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parole, t. I, p. 38. On touche toujours sur le che-val qui tire, cotgrave.
— ÉTYM . Bourguig. lâchai, frapper; Berry, tou-the-aux-nues, homme de petite taille ; prov. tocar,tochar, toquar ; espagn. et portug. tocar; ital.toccare ; d’après Diez, de l’anc. haut-allem. zu-chôn, tirer, arracher. Ce qui rend cette étymolo-gie très-probable, c’est que se toucher a signifiés’échapper, se tirer (voy. l’historique), ce qui se-rait inexplicable si toucher représentait un radicalanalogue à tac du latin tac-tus.
2. TOUCHER (tou-ché ; IV ne se lie jamais), s. m.
Il 1° Celui des cinq sens qui nous fait connaître lesqualités palpables des corps, telles que la consis-tance, la sécheresse ou l’humidité, la configurationextérieure. Les sensations ne produiraient que desjugements faux, s’ils n’étaient, à tout instant, recti-fiés par le témoignage du toucher ; celui-ci est lesens solide, c’est la pierre de touche et la mesurefie tous les autres, buff. llist. nat. hom. Œuv. t. iv,P. 181. Le toucher n’est qu’un contact de superficie,M. ib. p. 504. Le toucher, considéré en lui-même,he nous donne proprement qu’une sensation, cellefie l’impénétrabilité et de la résistance plus ouMoins grande des corps, d’où nous concluons la réa-lité de la résistance, d’alemb. Mél. etc., t. v, § 7.Toutes les idées qui nous viennent par le toucher,supposent des comparaisons et des jugements; àpeine le toucher est instruit, qu’il devient le maîtrefies autres sens, condil. Œuv.t. v, p. L. Le toucherParaît plus particulièrement le sens de l’homme,Parce qu’il est plus parfait chez lui que dans lesautres animaux, sennebier, Ess. art d’obs. t. i,p. 186, dans pougens. Le toucher, roi des sens, lessurpasse en richesse, delille, Imag. 1 .11 2° Il sedit de la qualité qu’un corps touché fait apprécier.Le toucher gras de ce liquide semble provenir,comme celui du mercure, du grand rapproche-Ment de ses parties ; et c’est en effet, après leMercure, le liquide le plus dense qui nous soitconnu, buff. Min. t. m, p. 240. Le toucher dur duVioloncelle racornit... i. J. rouss. Ém. n. ||3° Ma-nière dont un musicien joue d’un instrument àtouches ou à cordes. Ce pianiste, ce joueur de gui-tare a un beau toucher, un toucher brillant.
Il 4° Contact. [Homme ] qui ne soit pourtant Mal faitfie corps, ni par trop dégoûtant, Ni d’un toucher sirude et si sauvage, la font. Mandrag. Toutes lesparties de moi-même se rassemblèrent sous cetoucher délicieux, s. i. rouss. llél. i, 14. || 5° Termed’obstétrique et de chirurgie. Opération qui con-siste à explorer avec le doigt médium ou l’indica-teur certains organes.
— SYN. TOUCHER, TACT, ATTOUCHEMENT. Le tOU-cher est le sens; le tact est le toucher en exercice.L’attouchement est l’action de toucher.
— BIST, xiv" s. Ceulx qui sont desattrempez entouchier ou en gouster, oresme, Éth. 93. || xvi" s.Le toucher ou attouchement est fait en toutes par-ties ayans nerfs, paré, Introd. 9.
t TOUCHETTE (tou-chè-t’), s. f. Petites barresd’ivoire, incrustées dans le manche de la guitare,qui le divisent en demi-tons. L’instrument avaitnon-seulement des chevilles, mais des tons outou-chettes destinées à déterminer fixément la positiondes doigts lorsque l’on jouait, la page, Hist. ginér.de la mus. t. n, p. 109.
