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Les Dix Livres d'Architecture de Vitruve / corr., trad. nouvellement en François, avec des Notes, des Figures... par M. Perrault ...
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LIVRE IV. i}9

A * la pente du toit Toit pareille à celle 10 du fronton qui doit estre fort élevé.

On fait des Temples ronds > dont ceux qui n ont que des colonnes fans murailles au d.e-

* dans, sappellent 11 Monoptères , les autres font appeliez Péris teres. 11 Ceux qui nont point

* de murailles 15 font comme un Tribunal ou l'on monte, & qui doivent avoir la troiíìémepartie du Diamètre du Temple. Les colonnes posées fur les piédestaux, font auíïì hautes

* 14 qu'esì le Diamètre pris dune extrémité de 1J ia muraille qui fait le piedestail , à lautre

* muraille opposée. Leur grosseur est 16 la dixième partie de toute la colonne, y comprenant

ndifftremment le faistage, Sc qu en cet endroit- Vitruve lesdistingue, prenant culmen pour le faistage , Sc columen pourle poinçon. Cela me semble si bien étably par le texte dusecond chapitre, que je ne fais point de difficulté de mettreicy culmen au lieu de columen , paree quil est evident que Vi-truve n'entend point parler icy du poinçon, mais de quelquechose qui est plus haut que le poinçon.

JO. D 11 F i O N T O N QUI DOIT ESTRE FORT L L B V e\Lace dans son augmentation du Dictionaire de Baldus don-ne une explication fort probable au mot de Tertiarum dontVi truve se sert en cet endroit, quand il dit qu il signifie lefronton : mais il me semble que Laét nen a pas aílèz dit,Sc que Tertiarum signifie autre choie qu un fronton généra-lement pris. Car il setoit inutile de dire que le toit doit ré-pondre au fronton, puisque cela est commun à tous les Or-dres le toit répond toujours au fronton , du moins danstous les ouvrages antiques : il est vray que tous les Archi-tectes modernes en nient autrement Sc fort mal, lorsquedans un Portail ils font le fronton à l'an tique , cest-à-dire,avec un angle obtus, & le toit à la moderne, avec un angleaigu ; mais il ny a point dapparence que Vitruve ait prevûf-* que quinze ou seize siécles après luy , on romberoit dans^ cette erreur, dans laquelle on n ester t point de son temps. 11semble donc que Vitruve vueille faire entendre que le fron-ton de lOrdre Toscan a une proportion particulière. Cestpourquoy je crois quil a voulu dire l'Ordre Toscan estantplus ferme Sc plus durable que les autres par les propor-tions de ses colonnes , il demandoit à avoir auffi dans sontoit une disposition avantageuse à la solidité par cette éléva-tion du faistage qui diminué la poussée des Forces, dont toutle toit est foustenu, Sc qui donne une grande facilité à lccotulement des eaux. Turnebe qui a entendu comme nous parTertiarum une chose dont une partie est le tiers du toutapplique ce mot à la saillie du toit qui devoit estre la troi-sième partie de tout le toit ; ce qui est sans raison , ce mesemble, parce que la grandeur des saillies na que faire dtstreproportionnée au toit , mais bien à la hauteur du mur quit-, demande à estre couvert par une plus grande faillie , plus ilest haut ; ce qui nest point nécessaire à un grand toit qui jetteson eau plus loin plus il est grand , à cause que la quantitéquil en amasse, Sc la longueur de son cours, la fait tomberavec assez dimpetuosité pour n avoir pas besoin dune gran-de saillie pour cela.

n. M o u o p t e r e. Les Temples qui navoient que laile,cest-à-dire , dont le toit nestoit posé que sur des colonnesfans avoir de murailles ,estoient appeliez Monoptères. Tousles Interprètes ont entendu par Monoptere un Temple quina quune aile,comme si Monoptere esioit opposé à Diptere,cest-à-dire qui a deux ailes, Sc que ce mot fût composé de1 adjectif monos qui signifie f f al, Sc lion pas de ladverbe mo-no# qui signifie feulement ainsi quil fait dans le mot Mono-gramme, qui signifie une peinture qui na que le simple trait,& non pas une peinture qui na quun seul trait: Car la pein-J: ttire Monogramme a plusieurs traits, mais ces traits nestantpoint accompagnez des ombres que lon a accoustumé da-jouster au simple trait, ils sont dits estre seuls Sc non pas uni-ques. Le mot Monochrome , qui signifie une autre eípece depeinture, donne un autre exemple de la difference que monosSc rnonon ont dans la composition : car la peinture Atono-c^rerne, qui est celle que nous appelions Camahieu, signifioit,selon Pline, une Peinture qui estoit tracée & ombree duneseule couleur, & non pas une représentation qui nestoit faiteesse par la seule couleur sans relief.

