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t VANTERNIER (van-tèr-nié), s. m. Terme d’ar-got. Se dit des voleurs qui s’introduisent dansl’intérieur des appartements par les croisées lais-secs ouvertes.
— ÉTYM . Vanterne ou plutôt venterne, fenêtre,dans l’argot, de vent.
f VANTEÜR (van-teur), s. m. Celui qui se vante.C’est un grand vanteur, < r * éd. du Dict. de V Acad.
— HIST. mi* s. Cil qui trop se loe a non vante-res, brun. lat. Trésor, p. 273. Pour Dieu , peinezvous du celer Vers les vanteors mesdisanz, Lai duconseil. || xiv* s. Le vice qui excede en feignantplus grant chose, soit appellé vanterie, et celuiqui a tel vice soit appellé vanteur, oresme, Éth. 60 .|| xv* s. En grant vanteur ne fut oncques trouvéevalleur, Perceforest , t. v, f° 67. || xvi* s. Loin, loin,bien loin de moy, venin trop dangereux De cetroupeau vanteur qui tout en soy se fie ! desportes,Œuv. chrestiennes, sonnets, 6. De grands vanteurspetits faiseurs, leroux de lincy, Prov. t. n,p. 282.
— ÉTYM . Vanter; génev. vantadour; provenç.vantaire, vantador; ital. vantatore. L’ancien fran çais vantere, le provençal vantaire sont le nomi-natif ; vanteor et vantador sont le régime.
t VANTILER (van-ti-lé) ou mieux VANTILLER(van-ti-llé, Il mouillées), v. a. Faire une digue deplanches pour retenir l’eau. || Garnir de madriers,de dosses, une vanne pour retenir l’eau.
— étym. Vantail.
VA-NÜ-PIEDS (va-nu-pié), s. m. Homme quin’a pas de quoi avoir des souliers, un misérableMattignon avait une très-fàch*use affaire; un va-nu-pieds lui fit un procès au parlement de Rouen,st-sim. 97, 30. Le P. Tellier exclut autant qu’il luifut possible tout homme connu et de nom, et nevoulut que des va-nu-pieds et des valets à toutfaire, m. 281 , 06 . || Les va-nu-pieds, nom que pri-rent les paysans révoltés en Normandie dans l’an-née <i)39. || Il se dit au féminin. C’est une va-nu-pieds.
— ÉTYM . Va, 3* personne du présent de l’ind.du verbe aller, nu, et pied.
t VANVOLE, voy. venvole.
f VA-OUTRE (va-ou-tr’), s. m. Terme de véne-rie employé par le valet de limier lorsqu’il est aubois, qu’il allonge le trait du limier, et qu’il metle chien devant lui pour le faire quêter.
VAPEUR (va-peur), s. f. || 1* Espèce de fuméequi s’élève des corps humides par l’effet de lachaleur. Je ne suis point cet assemblage de mem-bres que l’on appelle le corps humain, je ne suispoint un air délié et pénétrant répandu dans tousces membres, je ne suis point un vent, un souffle,une vapeur, desc. Méd. n, 6. Celles qui ont dînéont mal au cœur, et sont suffoquées de la va-peur des viandes, sév. <85. Elle [l’âme qui aoublié Dieu ] dit : je suis une vapeur, je suis unsouffle, je suis un air délié ou un feu subtil,sans doute une vapeur qui aime Dieu , un feuqui connaît Dieu , un air fait à son image, boss.la Vallière. Telle, à peine marquant sa trace pas-sagère, Vole sur les marais une vapeur légère,delille, Parad. perdu, xn. Des plus douces va-peurs l’encens délicieux En nuage odorant s’ex-halait vers les cieux, id. ib. vin. || 2 ° Ce quis’exhale des corps solides par voie de décomposi-tion, de combustion. Pour recueillir l’arsenic eten éviter en même temps les vapeurs funestes, onconstruit des cheminées inclinées et longues devingt à trente toises au-dessus du fourneau oùl’on travaille la mine de cobalt, buff. Min. t. VI,p. 69. || Terme d’alchimie. Vapeur potentielle,l’essence, la splendeur, l’âme du