t TOUCHEUR (tou-cheur), s. m. || 1° Celui quitouche. || 2" Particulièrement, toucheur, tou-uùeuse, celui, celle qui prétend guérir par deshttouchements. C’est là qu’on voyait s’assemblerde tous côtés un nombre incroyable de personnesPour lui demander [à un prétendu prophète irlan-dais, en 1664] le rétablissement de leur santé; ilh® faisait autre chose que les toucher.... c’est cequi lui fit donner le nom de toucheur, Vie de saintEvremond, dans ses Œuvres, t. i, p. cxn. ||Tou-eheur de carreau, se dit, en Normandie , de gensu qui la superstition populaire attribue le pouvoirde guérir le carreau par des attouchements.
Il 3" Toucheur, homme qui conduit les bœufs entroupe aux abattoirs. || 4° Dans les houillères dela Loire , conducteur des chevaux dans les galeriessouterraines. || Ouvrier qui conduit le cheval em-ployé à faire mouvoir les machines dans une ar-doisière. || 5" Appareil qui, dans une presse méca-fiique, distribue l’encre sur les caractères.
— hist. xvi" s. Toucheur d’asnes, cotgrave.
TOU-COI (tou-koi). Terme de chasse. Mot qu’on
Mhploie pour faire taire un limier lorsqu’il crie.Tou-coi, chien, tou-coi.
I TOUE (toue), s. f. || 1° Action de touer. Les vais-seaux n’y arrivent qu’à la toue, parce qu’ils trou-vent toujours des vents contraires ou un grandcalme, raynal, Hist. phil. vu, 32. || 2“ Bateau plat qui sert de bac. || Toue sapine, grande toue àquille et en bois de sapin. Pour une grande touesapine de Seine , Yonne et Loing, est dû.... gran-des toues et autres portant chefs ou quilles....Déclar. 22 oct. 4 715, tarif. ||Toue chênière, toue
en bois de chêne. le chargement des toues
chênières [sur l’Yonne ] .... peut Être évalué de65 à 70 tonneaux, e. grangez, Voies navigables deFrance , p. 723. || 3° Terme de marine. Petite em-barcation plate.
— hist. xvi' s. Mort vint par homme; et pareulx tous Trespasse mort avec sa toux, e. desch.Poésies mss, f" 369.
TOUÉ, ÉE (tou-é, ée), part, passé de touer. Na-vire toué.
TOUÉE (tou-ée), s. f. Terme de marine. || 1° Ac-tion de touer un navire. Sortir d’un port à latouée. || 2" Cordage à l’aide duquel 011 tire un vais-seau flottant pour lui faire parcourir un certainespace. || Grande touée, câble composé de troiscâbles épissés bout à bout; la petite touée ne secompose que de deux câbles.
— HIST. xv' s. Lesquelx maistres des pons au-ront une bonne flecte [barque].... pour porter lesfiliez, appeliez la touée, pour lesdils labouragesfaire, tant en montant et avalant lesdiz nefs,basteaux et vaisseaux, du cange, thouma. || xvi" s.Legierement feirent une touée; Cables greslins onahuste et apreste, X l’esqueult est l’ancre toutepreste, Et à haller chascun fait son effort, j. Par-mentier, Chant roy. dans jal.
TOUER (tou-é), je touais, nous touions, voustouiez; que je toue, que nous touions, que voustouiez, v. a. Terme de marine. Tirer à bord, soitpar le moyen du cabestan, soit à bras, sur uneamarre dont l’autre extrémité est fixée à terre ouà une ancre mouillée en avant du bâtiment, versle lieu où Ton veut aller. || Se touer, v. réfl. Se ha-ler sur un cordage attaché à une ancre, à un autrenavire, à un point fixe quelconque. La frégatefut serrée contre la terre, l’arrière fort près desroches; il fut impossible do songer à se touer,lapérouse, Voy. t. 11, p. 150, dans POUGENS.
