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en ce parlement, quand tous les navieurs serontvenus et Jean Lyon fera sa demande, si la debatez,et je me feindrai, froiss. n, u, 62 . Et se debatoità soy-mesmes s’il yroit ou non, comm. i, 3. || xvi* s.[Jupiter] De son grand chef fit bransler et debatreL’horrible poil, duquel, par son pouvoir, Fait terreet mer et estoilles mouvoir, marot, iv, 21. Moncueur, pourquoi t’esbahis ores? Pourquoi te desbatsdedansmoi? id. iv, 280 .qui me fit la supplier met-
tre la main sur mon cœur, pour voir comme il sedesbattoit.... il se print à desbattre et tourmentersi fort, qu’elle sentoit que je disois vérité, marg.Nouv. lyii. Nous voyons les chevaux hennir et sedesbattre en songe, mont, i, ioi. Il amusa ainsitout un jour ce sot à desbattre, id. i, 146. Sur lajalousie de leur apprentissage, ils [lesrossignols] sedesbattent à l’envy, d’une contention si courageuseque par fois le vaincu demeure mort, id. ii, 174. Unmusicien contre lequel il desbattoit de son art, IB.i, 289. C’est religion de débattre des ordonnancesd’Aristote , id. ii, 284. On veoid jusques aujourd’huyles dieux de la medecine se débattre de nostre ana-tomie, id. n, 317. U falloit que l’on recourust tous-jours aux juges, et que presque toutes questionsfussent debatues devant eulx, amyot, Solon , 3i.Mais quand le sentiment du feu fut passé jusques àla chair vifve, adonc commencèrent les bœufs à sedebatre, et à secouer leurs testes, id. Fab. 17. Ilsapperceurent sur le rivage le roy Dejotarus , qui sedebatoit à leur faire signe qu’ilz le receussent aussi,id. Pomp. 104. Personne ne débat que le vice soità éviter et A haïr sur toutes choses, cjiarron, Sa-gesse, ii, 3. Puisque j’ay ce point, qui ne me peutestre debatu, cholieres , Contes, t. i, Matinée 8.Tout bien debatu, se trouvera qu’il n’y a rien dis-semblable pour ce regard, noel du fail , Contesd’Eutrap. ch. 22 .
— ÉTYM . Dé... préfixe, et battre; provenç. desba-tre, debatre; espagn. debatir; portug . debater; ital.dibattere. Le sens propre est battre de (à et de là,sens conservé uniquement dans le verbe réfléchi.
DÉBATTU, UE (dé-ba-tu, tue), part.passé de dé-battre. Livré à contestation. Une question vivementdébattue. Quels sont lespoints débattus entre les deuxpartis? pasc. Prov. l. L’abbé de Foucald, qui fut pré-sent à la conférence, a rédigé par écrit avec beau-coup de netteté et de jugement les points débattus etles passages qu’on employa de part et d’autre, boss.Var. xi, § 78. || Fig. Tout débattu, après avoir exa-miné la chose de tous les côtés.Tout débattu ,tout bienpesé, Les Ames des souris et les âmes des belles Sonttrès-différentes entre elles, la font. Fabl . îx, 7.
DÉBAUCHE (dé-bô-ch’), s. f. || 1“ Excès condam-nable dans le boire et le mangor. Verville fut ungrand quart d’heure à réveiller son valet breton , quiavait fait la débauche, scarron, Roman com. t " part,ch. 16 . Et tu prétends, ivrogne, que les choses ail-lent toujours de même?... que j’endure éternelle-ment tes insolences et tes débauches ? mol. Médecinmalgré lui, i, i. Il ne manque à leur débaucheque de boire de l’eau forte, la bruy. vui. || 2” Excèsinaccoutumé de table, partie de table. Us aiment àfaire de temps en temps une petite débauche. La Voisin [célèbre empoisonneuse] eut la question or-dinaire et extraordinaire.... elle soupa le soir et re-commença, toute brisée qu’elle était, à faire la dé-bauche avec scandale.... Le mercredi se passa demême en confrontations et débauche et chansons,sév. 407. || Être en débauche, se livrer à quelquesexoès ou parties de table; et fig. Une raison ma-lade et toujours en débauche [c’est-à-dire qui n’estjamais réglée], mol. l'Êtour. u, 14. || Fig. Excès.Vous n’y ferez pas débauche de sincérité, sév. 181 .|| 3” Dérèglement de mœurs. Quand la débauche etie dévergondement sont poussés à ud certain pointde scandale, je suis persuadée que cet excès faitplus de tort aux hommes qu’aux femmes, sév.
