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RÉSULTATS D’EXPÉRIENCE DU NAPOLÉON,
RECUEILLIS PAR M. PHILIBERT CONTE.
Les essais sur la vitesse du bâtiment à hélice le Napoléon , qui eurent lieuen présence du roi et du prince de Joinville, donnèrent, quoique faits surune vis à trois filets seulement, des résultats des plus satisfaisants, et pro-mettent aux propulseurs sous-marins un bel avenir.
La première vis qui fut envoyée par le constructeur anglais M. Barns,avait ses trois ailes formées de surfaces héliçoïdes trop pleines, aucun dé-gagement n’avait été opéré sur la largeur. Quand l’appareil fut monté etque l’on voulut procéder aux essais, on obtint fort peu de vitesse, la visne faisait guère que 64 à70 tours à la minute, l’eau se déplaçait difficile-ment, à cause de l’espèce d’engorgement qu’elle éprouvait vers le moyeu;on songea à diminuer légèrement la surface des ailes vers leur naissance:cela produisit un bon effet.On les dégagea ainsi successivement; la vitesseparut encore augmenter ; enfin, >n construisit une nouvelle vis à trois ailesde la forme représentée par les fig. 1 et 2, de manière à reporter la plusgrande partie de la surface vers la circonférence extérieure ; c’est alors quel’on parvint à obtenir 120 révolutions par minute. Le bâtiment, dégagé detoute influence du vent et du courant, reçut des vitesses absolues, dé-terminées par le moyen des bases à terre, ainsi que par les lochs de47 m 42 et le loch de Massey, de dix nœuds en moyenne par un temps calmeet à la vapeur seule.
Ce résultat a été obtenu en prenant pour base la longueur de la diguede Cherbourg , et a été constaté par la commission supérieure, chargée àla fin de juin dernier, de procéder à la recette du Napoléon , pour le comptede l’administration des postes. C’est aussi la vitesse moyenne des traverséesqui eurent lieu à la même époque, du Havre à Cherbourg , et de Cherbourg à Southampton; contre une grande brise du nord et une mer dure, le Na-poléon , avec sa haute mâture, filait huit nœuds et sept dixièmes et neufnœuds, résultat remarquable, qui prouve toute la supériorité du propul-seur sous-marin sur les roues à aubes : car, dans des conditions semblables,le meilleur bâtiment à roues n’aurait certainement pas filé plus de cinq àsix nœuds.
L’emploi de la voile, comme auxiliaire de la machine, accroît la vitessedans des proportions extraordinaires. Par une petite brise, et à demi-vapeur,le Napoléon dépasse onze nœuds; à toute vapeur, et par une brise fraîche,il atteint immédiatement douze nœuds et demi et treize nœuds, vitessesinconnues jusqu’à présent pour les bâtiments à vapeur sur mer. A la voileseule, l’hélice étant désembrayée et rendue folle sur ses tourillons, etdans les mêmes circonstances de vent, le Napoléon filait neuf nœuds auplus près du vent, et avec un quart plein dans la voile, la vitesse a ététrouvée de dix nœuds cinq d xièmes.
Ces essais démontrent d’une manière péremptoire les avantages des