COMPTEUR DÉCIMAL
SANS ENGRENAGES,
POUR ENREGISTRER LE NOMBRE DE RÉVOLUTIONS DES MACHINES,
ET APPELÉ COMPTEUR PERPÉTUEL,
(PLANCHE 20 .)
Le compteur dont nous allons entreprendre la description, est un deces instruments dont on comprend maintenant toute la nécessité parlesservices qu’ils sont susceptibles de rendre ; aussi les emploie-t-on , depuisquelque temps, dans la plupart de nos bonnes usines où ils servent à l’éva-luation du travail de toutes sortes de machines, et principalement à celuides moteurs à vapeur ou hydrauliques. Combinés d’après notre systèmedécimal et liés intimement avec l’appareil qu’ils sont chargés de contrôler,les compteurs indiquent en chiffres connus et un par un le nombre de toursaccompli pendant une période de temps déterminée ; on peut donc direqu’ils donnent, dans de certaines conditions, l’évaluation constante du tra-vail. A ce sujet nous hasarderons quelques observations, particulièrementrelatives aux compteurs en général, appliqués au salaire des ouvriers dansles fabriques et les manufactures.
Tout le monde sait qu’avec notre système de rémunération habituel, leprix du travail est taxé le plus communément par jour et quelquefois parheure ; ce mode de paiement qui, au premier abord, paraît peut-être le plusrationnel et le seul possible avec celui à la tâche , pourrait néanmoins êtreremplacé par le paiement au nombre de tours, c’est-à-dire que les rétribu-tions varieraient dans le môme rapport que la vitesse du moteur de rétablis-sement. Cette combinaison ne paraîlra pas étrange lorsqu’on remarqueraqu’en Alsace , où l’emploi des compîeurs est très-répandu, ces derniersinstruments pourraient à la rigueur servir d’horloge, les indications qu’ilsprécisent étant égales ou à peu près égales pour des intervalles de tempségaux. De celte manière, et quoique payant à la journée, les débours du