^ Os» oîfa t>î& «ît> ®Jï> Rjb "ís» ®ît> <*î»> fiS ^ 1 oîs «í») sji> GÍb t <*Jb g 5 *> <»î«> tíî*> gÍS> afï> «Jï> «Jt> ají' r?» ote «Îî> «ta g*ï> r.-e*saise*se/í)(ì*í)e*£) , e*se*s<ÎA9CJbdb>Coi >C.ïtKOpW < 0P c> MM-L mm mm mm Sur le 23. Chapitre , de la Cenese v. 1,2,3, 4 - OR SARA mourut cn Kirjatharbah, âgée, de 127.ans, dans le païs de Canaan5 ôc Abraham vint pour faire deuil, & la pleurer, & s’étant levé devant son mort, il parla aux Hcthicns, ôc leur dit 5 ie fuis étranger parmi vous, donnés moi une poífeíïîon de fcpulchre 5 afìn que i’y enterre mon mon l’òtant devant moi. &arf. Hrêtiennes âmes en nôtre Seigneur Jésus; nous apprenons de l’histoire sainte qu’il y avoit une loyen Israël, qui ordonnoit au souverain sacrificateur, de pleurer sur la mort de son pere, de sa merc, de ses enfans > & de ses plu; proches pareils) pour une marque i que le deuil est une chose due & honorable ; mais quand même iln'yauroit point eu de précepte pour cela; la loy dénaturé nous l’auroit appris ; les liens font trop étroits , le devoir est trop légitime; pour voir une semblable séparation, sans douleur. Ou se trouveroit l’hommc qui se montrât insensible dans le retranchement de quelque membre de son corps; & comment se pourroit il faire, que des enfans bien nés, eussent ce cœur devoir enlever du milieu deux leur bonne & tendre mere, qui les avoit portés dans son sein » nourris dc son lait, élevés avec la derniere tendresse; fans soupirs & fans larmes; il faudroit être plus que l’ayen pour manquer à ce devoir > puis que ceux qui n’y ont eu d’autre intérêt, queceluy dclabeneficence, en ont été lì frappés, qu’ils cherchent dulenitis, pour adoucir & solider leurs playes; ils sont en deuil A z Ltv, 11, t. avec —. ->-- -. - > -. . ' ■ ■ - > * . 4 SERMON FUNEBRE. Çs*bS7> " J tan.11,16. Lí foc. 23,14. jtj/K. 14,13. avec ccuxqui sont en deuil» & pleurent avec ceux qui pleurent sur la mort de cette commune mcrc; pour ne s’attirer pas, les reproches » que l’Eternel faisoit au Peuple d’Ifraél; disant, le juste est mort, & iln’y a personne qui y prenne garde, Lestes bien aimés ont recueillis,. fans qu’on y soit attentif, assavoir que le juste a été recueilli arriéré du mal. Au contraire profitons de cette bien heureuse mort, pour en devenir sages à salut; disons, mais dans ufi sens tout contraire» ce que les Disciples dirent, aufi.net de la mort de Lazare, allons y auslì afin que nous mourrions avec luy. O que bien heureux font ceux qui font ses commandemens afin qu’ils ayent droit en l’arbre de vie, & qu ils entrent par les portes de la Cité. O’ que bien heureux font ceux qui dés maintenant meurent au Seigneur , ouy pour certain dit l’Esprit, car ils se reposent de leurs travaux & leurs oeuvres les suivent; dit le Disciple bien aimé: c’est le partage de Sara & de tous ceux qui font morts en la grâce. Or Sara mourut en Kjriatharbah, &c. C’est ici comme Vous voyés, le commencement du chapitre, mais ce n’est pourtant pas le commencement du sens, comme cette particule, or, ledonncàconnoitre; il faut l'aller chercher dans les chapitres qtii précédent, où il est parlé de la vocation d’Abraham, de fa sortie d'Hur des Chaldéens, avec fa famille, des lieux où ils avoient fait leur seiour, de leur assiduité au service de Dieu; des hautes promesses que Dieu leur fit, coup fur coup, de les bénir très abondamment; de leur donner une postérité sainte aussi nombreuse