( 248 )
turage embelli par les bois et les rochers quil’entouroient. La nature semble avoir préparécet asile pour inviter les voyageurs à s’y reposer.Nous nous rendîmes à cette invitation : un gazonfrais fut notre lieu de repos, et la table où ledéjeûner fut étalé; l’appétit l’assaisonna. Nousfîmes nos libations à Bacchus avec du vieuxvin de Chypre qui nous fit oublier nos peines.
Et longa oblivia polaul.
Blanche aussi sacrifia à ce dieu, et s’endormitsur le gazon , et les vents et les hommes res-pectèrent son sommeil.
Nous traversâmes la rivière sur un pont siélevé, que nous frémissions en jetant la vue surles précipices qu’il domine ; nous étions entou-rés de merveilles : nous mesurions des yeuxun grand bassin , fermé de tous côtés par desrochers inaccessibles, tapissés de la plus belleverdure et environnés d’un bois touffu. Maisce qui excitoit le plus notre admiration et notresurprise, c’est l’aspect des troupeaux de chè-vres et de moutons qui paissent tranquillementsans bergers et sans chiens. Nous ne pouvionsconcevoir par quelle issue ils arrivoient danscette enceinte. Notre guide s’amusa de notreétonnement, et nous apprit que l’on descendo.it