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Tome quatrième. Q - Z.
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t VANTERNIER (van-tèr-nié), s. m. Terme dar-got. Se dit des voleurs qui sintroduisent danslintérieur des appartements par les croisées lais-secs ouvertes.

ÉTYM . Vanterne ou plutôt venterne, fenêtre,dans largot, de vent.

f VANTEÜR (van-teur), s. m. Celui qui se vante.Cest un grand vanteur, < r * éd. du Dict. de V Acad.

HIST. mi* s. Cil qui trop se loe a non vante-res, brun. lat. Trésor, p. 273. Pour Dieu , peinezvous du celer Vers les vanteors mesdisanz, Lai duconseil. || xiv* s. Le vice qui excede en feignantplus grant chose, soit appellé vanterie, et celuiqui a tel vice soit appellé vanteur, oresme, Éth. 60 .|| xv* s. En grant vanteur ne fut oncques trouvéevalleur, Perceforest , t. v, f° 67. || xvi* s. Loin, loin,bien loin de moy, venin trop dangereux De cetroupeau vanteur qui tout en soy se fie ! desportes,Œuv. chrestiennes, sonnets, 6. De grands vanteurspetits faiseurs, leroux de lincy, Prov. t. n,p. 282.

ÉTYM . Vanter; génev. vantadour; provenç.vantaire, vantador; ital. vantatore. Lancien fran­ çais vantere, le provençal vantaire sont le nomi-natif ; vanteor et vantador sont le régime.

t VANTILER (van-ti-) ou mieux VANTILLER(van-ti-llé, Il mouillées), v. a. Faire une digue deplanches pour retenir leau. || Garnir de madriers,de dosses, une vanne pour retenir leau.

étym. Vantail.

VA--PIEDS (va-nu-pié), s. m. Homme quina pas de quoi avoir des souliers, un misérableMattignon avait une très-fàch*use affaire; un va-nu-pieds lui fit un procès au parlement de Rouen,st-sim. 97, 30. Le P. Tellier exclut autant quil luifut possible tout homme connu et de nom, et nevoulut que des va-nu-pieds et des valets à toutfaire, m. 281 , 06 . || Les va-nu-pieds, nom que pri-rent les paysans révoltés en Normandie dans lan-née <i)39. || Il se dit au féminin. Cest une va-nu-pieds.

ÉTYM . Va, 3* personne du présent de lind.du verbe aller, nu, et pied.

t VANVOLE, voy. venvole.

f VA-OUTRE (va-ou-tr), s. m. Terme de véne-rie employé par le valet de limier lorsquil est aubois, quil allonge le trait du limier, et quil metle chien devant lui pour le faire quêter.

VAPEUR (va-peur), s. f. || 1* Espèce de fuméequi sélève des corps humides par leffet de lachaleur. Je ne suis point cet assemblage de mem-bres que lon appelle le corps humain, je ne suispoint un air délié et pénétrant répandu dans tousces membres, je ne suis point un vent, un souffle,une vapeur, desc. Méd. n, 6. Celles qui ont dînéont mal au cœur, et sont suffoquées de la va-peur des viandes, sév. <85. Elle [lâme qui aoublié Dieu ] dit : je suis une vapeur, je suis unsouffle, je suis un air délié ou un feu subtil,sans doute une vapeur qui aime Dieu , un feuqui connaît Dieu , un air fait à son image, boss.la Vallière. Telle, à peine marquant sa trace pas-sagère, Vole sur les marais une vapeur légère,delille, Parad. perdu, xn. Des plus douces va-peurs lencens délicieux En nuage odorant sex-halait vers les cieux, id. ib. vin. || 2 ° Ce quisexhale des corps solides par voie de décomposi-tion, de combustion. Pour recueillir larsenic eten éviter en même temps les vapeurs funestes, onconstruit des cheminées inclinées et longues devingt à trente toises au-dessus du fourneaulon travaille la mine de cobalt, buff. Min. t. VI,p. 69. || Terme dalchimie. Vapeur potentielle,lessence, la splendeur, lâme du métal. || 3 Il sestdit en parlant de latmosphère. Cette mer de va-peurs dans laquelle nous nageons, qui nous me-nace sans cesse, et sans laquelle nous ne pour-rions vivre, comprime de tous côtés notre globeet ses habitants, volt. Dict. phil. Air . || 4° Exha-laison qui voile, qui obscurcit. Et lenfer, cou-vrant tout de ses vapeurs funèbres, Sur les yeuxles plus saints a jeté ses ténèbres, rac. Esth. Pro-logue. Mille noires vapeurs obscurcissent le jour,j. b. rouss. Cantate, Circé . Locéan trompeur Cou-vre de vapeur La dune, v. hugo, Cromwell, iv, <.|| Fig. Les événements passés demandent, pourêtre agrandis aux yeux de limagination, non-seu-lement une grande distance, mais une certainevapeur répandue dans lintervalle, marmontel,Œuv. t. n, p. 327. || 5° En physique, nom donné àdes fluides aériformes, très-coercibles, provenantde la vaporisation, par la chaleur, de corps habi-tuellement liquides ou solides à la température or-dinaire, et repassant à létat liquide ou solide quand

