1.K RETOUR.
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de douleur lorsque je montai à cheval pour joindre lacaravane avec laquelle j’avais fait marché.
Cette caravane était bien moins considérable quecelle avec laquelle j’étais venu au Choa ; elle comp-tait tout au plus quarante chameaux, parmi lesquelsdouze portaient mes bagages, mes outres d’eau etmes vivres. Je ne sais s’il faut l’attribuer aux recom -mandations du roi ou à la modestie de mon équipage,mais je fus exposé à bien moins d’accidents que l’an-née précédente, lorsque je parcourais en sens in-verse la même route. Je suivis d’ailleurs le mêmechemin, je fis les mêmes étapes et je ne répéterai pasici l’énumération des stations que j’ai déjà décrites.
Deux ou trois événements interrompirent la mo-notonie de ce retour. Le premier, qui ne laissa pasde me vexer pourtant, peut donner une plaisanteidée de la sotte superstition des Bédouins-Danakils.Je rencontrai à Hérère, à peu près à moitié cheminentre le royaume de Choa et Toujourra, des Bédouinsde la kabyle Débenet-Buéma qui vinrent me deman-der de leur donner des talismans écrits de ma main.Je me moquai d’eux et les refusai : ils insistèrenten me disant qu’ils étaient en guerre avec les Gallas-Itous et qu’ils seraient sûrs de la victoire si je leurprêtais le secours de mes talismans. J’avais beau leur