PÜGLICATIOJT INDUSTRIELLE.
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est oblige de präsenter la canne en paquet verticalement, et qu’on ne peutl’etendre qu’avec difliculte.
Depuis quelques annees on a donc perfectionne ces presses en les chan-geant totalernent et eil leur substituant des cylindres horizontaux. Cesderniers sont beaucoup plus longs que les anciens. On 6tend la canne surune table en fonte de la longueur des cylindres ; on l’arrange de manifereä ce quelle ne soit pas superposee, et par ce moyen on obtient unemain-d’oeuvre beaucoup plus facile, une meilleure pression et plus de travail.
M. Nillus, habile constructeur au port du Havre, oü il a monte un grandetablissement dans lequel il reunit des forges et une fonderie ä la con-struction des machines et chaudieres ä vapeur, s’est occupe d’unemanieretoute speciale des appareils en usage dans les colonies pour la fabricationdu sucre de canne. Il a eu constamment pour but d’apporter des amdliora-tions dans la disposition de ces appareils, soit pour obtenir plus de jus, soitpour economiser la main-d’ceuvre et le combustible. Depuis une vinglained’annees, il a execute plus de 50 moulins ä 3 cylindres horizontaux, mar-chant soit par moteur ä vapeur, ou moteur hydraulique, soit par le vent oudes animaux. On congoit dfes lors qu’il a du arriver ä une justesse et unegrande soliditd de construction, qu’il est si important d’obtenir dans detelles machines abandonnees ä des hommes qui sont souvent aussi peusoigneux que peu capables.
Dejä il etait arrive, par ces moulins, ä obtenir 15 ä 20 pour 100 de plusde jus ou vesou , que dans les anciennes presses, lorsqu’il congut l’ideequ’on pourrait parvenir ä augmenter encore ces resultats, en multipliantle nombre des cylindres, et, par suite, le nombre de pressions des Cannes soumises h leur action, aulieu de faire une seconde passe entre les m6mescylindres, laquelle exigeait une main-d’ceuvre aussi considerable et aussifatigante que la premiere. Ainsi, il a construit un nouveau moulin, por-tant cinq cylindres horizontaux, et disposes de teile sorte qu’il s’en trouvetrois inferieurs sur un möme plan horizontal, et les deux autres plus ele-ves. De cette maniere il fait subir ä la canne quatre pressions consecutives,au lieu de deux, sans aucun travail manuel de plus, et il obtient encore,par consequent, une plus grande quantite de jus. Entre la 2 e et la S“' pres-sion, il amfene un filetd’eauou de vapeur perdue, pour attendrir la canne.Apr6s la 4 e pression, celle-ci peut 6tre regardee comme ä peu pres comple-tement düpouillee de son jus sucre, et la bagasse qui compose la paille oumatiere fibreuse, sert toujours de combustible pour chaulfer les chaudieresde cuite et d’evaporation. M. Nillus a pense que comme ce combustibleproduit beaucoup de flamme et un feu tres-vif, il pourrait le faire passersous l’equipage de ces chaudieres, et en müme temps sous le generateur ävapeur, afin de rendre l’application des machines ä vapeur plus repandue,en arrivant ä mieux tirer parti du combustible.
Au commencement de l’annee 1841 (13 mars et 24 avril), M. Nillusfit la demande de deux brevets de perfectionnement de dix ans pour les