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la température baisse sensiblement, ou que lapression devient plus forte. La vapeur déther,dalcool, de camphre. Lexpérience ma appris quela vapeur de leau peut entretenir et augmenterle feu, comme le fait lair ordinaire, buff. Ilist.min. introd. Œuv. t. vi, p. <40. Les vapeurs quisélèvent au-dessus de la mer et que les ventstransportent sur la terre, suffisent pour formertoutes les rivières et entretenir toutes les eauxqui sont à la surface de la terre, id. Hist. nat.th. terr. t. n, p. 73. Si lair qui reçoit la vapeurest déjà chargé deau, e» que sa température nesoit que de sept à huit degrés ou au-dessous, alorsla vapeur y devient apparente, et y forme unnuage très-sensible dun gris blanc ; aussi voit-onfumer en hiver leau quon tire dun puits un peuprofond, ce qui narrive pas en été, brisson, Traitéde phys. t. Il, p. <45. Il faut considérer que les va-peurs agissent tantôt comme causes productives delélectricité aérienne, tantôt comme conductrices decelte électricité, Saussure , Voy. Alpes , t. m,p. 372. Leau en vapeur existe dans lair atmo-sphérique, même bien au-dessous de zéro, thenard,Traité de chim. t. i, p. 6<3, dans pougens. || Cha-leur latente des vapeurs, calorique quelles aban-donnent quand elles se condensent, et auquel ellesdoivent leur force élastique. || Tension des vapeurs,voy. tension. || Vapeur vésiculaire, nom donnélongtemps aux parcelles deau visibles dont len-semble forme les brouillards et les nuages, parcequon les croyait formées dune bulle deau pleinedair. On sait aujourdhui que ce terme est im-propre, ces vapeurs visibles étant formées par desgouttelettes très-fines. || Vapeur de charbon de bois,de charbon de terre, de coke, ou vapeur de boischauffé, nom donné au gaz et à la vapeur deauqui se dégagent et se mêlent à lair libre ou con-finé lorsque les corps susdits brûlent dans de tellesconditions que loxygène leur arrive en quantitéinsuffisante pour quil y ait, par combustion, com-plète transformation en eau et en acide carboni-que. La vapeur de charbon asphyxie. || 6* Ma-chine à vapeur, voy. machine, n" 4. || Bateau àvapeur, bateau qui marche à laide dune machine àvapeur. || Aller à pleine vapeur, à toute vapeur, sedit dun convoi, dun bâtiment qui marche avectoute la vapeur que la machine peut donner. || Con-tre-vapeur, mécanisme à laide duquel, sur les lo-comotives, on use de la vapeur à contre-sens, pourdiminuer la rapidité des trains. Lemploi de la con-tre-vapeur. || Absolument, la vapeur, la force quepossède la vapeur deau grâce au calorique, et donton dispose dans toute sorte de mécanismes. Lapresse éclaire, et le gaz illumine, Et la vapeur voleaplanir les mers, bérang. Comète. On dirait quepour vous le fleuve qui se presse Lutte avec la va-peur de force et de vitesse, p. lebrun, Poés. t. n, 35.11 Fig. Faire une chose à la vapeur, la faire très-vite.Il 7* Bain de vapeur, bain que lon prend enrestant exposé dans un endroit clos à des vapeurschaudes. || Terme de chimie. Bain de vapeur,distillation dans laquelle le vaisseau contenant lesmatières à distiller est échauffé par la vapeur deleau bouillante. || 8* Terme de peinture. Repré-sentation des vapeurs par le pinceau. Vernet ba-lance Claude le Lorrain dans lart délever desvapeurs sur la toile, dider. Salon de <765, Œuv.t. xiii, p. <47, dans pougens. || Au sing. Fig. Ma-nière douce et affaiblie qui montre les objetscomme à travers un voile transparent. Il y a de lavapeur dans ce tableau. || 9 Les vapeurs du vin,létourdissement que le vin pris en trop grandequantité produit dans le cerveau. || 10° Fig. Trou-ble comparé aux vapeurs du vin, et survenantdans lesprit. Lâme bizarrement de vapeurs oc-cupée, bégnier, Sat. x. Est-ce quune vapeur, parsa malignité, Amphitryon, a, dans votre âme, Duretour dhier au soir brouillé la vérité? mol.Amph. n, 2 . A moins dune vapeur qui vous trou-ble lesprit, On ne peut pas sauver ce que de vousjécoute, id . ib. n, 2 . Ce sont des vapeurs demorale Qui nous vont à la tête, et que Sénèque exhale, regnard, le Joueur, iv, <4. Crains lattraitspécieux du mensonge, les vapeurs enivrantes delorgueil, J. J. Rouss. Êm. m. || 11* Fig. Nom em-ployé dans le xvii* siècle pour désigner des acci-dents subits qui portaient au cerveau. Mlle de Merivoulut venir ici me garder; il lui prit une vapeur siterrible, quelle fut contrainte de senfuir, sév. 477.Jai su quà minuit le malade [Saint-A ubin] eut unehorrible vapeur à la tête; la machine se démontait,m. 483. Girot en vain lassure, et, riant de sa peur,Nomme sa vision leffet dune vapeur, boil Lutr. rv.

