LE CHEVAL.
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DES DIIIÉ RENTES ESPÈCES DE CHEVAUX.
pays et ses États, depuis les chevaux jusqu’aux chats. Le prix d’un poulain, âgé demoins de quatorze jours, était de 4 d. (40 cent.); à un an et un jour on devait lepayer de 48 d. (4 fr. 30 cent.), et ainsi de suite. Ge prince ne dédaigna pas de porterson attention royale sur les ruses des marchands de chevaux, classe d’individus qui,de tout tems, a fait, à ce qu’il paraît, son étude de l’art de tromper l’acheteur.IIowell ordonna que, pour tout défaut découvert dans un cheval vendu, untiers du prix serait restitué à l’acheteur; à moins cependant que le défaut ne con-cernât les oreilles ou la queue! L’acheteur avait un certain espace de tems pourpouvoir s’assurer si le cheval n’avait pas une des trois maladies constituant, d’a-près la loi d’alors, les cas rédhibitoires, c’est-à-dire trois nuits pour savoir si lecheval n’avait pas des vertiges, trois mois pour vérifier s’il n’était pas poussif, etenfin un an pour s’assurer que l’animal n’avait pas la morve. Quiconque emprun-tait un cheval et en usait le poil de manière à écorcher le dos, devait payer 4 d.(40 cent.); d’autres amendes étaient encore prononcées pour sévices d’autre nature.On ne pouvait pas employer le cheval pour le labourage; il devait être dressé pourservir de palefroi ou cheval d’équipage, et son prix était de 420 d.
On doit, d’après ces dispositions rigoureuses et bizarres, supposer que, dans cepetit royaume, les chevaux avaient une grande valeur due sans doute à leur petitnombre. Quand les Normands conquirent et se partagèrent le pays de Galles, ils yimportèrent nécessairement une autre espèce de chevaux. Roger de Bellesme,plus tard comte de Shrcwsbury, passe pour avoir introduit le genêt espagnol dansses domaines de Powisland, et c’est à celle circonstance que l’on attribue la répu-tation que possédèrent pendant un tems les chevaux de cette partie du pays deGalles. Mais, quels que soient les changemens qu’a subis la race des anciens che-vaux du pays de Galles, il est certain que celle qui existe actuellement est de sangmêlé. Dans le pays le plus élevé cependant, il y a un grand nombre de poneys,appelés fréquemment merlins, qu’on y élève et que l’on suppose être descendusdirectement et sans mélange de la race primitive. Malgré le peu de soins qu’ilsreçoivent, ils sont cependant préférables aux poneys des montagnes d’Écosse . Ilsont les épaules meilleures, les membres plus beaux, le pied également sûr et bienconformé, mais leur force est supérieure; leurs couleurs, moins foncées, se rappro-chent du brun et du bai.
Les progrès de la culture ont amené l’usage d’une espèce de chevaux plus fortset plus grands, propres au tirage, et qui s’élèvent dans les parties basses du pays.Ces chevaux, quoique actifs et bons travailleurs, sont très-inférieurs en beauté à larace des montagnes.
On élève dans la forêt de Dartmoor une race de poneys de formes grossières, maistrès-courageux, à la marche solide, et capables de soutenir un travail très-rude. On