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Histoire des machines à vapeur, depuis leur origine jusqu à nos jours / par M. Hachette
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42 MACHINES A VAPEUR.

» lair humide, ou leau convertie en vapeurs, peut au moins pour» un temps égaler la force élastique de 1 air pur. Car si vous pre-»> nez un bon e'olipyle à col étroit et suffisamment fort, que, layant» rempli deau, vous le posiez sur des charbons allumés , vous» observerez que leau sera lancée dans lair à 3 ou 4 pieds de» hauteur, et si vous retirez léolipyle du feu, vous verrez que» long-temps encore après, leau continuera à séchapper avec» violence ; mais sil reste peu deau dans le'olipyle quand on le» retire du feu, et si, le renversant, on plonge le col dans leau» froide, on observe dabord quil y a de leau élevée comme» par succion dans léolipyle, et quun assez grand nombre de» bulles dair se dégagent de leau dans laquelle on fait plonger» le col de linstrument. »

Il semblerait, daprès ce passage, que Boyle aurait connu lemoyen de faire le vide par la condensation de la vapeur deau,mais ce qui suit cet article indique que ce célèbre physicien napas vu ce qui se passait dans léolipyle ; il ne paraît pas quilait distingué nettement la vapeur deau de lair que leaucontient et qui se dégage par la chaleur. Il avait appris que lepère Kirlcer, jésuite allemand , avait été chargé par le pape In­ nocent X de construire , dans le jardin de son palais, un or-gue hydraulique, qui était mis en jeu par un conduit deauqu on recevait dans une caisse que nous appellerions à présenttrompe, et qualors on nommait chambre éolienne ( æolea ca-méra). Boyle ignorant, ainsi que Kirker, le principe daprès le-quel la trompe est construite, pensait, ou que leau se changeaiten air, ou quelle se convertissait en une poussière très-finequi produisait le même effet que lair sur les tuyaux dorgue ;mais il se méfiait de cette double explication, bien quilfût convaincu quon pouvait faire artificiellement de lair. 11 avaitacquis cette conviction en mêlant dans une fiole , moitié eau,moitié acide sulfurique, et en y projetant quelques clous defer ; il avait renversé la fiole dans un autre vase contenant lamême liqueur, et il avait vu que la fiole se remplissait dunair qui ne se condensait pas par le froid ; cest seulement centans après, que Cavendisli a reconnu que cet air était inllannna-ble. ( Transactions philosophiques, année 1766.)