métal. || 3” Il s’estdit en parlant de l’atmosphère. Cette mer de va-peurs dans laquelle nous nageons, qui nous me-nace sans cesse, et sans laquelle nous ne pour-rions vivre, comprime de tous côtés notre globeet ses habitants, volt. Dict. phil. Air . || 4° Exha-laison qui voile, qui obscurcit. Et l’enfer, cou-vrant tout de ses vapeurs funèbres, Sur les yeuxles plus saints a jeté ses ténèbres, rac. Esth. Pro-logue. Mille noires vapeurs obscurcissent le jour,j. b. rouss. Cantate, Circé . L’océan trompeur Cou-vre de vapeur La dune, v. hugo, Cromwell, iv, <.|| Fig. Les événements passés demandent, pourêtre agrandis aux yeux de l’imagination, non-seu-lement une grande distance, mais une certainevapeur répandue dans l’intervalle, marmontel,Œuv. t. n, p. 327. || 5° En physique, nom donné àdes fluides aériformes, très-coercibles, provenantde la vaporisation, par la chaleur, de corps habi-tuellement liquides ou solides à la température or-dinaire, et repassant à l’état liquide ou solide quand
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la température baisse sensiblement, ou que lapression devient plus forte. La vapeur d’éther,d’alcool, de camphre. L’expérience m’a appris quela vapeur de l’eau peut entretenir et augmenterle feu, comme le fait l’air ordinaire, buff. Ilist.min. introd. Œuv. t. vi, p. <40. Les vapeurs quis’élèvent au-dessus de la mer et que les ventstransportent sur la terre, suffisent pour formertoutes les rivières et entretenir toutes les eauxqui sont à la surface de la terre, id. Hist. nat.th. terr. t. n, p. 73. Si l’air qui reçoit la vapeurest déjà chargé d’eau, e» que sa température nesoit que de sept à huit degrés ou au-dessous, alorsla vapeur y devient apparente, et y forme unnuage très-sensible d’un gris blanc ; aussi voit-onfumer en hiver l’eau qu’on tire d’un puits un peuprofond, ce qui n’arrive pas en été, brisson, Traitéde phys. t. Il, p. <45. Il faut considérer que les va-peurs agissent tantôt comme causes productives del’électricité aérienne, tantôt comme conductrices decelte électricité, Saussure , Voy. Alpes , t. m,p. 372. L’eau en vapeur existe dans l’air atmo-sphérique, même bien au-dessous de zéro, thenard,Traité de chim. t. i, p. 6<3, dans pougens. || Cha-leur latente des vapeurs, calorique qu’elles aban-donnent quand elles se condensent, et auquel ellesdoivent leur force élastique. || Tension des vapeurs,voy. tension. || Vapeur vésiculaire, nom donnélongtemps aux parcelles d’eau visibles dont l’en-semble forme les brouillards et les nuages, parcequ’on les croyait formées d’une bulle d’eau pleined’air. On sait aujourd’hui que ce terme est im-propre, ces vapeurs visibles étant formées par desgouttelettes très-fines. || Vapeur de charbon de bois,de charbon de terre, de coke, ou vapeur de boischauffé, nom donné au gaz et à la vapeur d’eauqui se dégagent et se mêlent à l’air libre ou con-finé lorsque les corps susdits brûlent dans de tellesconditions que l’oxygène leur arrive en quantitéinsuffisante pour qu’il y ait, par combustion, com-plète transformation en eau et en acide carboni-que. La vapeur de charbon asphyxie. || 6* Ma-chine à vapeur, voy. machine, n" 4. || Bateau àvapeur, bateau qui marche à l’aide d’une machine àvapeur. || Aller à pleine vapeur, à toute vapeur, sedit d’un convoi, d’un bâtiment qui marche avectoute la vapeur que la machine peut donner. || Con-tre-vapeur, mécanisme à l’aide