que les étoiles du Ciel & le sablon du rivage de la mer > de l’accom- plissement de cette promesse» en la naifiance d’Isac; du commandement que Dieu luy fit de l’immoler» & de l’obeïssance d’Abraham, de la denense que Dieu luy fit, de ne mettre point ses mains fur son Isaac, soit fils unique, & enfin du retour d’Abraham en Beersçebah, & de ce qui luy arriva aprés son retour, assavoir la nouvelle de la mort de Sara; Or sara mourut; &c. c’estle suietque nous avons choisi» pour nâtreméditation, Lc sort convenable au dessein que nous nous sommes proposés. La division est naturelle, puis que le Prophète y traité premièrement de la mort de Sara, de son âge, & du lieu où elle mourut. En deuxième lieu, du deuil d’Abraham, son mari, & des devoirs, qu’il luy rendit; & Abraham vint &c. ce sont là les deux poincts fur les quels roulera toute ik tre méditation Dieu veuille quelle serve à un plus grand avancement de là gloire ; Sc de la fànétihcation d’un chacun de vous Amen. Sara SERMON FUNEBRE. L Partie . Sara clans la langue du Prophète, signifie, mere d’une grande multitude. S’il en faloit croire quelques uns, elle auroit changé trois fois de nom ; puis qu ils veulent qu’elle fut appclléc devant son mariage avec Abraham, Iifca, & âpres son mariage Saraï, comme qui diroit Dame, ou ma Princesse : & après la promesse que Dieu fit à Abraham de luy donner des enfans, il changea le nom de Sarat, en celuy de Sara, comme il avoit changé le nom d’Abram, en celuy d’Abraham , qui veut dire , pere haut, ou pere d’une grande multitude ; car l’Ange de 1 Eternel dit à Abraham, le nom de ta femme, ne fera plus Saraï, mais son nom fera Sara, pareeque Gm. 17 , 1 s. Dieu 1 avoit constituée la mere des croyans. Comme Dieu avoit choisi ces deux saints personnages, pour être les parents de la semence benite, de laposterité sainte; il leur avoit donné les vertus proportionnées à leur rang , comme une grande pieté, qui les faisoit luire comme deux flambeaux au monde; puis qu’à peine ctoient ils arrives cn un lieu, qu'ils pensoient de lacrifier à 1 Eternel ; l’humilité dans la quelle ils vivoient, ne les faisoit pas moins admirer, puis que plus Dieu scdéclaroitenleur faveur, plus de biens & de benediétions il leur promettoit, & plus ils s’abaissoient devant luy. Dieu les avoit faits les héritiers & les maîtres d’une partie de la terre, la plus fertile, & la plus agréable cependant ils y vivoient comme des étrangers. L’union étroite avec la quelle ils vivoient les faisoit considérer corne un formulaire au quel chacun devoir fe conformer, c’étoient deux corps, qui n’étoient qu’un même corps; deux esprits logés sous un même pavillon ; deux cœurs qui n’étoient qu’un seul cœur, deux modclles de vertu; Abraham communiquoit-il de son esprit à Sara? Sara luy faisoit part de sa sagesse;ils avoient borné leurs désirs,à deux poinéts fixes. Le premier regardoit rattachement & les soins qu’ils prenoient de leur Ifiiac, qui etoitle depot que Dieu leur avoit donné & confié ; le second regardoit la gloire & la félicité du paradis Céleste, à la tjuelle ils afpiroient ; qui est h témoignage que l’Apôtrc leur rend; dilant que par la foy Abraham demeura comme étranger,en la fk»., terre promise,corne si elle ne luy eut point appartenue, habitant fous des tentes, avec Isaac & Jacob, heritiersavcc luy de la même promesse,car il attendoient laCité qui a des sondemens,dc la quelle Dieu est l’architcòte & le bâtisseur.Que parla foy austì Sara receut la vertu de concevoir semence, & enfanta hors d’âge, parce qu’elle fçavoit, que celuy qui le lui avoit promis, ctoit puissant pour l’accomplir. A 3 Ainsi Go». 