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17 (1830) Lettres de la montagne / de J.J. Rousseau ; mises dans un nouvel ordre avec des notes historiques, et des éclaircissements; par V.D. Musset-Pathay
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LETTRES

Quant a moi, je vois des faits attestés dans lessaintes Écritures : cela suffit pour arrêter sur cepoint mon jugement. Sils étoient ailleurs, je rejet-terois ces faits, ou je leur ôterois le nom de mira-cles ; mais parce quils sont dans lÉcriture, je neles rejette point. Je ne les admets pas non plus,parce que ma raison sy refuse, et que ma décisionsur cet article nintéresse point mon salut. Nulchrétien judicieux ne peut croire que tout soit ins-piré dans la Bible , jusqu'aux mots et aux erreurs.Ce quon doit croire inspiré est tout ce qui tient anos devoirs ; car pourquoi Dieu auroit-il inspiréle reste? Or, la doctrine des miracles n]y tient nul-lement i cest ce que je viens de prouver. Ainsi lesentiment quon peut avoir en cela na nul trait aurespect quon doit aux livres sacrés.

Dailleurs il est impossible aux hommes de sas-surer que quelque fait que ce puisse être est un mi-racle (a) ; cest encore ce que jai prouvé. Donc , enadmettant tous les faits contenus dans la Bible , onpeut rejeter les miracles sans impiété, et même sansinconséquence. Je nai pas été jusque-.

Voilà comment vos messieurs tirent, des miraclesqui ne sont pas certains , qui ne sont pas néces-

(a) Si ces messieurs disent que cela est décidé dans lÉcriture,et que je dois reconnoître pour miracle ce quelle me donnepour tel, je réponds que cest ce qui est en question, et jajouteque ce raisonnement de leur part est un cercle vicieux; car,puisquils veulent que le miracle serve de preuve à la révélationils ne doivent pas employer lautorité de la révélation pourconstater le miracle.