L6o L’ART UNIVERSEL'
AVTRE SVT^PRISE PAR L'ESC A LAD E»
& tes moyens de l’executer.
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I I. faut supposer icy que l'on aura reconnu le lieu par cù í’on preterd d'e ntrer, & que celuy quin aura fait ie rapport, aura rcmartjué les endroits cù l’c n doit pill-r pour y arriver , s’iì y a del’tau ou des palisiades dans ie íeste, si au haut de la muraille il y a des Mâchicoulis, ou autre cho-ie , pour o tien le r ceux qui voudroicnt monter. II leroit encore nccclìairc de fçavoir ce qui est aprèsla muraille, s’il yavn rempart d’où l’on puisse descendre,ou íi c'est vne limplc muraille, où ilfaille dcscícheles pour dc sec ndre dans la place, après efírc monté en haut 3 combien est hautela muraille, tant en dedans qu’cn dehors.
Apres ces connoissances on prépaiera des efcheies de divcif.s grandeurs, scion les murailles &les lofiez : car si la contrescarpe estoit taillée aplomb ,ii uriaudroit pour descendre dans le fosse,& d’autrcs pour monter fur la mu-raillc, Sc celles-cy doivent esire fortes, & pourtant aiíccsà por-ter , pour les poser & dresser sans bruit. Si l’on fçait la hauteur du lieu qu'on veut escalader,il ícrafacile de donner la hauteur tic l’eschclcpar le piedqu’clle doit avoir, car pour dix pieds de haut,on doit lYíloigncr de quatre pieds de la muraille, de huit pieds pour vingt, de douze pour trente ,6c ainsi du reste à proportion. Pour la largeur, il vaut mieux qu’eiien’ait que pour monter vn hom-me de front, car elles en font plus fortes & plus faciles à manier, quitte pour cn metue plusieurs^les vues contre les autres, quand on voudra monter plusieurs en nrcsine temps.
11 y cn a de pi 11 sieurs formes, mais nous nous attesterons à celles donc les T apissiers de France &d'Italie íc fervent j clies íbntdc plusieurspieccs qui s’encbâssent l’vne au bout de l’autrc , chaque«bras de l’cfchclc ayant vne entaille par dedans à chaque bouc : ( iln’y a que la première,qui aubout d’cnhaut doit avoir deux polies feutrées ,& bien graiílécs cn leurs essieux, pour 11e poinffaire de bruit contre la muraille ) le dernier elchelon de la seconde efchelc, Sc de toutes les autre?qu’on y pourroit ajouter, doit excéder de quatre ou cinq poulcesde chaque costé ,pour recevoirl'entaille du pied de la premiere qu’on doit enter dessus, & cn m dîne temps le bout dc cette se-conde entre dans le premier efchelon de la premiere cfchele, & par ce moyen clks ont mclrnc for-ce, que lì elles estoient d’vne feule piece. Lion pousse ces eíchtlesen haut, on pourra yen ajou-rer vne troisième , comme on a fait la seconde , & à celle-là vne quatrième, Sc vne cinquième ;car comme elles doivent estre toutes entaillées de mefnte maniéré, auss s’cflevcnt-clles de mes-ure façon.
Ea la figure A., est la premiere cfchele , où font les polies 3 B, est la seconde efchelc', où Iedernier efchelon dessoude dc costé íc d’autre 3 C,est les cíchelcs les vncsfur icsautres, qui n’cnfont qu’vne.
L’autrc façon d’eschcle est belle, mais non pas de service en cecy , si cc n’est pour monter qucl-qu’vn pour aider à assurer lescschelcs. II faut avoir plusieurs battons égaux en grosseur & en lon-gueur, plus petits cn vn bout & percez de l’autre, à ce que l’vn entre dans I’autre , afin qu’estant atsemblez ils fassent comme vn feulbaston : au plus haut s’attachcra vn crochet, comme on le voicicn la figure marquée D 3 à ces bastons on attachera des cordes égales, qui seront la distance d’vnefchelon, & ces bastons feront tournez diversement : car si vn a le trou d’vn costé, celuy qui fuit,doit avoir la pointe du mesinc costé, Sc ainsi tous dc fuite. Cela fe void en la figure D. Lors qu’onles voudra porter, on démontera les bastons, & ployera les cordes 3 íc quand on les voudra appli-quer, on joindra tous les bastons ensemble pour arriver au lieu où on les veut poser, où avant ar-restéle crochet,o» tire le dernierbastou. Sc tous les autres sc démontent, & l’eschcle íetrouvefaite : mais parce que les cfchelons feroient trop éloignez les vns des autres, entre ceux qui serontde bastons , on en mettra dc cordes, comme en la figure les marquez E font de bois , & les mar-quez ï font de cordes.
II y a encore d’aucres façons d’efchcles & d’escaladcr : mais comme on nc s’cn sert plus pouxprendre des Villes, jc n'ea diray pas davantage.