16 octobre 1077. Alexis [fils du czar Pierre], âgé devingt-deux ans, se livra à toutes les débauches dela jeunesse et à toute la grossièreté des anciennesmœurs qui lui étaient si chères, volt. Russie , n, 10 .La débauche au teint pâle, aux regards effrontés,Enflamme tous les cœurs vers le crime emportés,Gilbert, 18" siècle. Ces gens qui passent leur viedans la mollesse et les débauches, vertot, Révol.rom. i, p. 100. || 4“ Fig. Débauche d’esprit, d’ima-gination, usage déréglé, mauvais, de son esprit, deson imagination.
— HIST. xvi* s. Us pouvoient bien vivre ailleursen débauché, Calvin , Inslit. 203. Parquoy s’opposeà la sagesse, non seulement la folie, qui est undesreglement et desbauche.... cuarhon, Sagesse,Préface de la seconde édition
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— ÉTYM. Voy. débaucher; Berry, débau, inter-ruption de travail.
DÉBAUCHÉ, ÉE (dé-bÔ-ché, chée), part, passé.|| 1° Attiré à la débauche. Débauché par des cama-rades dissolus. || 2° Qui vit dans la débauche. Cejeune homme est dissipateur et débauché. Us en-trèrent dans la maison d’une femme débauchée,nommée Rahab , et se reposèrent chez elle, sacy,Bible , Josuè , n, l. || Substantivement. C’est unparfait débauché. Le débauché se rit des discoursde son père, Et, dans vingt et cinq ans venant à sechanger, Retenu, vigilant, soigneux et ménager,De ces mêmes discours ses fils il admonête, Qui nefont que s’en rire et que hocher la tête, Régnier,Sat. v. Bientôt son hôtesse nouvelle, Le prê-
chant, lui fit voir qu’il était auprès d’elle Un vraidissipateur, un parfait débauché, boil. Sbtt. x.|| Un agréable débauché, homme agréable dans ladébauche de table. Polémon fut un de ces agréa-bles débauchés, dont la ville d’Athènes fourmillait,dider. Opin. des anc. phil. Platonisme. || 3° Dé-tourné du travail, du drapeau. Des ouvriers débau-chés de l’atelier par l’appât d’un salaire plus élevé.Les soldats étrangers , débauchés par des émis-saires, quittaient en foule sou service. || En bonnepart, entraîné en quelque partie de plaisir, enquelque distraction. Mme de Coulanges me presse[d’y aller] d’un si bon ton, que me voilà débauchée,SÉV. 342.
f DÉBAUCHÉE (dé-bô-chée), s. f. Mot employéquelquefois pour désigner l’heure de la cessation jour-nalière du travail des ouvriers des arsenaux.
— étym. Débaucher.
f DÉBAUCHEMENT (dé-bô-che-man), s. m. Ac-tion de débaucher.
— BIST, xvi* s. Pour remedier à toutes occasionsde desbauchement, et avoir une conduite certaine,il regarde à ce que Dieu lui montre, Calvin , 26&.Quelque part qu’on soit, on rencontrera des occasionsde malfaire etdebauchementtant et plus, m. 271.
— étym. Débaucher.
