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HISTOIRE DES
TRADUCTION
Di? la Lettre Latine de Mr. Gilot Chanoi-ne de Reims à M. Hennebel Dotteur deLouvain fur la Neuvaine de St. Hu-bert , inférée dans l'Histoire Critiquedes Pratiques Superstitieuses du R. leBrun.
Monsîeur,
I L a paru l’an 1690. une décision , sort courte à lavérité, mais, à ce que je crois, d’une très-gran-de importance, que vous avez signée avecMrs.Huy-gens & Charneux. Cette décision a étonné plusieursde mes amis ; je parle de ce jugement par lequel vousavez approuvé d’une maniéré u décisive la pratiqueSc l’usage de la neuvaine en l’honneur de St. Hubert.C’est pourquoi permettes moi de vous marquer lesraisons qui ont causé cet étonnement. Je sais que jeparle à un Théologien , que fa charité rend rédevableaux sages & aux insensés. J’espére que si ce n’estqu’un vain scrupule , vous ne ferez pas difficulté deme l’ôter auffi bien qu’â mes amis : nous attendonscette saveur avec d’autant plus de confiance , quenous ne vous demandons pas ces Eclaircissemens poursatisfaire une frivole curiosité , mais seulement parceque le devoir de notre charge nous y oblige. Carnous établissons des Pasteurs d’un Diocèse voisin duMonastère des Ardennes à qui il n’est pas permis d’igno-rer s’ils doivent suivre l’ancienne opinion des Théolo-giens & des Médecins dé Paris, ou la nouvelle déci-sion des 1 héologiens & des Médecins de Louvain furla neuvaine de St. Hubert. Il y a deux raisons quiengagent à se déclarer pour les Docteurs de Paris,l’une que ^observance de la neuvaine ne paroi t pas unantidote convenable contre la rage ; l’autre qu’ellecontient des pratiques qu’il scroit bien difficile de pur-ger de superstitions , pour ne rien dire de plus sort.Quant au premier point , permettes moi de vous de-mander, Monsieur, les motifs qui vous ont détermi-né à approuver la neuvaine avec ses pratiques. Nevous êtes vous appuyé que fur la coutume du Mo-nastère des Ardennes dont vous parlés uniquementdans votre jugement ? Est-ce fur d’autres raisons quipeuvent persuader que cette coutume est de grandeconséquence ? Elle semble supposer ce que les Reli-gieux des Ardennes racontent, que la prétendue sainteEtole sut envoyée du Ciel par le ministère d’un An-ge à St. Hubert, lorsqu’il étoit ordonné à Rome parle Pape Serge : fait démenti par la Chronologie, com-me le P. le Cointe le prouve dans ses Annales Ecclé-siastiques de France l’an 708. Elle suppose auffi quecette Etole ne diminue jamais , quoique de grandesparcelles coupées par le R. Père Abbé pour l’usagejournalier diminuent de jour en jour , & soient enfinentierement consumées. Enfin elle suppose qu’il n’ya jamais eu personne assez frippon , ni aucun Moinegardien de la sainte Etole assez simple pour substi-tuer adroitement une Etole nouvelle à la place de l’an-cienne. Cependant il ne seroit pas difficile qu’on eutfait une pareille sriponerie, vû la politesse des Moinesqui montrent facilement cette Etole au premier venu,Sc eu égard à la facilité des Abbés qui en confient lagarde à un seul Religieux , qui a la faculté de la ma-nier , & de la tirer d’un vase mal fermé. Certes onapporte un plus grand foin à la conservation des sain-tes Reliques ; l’Eglise ordonnant de les tenir dans deschasses soigneusement fermées & bien scellées : mais ilne nous a pas été possible de rien trouver touchant cet-te Etole apportée du ciel dans les Auteurs contempo-rains de Saint Hubert, ou qui ont vécu quelque temsaprès lui- yjj Auteur anonyme de l’an 1080. parleainsi dans ion livre des miracles de St. Hubert chapi-
