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PUBLICATION INDUSTRIELLE.
Ce mode sous-marin de propulsion, par suite des efforts d’Ericcson etde Smith, ayant enfin atteint un but d’utilité bien reconnu, son historiquedoit dorénavant faire partie du cadre de la navigation par la vapeur. Nousallons tâcher d’en tracer une esquisse.
L’hélice, plan incliné autour d’un cylindre; le conoïde , plan inclinéautour d’un cône ; le tourbillon, hélice divisée en plusieurs segments placésà côté les uns des autres sur l’arbre, et formant ainsi une roue à aubesinclinées ; d’où la distinction de vis hélice, vis conoïde, vis tourbillon (1).
La vis proprement dite est attribuée à Arcbytas, qui vivait 400 ansavant Jésus-Christ ; Archimède , qui vivait 250 ans avant la même époque,revêtit la vis d’une enveloppe et l’employa à l’élévation des eaux. La pre-mière application qui en fut faite pour la marche des navires se trouve en1726 (2) ; à cette époque, David Bushnell, Américain, construisit une em-barcation au moyen de laquelle il essaya avec un pétard de faire sauter uncroiseur anglais : le coup fut manqué par la maladresse de l’homme chargéde l’entreprise. L’embarcation se manœuvrait sous l’eau avec la plusgrande facilité; on la faisait enfoncer en y laissant introduire de l’eau, eton la faisait remonter en pompant cette eau. Un aviron, construit enquelque sorte comme une vis d’Archimède et placé horizontalement sousle fond du canot, le faisait aller en avant ou en arrière; un second avironpareil, placé verticalement à la partie supérieure, régularisait la profon-deur de l’immersion indépendamment de la quantité d’eau admise auréservoir.
Transitoirement, nous citerons Du Quet et Dubost. Le premier imagina,en 1699 (3), les roues à aubes, tournant sur le plat pour sortir de l’eau, et,en 1729 (4), il propose de placer deux bateaux de front sur une rivière ;ces bateaux sont attachés à des points fixes et forment entre eux un anglepour obtenir un courant plus considérable. Entre eux deux est placée unehélice d’un seul pas que l’impulsion du courant fait tourner ; l’axe de l’hé-lice est muni d’une poulie à gorge sur laquelle passe un cordage qui va,passant sur des poulies de renvoi, s’attacher par un bout au bateau que l’onveut faire remonter, et par l’autre à une embarcation chargée de lest.
Par suite du mouvement de rotation imprimé à l’hélice, le bateau qui estdestiné à faire le contre-poids descend, et celui qui est chargé remonte;c’est le système des aquamoteurs à points fixes. On voyait encore, en1818 (5), au Conservatoire des arts et métiers , à Paris , salle d’Agriculture,sous les n os 472 et 473, deux modèles de ce système.
Dubost, en 1743 (6), propose d’employer l’hélice, livrée au courant dela rivière, pour faire marcher des moulins sur le Rhône . Sa vis est à un
( 1 ) La spirale j ligne courbe autour d’un cylindre ou d’un cône.
(2} Nautical Magazine, 1853.
(3) Machines approuvées par VAcadémie , tome 1er.
(4) Idem, tome V.
(3) Description des modèles et dessins du Conservatoire > 1818.
(6) Machines approuvées par VAcadémie 7 tome YJI.