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Tome premier.
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84 T A B L E-»A U X HISTORIQUES, etc.

regardent 1 A vingt pas de distance et en arriéré la patrouille du soir , en uniforme,indifférente pour ainsi dire à ce spectacle et battant la retraite , passant en silence àtravers cette multitude étonnée de voir mêler une apparence dordre public à ce renver-sement de tout ordre social attesté par les hideuses dépouilles quon promenoit impu-nément sous ses yeux !

Quil nous soit permis , après le récit de ces scenes dhorreurs , de naccorder quunregard à la plus révoltante , à celle qui a laissé les plus affreux souvenirs ! La mort deBerthier offre des atrocités qui repoussent le burin de lartiste et la plume de lhistorien;et plût au ciel que toute plume se fût interdit décrire ces abominables détails ! plût auciel quon eût pu les dérober à la postérité ! Que la haine du peuple contre M. Berthierfût fondée ou non, ne le trouve-t-on pas innocent , dès qûe lon songe au monstre quiput lui arracher le cœur , et le présenter tout sanglant aux yeux dune grande assemblée?En vain assure-t-on que M. Berthier avoit fait périr le pere de ce monstre. La naturefrémit dêtre ainsi vengée ; et la patrie safflige quune telle vengeance ait pu être exercéepar un scélérat revêtu dun habit français . Ce fait est dailleurs bien loin dêtre prouvé.Ces lâches barbaries consternèrent dabord tous les amis delà révolution, et firentmettre en doute si les Français méritoient dêtre libres. Les ennemis de la libertéen tirèrent avantage ; et il est certain que ces vengeances atroces et soudaines ne contri-buèrent pas peu à faire haïr la révolution à ceux qui nobservoient pas que ces crimesnétoient avoués ni eommis par la nation , ni même par le peuple considéré en masse,mais par une foule de scélérats qui lagitoient en tout sens, et lexaspéroient par toutessortes dartifices. Ne cessons de répéter que la plupart de ces monstres étoient salariéspar le parti dOrléans .