1,17. ■L tìtbr.p, 14 - 1 Goi ,o> encore il aioute, que le plus beau de leurs jours n’est que fâcherie & qu’ennui, quelle s’en va rapidement, Sc que nous nous envolons ; & David pour nous en marquer l’inconítance, la compare auxoiseaux qui fendent les airs, avec la derniere rapidité; à une ombre qui passe; à l’hcrbe verte qui etoit hier & aujourdhuy elle est coupée & fenée; à la Heur de l’herbe, odoriférante le matin; St llétrie le loir, à un fonce qui passe, à une vapeur qui paroit St difparoit à même. tems ; ann de nous apprendre que nôtre v ie n’est pas seulement abbregée, mais quelle est l’inconítance même, que la mort est le chemin de toute Ja terre, & lefepulchrc, la maison que Dieu à as- i.KoUt. signée à tous les vi vans ; ainsi que les Payens qui n’avoienr que quel ques lumignons fumans de la Joy de nature, l’avoient remarque quand ils disoient que nous mourons, en naissant, & que nôtre vie n'est qu’une course d’une mere à l’autre; vous aves l’exemple dc Sara qui mourut àl’âge de 1 17. ans en Kiriatharbah. Qui etoit une ville située prés des chcnes de mamré, où Abra ham avoir fait son feiour pendant long tems, St où il avoir même bâti un autel pour servir à l’Etcrnel; cette ville sut nommée Hébron St sot jointe à la tribu dejuda; David y sot ensuite oint pour Roy ; il y fit son feiour ; qui la rendit fort célébré; St comme c’étoit une Ville qui étoit dans la terre promise, qui étoit le type de la Jérusalem d’enhaut; aulli sot elle le sepulchredes Patriarches, qui pos- sederent cette terre sainte en attendant la résurrection glorieuse, qui les mertroit cn possession d’un pais plus noble, plus agréable St plus fertile. Hur des Chaldéens étoit le lieu de fa naissance ; Sc Hébron sot celuy de fa mort; nous fçavons bien où nous naissons ; mais nous ne fçavons pas où nous devons mourir; ni même de quelle mort nous devons mourir; d’une mort violente, comme Abcl, las Prophètes de l’Kterncl, Jean Batiste, les Saints Apôtres, Sc fous les bien heureux Martyrs du Seigneur ; ou dans un pays étranger comme Jacob Sc Joseph, entgypte, KloyseSc Aarondans un désert, ou dans nos lits naturels, comme Sara Sc Abraham; qui est la mort la plus douce, parce qu’on sc voit entre les bras de ses plus proches, qui n’oublientrien pour adoucir les playes de lame Sc du corps. Balaam le faux Prophète fou h ai toi t davoir une fin semblable, Cen(s.i ì,j8. Cems. a. a. Sam. s, 3, Nombr, 3}. Sc il II. Partie. Cms.ir.jt. Cen. t j, n. Grr». 3t, to. 5 SERMON FUNEBRE. 6 il l’auroit cu'ds’il avoir saintement vécu, puisque lamortatoû- joursdu rapport à la vie; celuyquivit bien meurt bien, quelle est la vie, telle est la mort, parce que Sara avoit vécu saintement, aulfil mourut elle heureusement, en Hébron dit nôtre Prophète Passons j maintenant aux devoirs qu’Abraham son mari luy rendit qui sont nôtre z.Poinct! Car il vint pour faire deuil, & la pleurer; il vint dit le Prophète; qui marque qu’Abraham ne sc trouva point en Hébron à la mort de Sara, parce qu’il se tenoitla plus part du tems en un lieu qu’on appelloit Beersçebah, comme qui diroit puits, ou fontaine de jurement; parce que ce fut en ce lieu là qu’Abraham & Abimelcc, traitèrent