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PUBLICATION INDUSTRIELLE.
à ce que, quand le point de départ des deux échelles était le même, le manomètrede M. Richard accusait déjà une pression trop forte d’une atmosphère 1/10 pour5 atm -,90 de pression totale, ou 4 atm -,90 de pression effective.
2° Que le point de départ de l’échelle du manomètre de M. Richard se déplaceen peu de temps d’une manière très-sensible. Quant au premier point, l’inexac-titude de l’instrument croissant en même temps que la pression de la vapeur, tientprincipalement à ce que le tube de verre avait un diamètre intérieur plus petit quele tube en fer. Ni l’un ni l’autre tube ne sont exactement calibrés , et il ressort del’ensemble des deux tableaux, que le tube en verre notamment, a dans sa partieinférieure un diamètre un peu plus grand que dans les parties supérieures où lediamètre est à peu près uniforme. Quant au second point, le déplacement de labase de l’échelle est dû vraisemblablement à ce que l’eau versée dans les siphonssupérieurs contenait quelques bulles d’air qui auront augmenté de volume avec latempérature. Quoi qu’il en soit, ce dernier vice n’en est réellement pas un, ou n’adu moins aucune gravité, puisqu’on peut à volonté vérifier et rectifier la positionde l’échelle, en mettant les deux extrémités du tube replié en communication avecl’atmosphère. Il n’en est pas de même du premier. Nous estimons qu’il sera tou-jours extrêmement difficile de se procurer un tube de verre ayant exactement lemême calibre intérieur que le tube en fer. Il sera aussi difficile de se procurer destubes, soit enfer, soit en verre, qui soient exactement calibrés dans toute leurétendue. Cependant on peut, par un bon choix de tubes qui exigera des précautionsassez minutieuses, satisfaire à cette dernière condition avec une approximationsuffisante pour la pratique; on aurait alors un instrument suffisamment précis,en déterminant le point le plus élevé de l’échelle, non par le calcul, mais par com-paraison directe avec un manomètre à air libre ordinaire. On diviserait ensuitel’intervalle compris entre le point de départ et le point le plus élevé , en partieségales représentant des dixièmes d’atmosphère; l’instrument ne serait ainsi entachéque des erreurs provenant du défaut du calibrage exact des deux tubes en fer et enverre, qui pourraient d’ailleurs être de diamètres inégaux entre eux. Mais toutesles fois qu’un tube en verre serait remplacé par un autre, il faudrait en mêmetemps changer l’échelle en cuivre , ou du moins la vérifier de nouveau. Il est évi-dent que si l’échelle du manomètre de M. Richard eût été ainsi faite empirique-ment , par comparaison avec un bon manomètre ordinaire, elle aurait eu toute laprécision nécessaire pour la pratique. 11 nous paraît d’ailleurs important que l’onait des tubes soit en verre, soit en fer, d’un calibre assez uniforme, pour qu’onpuisse ; jse contenter de déterminer ainsi par l’observation les points extrêmes de ladivision de l’échelle, sans employer le même moyen pour les divisions intermé-diaires, parce que, d’une part, la graduation que l’on devra renouveler toutes lesfois qu’un tube en verre se cassera, sera ainsi plus facile, et que, d’un autre côté, ilimporte d’avoir des divisions d’égale étendue.
« J’ai fait le voyage de Paris à Versailles sur une locomotive munie d’un mano-mètre de M. Richard. J’ai vérifié le point de départ de l’échelle pendant la marche :j e me suis assuré que l’instrument se comportait bien, qu’il s’adaptait avec facilitéaux locomotives , sans gêner en quoi que ce soit les manœuvres du mécanicien etdu chauffeur, que ses indications étaient facilement lisibles. Les mécaniciens quej’ai interrogés à ce sujet n’ont aucune objection à faire à l’usage de cet instru-ment. Ils en reconnaissent l’utilité.
M. Verpilleux, de Rive-de-Gier , a adapté le manomètre de M. Richard aux loco-