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Tome troisième.
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PUBLICATION INDUSTRIELLE.

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Lopération du dégraissage varie avec la nature de létoffe quon se pro-pose de fabriquer : pour les draps et pour les étoffes à poils feutrés et foulés,elle sexécute après le tissage et généralement avant le foulage ; pour lesétoffes rases et légères, elle se pratique toujours sur le fil avant le tissage.

A Elbeuf , à Louviers , etc., le dégraissage se fait au moyen de largiledélayée dans leau, ou terre à foulon ; le tissu étant imprégné de cette sub-stance, on le fait passer entre deux cylindres de pression qui le mettent encontact avec la matière grasse ; celle-ci se trouve mécaniquement déplacéeet entraînée par leau qui afflue en grande quantité. Cette opération durehuit à douze heures ; elle compromet la solidité des tissus et des couleurs;en outre la présence accidentelle de quelques pierres dans la terre à foulonoccasionne des déchirures assez fréquentes que les fabricants désignentsous le nom de tares. Elle est dailleurs peu sûre, comme tout ce qui sefait par tâtonnement. On conçoit aussi que cette opération, manquéepour la première fois, devient beaucoup plus difficile ensuite, à cause dela formation de sels insolubles provenant de leau. Un dégraissage impar-fait empêche les couleurs de bien sappliquer sur les étoffes.

Lhuile qui a servi au graissage, se trouve entièrement perdue, car daprèsdes données recherchées par les auteurs, 8 kilog. dhuile se trouvent ordi-nairement renfermés dans 40 kilog. de drap de laine, ils sont délayés dansprès de 13,000 litres deau.

Dans le midi, il se fabrique une très-grande quantité de draps com-muns pour la troupe ou pour lexportation, lhuile végétale nest pas entière-ment perdue au dégraissage. On se sert pour lenlever dune eau chargée desavon et dalcali, qui est concentrée ensuite par la chaleur et quon emploiepour le foulage de létoffe dégraissée. Ce dégraissage, quoique très-impar-fait, est cependant plus économique que celui dont nous venons de parler.

A Sedan , dans la fabrication des draps noirs et des draps teints en pièce,le graissage et le foulage se font ordinairement en même temps. On sesert à cet effet dune dissolution de savon ou durine et quelquefois de cesdeux substances réunies. Lorsquil sagit de dégraisser la laine en fils ouen échets, on emploie des dissolutions savonneuses assez concentrées.

MM. Péligot et Alcan, pour remédier aux inconvénients nombreux queprésentent les divers procédés que nous venons de rappeler, ont pensé àremplacer les huiles végétales par lacide oléique provenant des fabriquesde bougies stéariques. Nous avons vu que le suif saponifié se transfor-mait en deux acides gras, lun solide et lautre liquide : le premier est lacidestéarique, qui sert à la confection des bougies, et le second est lacideoléique. Ce dernier nétait encore, il y a environ trois ans, daucun usagebien spécial. Ces chimistes, en lappliquant à la grande industrie lainière,ont rendu non-seulement un grand service à cette dernière, mais encoreà la fabrication des bougies stéariques, en faisant augmenter la valeur duneportion de leurs résidus.

Lemploi de lacide oléique, outre l'économie notable de prix dachat