alliance , & qu’Abraham avoit crculé un puits pour y avoir de l’eau, comme vous le pouvés voir dans le livre de la Genèse. Voilà pourquoy le terme dc son original se prend quelques fois pour celuy de sept; parce qu’Abraham s’en étoit alíermi la possession, par les sept agneaux, qu’il avoit oiferts à Abimelcc, Voilà le lieu où demeuroit Abraham séparé de Sara sa femme,, non pour aucune mes-intelltgencc qu’il y eut entr’cux, mais à causé de leurs grands biens,dontDicu les avoit bénits & du grand nombre de leurs Domestiques, qui ne pouvoient pas demeurer tous ensemble. Ainsi Abraham avoit avec luy ses serviteurs, & Sara ses servantes, desorte que ce netoit qu’une séparation de corps» mais non pasd’esprit: l'esprit d Abraham étoit en Hébron M- de seau à l’entour de Jérusalem, & n’y avoit personne qui les ensevelit: & comme cela s’est veu dans la persécution du siécle passe': où l’on a refusé la sépulture à ceux qui n’ont point voulu prendre la marque de la bête; de semblables refus, font honnorables, ceux qui en font privés; ils rendent leurs noms&leur mémoire éternelle, & l’ignominie dont on veut les couvrir, rciaillit fur ceux qui veulent les marquer de cette infamie ; qui est un crime fi atroce, queDicu ne laissera pas fans une juste punition. Ainsi Abraham ayant convenu du prix de la possession du scpulchre , avec lesEthiens qui étoient Cananéens» descendus de Hcth, le fils de Canaan ; y enterra son mort, & depuis ce temps GM.jo,rs. là ce scpulchre sut le lieu de la sépulture d’Abraham & de sa fa mille, assavoir d'Ifaac & de Jacob, qui fit promettre à Joseph de B 2 Gents. 47, 19.30. trans- Gwts. fo, SL. 2Ó, 3 •« 'f 12 1 U " SERMON FUNEBRE. - I transporter son corps, après fa mort, hors dupais d’Egypte, & de l’enterrer dans leur lepulchre, afìn qu’il dormît avec les fer es. Joseph recommanda la même chose à ses freres, lors qu’il les fit jurer detransporter ses os d’Egypte ; dans le sepulchrc de sesl’eres; comme ils le tirent ainsi qu’ils l’avoient promis; car Joseph étant mort, ilslembaumercnt, & le mirent dans un cercueil, où il fut gardé t s 5. ans, jusques à la sortie des Israélites, dupais d’Egypte; qui sortirent avec eux les os de Joseph, & les ens velirent dans le sepulchrc de ses Pères ; où Sara avoit été enterrée la premiere Voilà fideles l’cxposition de nôtre texte; P application que nous en allons faire, ne vous fera pas moins utile; car iì vousyavcs appris, qu’il you.; faut tous mourir, nous vous indiquerons présentement, ce qu’il faut faire pour bien mourrir. Doctrines. Htbr.ihit- .Pf «P- 49 - ? Job. , 7 . Ecdcfuzfl. i.Koii 3, 3. Vous y apprenés premierement,que de tant de millionsso’ames dui ont vécu depuis le commencement du monde, il n’y en a pas une sottie qui soit présentement dans le monde, qu't Iles en som toutes sorties par la porte de la mort: c est la conclusion que l’Apôtretire de la vie de tous les Patriarches : diíánt, qu ils sont tous morts en la foy, n’ayant point reçeu les promesses ; mais les ayant veuës de loin , creuës & saluées , a y ans fait profession d’êtrc étrangers & pelerms fur la terre; car telle qu’actè la condition, des pères, telle doit être celle des enfans : où est l’hommc qui vivra, & ne verra point la mort ; elle est impitoyable, elle n’cpargnc pas plus ceux qui s’humilient devant elle, quecfcux qui lui résistent; elle ne se laide point licchir, ni aux larmes des petits enfans qui