DES SUPERSTITION S.
ta Helen& , Mater Régis Cònftantini &c. Amen : &quand l’enfant verra un Ange dans le verre, lui deman-der qui est le voleur qiie l’on cherche. 2. S’approcherd’une eàu qui court , en tirer autant de petites pierres,qu’on soupçonne de personnes avoir volé, s’en aller chezfoi, les faire chauffer auprès du feu, les mettre sous leseuïl de là porte , Lee. les jetter dans une écuelle pleined’eau avec certaines cérémonies. En nommant le premier•Voleur, la petite pierre qui portera son nom fêta bouil-lir Peau. 3 - Dire les sept Pseaumes avec les Litanies 8 c unepraison terrible à Dieu le Pere , pour exorciser le vo-leur, faire une croix en rond avec des noms barbares,peindre tin œil au milieu , enfoncer dans cet œil d’uncertain côté ùn clou d’airain avec un maillet de cyprès& dire un certain verset des Pseaumes. En faisant toutcela on croit qu’on arrache ún œil au voleur. 4. couperune branche d’astiandier un samedi avant le soleil levé,en disant , ego te r amant hujus afiatis resico , &c. &mettre une nappe sur une table un proférant trois soisces paroles ..... 5* se servir de l’Exorcisme qu’on-nomme de S. Adalbert , qui commence ainsi ; Ex auto-ritate Del omnipotenús 8 c qiii finit par Amen ,■ le faire di-re par tous ceux qui sont presens » chanter ensuite, Me-dia vita in marte fumas , occ.
51. Guérir un homme ou un cheval dumalde...;en prenant un cierge berii, en le trempant par le basdans de l’eau benite , en cernant le mal tout autouravec ce cierge, & en disant cinq fois Pater nofter , &cinq fois Ave Maria.
5 z. Guérir les fièvres eri donnant áu malade un billetfur lequel sont écrites ces paroles : Per immaculatam cbn-cept'tònem B. Ptrginis Maria , &c. II faut couper ce bil-let en petits morceaux & les mettre dans un bouillonqu’on fait avaler aux malades. Ì1 y a des Religieux enProvence qui se servent de ce remede, & quand on gron-de contre , ils répondent que Dieu a dit, Concède Vóltt-men iflud.
53. Porter sur soi l’Oraison suivante , appellée Passe-port de Ìimmaculée Conception de la sainte Vierge , pourêtre préservé de quantité de dangers & de maux :
„ Sainte Marie Mere de mon Sauveur J esus-Chrîst ,s, qui avez été conçue fans la tache du Péché Originel*», priez pour moi maintenant & à Pheure de ma mort.,, Priez pour ma conversion , protégez moi dans toutes„ mes entreprises, soiez toûjours ma consolation, pre-», nez foin de mon salut ; j'ai mis en vous toute ma con-», fiance, Mere de miséricorde,- qui n’aveZ jamais eu au-», cune tache de péché.
TOTA PULCHRÁ ES MARIA, ÈTMACULA NON EST INTE.
Je ne fuis pas surpris que ces Oraisons produisent as-sez souvent les effets qu’elles promettent, parce qu’ellestirent toute leur vertu du Démon, en conséquence despactes & des conventions que les hommes ont faites aveceux. JMais ce- qui me surprend est, qu’étant aussi maldigerees, auffi ridicules, auffi extravagantes, auffi vai-nes & auffi foliés qu’elles sont pour la plupart, elles trou-vent encore aujourd’hui tant de créance dans le monde,& même auprès de quantité de personnes de bon sens,quoique de peu de foi, qui ne se soucient gueres dequelle maniéré elles sont gueries de leurs maladies, &préservées des dangers & des dommages qui leur peuventarriver , pourveu qu’elles le soient une sois. Ce qui estun aveuglement d’autant plus déplorable qu’il est volon-taire, 8 c qu’on y tombe avec cOnrioissance de cause.
Quelques Auteurs peu exacts ont accusé le CardinalFrançois Ximenes, Archevêque' de Tolede 8 c Ministred’Espagne, de s’être fait guérir de la fièvre par des con-jurations & des Oraisons , & d’avoir fait venir de Gre-nade pour cela une vieille femme âgée de plus de quatre-vingt ans.. Mais cette calomnie fe réfuté pleinement,par ce qu’Alvarez Gómecius rapporte fur ce sujet. Ï1dit à la vérité que ce grand Personnage (a) étant réduit à
(a) Erat formá ad maciem extremam redactus Ximeà, Me-
une extrême maigreur , & désespéré de tous les Méde-cins , on lui fit venir cette vieille , laquelle après luiavoir tasté le pouls & le ventre., lui promit de le guérirdans huit jours. Ce qu’elle fit effectivement, (b )nonpar des conjurations & des Oraisons, mais en le frot-tant àvec úne certaine huile, & fans réciter aucunes pa-roles.
