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Histoire des Arabes / par L.A. Sédillot
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L1Y. Y, CHAPITRE IV.

étendu ses possessions jusquau Guadalquivir. Ben-Hud,que pressaient dun côté Mohammed-Alhamar, et de lau-tre, le roi de lÀlgarve, entouré dune troupe nombreusedAlmohades, avait assez dénergie pour lutter contre Fer-dinand III ; mais il manquait totalement des ressourcesnécessaires; il ne put lempêcher de prendreUbeda, Andu-jar, ni même de mettre le siège devant Cordoue. Peut-êtreespérait-il que cette ville avec son immense population, seshautes murailles, ses approvisionnements, tiendrait contrelennemi et lui permettrait de harceler longtemps larméecastillane. Cétait le moment Valence était aussi presséepar les Aragonais (1238). Lattaque simultanée de ces deuxvilles importantes aurait exciter le courage et lardeurdes musulmans. 11 nen fut rien. Ben-Hud fut assassiné par lewali dAlmeria, au milieu de ses préparatifs, et les Cordouansfurent réduits à capituler. On leur accorda la vie, et le roi deCastille prit possession de leur ville. Cen était fait de la mé-tropole de lislamisme en Occident, lacité des arts, du luxe,de la magnificence musulmane. Ferdinand III arborait lacroix sur les minarets de la grande mosquée, et renvoyait àCompostelle les cloches de Saint-Jacques conquises par Al-manzor. Cétait pour les Arabes le signe avant-coureur deleur prochain asservissement. Il fallait dire adieu à tous lessouvenirs de la gloire passée, à tout ce qui rappelait leurancienne domination, leurs triomphes, leurs exploits guer-riers. Ils voyaient profaner les sanctuaires de leur religion,et ne songeaient même pas à tenter un suprême effort.Ferdinand ne marcha plus que de succès en succès ; il pritBaeza, Estepa, Ecija et Almodovar, et vint assiéger Jaen(1245). Mohammed-Alhamar sétait fait reconnaître dans lesÉtats de Ben-Hud qui avaient échappé aux chrétiens; ilrassembla des troupes, livra bataille aux Castillans, et futvaincu devant Alcala. Les musulmans avaient fait preuvedans laction du plus grand courage, et Ferdinand III semontra généreux et habile politique. 11 accepta lhommageque Mohammed-Alhamar lui fit spontanément de ses vastespossessions qui sétendaient dAlgeziras à Alméria, le longdes montagnes, entre Gibraltar et lluesca, et sengagea à