luy demandent la vie de leurs pères & mcres;pi aux prières des pauvres qui lui demandent la conservation des âmes charitables qui leur saisoient suc ccr lesmummelles de leurs consolations; ha! c’est ici que chacun doit dire avec Job: j’ay crié à la fosse, vous êtes monpere; & à la pourri ure & aux vers, vous êtes ma mere, Lt ma soeur, & avec le sage; que l’aceident qui arrive aux bêtes , & l’accident qui arrive aux hommes.est un même accident; quelle est lamort le l’un telleest la mon de 1 autre; ils ont tous un même souffle, &l’hommen’a point d’avantage par dessus la bête, car tout est vanité . tout va dans un même lieu, tout a été fait de poudre & tout retournera cn poudre. C est la leçon que sos Prophètes nous ont faite ; je m'en vai lisoit David, le chemin de toute la terre. La nature qui est l’école SERMON. FUNEBRE. r; dc tous les mortels, nous en avertit, puis quelle ne nous nourrit que des choies mortes , 11e nous couvre que des dépouillés, des botes mortes; lçauriés vous ouïr le son des cloches, qui vous appellent au deuil, 6t à Ja condoléance, lans penser à memetems que vous ctes mortels. comme les autres ; pourries vous voir les morts,' Î jue vous accompagnés au scpulchre, lans dire en vous môme, qu’il aut vous preparer à une rncme lin, que vous ôtes les soiets de laj mort comme les autres; verres vous enlever du milieu de vous,; ces bonnes & saintes âmes tant nécessaires aux pauvres, comme Sara, fans prendre de saintes résolutions, de les imiter en leur vie, pour avoir une lin semblable, selon l’exortation de l’Apôtre: puis 1 donc que nous sommes environnés d une si grande nuée de témoins, reiett.ant tout fardeau, & le péché qui nous envelope tant ailcmcnt; poursuivons constamment la course, qui nouselì pro-^àr,»/.,. posée, regardansà Jésus le ChefÒC le consommateur de nôtre soy ; regardes Sara, payant à la mort son tribut, pour elle môme, mais non pas pour les autres ; la mort ne íe paye pas de billets de change, ni de réponecs données par des procureurs: elle veut des réponces personnelles, des Rois, aulli bien que du moindre de leurs soiets; si Pseau.81. elle n’a point épargné la mere, elle 11’épargnera pas non plus les en- fans ; si celle là est morte, ceux ci aulli mourront à leur tour. 1 Mais 11’est ce pas une expression dure, & opposée au bonheur de Sara, dc dire qu elle est morte? Non, non! d saut changer de langage, 6c dire que Sara vit; que la mort n’a fait que leparer son ame de son corps, pour un tems; pour ne confondre point la mort des bien aimes de l’Eternel avec la mort des mechans, qui meurent pour ne vivre jamais plus avec Dieu ; comme Achab, Je7.abcl, 6c leurs semblables, qui n’ont pas seulement l’esperancc aune vie trompeuse, dans leur enfer. Au lieu que Sara n’a quitté le lieu de mort, que pour entrer en celui de la vie ; sa nailíance l’avoit nolée dans une terre étran gere, 6c la mort l’a placée dans la maison de son pereCeleste; fa (naissance, l’avoit introduite dans un lieu de soussranecs, & de com- jbats; &fa mort l’atlevée en celuy de la gloire, 6c du triomphe; û naissance l’avoit alluiettië à plusieurs maux, comme les maladies de son corps, 6c les chagrins de là famille; 6c la mort l’a delivrée Pstau. >4. de tous , comme dit David ; la naissance luy avoit fait voir la lumière, & par fa mort elle est devenue lumière , puis quelle reluit comme un soleil dans Je Royaume de la lumière; la naissance