudant général Freffinet a envoyé un renfort au pofte de Vigneule, en mêmeitemps qu’il faifait défiler une compagnie de Bienne fur Evilard pour prendre en flanc la troupe ennemie qui faifait cette manœuvre. La fienne a parfaitement réuffi;& quoique très-inférieurs en nombre, les Français toujours fûrs de vaincre quand ils combattent les fatellites des defpotes, ont moiffonné de nouveaux lauriers fur un fol où les olygarques Bernois leur préparaient des tombeaux& l’infamie. De toute part la mort a volé dans les rangs bernois. Fermes un inftant ces ignorantes victimes de Fambition de leurs maîtres avaient difpofé en tirailleurs, fait tomber quelques-uns des nôtres; mais bientôt étonnés de la rapidité de leurs mouvemnens; ils ont perdu ce fang froid qui feul affuré la victoire;& foudain attaqués au pas de charge, à l’arme blanche, ils ont été mis en une déroute complette; en fe précipitant de la montagne pour fe jetter dans des barques. Ce moyen de falut leur a encore été ôté par la véhémence des feux de peloton dirigés fur eux par les braves grenadiers de la 38e demi-brigade, qui les pourfuivaient de la hauteur vers le rivage du lac. Le Général Schauenbourg avait attaqué ce matin à trois heures& demie le pofte de Lengnau, qui a été enlevé,& d’où il a pourfuivi fa marche victorieufe fur Soleure, qui fans doute a déjà été fommé. Quatre pièces de canon, beaucoup de morts& de bleffés, des prifonniers, parmi lefquels fe trouvent trois officiers Bernois, font la perte de l’ennemi dans cette première affaire. La nôtre eft peu confidérable. Nous avons à regretter quelques braves, il eft vrai, mais ils font morts couverts de gloire;& nous avons la perfpective de finir en peu de jours la querelle fcandaleufe de la tyrannie olygarchique des patriciens fuiffes contre la liberté des defcendans de Tell. L’adjutant-général Freflinet a contribué beaucoup av fuccès de cette journée par l’activité& le fang froid de fes opérations. Salut& refpect. Signé: Li0 MIN. Pour copie conforme: le Miniftre de la République françaife auprès des Cantons hclvétiques J. M EN 6 AUD. 2eme ut = = C fu pu é&E=>==