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PUBLICATION INDUSTRIELLE.
les modifier. C’est alors que les brevetés s’adressèrent à M. Cartier, quileur proposa un mécanisme beaucoup plus simple et plus facile à manœu-vrer. Les doigts avaient la forme indiquée sur les détails fig. 8, pl. 23, etremplissaient rigoureusement toutes les conditions voulues (1).
(30 juin 1830. ) M. David a imaginé un pétrin de forme circulaire ouelliptique, consistant en un cuvier conique, près de la circonférence inté-rieure duquel était un axe vertical portant des lames dentées, formant desrateaux mobiles qui passaient en entraînant et en mélangeant la pâte dansun rateau fixé au cuvier (2).
(28 février 1831.) Brevet d’importation à M. Cayton. Sa machine est untonneau mobile, et traversé par un axe horizontal armé de plusieurs cou-teaux réunis par des traverses. Cet axe reçoit un mouvement de rotationtrois fois plus considérable que le tonneau , ce qui détermine le mélange.Pendant l’opération on peut ouvrir de temps à autre une ouverture pourlaisser introduire les substances, et que l’on ferme par une bonde (3).
Un boulanger intelligent de Paris , M. Fontaine, s’est fait breveter pour10 ans, le 24 mars 1835, pour un pétrin mécanique qui a été bien goûté,sous le rapport de la simplicité de construction, comme pour les bons ré-sultats qu’il a donnés. Cet appareil se compose simplement d’un tambourcylindrique mobile en bois, divisé dans sa longueur en trois comparti-ments, et fermé par un couvercle portant des bras ou rayons intérieurs enbois. Il est traversé à son centre par des bras fixes, entre lesquels passentles premiers pendant la rotation du cylindre. L’un des compartiments estdestiné à préparer le levain, et les deux autres servent à recevoir l’eau etla farine et à pétrir la pâte.
Le pétrisseur mécanique pour lequel MM. Moret et Mouchot frères ontpris un brevet de perfectionnement de 10 ans, le 21 décembre 1842, reposesur le même principe que le précédent, mais il lui est bien préférable parla construction. Ainsi, le tambour, au lieu d’être en bois, est complètementen fonte avec le couvercle (4), les bras ou rayons sont en fer creux, arron-dis par les bouts, la fermeture est tout à fait hermétique, et l’applicationd’un treuil a été faite pour ouvrir le couvercle avec facilité ; de sorte qu’au-jourd'hui cette machine ne laisse rien à désirer sous le triple rapport de lasolidité, de la propreté et de la manœuvre. Elle est employée avec succèsdans la belle fabrique de MM. Mouchot , et dans plusieurs autres établisse-ments ; nous ne doutons pas qu’elle se répandra rapidement après qu’on se
(t) Cette machine, malgré ses perfections, ne fut pas exécutée, parce que MM. Fleschetleet Cietenaient à ce qu’elle fût toujours regardée comme leur propre invention et ne voulaient pas que leconstructeur fût en nom. Combien ne voit-on pas d’inventions nouvelles qui se trouvent dans lemême cas, et qui ne portent pas le nom de leur véritable auteur I
(2) Ce brevet annulé le 30 mai 1835, est publ. tome XXIX, p. 176.
(3) Tome XXXII, p. 228.
(4) Pendant q elque temps on avait pensé que la fonte serait nuisible à la panification, et qu’elletendrait à donner une certaine teinte a la pâie. Mais il a été constaté par les chimistes les plusrecommandables que ce métal était de beaucoup préférable au bois, et qu’on pouvait l’appliquer àcette fabrication avec avantage.