duquel, sur les lo-comotives, on use de la vapeur à contre-sens, pourdiminuer la rapidité des trains. L’emploi de la con-tre-vapeur. || Absolument, la vapeur, la force quepossède la vapeur d’eau grâce au calorique, et donton dispose dans toute sorte de mécanismes. Lapresse éclaire, et le gaz illumine, Et la vapeur voleaplanir les mers, bérang. Comète. On dirait quepour vous le fleuve qui se presse Lutte avec la va-peur de force et de vitesse, p. lebrun, Poés. t. n, 35.11 Fig. Faire une chose à la vapeur, la faire très-vite.Il 7* Bain de vapeur, bain que l’on prend enrestant exposé dans un endroit clos à des vapeurschaudes. || Terme de chimie. Bain de vapeur,distillation dans laquelle le vaisseau contenant lesmatières à distiller est échauffé par la vapeur del’eau bouillante. || 8* Terme de peinture. Repré-sentation des vapeurs par le pinceau. Vernet ba-lance Claude le Lorrain dans l’art d’élever desvapeurs sur la toile, dider. Salon de <765, Œuv.t. xiii, p. <47, dans pougens. || Au sing. Fig. Ma-nière douce et affaiblie qui montre les objetscomme à travers un voile transparent. Il y a de lavapeur dans ce tableau. || 9” Les vapeurs du vin,l’étourdissement que le vin pris en trop grandequantité produit dans le cerveau. || 10° Fig. Trou-ble comparé aux vapeurs du vin, et survenantdans l’esprit. L’âme bizarrement de vapeurs oc-cupée, bégnier, Sat. x. Est-ce qu’une vapeur, parsa malignité, Amphitryon, a, dans votre âme, Duretour d’hier au soir brouillé la vérité? mol.Amph. n, 2 . A moins d’une vapeur qui vous trou-ble l’esprit, On ne peut pas sauver ce que de vousj’écoute, id . ib. n, 2 . Ce sont des vapeurs demorale Qui nous vont à la tête, et que Sénèque exhale, regnard, le Joueur, iv, <4. Crains l’attraitspécieux du mensonge, les vapeurs enivrantes del’orgueil, J. J. Rouss. Êm. m. || 11* Fig. Nom em-ployé dans le xvii* siècle pour désigner des acci-dents subits qui portaient au cerveau. Mlle de Merivoulut venir ici me garder; il lui prit une vapeur siterrible, qu’elle fut contrainte de s’enfuir, sév. 477.J’ai su qu’à minuit le malade [Saint-A ubin] eut unehorrible vapeur à la tête; la machine se démontait,m. 483. Girot en vain l’assure, et, riant de sa peur,Nomme sa vision l’effet d’une vapeur, boil Lutr. rv.
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Il Vapeur de fille, ancien nom de l’hystérie. L*Marbeuf pleure une jeune nièce de dix-sept an®,belle, riche, de bonne maison.... elle est expi reCen trois jours d’une vapeur de fille, sév. <» oct. <® 8 *'Il 12° Au plur. Humeur subtile qui s’élève de»parties basses et qui occupe et blesse le cerveau,d’après Furetière , et, pour la médecine d’à présent,nom représentant toutes sortes d’affections ner-veuses, hypocondrie, hystérie, névropathie, etc-ainsi dites parce que les anciens les attribuaient ades vapeurs qu’ils supposaient partir de la matrice,de la rate, des hypocondres, et s’élever jusqu’au cer-veau. Sganarelle : Ce sont quelques vapeurs qui nieviennent de monter à la tête. — Dorimène : C’a®un mal aujourd’hui qui attaque beaucoup de gen s >mol. Mar. forcé, 4. L’archevêque de Lyon , A*'phonse, frère du cardinal de Richelieu, est le P re 'mier en France qui ait fait usage du chocolat(<66<); il en prenait pour modérer les vapeurs desa rate, Dict. des origines, au mot chocolat. On l’aÇ'cuse [le chocolat] de tous les maux qu’on a; il est l asource des vapeurs et