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Tome onzième
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MACHINES LOCOMOTIVES. 35

sur un châssis indépendant le foyer, auquel on peut dès lors donner lesdimensions nécessaires pour une grande chaudière ;

2° lemploi dun système dengrenages qui réunit le train des roues duchâssis mobile avec celui des roues motrices et permet de faire concourirle poids total de lappareil à ladhérence, sans quil perde la propriété decirculer avec facilité dans des courbes de petit rayon.

Par lintroduction, dans le système des supports de la machine, dundouble châssis, dont les deux parties sont réunies par une articulationplacée sous la chaudière, en avant du foyer, M. Engerth na pas seulementrésolu, dune manière très-heureuse, la question de lemploi des machinesdune grande puissance dans les courbes de très-petit rayon; mais encorede lavis de beaucoup de personnes, il a levé une difficulté sérieuse qui sop-posait à laccroissement de la puissance des machines à marchandises sur leschemins de fer à grand trafic, ou à ladoption de proportions satisfaisantesentre les divers éléments qui concourent à produire la puissance motrice.

En présence de deux systèmes, dans lun desquels on sacrifiait la répar-tition du poids sur les trois essieux accouplés et on augmentait outre mesureleur écartement extrême, en rejetant lun deux à larrière du foyer, etdans lautre on reculait devant la nécessité daugmenter la dimension dufoyer dans une juste proportion avec les tubes, on renonçait à répartirconvenablement la charge. En plaçant les trois essieux moteurs entre laboîte à feu et la boîte à fumée, le système de M. Engerth, qui levait ces dif-ficultés, ne devait pas manquer dêtre accueilli avec faveur par les cons-tructeurs et par les ingénieurs chargés de lexploitation. Cest surtout ainsique sexplique son adoption sur plusieurs des grandes lignes de cheminsde fer en France .

Lemploi de lengrenage, que M. Engerth na introduit quavec réserve,mais que la pratique sanctionne de plus en plus chaque jour, a permisdobtenir dun moteur unique une puissance exceptionnelle, ce qui a ré-solu dune manière entièrement satisfaisante la question de Sœmmering,cest-à-dire la question de lapplication des machines locomotives à unservice régulier et très-actif, sur un chemin de fer offrant une pente con-tinue de 25 millimètres par mètre, et formant un lacet très-sinueux, dontle rayon de courbure descend fréquemment à 180 mètres.

Dans de telles conditions, les machines du Sœmmering remorquent entoute saison, à des vitesses de quinze à vingt kilomètres à lheure, unecharge brute de 2,000 tonnes, ce qui répond à toutes les nécessités du ser-vice des voyageurs, et permet de répondre aux besoins dun service demarchandises très-actif, dont les trains seraient chargés comme le sont en-core ceux du chemin de fer de Paris à Rouen .

Lemploi de lengrenage na pas présenté les inconvénients quon redou-tait ; lusure est inévitable, mais la sujétion ou la dépense, quelle peut oc-casionner, est hors de proportion avec les avantages qu'en retire le servicede lexploitation de moteurs très-puissants. Cet avantage est tel quune