DÉBAUCHER (dé-bô-ché), v. a. || 1° Jeter dans ladébauche. Les mauvaises compagnies l’ont débauché.|| 2" Détourner une femme, un mari de ses devoirs,une femme libre, fille ou veuve, de la bonne con-duite. Photin dont il avait débauché la femme,boss. Mist. i, tl. Si un maître débauche la femmede son esclave, ceux-ci sont tous deux libres ,montesq. Esp. xv, 4 2 . Je n’ai débauché le marid’aucune femme, je n’ai jamais attiré dans mesfilets aucun jeune homme, raynal, llist. phil.xvn, 24. || Se dit aussi d’une personne qui, dé-tachant d’un commerce de galanterie une autrepersonne, l’attire à soi. Il venait de lui débaucherla comédienne, hamilt. Gramm. xi. Tu m’as dé-bauché de Timante, brueys, Muet, i, 7. || 3° Dé-tourner d’un travail, d’une occupation. Débaucherun ouvrier, un domestique. Il y a quelque autrechose qui vous débauche tous de mon service, vau-gel. Q. C. 668. Cela n’est ni beau ni honnête denous débaucher nos laquais, mol. Préc. 4 6. Faisonsdéfense à tous fabricants, contre-maîtres de fabri-que.... de débaucher directement ou indirectementaucun ouvrier forain ou domicilié, et même de luidonner de l’ouvrage, qu’il n’ait.... Lett. patent, du4 2 sept. 4 784, art. 0 . |j ï’ig. Son irrégularité me dé-bauche; je la condamne et je l’imite, sév. 4 4 6 .|| 4" Provoquer à la défection. 11 débauchait par pro-messes et par argent les troupes mêmes de l’empire,flécii. llist, de Théod. i, 4 7.Ptolémée vint par mersur les côtes de la Cilicie , et employa toutes sortesde moyens pour lui débaucher les Argyraspides[troupes d’élite dans l’armée macédonienne], rollin,llist. anc. Œuvres, t. vii, p. 4 22, danspouGENs. Chaqueparti tâchait de débaucher les alliés de l’autre, ver-tot, Révol. rom. xi, p. »8. Des vaisseaux qu’il en-voyait pour débaucher une partie delà flotte, sév.470. || Par extension. Dépenses [de Bouquet] qui al-laient à se fortifier contre lui [le roi] et à lui dé-baucher ses sujets et ses domestiques, chapelain,Lett. d Mme de Sévigné , dans l’édition de sévigné,donnée par Adolphe Régnier , t. i, p. 429. || 5° Enbonne part, faire quitter un moment le travailpour le plaisir. Un de ces jours j’irai vous débau-cher. M. de Termes nous mène dans son carrosse, etj’ai aussi débauché M. Hessein pour faire le qua-trième, rac. Lett. à Boileau , 26 juillet 1687. || 6° Sedébaucher, v. ré/l. Se jeter dans la débauche. On sedébauche, et la jeunesse Ne songe plus à s’exercer,Et ne fait que son temps passer, scarron, Virg. trav.iv. || 7° Quitter ses occupations. Étant jeune, je medébauchai de mes études avec quelques-uns de mescamarades; nous fîmes dessein de nous en aller en
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pèlerinage à St-Jacquesen Galice, segrais, île imarginaire, t. il, p. 4 80. || En bonne part, se délasser parquelque plaisir, par quelque distraction.
— HIST. xiv* s. Grans gens aveuc lui se débau-chent, Droit vers Lille en Flandres chevauchent,G. guiart, ms. f° 273, dans lacurne. || xv* s. Quantcompaignons sont desbauchez, Us ne cerchent quecompaignie, villon , la Repue de Montfaucon.Comme par delà [à Gênes ] ils soyent moult jalousegent, ny n’ont désir que on leur aille desbaucherleurs femmes, de cestuy leur est bien advenu, Bou-ciq. iv, ch. 7, || xvi* s. Il y a partout des scandaleset tentations à se desbaucher, Calvin , 274. Il fol-lastrera, il se desbauchera avec son prince, mont,i, 4 86. Us les ontprinses [les passions] comme tem-pestes qui desbauchent honteusement l’ame de sa
tranquillité, id. ii, 326.Les organes et instru-
mens, lesquels estant détraqués et desbauchés,l’amene peut bien et reiglement agir.... charron, Sa-gesse, I, 4 4.
