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PUBLICATION INDUSTRIELLE.
seur différente, de même métal ou non. S’il s’agit, par exemple, d’un canonde fusil, on emboutit séparément plusieurs culots métalliques, en les ame-nant à une même longueur, ou à des longueurs différentes et à des dia-mètres successifs ; on prend alors le tube qui doit former l’intérieur ducanon, et on emboutit sur ce tube, servant de mandrin, un second tubequi doit l’envelopper sur tout ou partie de sa longueur. On procède demême pour un troisième, quatrième, cinquième tube, etc., ce qui donneun tube multiple chaussé et parfaitement adhérent sans soudure.
Nous ne nous étendrons pas davantage sur les ingénieux procédés ima-ginés par M. Palmer. Nous croyons en avoir dit assez pour faire bien com-prendre le principe sur lequel repose son système d’emboutissage et faireconnaître les importants services qu’il a rendus à cette industrie.
Nous allons maintenant examiner le brevet pris par MM. Japy frères etbalance, le 23 mai 1851, pour des perfectionnements apportés à la fabrica-tion des ustensiles de ménage en tôle ou autre métal.
On sait que ces messieurs, dans les usines importantes dont ils sont pro-priétaires, s’occupent, en dehors de leur immense fabrication de mouve-ments d’horlogerie, de petite serrurerie et de quincaillerie, d’une indus-trie toute spéciale, appelée casserie, et qui a pour objet de confec-tionner, par Vemboutissage, une foule d’objets et d’ustensiles de cuisine.A diverses époques MM. Japy frères ont apporté, dans cette industrie,des améliorations importantes; celles qui font l’objet de la demande debrevet qui nous occupe consistent dans l’application d’un marteau-pilonself-acting.
Cette application constitue un travail par percussion bien différent, sui-vant eux, de celui du mouton, en ce que, dans ce dernier, on est forcémentobligé de donner à la levée une très-grande hauteur et par suite une grandechute au poids, tandis que dans le marteau-pilon, au contraire, on peutrendre la levée, et par conséquent la chute, très-petite.
On rend donc ainsi la course un minimum et le poids emboutisseur unmaximum, conditions importantes puisque, par cette application, on évite,dans les opérations, les rebuts qui avaient lieu souvent pour un grandnombre de pièces, et, ce qui est plus grave encore, les éclats ou les rupturesdes matrices.
Ce résultat favorable est obtenu parce que les chocs sont notablementatténués par cette percussion modérée, qui s’approche, jusqu’à un certainpoint, de la pression proprement dite.
Ce système de marteau-pilon est appelé self-acting par ses inventeurspour deux raisons : la première, parce que la machine dans laquelle ilfonctionne comprime elle-même la tôle sur la matrice, au moment del’emboutissage, afin d’empêcher la formation des plis croisés dans cettedernière opération ; la seconde, parce que, par l’application d’un méca-nisme fort simple qui fonctionne aussi par la machine même, la pièce em-boutie est chassée en dehors de la matrice.