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Tome premier.
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2 6 3 TABLEAUX HISTORIQUES

ne cherchant quà les satisfaire. Le salut de la patrie, le bonheur général, la sûreté,la tranquillité publique, étoient ce qui les occupoit le moins. On verra, par la sériedes évènements dont nous suivrons attentivement le fil dans tous nos tableaux, avecquelle constante opiniâtreté ils ont suivi ce système.

Tous lés éléments dinsurrection sorganisoient successivement, et se casoient, pourainsi dire, à la place ils dévoient être employés. Les sections étoient en permanence ; etau lieu de travailler à rétablir le bon ordre, cétoit à qui, par. des motions violentes , pardes dénonciations furieuses, augmenteroit davantage le trouble et la confusion. Presquetous les jours, et même pendant la nuit, on formoit des rassemblements au faubourgSaint-Antoine, lon ne parloit que de massacres et de destruction. On sonnoitle tocsin , on battoit la générale au gré des agitateurs 5 et la police, qui elle-mêmeleur étoit dévouée , navoit garde de prendre aucune mesure pour en imposer auxauteurs de toutes ces séditions. Le maire ( Pétion ) se rendoit quelquefois au lieu dumouvement. Il invitoit amicalement la multitude à rentrer dans lordre, ce qui vouloitdire , pour ce moment-ci nous navons pas besoin dinsurrection ; et la multitude obéissoitaussitôt. O11 rendoit compte de cette docilité au corps législatif, qui donnoit deséloges au patriotisme du peuple , quon ne cessoit dégarer , en lui persuadant quilfaisoit bien 5 éloge quon neût lui donner quau 10 août, lorsquon eut dirigé cemouvement vers le grand but dabattre le trône. Gétoit sur-tout sur la place de la Bastille que se rendoient les chefs des agitateurs., ils rappeloient, au, milieu des banquetset de livresse, les efforts quavoient faits les patriotes de Paris pour détruire la forteressequi existoit en cet endroit, et sexcitoient à en faire de nouveaux pour renverser cequils appeloient, non sans raison, une autre Bastille. Déjà six ou sept cents Marseillaisavoient traversé la France avec deux pièces de canon, en disant hautement quilsvenoient mettre les aristocrates à la raison 5 ils nessuyerent aucune résistance, ni pendantleur route, ni à leur arrivée dans la capitale. Tous les ministres qui avoient montré quelqueénergie pendant les derniers évènements, celui de lintérieur sur-tout, M. Terrier deMonciel, avoient donné leur démission. Ils avoient été remplacés par des hommesinconnus , et qui ne firent absolument rien pour se faire connoître pendant le peu detemps quils portèrent le nom de ministres.

Tandis que les chefs des différents partis songeoient à remplir leurs vues sécrétés,linstinct de la liberté fit sentir au peuple et aux vrais républicains quils dévoientaccueillir les Marseillais , et profiter de leur secours , de leur dévouement généreux,et du choc de tant de factions, pour renverser le trône et asseoir la république sur lesdébris du despotisme. Ainsi , au lieu dopposants, le bataillon des Marseillais savoitdavance quil trouveroit à son arrivée dans cette capitale de nombreux partisansdisposés à le bien recevoir. Effectivement il vit arriver au devant de lui une foule depatriotes qui lui firent la réception la plus amicale et la plus fraternelle. 11 fut ensuiteconduit à Gharenton, un repas de six cents couverts avoit été préparé pour lui etles personnes avec lesquelles il devoit agir. On composa ensuite un comité, quonappela dinsurrection, qui se chargea de donner un mouvement régulier à toutes lesémeutes partielles quon suscitoit chaque jour dans Paris . Ce comité tenoit ses séances