PUBLICATION INDUSTRIELLE.
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donné pour but de transformer une simple pompe alimentaire en machineà vapeur sans bielle, ni guides, ni balancier. Il communiqua son projet àson ancien professeur, M. Poncelet, et à M. Arago, qui parurent l’approu-ver, ainsi que plusieurs constructeurs. Et à ce sujet il demanda, dès le
3 janvier 1842, un brevet d’invention de cinq ans, qui lui fut délivre le
4 mars suivant. Par la description et le dessin qu’il en donna alors, l’au-teur démontrait l’application d’un tiroir horizontal muni d’une boîte àétoupes, et glissant sur le couvercle même du cylindre à vapeur, ou biencelle d’un tiroir courbe pouvant glisser sous le couvercle, suivant, dit-il,la volonté du constructeur. Reconnaissant des inconvénients à ce système,M. Legendre crut devoir abandonner son brevet et s’occuper d’une dispo-sition meilleure.
Cependant nous trouvons ce système de tiroir glissant sur le couvercle,adopté par différents constructeurs qui paraissent l’appliquer avec quelquesuccès : tels sont M. Parkyn en Amérique , M. Harvey en Angleterre,MM. Benet et C ie à la Ciotat; ces derniers viennent d’en faire l’applicationà un bateau à vapeur de 220 chevaux, pour le roi de Naples.
Nous donnons sur la fig. 3 (pl. 14), d’après le n° d’octobre 1843, duMedianic' Magazine , le tracé de la disposition présentée par M. Parkyn, etpour laquelle M. Harvey a pris une patente en Angleterre. Il est aisé devoir par cette figure que le tiroir mobile G, qui est traversé par la tige oscil-lante du piston, glisse sur le couvercle du cylindre à vapeur; à cet effet, ilest ajusté sur ce couvercle à coulisse et à queue d’aronde comme un sup-port à chariot ; voyez la fig. 4 qui est une section verticale de ce tiroir per-pendiculaire à la fig. 3. Au centre du tiroir est une boîte à étoupes assem-blée à rotule, pour suivre toutes les inclinaisons que tend à prendre la tigedu piston dans son mouvement alternatif.
Pour des machines qui doivent marcher à basse pression, comme la plu-part des appareils de navires à vapeur, nous croyons cette disposition detiroir glissant au-dessus du couvercle, assez convenable ; mais pour des ma-chines à haute pression, il doit être préférable de placer le tiroir mobile endessous, parce qu’alors la pression intérieure étant toujours plus grandeque celle extérieure, doit plutôt faire appliquer la surface du tiroir contrecelle du couvercle. Au reste, nous pensons que dans tous les cas, et pour lesmachines à condensation, il faut que les ajustements soient parfaitementexécutés, pour ne pas permettre de fuite paT les joints dans le mouvementdes pièces mobiles du couvercle. Si, d’un côté, on peut arriver à faire cespièces assez durables, et de l’autre à obtenir que le piston soit bien assis,bien guidé dans toute sa course, on devra espérer beaucoup d’avenir de cesystème qui est à la fois simple, économique de construction, et qui pré-sente l’avantage d'occuper peu de place, et surtout peu de hauteur. Cettedernière condition est de la plus grande importance dans les navires àvapeur, où l’on cherche à baisser, autant que possible, le centre de l’arbremoteur.