tre 14. il y a en cet endroit tin préservatif assure contftcet horrible danger , Jì le malade a une véritable foi , &fi la condition prescrite est observée , après avoir obtenttla guérison. Les Religieux des Ardennes d’aujourd’huin’oseroient parler ainsi : mais cet Ecrivain n’a p aSassez d’autorité pour mériter la creance d’un Lecteursage & circonspect. U est trop recent pour attesteraux savans l’antiquité de la coutume dont nous par-lons. Il faut pourtant l’entendre fur l’usage observede son tems, & qui est peu diffèrent de celui qui estpratiqué aujourd’hui par les Religieux de Ardennes.j 4 pres avoir , dit-il, mis a la tête du Malade de l'or dela sainte Etole , & après lui avoir prescrit la maniéré dese précautionner &c. Mais on soupçonne avec raise 11que cet écrivain étoit un homme de peu de juge-ment , par les dix miracles qu’il dit avoir été opef eSpour la conservation des biens temporels du Monastèredes Ardennes , ou de quelques particuliers. Certeson ne peut lire sérieusement ce qu’il raconte au chap*21. savoir qu’un possédé ayant été mis dans un ton-neau d eau froide fut délivré du Démon d’une manié-ré capable de faire rire Heraclite. Le Démon , dit-il ’force de sortir par le derriere fit un fi grand pet , ^ *enfonça le tonneau • Au même chapitre il parle d’u stnommé Jofbert , qui avoit été guéri de la rage : ° ane voit point aujourd’hui de semblables cures. EnfifJil^ne détaille point la maniéré de fie précautionner •' 1n auroit pas manqué de parler du repi accordé contrela rage , si ce privilège avoit été connu de son teins >mais aujourd’hui pour l’accréditer, il faut en démon-trer l’existence par des raisons d’autant plus fortes q uece privilège est d’un ordre très-distingué. II y a pse sde dix ans que vous avez approuvé les dix articles &la Neuvaine,: cependant malgré l’esperance qu’on rvoit , aucun de votre Faculté, ou du Monastère dstArdennes n’a publié les motifs qui vous ont porté papprouver l’usage de ces articles , comme exempt Otout blâme raisonnable.
L’Ecriture Sainte & la tradition nous apprennesque le Sacrement de l’Extrême-Onction a la vertu °rendre la santé aux malades quand le bien de l’amedemande : mais toute forte de raison ne suffit pasattribuer la meme vertu aux pratiques de la Neuv alI j,de St. Hubert ; l’Ecriture , les Docteurs de l’Egss^n en fournissent aucune. On allégué l’ufage ,on n’a point jusques ici des preuves qui rendent ctusage ancien Sc certain , je veux dire, des Charte 5des Pièces autentiques, & d’autres monumens de ^te espèce qui certifient les guérisons. S’il y enle Chartrier du Monastère des Ardennes , qu’oU Êmette en lumière, & qu’ils soyent approuvés paf ^gens habiles Sc clairvoyants : alors les Religieux / __Saint Hubert gagneront leur procès contre les Th e °logiens 8 c les Médecins de Paris. . ^
Cependant le témoignage du bruit public st ul et: jtfauroit se soutenir longtems , fera quitter à un P^nombre le sentiment des Docteurs de Paris. En e „ eaujourd’hui il n’y a personne qui soit guéri de } 3 r f n \au Monastère de St. Hubert , comme autresot 5 :n’en est préservé après avoir été mordu au col p ar s j ebeste véritablement enragée. Cependant je ne .$* oí sici que par ouï dire : il y a encore plusieu rs 1 f,qui font le pèlerinage de St. Hubert, (pour êtr e P^ e
servés de la rage qu’ils craignent inutilement » P ^
qu’elle n’étoit pas à craindre , & sc sont tailler £la coutume, 8 c mettre un petit brin de l'Etole)été mordus par des chiens non encore enrage 5 jdont la solive n'étoit pas mortelle. Quelques-u^.^,ceux qui ont été taillés se vantent d’avoir ete ^culeusement préservés de la rage , qui en demchez eux fans employer ni rémede ni antidote •> ^jgtiraient point été endommagés de la morsure d unenragé, ou d’une autre bête, parce que leur langerviolemment agité , le venin du chien ne leu Jgpas été plus nuisible que l’est en pareil cas e v ■ s)U i-la Vipere, dont la morsure n’est pas quelques