Buch 
Histoire naturelle-agricole des animaux domestiques de l'Europe : races de la Grande-Bretagne / texte de David Low ; traduit de l'anglais et annoté par M. Royer ; publiée par les fondateurs du moniteur de la propriété et de l'agriculture
Entstehung
Seite
149
JPEG-Download
 

LE BŒUF.

449

RACE LONGUES-CORNES.

de précautions secrètes dont il sétait entouré. Il paraît sêtre concilié le respect deceux qui vivaient avec lui par son caractère et son jugement ; mais il na jamais per-mis à personne de le faire sortir du cercle réservé quil sétait imposé relativement àses procédés particuliers; et, chose étrange à dire, il na laissé après sa mort aucundétail écrit de ses curieuses expériences. On ne peut malheureusement attribuercette conduite quà la cupidité dune ame mercantile, voulant empêcher les autresde profiter de ses propres connaissances; mais elle révèle cependant une certaineforce de caractère, et permet de croire que Bakewell , tout en cédant à des inspira-tions trop vulgaires, nétait pas cependant un homme ordinaire. 11 imagina pourlui-même une nouvelle manière dopérer, et poursuivant avec persévérance et suc-cès une longue suite dexpériences particulières, il posa, par son exemple, des prin-cipes dont lexpérience ii prouvé depuis la perfection. On ne peut citer, avant Bake-well, un éleveur qui ait fait autant que lui, et ceux qui lont suivi ont tous marchésur ses traces.' Malgré ses nombreuses déceptions, il ne désespéra jamais du succès,et sut jusquà la fin braver le ridicule, vaincre la négligence, et mépriser les prédic-tions sinistres. A une certaine époque, il éprouva de grands embarras pécuniaires ,mais à la longue il conduisit tous ses plans à bonne fin, et laissa à scs héritiersune fortune importante. Après quil eut terminé le perfectionnement de sa souche, il

muter ainsi : «On peut toujours augmenter le volume et le poids proportionnel de telle partie de l'animalque lon détire, et lon peut seulement diminuer à volonté le volume de certaines parties molles ou cor-nées ; encore latrophie, dans le règne animal, est-elle beaucoup plus difficile à régulariser et à fixer, dansune race, que lhypertrophie. »

Une autre observation de la plus haute importance doit être faite ici. Elle est relative à la valeur com-merciale différente des divers morceaux de Viande de boucherie. Rien nest plus propre à hâter le perfec-tionnement du bétail que cette d fférence dans le prix des morceaux dun même animal, qui appelle lat-tention des éleveurs et des bouchers, par lappât du gain, sur la conformation des animaux, cest-à-direcelle qui donne le plus de profit à la vente au détail. Il est certain que la consommation de fourrage uctcessaîre pour entretenir un poids donné de vuinde reste la même, lorsque ce poids se compose de 25 0/0de basses viandes, de 25 0/0 de 2 e qualité, et de 50 0/0 de viande de l re qualité, ou lorsque ce poids secompose, au contraire, de 50 0/0 de basse viande et de 25 0/0 de chacune des deux autres qualités. Ce-pendant, dans le premier cas, le consommateur paiera volontiers 475 fr. lanimal qu'il paierait'seulement100 fr. dans le second, et qui aurait coûté tout autant à produire et à nourrir. La différence de 75 fr.constitue donc un bénéfice net et certain d'environ 19 0/0 au profit de léleveur de lanimal bien con-formé.

Deux obstacles graves sopposeront long-tems encore, chez nous, à citle sorte damélioration : limper-fection du commerce de la boucherie, qui vend encore au même prix, trop généralement, tous les mor-ceaux de viande, pour satisfaire une clientèle Inintelligente de ses véritables intérêts; et lignorance géné-rale, conséquence de cet état de choses, des parties de lanimal qui doivent être développées ou atrophiées,tant dans lintérêt de la santé des animaux que pour le plus grand profit des éleici rs. R.