Ceux qui n’ayaiit nul caractère pour cela conjurentles rats & les souris, les taupes 8 c les mulots, les mou-ches & les sauterelles, les chenilles 8 ç sos fourmis, lessérpens, les vers & les autres insectes , les orages, fehuées, les vents, les tempêtes & les ouragans, avec desparoles & dès Oraisons qui ne sont point approuvées dej’Èglise » ne sorìt pas moins temeraires rii moins super-stitieux que ceux qui conjurent les maladies, ou qui seservent d’exorcifrtfe pour se delivrer de divers dangers;C’est ce que l’on peut inférer de ce que nous avons ditjusques ici des paroles, des charmes, des conjurations& des Oraisons. Ce que Léonard Vair rapporte d’unemaniéré superstitieuse dç conjurer les sauterelles, les che-nilles , &c. mérité bien qu’on en fasse ici mention. ,, II„ y a un abus, dit cet Auteur Espagnol (c) , qui a cours», en quelques endroits, lequel mérité d’êtreblasmé &„ supprimé. Car quand fe villageois veulent chasser fe,, sauterelles & autre dommageable vermine, ils choisis-„ sent vin certain Conjurent pour Juge , devant lequel„ oh constitue deux Procureurs, l’un de la partdupeu-,, pie, & í’autre du côté de la vermine. Le Procureur,, du peuple demande justice contre les sauterelles & che-„ nilles, pour les chasser hors des champs : L autre ré-», pond qu’il ne les faut point chasser. Enfin toutes ce-„ rémonies gardées, on donfte. Sentence d’excommuni-,* cation contre là vermine, si dans certain temps elle ne„ sort,. Cette façon de faire est pleine de superstition», & d’impieté i soit parce qu’on ne peut mener procès„ contre les animaux qui n’ont aucune raison ; & com-», me ainsi soit qu’elles font engendrées de la pourriture„ de la terre, elles sont fans aucun crime, soit pour ce», qu’on pèche & blasphémé grièvement, quand on se„ moque de l'excommunicátion de l’Eglise. Carde„ vouloir soumettre fe bêtes brutes à l’pxcœnmunica-„ tion , c’est tout de même quë si quelqu’un voulòiç„ baptizer un chien ou une pierre.
Ainsi S. Bernard ne párîoit pas dans íá derniere exac-titude de la Théologie , . lorsque ne trouvant aucun re-mede pour chasser la prodigieuse multitude de mouchesqui importunoient 8 c troiibloient extremément ceux qu*entraient dans la nouvelle Eglise de Foigny , qui estune des premieres Abbayes,qu’ií a fondé lui-même dansíe Dioceze de Laon , il dit, (d) qú’il les excommu-nioit : Excommutiìco eas ; puisque ce ne fut pas par semoyeu de ^excommunication qu’il les fit mourir , mais
par
dícis omnibus iiih.il fe ampîjus ad ejus sahítem prostate polfe aper-tè profitentibus.
{b) L. 1. de gestis Fr. Ximenezpag. y6z. & 964. edit. Franco^an. idoj. Acceríìta illico est vetula, dit élégamment Gómecius, qu*venis exploratis & ventre pertentato, non esse Medicis infukandum,dicit, si morbum periculd & difficultate plénum, artis vi depelle-re nequivissent: setamen, Deo auxiliatìte, sub cujus tutela tarifasvir spiritum ducebat, sperarc ante octo dies ad pristinam salutemXimenium reducturam , upctionum duntaxat St herbarum bene-ficio. Unum tamen iriterea prx'mii loco deposcere, ut id Medícísinsciis ageretur; qui autoritati luse corisulentes > ftujusinodi mede-las ab illiteratis liominibus profectas verdis atrocibus confeésseflkimpfobare, statîràque ad grtjs lux ptseícripta, pugnis quibusdat»verborum , quorum ilîa imperita erat , omnem rem deducendarstcurarent. Quod etsi illa parum morabatur, remediorum suoruiánempe conscia, permukùrn tamen aegrotaritis intéresse, ne qtsid eíferupuli aut lùlpicioriis .ex iflorupi dictis iubonbetur : Quasi verò do-na sanitatum , non magis numinis benefteio, quam ope ulla hu-maria com'parentur, aEquum postulare visa est mulier: Lt ne quiddeinceps Medicis innotesceret. curatum est. Ergo per noctis tend-bras, jajn omnibus digreflìs, fedula anus ad Ximenium venìebat>eumque mptine répugnante .unctionibus fovebat, levitérque ok°condito ^fffricabat ; douée tandem afliduis medelis , intradïerum praescriptum tempus , fidem suam mulier liberavit. NaU 1 'que omrti febri liberum Ximenium hilaritati sditie restituit, & ^ u>se in Iecto víx movere poterat , jam pedibus ambulare gçstieba 1 -quod per probant servatricem facile eoricessum fuit,
(c) L. 2. c. j 1.
(d) L. 1. vit. S. Bernardi c. n. feu 14.