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Tome premier.
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DE LA RÉVOLUTION. 243

que pour sêtre opposée, fidèle à son devoir, aux fureurs, aux égaremens dune popu-lace exaspérée par des scélérats !

Le cortège partit de la Bastille, et termina sa marche au Champ-de-Mars. Nous nenous occuperons pas de la décrire 5 ce sera donner une idée suffisante de cette fête queden rapporter les principaux attributs.

Tout y portait le nom de la Loi . Sa bannière ouvrait la marche, précédée du modèlede la Bastille, et suivie par les 48 Sections de Paris , réunies sous cette divise, Indivisibles.Un corps nombreux de troupes de ligne savançait ensuite dans le plus bel ordre. Leglaive de la Loi, placé sur un lectisternium , et couronné de cette belle inscription, Ellefrappe pour défendre , était entouré par les différens corps de la garde nationale.Après eux venaient lécharpe de Simoneau, enlacée dun crêpe, dune palme et dunecouronne ; son buste, suivi de sa famille en deuil 5 et la pyramide qui devait perpétuersa mémoire. Sur une chaise curuie dorée soffrait à tous les regards le livre figuré dela Loi tout ouvert. Sa statue colossale fermait la marche. Elle était représentée par unefemme assise et appuyée sur les tables des droits de lhomme. Elle avait pour attributun sceptre.

Arrivé au Champ-de-Mars , le tableau de la mort de Simoneau fut appendu à unpalmier , autour duquel furent rangées, dune manière pittoresque, les autres pièces dutriomphe. Une salve dartillerie annonça que lon élevait le livre de la Loi , en lhonneurde qui lon chanta un hymne à grand chœur ; et la fête se termina en accompagnantlécharpe de Simoneau, qui, conformément au décret, devait être suspendue aux voûtesdu Panthéon .

Nous avons tâché de démêler la vérité à travers les erreurs dont les passions des deuxpartis enveloppèrent cet évènement. Nous avons écarté toutes les exagérations -, nousavons fait voir comment les Jacobins cherchèrent à diminuer leffet de cette fête dontlinvention était si morale , et dont ils disaient que les ennemis du peuple se servaientpour lenchaîner. Trois années se sont écoulées depuis ; et cest dans le creuset du tempsque nous avons appris à juger les hommes et les choses. Simoneau en est sorti pur ,et le meilleur modèle à présenter aux magistrats dun peuple libre. Ceux qui voulaientempêcher de lhonorer ont subi pour la plupart, dans le cours sanglant de la révolution,la peine due à leurs forfaits ; et la fête de la Loi , peu goûtée des Français quand les émulesde Robespierre dominaient, deviendra leur plus beau jour lorsquils achèveront de recon-naître que la vraie, la seule liberté consiste dans lheureux despotisme des lois.