PUBLICATION INDUSTRIELLE.
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relatifs à ce travail. Le premier, pris en 1826, par M. Souton, de Rouen ,pour 10 années, se compose simplement d’une chaudière cylindrique ver-ticale , contenant deux grilles entre lesquelles on met la laine après l’avoirdéchirée, et que l'on remplit d’eau qu’elle chauffe à un degré convenable.Lorsque la laine est bien trempée, on fait sortir, par un tuyau de trop plein,une portion du liquide qui entraîne tout le suint qui se trouve à la surfacede l’eau. Cette opération terminée, on bouche le trop-plein, et alors, avecun vase quelconque, on fait passer continuellement le liquide, qui est au-dessus de la laine, par le tuyau introducteur, évasé par le haut et plongeantjusqu’au bas de la chaudière. Quant au lavage, il se fait par un appareilsemblable, en introduisant l’eau froide par l’introducteur, et en la laissantsortir par le trop-plein jusqu’à ce que la laine soit complètement lavée.Avec cette disposition on peut éviter d’avoir une eau courante (1).
Un autre brevet de 10 ans, pris le 19 avril 1827 par MM. Renneville etLemoire-Desmares, consiste en deux chaudières, quatre caisses-lavoirs etdeux réservoirs placés à côté, mais plus élevés. On fait tremper la laine dansles chaudières pendant 10' environ , en chauffant seulement l’eau qu’ellescontiennent à 20 ou 40° au plus, suivant la finesse, et pendant ce temps onla retourne 2 à 3 fois avec une fourche. On doit conserver au bain de laineun degré uniforme de chaleur pendant tout le temps du lavage. On la retireensuite delà chaudière, avec la même fourche, et on la jette dans une petitecaisse trouée sur toutes ses faces ; un ouvrier presse sur cette caisse pouren faire sortir le suint qui doit rentrer dans la chaudière ; cette pressionfaite, il verse la laine dans un premier lavoir placé près des chaudières eten aval du canal ou de la rivière. L’ouvrier y fait monter et descendre unpilon pendant 5 à 10 fois, puis, après l’avoir retiré , il s’arme d’un bâtonpour jeter la laine dans un second lavoir semblable, où elle subit denouveau l’action du pilon ; elle passe ensuite dans le 3 e et le 4 e lavoirs, desorte que l’opération est rendue continue (2).
De 1840 jusqu’à ce jour, le nombre des demandes de brevets pour lelavage des laines s’est considérablement accru. Nous avons pensé qu’il seraitutile de les voir tous, afin d’en rendre compte, et de faire connaître suc-cinctement les différents moyens proposés ou perfectionnés.
M. Àrmingaud, manufacturier à Saint-Pons, obtint un brevet d’inventionde 10 ans, le 23 juillet 1840, et un brevet d’addition le 12 septembre sui-vant, pour une machine à laver la laine, qui consiste simplement dans l’ap-plication d’une vis d’Archimède , tournant horizontalement dans un courantd’eau qui marche en sens contraire de la laine, constamment amenée parles filets de la vis, d’une extrémité à l’autre. Par cet appareil, on voit quel’auteur suppose que l’on a fait préalablement le dégraissage, comme on lefait, au reste, dans le plus grand nombre de cas.
Dans la même année, le 7 octobre, MM. Mellet frères et Faulquier, mé-
0 ) Voyez page 161 du tonie xxxm dos brevets expirés, publiés par ordre du gouvernement.
( 2 ) Page 288 du tome xxxv des brevets expirés.