— HIST. xvi' s. Le vent aiant mis bas, il falloit leslaisser derrière [les caraques] ou les touer, d’aub.Hist. 11 , 23. L’autre estantprise, lespreneursse firenttouer bien à propos à leurs gens, id. ib. 11 , 208 .
— ÉTYM . Espagn. atoar ; de l’angl. to tow, touer,qui tient à l’allem. Tau, corde ; isl. toug ; suéd .tog ; holl. touic.
f TOUEUR (tou-eur), s. m. Sorte de remorqueurqui se distingue du remorqueur ordinaire en ceque le toueur, au lieu d’agir sur l’eau au moyende roues ou d’une hélice, avance à l’aide d’unechaîne qui est mouillée au fond de l’eau sur toutle parcours, et qui s’engage sur un engrenagemis en mouvement par la machine du navire.L’administration est saisie d’un projet pour rem-placer [sur le canal Saint-Quentin] les haleurs àbras par des toueurs mus par la vapeur, e. gran-gez, Voies navigables de France , p. 567.
t TOUEUX (tou-eû), s. m. Ancre de touée àl’aide de laquelle on se toue.
TOUFFE (tou-f), s. f. || 1" Assemblage d’arbres,d’herbes, de fleurs, de plumes, etc. en quantitéet rapprochés. Des touffes de scolopendre suspen-dues comme de longs rubans, bernard, de st-p.Paul et Virg. Quelquefois, gravissant la moussedu rocher, Dans une touffe épaisse elle [la Muse]va se cacher, a. chén. Élég. x. Et, colosses per-dus dans ses larges contours [de Babel], Les pal-miers chevelus, pendant au front des tours, Sem-blaient d’en bas des touffes d’herbes, v. iiugo,Orientales, 1. 1| 2' Partie d’un bois, d’un bosquetextrêmement garnie. Je rencontrais de temps entemps des touffes obscures, impénétrables auxrayons du soleil comme dans la plus épaisse forêt;ces touffes étaient formées des arbres du boisle plus flexible.... j. j. rouss. Hél. iv, 11 . || 3" Che-velure, toupet. X Livry, avec sa touffe ébouriffée [deM. do Grignan ] vous ne pensiez pas qu’Adonis fûtplus beau, sév. 78. || 4° Maladie des vers à soie.
— HIST. xiii' s. Une tuffe de plume, du cangf.,tufa. || xiv“ s. Quant marjolaine est bien reprise,adonc la dois arrachier par touffes et replanter àlarge en pots, Ménagier , 11 , 2 . || xv' s. Un toffeld’ortyes, du cange, tufa.
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— ÉTYM . Lat. tufa, sorte d’étendard fait de plu-mes usité chez les Romains. Tufa, qui est dansVégèce , appartient à la latinité dernière et estd’origine germanique : suisse , zvffe, une poignéede quelque chose; allem. Zopf, touffe de cheveux;angl. top, sommet. On a dit aussi touche, qui pa-rait provenir d’un radical différent : xv' siècle :Retraire je me vueil es touches Des bois, ainsi queles farouches; Car d’estre au monde j’ay granthonte, ch. d’orl. Rondeau.
f TOUFFER (tou-fé), v. a. Terme rural. Dis-poser en touffes. || V. n. Se former en touffes.
TOUFFEUR (tou-feur), s. f. Terme familier.Exhalaison qu on sent en entrant dans un lieu oùU y a une grande chaleur.
— HIST. XVI' s. ToufTeur, temps chaud et étouf-fant, OUDIN, Dict.
— ÉTYM . Touffeur est le simple dont étoufferest le composé. L’objection faite contre Diez (voy.étouffer) n’est donc pas valable.
