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PUBLICATION INDUSTRIELLE.
théoriquement. En pratique, on obtient 100 kilog. de ce numéro par12 heures.
Ainsi, on peut compter qu’il faut retrancher 30 p. 100 du produit théo-rique, pour avoir le produit réel en fabrication. Cette différence est dueaux temps d’arrêt des levées, à la manutention, au nettoyage, aux glisse-ments des courroies, aux interruptions momentanées et irrégulières, etc.,et dont on ne peut tenir compte dans le calcul.
Dans les métiers continus de 84 broches, la théorie donne 5 k -1, au N° 24et on obtient, en pratique, jusqu’à 5 kil. par jour et par métier; une ou-vrière suffit ordinairement pour deux métiers.
Sur deux bancs à tubes deux ouvrières peuvent faire 200 kilog. par jour-née de 12 heures de travail, pour le n° 2 1/2 (ces ouvrières étant aidéesd’une petite fille pour mettre et disposer les lames de coton sortant desbancs d’étirage).
Pour obtenir le même N° sur des bancs à broches, il faudrait trois bancsà broches en fin, et un banc à broches en gros pour un rendement de150 kilog., avec une ouvrière à chaque métier, ce qui fait 4 ouvrières. Sinous ajoutons que les bancs à broches dépensent une force motrice beau-coup plus considérable que les bancs à tubes, qu’ils prennent six fois plusd'emplacement et qu’ils coûtent plus cher, on se rendra compte de lagrande économie qu’on obtient pour l’emploi de ces bancs à tubes. A lavérité les produits des bancs à broches sont plus beaux ; mais, lorsqu’onne passe pas le n° 30, les fils confectionnés par ces derniers métiers n’ontpas de différence sensible avec les autres, lorsqu’ils sont conduits avec soinet intelligence.
Quelques filateurs font servir le banc à tubes comme métier en gros,pour ensuite passer le produit sous les bancs à broches, nous dit M. Brière;nous croyons que c’est une erreur d’application de ces machines.
Le prix d’un de ces appareils est de 3,500 fr. Nous sommes persuadéque ce prix diminuera bientôt sensiblement, non-seulement parce que lesinventeurs n’ont plus de privilège (le brevet d’importation de 15 ans quia été pris en France pour ce genre de métier étant actuellement expiré),mais"encore parce que tous nos constructeurs vont s’en occuper plus par-ticulièrement, après les avoir bien étudiés, et ils ne tarderont certainementpas à les simplifier, et à y apporter des modifications.