234
SECOND DIALOGUE.
moi. Mais une âme expansive change-t-elle ainsi de luncstinature, et se dctachc-t-clle ainsi de tout? Tous ses déjà stmalheurs ne viennent que de ce besoin d'aiincr qui quels idévora son cœur dès son enfance, et qui l'inquiété Dès
et le trouble encore uu point que , resté seul sur la ( lil
terre, il attend le moment d’en sortir pour voir beureu
réaliser enfin ses visions favorites, et retrouver, il cher
dans un meilleur ordre de choses, une patrie et pechoi
des amis. disi
Il atteignit et passa l’âge mûr, sans songer à faire doute ides livres, et sans sentir un instant le besoin de a uroioi
cette célébrité fatale qui n’étoit pas faite pour lui, hrusqu
dont il n’a goûté que les amertumes, et. qu’on lui eux daa fait payer si cher. Ses visions chéries lui tenaient ds paslieu de tout, et, dans le feu de la jeunesse, sa vive leurs IIimagination, surchargée , accablée d'objets char-tuants qui venoient incessamment la remplir, tenait 8 elou,)son cœur dans une ivresse continuelle qui ne lui ^latuii
laissoit ni le pouvoir d’arranger ses idées, ni celui Posilio
de les fixer, ni le temps de les écrire, ni le désir de 1,,,s so<
les communiquer. Ce ne fut que quand ces grands tllle 110
mouvements commencèrent à s’apaiser, quand ses loppé.
idées prenant ont.' marche plus réglée et plus lente, même
il en put suivre assez la trace pour la marquer ; ce n>, ' H dé
fut, dis-je, alors seulement que l’usage de la plume ^ nclui devint possible, et qu’â l’exemple et à l’instiga- dans u
tion des gens de lettres avec lesquels il vivoit alors , débroi
il lui vint en fantaisie de communiquer an public ces a,| tre i
mêmes idées dont il s’étoit long-temps nourri loi- ^ dotm
même , et qu'il crut être utiles au genre humain. Ce. < ’ s P'' ra
fut même en quelque façon par surprise , et sans en i'ri-jug
avoir formé le projet, qu’il se trouva jeté dans cette mit