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nombre de corps avaient été créés, tant par lesgénéraux que par les administrations départe-mentales ; ils existaient sans qu’on le sût auministère. On disait à Dubois-Grancé : « Vouspayez l’armée, vous pouvez du moins nous don-ner les états de la solde. — Nous ne la payonspas.—Vous nourrissez l’armée, donnez-nousles états du bureau des vivres. — Nous ne lanourrissons pas.—Vous habillez l’armée, don-nez-nous les états du bureau de l’habillement.— Nous ne l’habillons pas. »
L’armée dans l’intérieur était payée au moyendes violations de caisse; elle était nourrie et ha-billée au moyen des réquisitions, et les bureauxn’exerçaient aucun contrôle. Il fallut un moisavant que le général Berthier put avoir un étatde l’armée, et ce ne fût qu’alors qu’on put pro-céder à sa réorganisation.
L’armée du Nord était en Hollande ; elle ve-nait d’en chasser les Anglais . Sa situation étaitsatisfaisante. La Hollande, d’après les traités,fournissait à tous ses besoins.
Les armées du Rhin et de l’IIelvétie souf-fraient beaucoup ; le désordre y était extrême.
L’armée d’Italie , acculée sur la rivière deGênes , était sans subsistances et privée de tout.L’insubordination y était devenue telle, que descorps quittaient sans ordre leur position devant