Iì 3 lavoit j, Cor. -, AJalth. s. ..V Y '. ’ jtpoc. iì,H. 14 SERMON FUNEBRE, l’avoit mise entre les bras de la mort, & la mort la mise entre les mains du Prince de vie. Pendant quelle vivoit parmi nous, ses yeux étoient toujours tournés vers des objets de compassion: ses mains étoient incessamment occupées à faire du bien à ceux qui en avoient besoin ; ellé n’avoit pas ces faiblesses, qui travaillent la plus part des Chrétiens; qui ne donnent qu’avec crainte aux pauvres , qui reprendraient avec plus déplaisir de la main gauche, qu’ils ne l’ont donné de la droite; elledonnoit librement, elledonnoitgaycment; ses mains agissaient parles sacrés ressorts de son cœur, fa vie a été une Automne seconde en bcneficence envers les pauvres de Jésus Christ; c’étoit une autre Dorcas en aumônes, qui ont été l’ençens dont elle a parfumé le Ciel & la terre ; elle a épars, elle a donné aux pauvres , fa justice demeure éternellement ; parce qu’cllc a été pacifique» elle est maintenant dans un Royaume de paix, où elle jouît d’un repos fans trouble; parce quelle à été miséricordieuse» elle a obtenu la miséricorde ; parce quelle a eu son cœur droit avec son Dieu » elle a cette gloire de le voir dans le sciour de sa gloire; où elle n’a que des obiets de joye & de plaisir; parce que toutes choses y sont semblables au Dieu qui y habite. Ses mains n’y ont d’autre occupation, qu’à cueillir cette belle récolte , de ce qu’elle a semé ici bas. O que bien heureux sont ceux qui font sc$ commandemcns, afin qu’ils ayent droit en l’arbre de vie, & qu’ils entrent par les portes de la Cité. Cest la béatitude qui fait vivre Sara > fur la terre & dans lo Ciel; parmi les mortels, & parmi les vivans; parmi les mortels, elle vit dans le cœur des pauvres, qu'ellerechaussait du feu de ses charités; dans le lictdes malades» qu'elle consolait, par le secours qu’elle leur donnait, dans le souvenir des réfugiés, & persécutés pour le nom de Christ ; par ses tendres compassions, & par les effusions de ses charités, & de ses soins ; dans ccluy des Pasteurs par les cordiales affections qu’elle leur portoit, & parmi ses voisins, par la bonne union » & la bonne intelligence qu’elle entretenait avec eux; & dans fa famille , par la mémoire bénite qu'elle y a laissée; par les puissantes exhortations qu’elle a faites à í’esensans, d’entretenirentr’cux la paix , l’union , la bonne intelligence, & l’amour fraternelle; s’ils voulaient se conserver les faveurs & les bénédictions de Dieu ; qui n’habite point parmi le tourbillon ni dans la tempête ; mais là où est le ton coi, là où la paix est; . ■ ! : ëc SERMON FUNEBRE. i & enfin par mille bénédictions quelle leur a souhaitées, duCielen haut & de la T erre en bas ; fans exception. ni fans distinction d’au* c un. Elle a versé cette rosée Geleste lur tous. Enfin Sara cette bonne aine, vit dans le Ciel, qui est la terre des vivans , elle y vit de la vie de Dieu ; elle y vit avec Dieu ; elle y vit avec les Anges , avec toute l’Eglisc Triomphante , qui l’ontreçeuë, au ion de leurs harpes ; c’est là quelle a changé les saintes occupations; auparavant elle ne s’occupoit qu a distribuer* & présentement elle n’a point d’autre plaisir cjue celuy de recevoir ; ses yeux reçoivent Ja lumière, dont cette Cite Sainte est illuminée; ses oreilles, écoutent les airs mélodieux que PEglisc Triomphante y fait retentir, à la gloire de Dieu, & de l’Agneau; fa