LIVRE r. r;
"A toujours nuisibles, ouparleut froid qui blesse, ou par leur chaleur ct leur humidité qui Chap. VLcorrompt. C’estpourquov il faut bien prendre-garde à ces inconveniens, asin de n’y tom-ber pas, comme il est arrivé à plusieurs Villes, spécialement à Metelin en liste de Lefbos.^où les Bastimens font beaux & magnifiques, mais disposez avec peu de prudence ; car encette Ville le Vent du Mïdy engendre des fièvres, celuy quisouffle entre le Couchant le Septen- Jiufier.
* trion fait tousser, & 1 celuy du Septentrion qui guérit ces maladies, est fi froid qu’il est mì- Corm °possible de demeurer dans les rues quand il souffle.
Or le Vent n’est autre chose que le flux de l’air agité d un mouvement inégalement vio-lent qui se fait lorsque la chaleur agissant sur l’humidité, elle en produit par son action im-pétueuse une grande quantité d’air nouveau qui pousse l’autre avec violence. Ce qui le Ouvertures j>ourconnoist estre vray dans les JEolipyles d’airain qui font admirablement bien voir que par les le vcnt -
L effets manifestes des choses artificielles on peut découvrir les causes cachées de ce que la na*.ture fait dans l’air qui est audessus de nous. Les yïolipyles font des boules d’airain qui font '
creuses & qui n ont qu un trou tres-petit, par lequel on les remplit d’eau. Ces boules nepoussent aucun air avant que d’estre échauffées mais estant mises devant le feu, auss-tostqu elles sentent la chaleur,elles envoyeur un vent impétueux vers le feu, & ainsi enseignentpar cette petite expérience, des veritez importantes fur la nature de l’air & des Vents.
Si donc on est à f abri des Vents, cela pourra non seulement rendre un lieu capable demaintenir en santé les corps qui se portent bien -, mais mesme de guérir promptement lesmaladies qui dans d’autres lieux ont besoin de ^application des remedes au mal ; & cela àcause de la bonne température que cet abry leur donne. Les maladies qui font de difficilegueriíon, & qui font communes dans les lieux intemperez dont st a esté parlé cy-dessus,-
C font 1 les Rhumes, la Goutte, la Toux, la Pieureíie, le Crachement de íang ct telles autres Gravitudim.
* indispositions 5 que l'on ne peut guérir en évacuant les corps, mais bien en les remplissant.
La raison pourquoy ces maladies lont difficiles à guérir, est quelles font causées par le-froid, ct que les forces estant diminués parla longueur.de la maladie, les vents distipent &épuisent les corps de leur suc , & les extenuent davantage, au lieu qu un air plus doux &plus grossier ct qui n est point agité, les nourrit en les emplistant & rétablissant leurs forces.’
*" 4 Les Vents íelon l’opinion de quelques-uns ne font qu’au nombre de quatre, íçavoir
Solanus qui souffle du costé du Levant Equinoctial, Auffer du costé du Midy , Favonius du Est. Sud. Ouest.coste du Couchant Equinoctial, & Septcmtrio du costé Septentrional.Mais ceux qui ont plus dVord.^curieusement recherche les différences des Vents, en ont fait huit, ct particulièrement An-dl'onicCyrrhestes qui pour cet effet bâtit à Athènes une Tour de marbre de figure octo-^
*•'' i. Celuy du Septentrion guérit ces ma-ta d i e s. 11 faut qu’il y ait quelque disposition particulièredu lieu qui salle que le vent du Nord gueriíse la toux dansla Ville de Metelin : pareeque ce vent coníìderé dans fa na-ture en général ne sçauroit faire cet efíèt : car estant froid& (ec, il est plus capable de causer la toux que le Corus quiestant plus humide n’est capable de foy que de produire l’en-rouement 8c le catarrhe, qui sent des maladies aufquellesla toux est accidentelle ; au lieu que le vent duNord qui estfroid & sec, blellânt le pool mon & son artere immédiate-ment par ses qualitez qui sont contraires à ces parties, doitestre réputé la cause immédiate de la toux -, mais il peut ar-river que le vent du Septentrion soit humide en un lieuquand il y a de fort grands lacs vers ce costé-là, & que ce-luy du Couchant soit sec quand il y a beaucoup de terresp l" ans eau interposées. Par cette raison le vent du Couchantest bien moins humide en Allemagne qu en France , qui atout 1 Océan du costé du Couchant.
2 , L es R h u m e s. Le mot de gravitudo que Vitruve amis au lieu de grave do par lequel Celse explique le C or y fad’Hippocrate , signifie particulièrement ce que l'on apclleen François enchiffrenement ; mais il se prend en généralpour toutes sortes de rhumes.
Z- Que l’on ne peut guérir en évacuant.Quand il seroit vray que les Vents ne produiroient les ma-ladies que parce qu ils épuisent les corps , il ne seroit pasv ray de dire qu elles ne puistent estre gueries par les evacua-t! °ns. L’enchaissiement qui se rencontre dans les causes desmaladies , fait que celle qui a esté engendrée pat une pre-nuere cause, est entretenue par une autre qui luy succède &
qui demande un remede qui luy soit contraire 8c non pas àla premiere. Ainsi une évacuation excessive peut causer unemaladie à laquelle une autre évacuation sera nécessaire ; pafla raison que cette excessive évacuation ayant débilité la fa-culté qui prépaie la nourriture, il arrive que par la depra-avation de cette fonction,il s’amaílè beaucoup de fuperílui-’rez , dont il est necestàire que k corps soit déchargé patune évacuation ; outre que l’evacuation que les Vents peu-vent faire, estant principalement une évacuation des secs lesplus utiles , leur diminution augmente la nécessité de vui-der les mauvais que le mélange des bons corrigeoit avant,que le vent les eust consumez. ,
4 . Les Vents selon l’opinion de quelques-uns NE sONT. qu’au nombre DE quatre. La di-stribution des Vents, leur nombre 8c leurs noms parmi lesAnciens Auteurs est une chose fortembroiiillée ; & Aristote,Sencque, Pline, Aitius, Srrabon, Aulugelle, Isidore &c. enont parlé fort diversement entr’eux, 8c pas un n’est d’accordavec Vitruve. Cé que j’ay crû devoir faire en cette traduction,est d’attribuer les noms modernes aux Vents que Vitruvenomme, & cela selon le lieu où il les a placez. La difficultéest que Vitruve n’en ayant mis que vingt quatre, Sc messirela plufparc des Anciens que douze , au lieu de trente deux,que nous avons , il n’y a que les quatre Cardinaux Nord ,Ouest, Sud & Est > avec les Collatéraux, Nord-ouest, Sttd-ouest , Sud.est 8c Nord-est, qui sc puissent rencontrer justesavec ceux de Vitruve ; les seize autres qui se trouvent pla-cez au milieu n’ont pû estre interprétez que par la Propor-tion de la distance qu ils ont des Cardinaux, ou t es Collaté-raux auprès desquels ils sont.