Dailleurs si les Temples Monoptères estoient ainsi appel-iez à cause que leur aile est unique, ils ne seroient point dif-férons des Peripreres ronds, dont laile est unique de mesmecjuaux Monoptères , mais qui outre laile ont un mur ronden dedans qui nest point aux Monoptères.

12. Ceux qjii hont point de murailles. Parceque le milieu Temple , qui estoit composé de murailles,s appelloit ce/la, je n'ay pas fait de difficulté de traduire cellaqn f fine cella funt s ceux qui « ont point de muraille qoint quiln y a point de mot François pour exprimer cella.

iZ- Comme un Tribunal. Barbare explique cet en-droit autrement dans son Commentaire que dans ses figures;car il dit que ce Tribunal doit estre entendu des degrez quisont au tour du Temple, & qui lélevent comme un Tribu-nal , contre lopinion de Baldus , qui croit que ce Tribunalnest autre choie que les degrez qui font au dedans du Tem.pie autour de lAutel. Mais Barbare dans les figures ne don-ne point la proportion que Vitruve prescrit pour les degrezde ce Tribunal, qui doivent estre de la troisième partie duDiamètre du Temple. Car dans la figure de son Edition Ita-lienne, il donne aux degrez de dehors, deux tiers du Diamè-tre du Temple,& dans la figure de son Edition Latine j il neluy en donne que Je quart J ay fait la figure ensorte quellena rien qui ne convienne au texte : car le Tribunal s'en-tend des degrez qui sont autour duTcmplc,ils ont le tiers deson Diamètre : sil signifie ceux qui sont au dedans, ils ontauffi le mesme tiers, car dans la Planche XXXIV. la largeurde tous les degrez A B, pris ensemble est le tiers du DiamètreB C ,Sc la largeur qui comprend les degrez de lAutel,est auffile meíme tiers de B C.

14. Les colonnes posees sur les piédestaux*Cette mesure de la hauteur des colonnes du Temple Mono-pt ere, íembie bien incertaine, si lon prend la colonne & lepiedestail ensemble , parce que la hauteur du piedestail né-tant point déterminée, cn ne peut pas auffi dire précisémentquelle hauteur restera pour la colonne ; si ce nest quon fastele piedestail a hauteur dappuy. Ainsi il n'y aura qu a osertrois piez ou environ qu n faut que le piedestail, Sc le resterestera pour la colonne.

15. Que st le DIAMETRE. Il sont entendre , quest le

Diamètre du dedans du Temple , depuis un piedestail jusqu àlautre. 1

1;. L A MURAILLE QUI FAITLE PlEDtSTAlt. I.a

description que Viuuve fau des Temples ronds est fort ob-cure, parce quiV ne nous relie rien de cette eipece dédificequi nous puiíle instruire suffisamment des particularitez quisont icy décrites. Le Temple rond qui est a Tivoli ressembleen beaucoup de choses au Periptere rond de Vitruve, mais ilna point de piédestaux qui rapportent à ceux dom Vitruveparle : il na quun piedestail continu , qui forme un massiffur lequel les colonnes sonc potées , ensorte que le pié descolonnes est au niveau du pavé du Temple, ainsi qua tousceux qui font fans podium , c'est-à-dire fans cette manieiede piédestaux qui sont continuez par un appuy ou balustra-de. Mais la description dc Vitruve sait comprendre que lescolonnes des Temples ronds estoient posées chacune fur sonpiedestail particulier , comme aux Temples qui ont un po-dium, Sc que néanmoins ces piédestaux navoient nv la baseny la corniche qui estoit aux piédestaux qui formoieiit unpodium , ainsi quils font décrits au 3. chap. du 3. Livre : caril est icy parlé de piédestaux au plurier, infuper flylobatas co-lurnníL conjhtu.intur il nest sait aucune mention ny des ba-ses , ny des corniches de ces piédestaux ; & ils sont appeliezsimplement parietesfiylobatarum dans les Monoptères ; enfindans le Periptere qui avoir un mur en dedans , il est parlé derecejfu ejus a flylobata^ce qui fait voir que dans ces sortes deTemples les colonnes estoient posées fur des p'edestaux toutà fait disscrens du piedestail unique & continu qui soustenoicles colonnes & mesme tout le Temple de Tivoli. Jay repre-senté ces piédestaux en forme de Zocles cubiques , Sc nonavec des bases Sc des corniches, comme Barbaro les repre-sontedans la figure ; & je íuppofe quils doivei.t estre ainsi,asinde ne pas cmbauller par la faillie des bases Sc des cor-

Chap. VIL

TertianumQui n oui quel'aile.

Qui ont une T -le tout autour.