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Voilà une excursion que les aubergistes de Champéry n’on*-pas coutume de recommander, préférant les parties combinéesde manière à ramener les voyageurs chez eux, mais qui n’enest pas moins admirable, et que je ne saurais trop conseiller àtoutes les personnes qui ne redoutent pas une journée demarche un peu forte. On couche à Bonavaux, on fait l’ascen-sion de la Dent , on descend sur le col qui la sépare de laTour Salière, le Col de Suzanfe, où l’on trouve un petitsentier qui conduit au pâturage de Salanfe, et de là à Salvanet Vernayaz, dans la vallée du Rhône. La course de Bona-vaux à Vernayaz, avec ascension de la Dent, est de treizeheures, haltes déduites ; en négligeant l’ascension de la Dent ,on abrège de plus de deux fortes heures, et si l’on couche àSalvan, c’est encore une heure de moins. On peut aussi fairela course en sens inverse ; mais l’on manque d’une stationdéjà élevée, comme celle de Bonavaux, où l’on soit sûr d’unbon lit. Néanmoins, je ne saurais trop conseiller aux personnesqui ne s’effraient pas d’une nuit de chalet, de monter par Salvanet d’aller coucher à Salanfe, pour faire le lendemain l’ascen-sion de la Dent et descendre sur Champéry . C’est de beaucouple plus pittoresque, et la journée principale est moins chargée.
La montée de Salvan à Salanfe se fait en grande partie parla vallée, plutôt une fissure qu’une vallée, où coule le torrentqui forme la cascade de Pissevache, la Sallanche. Son cours,sauf sur le fond verdoyant du petit pâturage d’en Van-Haut,n’est qu’une série de cascades toutes plus brillantes les unesque les autres, et dont il n’y a pas deux qui se ressemblent.Quant à Salanfe, on peut bien l’appeler le type idéal du vallon