des palpitations, sév. 42. Vou sne voulez donc pas qu’on dise vapeurs ; mais q u ®ferons-nous, si vous nous ôtez ce mot ? car on le ni® 1à tout : en attendant que vous autres cartésiens e®ayez trouvé un autre, je vous demande permissionde m’en servir, id. 643. Vous me paraissez raccom-modée avec le mot de vapeurs, que vous ne vou'liez plus prononcer qu’on ne vous l’eût expliq® 6 ’id. 6 juill. <689. Pour moi, je n’ai plus de va-peurs; je crois qu’elles ne venaient que parc®que j’en faisais cas : comme elles savent que J 6les méprise, elle3 sont allées effrayer quelque®sottes, id. 6 nov. <684. Avez-vous des vapeurs-vous savez que je ne les souffre point aui person-nes raisonnables, maintenon , Lett. à Mme degeau, <0 nov. <7<6. Il était taciturne à donner de svapeurs, hamilt. Gram. 7. [L’abbé Te3tu] C’est u»des premiers hommes qui ait fait connaître c®qu’on appelle des vapeurs, st-sim. <60, <06. C’étadun de ces médecins à la mode que les femmes en-voient chercher quand elles ont des vapeurs, ° uquand elles n’ont rien du tout, volt. Cosi Sanct fl-Les vapeurs sont les maladies des gens heureul,c’était la mienne, J. J. rouss. Conf. vi. Les excel-lentes leçons que Votre Majesté veut bien me don-ner sur l’hypocondrie plus élégamment app e * eevapeurs, me font craindre pour l’honneur de m 1raison, que Votre Majesté ne me croie attaqué d®cette maladie, d’alemb. Lett. au roi de Pr. 29 juin<78t. Est-ce que les femme» de mon état ont de 3vapeurs, donc? c’est un mal de condition qu’on n®prend que dans les boudoirs, beaumarch. Mar. d*Figaro, m, 9. || Fig. Donner des vapeurs, inquiÇ'ter, tourmenter. Le roi d’Angleterre, qui avai*été homme de mer étant duc d’York , ne fut P® 9content de la marine, et le manda au roi; cela donn®des vapeurs à M. de Seignelay, lafay. Mém. CourFrance , Œuv. t. m, p. <7, dans pougens. || Vapeu rSde rate, ancien nom du spleen. Veut-on qu’on ra-batte Par des moyens doux Les vapeurs de rat®Qui nous minent tous, Qu’on laisse Hippocrate;Et qu’on vienne à nous, mol. Am. méd. ni, e ‘|| 13° S. m. Un vapeur, un bateau à vapeur. Il eSarrivé par le vapeur. On vient d’expédier un va-peur. Le vapeur arrivera bientôt. || L’usage fait ® 9mot masculin en ce sens spécial, avec raison, d®la même façon qu’on dit un remise pour u* 8voiture de remise.
— SYN. vapeur, gaz. On peut faire entre la va-
peur et le gaz cette différence, qu’un gaz est p er 'manent à la température et sous la pression at®°'sphérique ordinaires, tandis que, dans les mêin® 9circonstances, la vapeur se résout en eau, ou ®un autre liquide. ,
— HIST. xm* s. Lors s’en ist [de la terre écha» 1 'fée] une vapors aussi nomme fumée, brun, t-® 1 'Trésor, p. <<8. Et quant espars [éclair] vient «tonoire, Si repuet l’en sovent veoir Des vapc ursles pierres cheoir, Qui ne montèrent mie pierr® s >la Rose, <6306. || xiv* s. Raempli d’esperit et de va'pours, H. DR mondeville, f* 3<. Il ne peut estre
là où le feu a esté longuement, qu’il n’y demeÇ rtoujours aucune vapeur, Ménagier , <, 9. MedeciC^atemprée chaude o [avec] une visqueuse té qui 13leisse la vapeur exaler, lanfranc, f* <<3, vers •|| xvi* s. Une vapeur acre qui exhale de tout e ,i ecorps, paré, Introd. 6. Aucunes fois est faite telsublimation à la vapeur d’eau, qu’ils appou ebalneum mariée, m. xxv, 24. Ils [des mets] re ®plissoient.... la salle.... d’une très souefve vap euqui ne se perdoit pas si tost, mont, i, 393.