langue & ses íevres, n’ont point d’autre mouvement, que de celebrer a jamais, la gloire, la beauté, & la bonté de l'Epoux Celcste; ni ses mains, d’autre travail, ou’à cueillir les fruits de l’arbrc de vie, qu a puiser à pleins seaux , dans ce fleuve, d’eauvive qui coule de dessous le thrône de Dieu ; ni ses pieds d’autre mouvement qu’à parcourir les rues d’or de ce Saint lieu. Concluons donc avec le sage, que le jour de la mort luy a ôté de beaucoup plus favorable, que le jour de la naissance; parccque par sa naissance, elle mouroit tous les ours; au lieu que par ft mort, elle vit & vivra fitns jamais mourir Zien heureux & saint est celuy, qui a part à la prcmicre résurrection : la seconde mort n'a point de puissance sur eux; mais ils feront sacrificateurs de Dieu à de Christ; dit saint Jean. Ames Chrétiennes, qui ne souhaités rien tant que d’ctrc heureuses; nous vous prions par les compassions du Dieu vivant, par les entrailles de fa miséricorde , par les mérités de Jésus Christ; tar les consolations du Saint Esprit, & pour l’interêt de vôtre propre salut, de penser un peu mieux à cette fin; pour n’en être point surpris; elle est connue à Dieu, qui en a sixélheure, lemo jnent, le lieu, &Ja manicrc; mais non pas à vous; afin que vous fie vous flatties pas d’avoir aisés du tems , pour faire vôtre paix, jîtvec voire Dieu. La mort décidé du bonheur ou du malheur, c'est tin arrêt fans appel; ainsi si Je juste est difficilement sauvé dit faim Pierre; comment le seront ceux, qui ne pensent à rien moins qu a Être justes; qui vivent comme s’il ìíyavoit n’y Paradis à cspeicr ni enfer à craindre ; qui cherchent leur Paradis sur la terre; comme les avares dans lV.bondance des biens périssables; les orgueilleux, npssiilion des grands Emplois j les volupt ueux dans les délices' g Ecdis.y.r. A$qc,i*,6. P itr.f, t$. en K SERMON FUNEBRE. r 6 i.Jetn, 3, rs. ApOC.it. Apoc. t, 6. ìc les plaisirs du siécle, qui font des torrens qui ne font que rouler, qu’unc mer d’amertume pour l ame Chrétienne. Avés vous jamais veu que le monde ait rendu aucun homme heureux ? au contraire, il ne fçait faire que des malheureux: cçux qui aiment le monde nc font point aimes de Dieu ; dit Saint Jean. II n’y a que la pieté qui ait les promesses de la vie présenté, &G de celle qui est à venir ; Cultivés cette belle vertu qui vous enseignera , à vivre dune vie sainte, pour avoir une mort heureuse; à bien vivre pour bien mourir; vivre en la crainte de vôtre Dieu pour mourir en fa grâce, & pour revivre un jour en une vie Eternelle. Déracinés de bonne heure, vos coeurs de cette terre qui périt, & logés les dans le Ciel. Vives comme fi vous déviés mourir à toute heure; troussés vos reins; chaussés vos pieds des préparations de l’Evangile de paix ; prenés le bâton de la foy , comme autant de voyageurs spirituels, qui n'attendent que le dernier signal, pour passer de ce lieu de combats, enceluydes viótoircs; ayésvos âmes fur le bord des levres, prêtes à les remettre à tout moment entre les mains de celtiy qui les a rachetées par l'on sang; dites luy avecl’Epoufe: vien Seigneur Jésus vien ; voire Seigneur Jésus vien bien tôt. Et avec le Disciple bien aimé : A celuy qui nous a aimés, & qui nous a lavés de nos péchés par son sang, & nous a faits Rois :. : & Sacrificateurs à Dieu son Pcre ; à luy soit la gloire & la force, aux siécles, des liecles , AMEN. i * (Vadidna) » GaD©