SECOND DIALOGUE. 165
tions devoit résulter un portrait peu flatté , quand>1 eût été fidèle. Vous avez vu ce terrible portrait :vous jugerez de la ressemblance si jamais vous voyezl'original. Pendant le séjour de Jean-Jacques en An-gleterre, ce portrait y a été gravé, public, vendupartout, sans qu’il lui ait été possible tle voir cettegravure. II revient en France , et il y apprend queson portrait en Angleterre est annoncé, célébré,vanté comme un chef-d’œuvre de peinture, de gra-vure, et surtout de ressemblance. Il parvient enfin,non sans peine, h le voir; il frémit, et dit ce qu’ilen pense : tout le monde se moque de lui, tout le dé-tail qu’il fait paroit la chose la plus naturelle; et, loind’y voir rien qui puisse faire suspecter la droiture dugénéreux David Ilume, on n'aperçoit que les soinsde l’amitié la plus tendre dans ceux qu'il a pris pourdonner'a son jimi Jean-Jacques la ligure d'un cyclopeaffreux. Pensez-vous comme le publie à cet égard ?
Le Fr. Le moyen, sur un pareil exposé ! J’avoue,au contraire, que ce fait seul, bien avéré, me pa-foitroit déceler bien des choses ; mais qui m’assureraqu’il est vrai ?
ltouss. La figure du portrait. Sur la question pré-sente , cette figure ne mentira pas.
Le Fr. Mais ne donnez-vous point aussi trop d’im-portance à des bagatelles ? Qu'un portrait soit dif-forme ou peu ressemblant, c’est la chose du mondela moins extraordinaire : tous les jours on grave,on contrefait, on défigure des hommes célèbres,sans que de ces grossières gravures on lire aucuneconséquence pareille à la vôtre.