— ÉTYM . Dé.... préfixe, et un ancien mot han-che, qui a le sens de lieu de travail, atelier; norm.se débaucher, se désoler; wallon , disbdchi. L’ori-gine de bauche est inconnue; comparez bauge, em-baucher, et aussi ébaucher.
DÉBAUCIIEUIl, EUSE (dé-bô-cheur, cheû-z’),
s. m. et f. Celui, celle qui excite à la débauche.
— HIST. xvi* s. Louis, duc d’Orléans, grand de-baucheur des dames delà cour, brant. dans leDict.de dochez.
— étym. Débaucher.
f DÉBELLEU (dé-bèl-lé), v. a. Vaincre, réduire.Je vous assure qu’elle est débellée, comme dit M. deCoulanges, sév. 30. Tout le monde applaudit, et lamaréchale encore débellée [ c’est-à-dire nouvelledéfaite de la maréchale], id. 620 . La nullité d’unecour entièrement débellée et asservie, st-sim. 263, 4 4.Avec tous ces vices sans mélange d’aucun vestige devertu, il [le duc de Grammont] avait débellé la couret la tenait en respect, id. 468, 263. || Terme vieilli.
— HIST. xiv* s. Remembre toi que tu dois savoirces peuples gouverner, espargneraux subjects etde-beller les orgueilleux, oresme, Prol. || xv” s. Pourdebeller tous ceux qui voudraient le contraire, mons-
TREL. I, 70.
— étym. Lat. debellare, de de marquant la fin,et hélium, guerre (voy. belliqueux).
f DEBENTUIt (dé-bin-tur), s. m. Terme de l’an-cienne administration financière. Quittance donnéepar les officiers des cours souveraines quand ils re-cevaient leurs honoraires.
— étym. Cette quittance était ainsi nomméeparce qu’elle commençait par ces mots latins : de-benturmihi, me sont dus.... de debere, devoir.
DÉBET (dé-bè), s. m. Terme de finance. Ce quireste dû après un arrêté de compte. Voici le débetde votre compte. Un arrêté de nos débets récipro-ques. Être en débet, n’avoir pas pu solder un comptecomplètement. Déclaration et commission sur lesdébets de quittances, débets de clairs et autres par-ties, Commission du roi, 3 avril 4 669. || Payer unecharge en débet, la payer en acquittant les dettesdu vendeur. || Acte enregistré en débet, enregistrésans payement immédiat des droits.
— REM. Ce mot est tout à fait francisé même parla prononciation.
— ÉTYM . Mot latin, dcbet, il doit; de debere (voy,devoir, verbe).
DÉBIFFÉ, ÉE(dé-bi-fé, fée), part, passé. Visagedébiffé. Traits débilfés. U est .tout débiffé. Estomacdébiffé.
DÉBIFFEU (dé-bi-fé), v. a. Terme très-familier.Mettre en mauvais état.
— IIIST. xvi* s. Au reste sont plus esgriffées, Plususées et desbiffées, Que les vieilles chausses d’ungposte, J. mar. v, 216. En laissant ces deux articles,tout ce qu’on pourra prescher ou disputer de la foy,sera bien maigre etdesbifé, voire du tout inutile.calv. Inslit. 469. Laissant en aller cette armée de-biffée à la Charité, où les trouppes se refaisoient,d’aub. llist. i, 326. L’armée, tormentée des eaux, desmauvais chemins et de la faim, commença à se debi-fer, id. ib. m, 69. Une armée ainsi desbiffée entre-prend de courre après une autre fraische, gaillarde,reposée, id. iv, 26 . Les fermiers vous rendront vosmaisons debiffées, o. de serres, 63. Le charpentierne joignit pas bien ces ais au commencement; re-gardez comment ilz se debiffent maintenant, pals-grave, p. 662 . Je vous trouve depuis peu de jourschangé, hâve, déliait, debiffé, cholières, Contes,
t. i, Matinée 9.
— ÉTYM . Dé.... préfixe, et biffer.
DÉBILE (dé-bi-T), ad]. Qui manque do force,