SECOND DIALOGUE.
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Je là l’évidente conséquence qu’il étoit un monstre.C’est surtout le but d’un nouveau livre anglois inti-tulé, Recherches sur l’àme, où, à la faveur de je nesais combien de beaux détails anatomiques et tout-h-fait concluants, on prouve qu’il n’y a point d’Amc,puisque l’auteur n’en a point vu à l’origine des nerfs ;et l’on établit en principe que la sensibilité dansl’homme est la seule cause de ses vices et de ses cri-mes , et qu’il est méchant en raison de cette sensi-bilité , quoique , par une exception à. la règle,l’auteur accorde que cette même sensibilité peutquelquefois engendrer des vertus. Sans disputer surla doctrine impartiale du philosophe chirurgien,tâchons de commencer par bien entendre ce mot desensibilité, auquel, faute de notions exactes, on ap-plique à chaque instant des idées si vagues et sou-vent contradictoires.
La sensibilité est le principe de toute action. Unêtre, quoique animé, qui ne sentirait rien, n’agi-roit point : car où serait pour lui le motif d’agir?Dieu lui-même est sensible, puisqu’il agit. Tous leshommes sont donc sensibles, et peut-être au mêmedegré, mais non pas de la même manière. Il y a unesensibilité physique et organique qui, purement pas-sive , paraît n’avoir pour fin que la conservation denotre corps et celle de notre espèce , par les direc-tions <lu plaisir et de la douleur. 11 y a une autresensibilité que j'appelle active et morale, qui n’estautre chose que la faculté d’attacher nos affectionsà des êtres qui nous sont étrangers. Celle-ci, dontl’étude des paires de nerfs ne donne pas la connois-