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Il Vapeur de fille, ancien nom de lhystérie. L*Marbeuf pleure une jeune nièce de dix-sept an®,belle, riche, de bonne maison.... elle est expi reCen trois jours dune vapeur de fille, sév. <» oct. <® 8 *'Il 12° Au plur. Humeur subtile qui sélève de»parties basses et qui occupe et blesse le cerveau,daprès Furetière , et, pour la médecine dà présent,nom représentant toutes sortes daffections ner-veuses, hypocondrie, hystérie, névropathie, etc-ainsi dites parce que les anciens les attribuaient ades vapeurs quils supposaient partir de la matrice,de la rate, des hypocondres, et sélever jusquau cer-veau. Sganarelle : Ce sont quelques vapeurs qui nieviennent de monter à la tête. Dorimène : Ca®un mal aujourdhui qui attaque beaucoup de gen s >mol. Mar. forcé, 4. Larchevêque de Lyon , A*'phonse, frère du cardinal de Richelieu, est le P re 'mier en France qui ait fait usage du chocolat(<66<); il en prenait pour modérer les vapeurs desa rate, Dict. des origines, au mot chocolat. On l'cuse [le chocolat] de tous les maux quon a; il est l asource des vapeurs et des palpitations, sév. 42. Vou sne voulez donc pas quon dise vapeurs ; mais q u ®ferons-nous, si vous nous ôtez ce mot ? car on le ni® 1à tout : en attendant que vous autres cartésiens e®ayez trouvé un autre, je vous demande permissionde men servir, id. 643. Vous me paraissez raccom-modée avec le mot de vapeurs, que vous ne vou'liez plus prononcer quon ne vous leût expliq® 6id. 6 juill. <689. Pour moi, je nai plus de va-peurs; je crois quelles ne venaient que parc®que jen faisais cas : comme elles savent que J 6les méprise, elle3 sont allées effrayer quelque®sottes, id. 6 nov. <684. Avez-vous des vapeurs-vous savez que je ne les souffre point aui person-nes raisonnables, maintenon , Lett. à Mme degeau, <0 nov. <7<6. Il était taciturne à donner de svapeurs, hamilt. Gram. 7. [Labbé Te3tu] Cest u»des premiers hommes qui ait fait connaître c®quon appelle des vapeurs, st-sim. <60, <06. Cétadun de ces médecins à la mode que les femmes en-voient chercher quand elles ont des vapeurs, ° uquand elles nont rien du tout, volt. Cosi Sanct fl-Les vapeurs sont les maladies des gens heureul,cétait la mienne, J. J. rouss. Conf. vi. Les excel-lentes leçons que Votre Majesté veut bien me don-ner sur lhypocondrie plus élégamment app e * eevapeurs, me font craindre pour lhonneur de m 1raison, que Votre Majesté ne me croie attaqué d®cette maladie, dalemb. Lett. au roi de Pr. 29 juin<78t. Est-ce que les femme» de mon état ont de 3vapeurs, donc? cest un mal de condition quon n®prend que dans les boudoirs, beaumarch. Mar. d*Figaro, m, 9. || Fig. Donner des vapeurs, inquiÇ'ter, tourmenter. Le roi dAngleterre, qui avai*été homme de mer étant duc dYork , ne fut P® 9content de la marine, et le manda au roi; cela donn®des vapeurs à M. de Seignelay, lafay. Mém. CourFrance , Œuv. t. m, p. <7, dans pougens. || Vapeu rSde rate, ancien nom du spleen. Veut-on quon ra-batte Par des moyens doux Les vapeurs de rat®Qui nous minent tous, Quon laisse Hippocrate;Et quon vienne à nous, mol. Am. méd. ni, e|| 13° S. m. Un vapeur, un bateau à vapeur. Il eSarrivé par le vapeur. On vient dexpédier un va-peur. Le vapeur arrivera bientôt. || Lusage fait ® 9mot masculin en ce sens spécial, avec raison, d®la même façon quon dit un remise pour u* 8voiture de remise.

