distances des astres.
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que lui fournit la Terre. Les anciens mesuraient les angles à j- dedegré, à 10' près, tout au plus. Les modernes ont poussé la préci-sion à 1' ou 2', avant l’invention des lunettes. Aujourd’hui leserreurs des mesures angulaires ne dépassent guère 1" dans lescas ordinaires; el, lorsqu’on met en jeu toutes les ressourcesmodernes, on parvient à l'exactitude deO",l et même de 0",03ou 0",04. Tout angle inférieur à ces limites-là nous échappe; ilest comme nul pour nous, de même que tout angle de \ dedegré échappait aux mesures des anciens astronomes. Or lesparallaxes des astres de notre propre monde ( sauf celle de laLune) sont bien inférieures à | de degré, pour la plus longuehase que nous puissions choisir sur notre globe. 11 ne faut doncpas s’étonner que les anciens aient complètement ignoré lesvraies distances des astres.
Quant aux étoiles, non-seulement le triangle basé sur le rayonou le diamètre entier du globe est désavantageux, mais encoreil n’y a plus pour ainsi dire de triangle. Les rayons visuels diri-gés de deux points opposés de notre globe vers une même étoilene sont pas sans doute géométriquement parallèles, parce qu’au-cune étoile n’est située à une distance inlinie dans le sens strictdu mol, mais l’angle de ces deux rayons visuels est si petit qu’iléchappe entièrement aux mesures les plus délicates; et quandbien même nos mesures deviendraient 1000 fois plus précises,cet angle serait encore insensible. Vouloir mesurïr la distancedes étoiles avec le diamètre de la Terre pour base, c’est commesi un arpenteur voulait déterminer la distance d’un clocheréloigné de dix lieues, à l’aide d’une base d’un centième demillimètre. Vue de ce clocher, une base si microscopique seréduirait à un simple point. De même, vue des étoiles, laTerre peut être considérée comme un point sans dimensionssensibles. Cette conséquence doit toujours être présente à l’es-prit dans la lecture des chapitres suivants. Lorsqu’on voit lesétoiles tourner chaque jour autour de la Terre, qui n’est elle-même qu’un point dans l’espace, avec un ensemble si parfait,malgré la distance infinie qui nous en sépare, il est bien évi-dent qu’il s’agit là d’une illusion d’optique, non d’une réalité.La théorie des mouvements apparents, engendrés par la rota-tion diurne de notre propre globe, va nous expliquer ces illu-sions, jusque dans les moindres détails, avec la même facilité
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COSMOGRAPHIE.