TOUFFU, UE (tou-fu, fue), adj. Qui est en touffe,qui est épais et bien garni. Une plume touffue on-doyait sur sa tête, Tristan, M. de Chrispe, 1 , 3. Leblé, riche présent de la blonde Cérès, Trop touffubien souvent épuise les guérets, la font. Fabl .ix, 11 . Son menton nourrissait une barbe touffue,id. ib. xi, 7. Le génie poétique anglais res-semble jusqu’à présent à un arbre touffu, plaùtépar la nature, jetant au hasard mille rameaux, etcroissant inégalement avec force, volt. Mél. litt.trag. angl. Une race de brebis à plusieurs cornes,à la laine dure et épaisse, au-dessous de laquellese trouve une seconde fourrure d’une laine plusdouce, plus fine et plus touffue, buff. Quadrup.t. v, p. 124. Et des pampres touffus le luxe infruc-tueux, delille, Géorg. n. || 2 1 Garni de touffes. Surtes rochers touffus.... a. ciién. .1 la France .
— HIST. xvi* s. La queue.... le bout de laquelleest fort touffu de poil, paré, Monslr. app. 3.
TOUG (tough), s. m. Étendard turc , fait d’unodemi-pique au bout de laquelle est attachée unequeue de cheval avec un bouton d’or. || On ditaussi toue.'
— ÉTYM . Turc, tough, queue de cheval.
f TOUILLAGE (tou-lla-j’, Il mouillées), s. m.Procédé pour la purification de la soude brute.
f TOUILLE (tou-lT, Il mouillées), s. m. Un desnoms du requin.
f TOUILLE-BOEUF (tou-llo-beuf), s. m. Espècede chien de mer.
f TOUILLER (tou-llé, Il mouillées), v. a. Dis-soudre la soude brute, et décanter la liqueur quandelle est devenue claire. || Remuer avec un bâton,en les humectant, les matières qui servent à fabri-quer la poudre.
— ÉTYM . L’anc. franç. touiller, salir, bar-bouiller.
t TOUILLOIR (tou-lloir, Il mouillées), s. m.Bâton recourbé servant à touiller la poudre.
TOUJOURS (tou-jour; l’s ne se lie pas), adv.
|| 1° Tous les jours, sans fin, sans interruption. Lalune tourne toujours autour de la terre. Mais quoi 1toujours du sang, et toujours des supplices ! corn.Cinna, iv, 3. Le duc [de Chaulnes] est continuel-lement occupé; toujours des troupes à envoyer, àloger ; toujours des revues, toujours des tambours,toujours des soldats, des régiments, des officiers,sév. 552. Eh quoi 1 souffrir toujours un tourmentqu’elle ignore ! Toujours verser des pleurs qu’il fautque je dévore! rac. Dérén. 1 , 2. Eh! savez-vousce que c’est que l’éternité? c’est une pendule dontle balancier dit et redit sans cesse ces deux motsseulement dans le silence des tombeaux ; Toujours,jamais! Jamais, toujours! Et toujours 1 bridaine,cité par maury, Ëloq. de la chaire, xx. || Sub-stantivement. Le toujours. Par toujours j’entendsun très-long temps, et non pas une éternité ab-solue, le toujours de l’avenir n’étant jamaisqu’égal au toujours du passé, buff. Homme, Arith.morale, Œuv. t. x, p. 71. || 2“ En continuant à être,à faire. Il est toujours absent. Votre petit frèreest toujours parti, et j’en suis toujours fâchée,sév. 22 avril 1676. Je l’ai voulu, sans doute; Et je leveux toujours, quelque prix qu’il m’en coûte ,rac. Bajaz. m, 1. || 3" Sans exception, en tout:occasion. Vous n’avez pas toujours fait votre dovoir. Je l’ai toujours dit. Ils [les ennemis] le trouvent toujours sur ses gardes, toujours prêt ;fondre sur eux, boss. Louis de Bourbon. Un styltrop égal et toujours uniforme, Eu vain brillenos yeux il faut qu’ilnous endorme, boil. Art p. i.LJn sage ami, toujours rigoureux, inflexible, id.