SYN. vapeur, gaz. On peut faire entre la va-

peur et le gaz cette différence, quun gaz est p er 'manent à la température et sous la pression at®°'sphérique ordinaires, tandis que, dans les mêin® 9circonstances, la vapeur se résout en eau, ou ®un autre liquide. ,

HIST. xm* s. Lors sen ist [de la terre écha» 1 'fée] une vapors aussi nomme fumée, brun, t-® 1 'Trésor, p. <<8. Et quant espars [éclair] vient «tonoire, Si repuet len sovent veoir Des vapc ursles pierres cheoir, Qui ne montèrent mie pierr® s >la Rose, <6306. || xiv* s. Raempli desperit et de va'pours, H. DR mondeville, f* 3<. Il ne peut estre

le feu a esté longuement, quil ny demeÇ rtoujours aucune vapeur, Ménagier , <, 9. MedeciC^atemprée chaude o [avec] une visqueuse qui 13leisse la vapeur exaler, lanfranc, f* <<3, vers|| xvi* s. Une vapeur acre qui exhale de tout e ,i ecorps, paré, Introd. 6. Aucunes fois est faite telsublimation à la vapeur deau, quils appou ebalneum mariée, m. xxv, 24. Ils [des mets] re ®plissoient.... la salle.... dune très souefve vap euqui ne se perdoit pas si tost, mont, i, 393.

ÉTYM . Provenç. et espagn. vapor ; ital- v