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Les quarante-huit quartiers de Paris : biographie historique et anecdotique des rues, des palais, des hôtels et des maisons de Paris / par Girault de Saint-Fargeau
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VILLE DE PARIS. QUATRIEME ARRONDISSEMENT. N 13. QUARTIER ST-HONOIlÉ.

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donna sa démission en 1824 pour ne pas participer aux manœuvresque lui conseillait le ministère , relativement aux élections. EmileBrault, auteur de la Colonne, était un chansonnier aimable dans lecarquois duquel on trouvait un galoubet, une trompette, et de ces re-connaissances pour lesquelles on na aucune gratitude. Sanctuaire dediogénisme, ce carquois ne contenait pas dor, mais de lesprit sansprétention, de la bonhomie, quelquefois de la profondeur, et toujoursdes cigares.

Rue Joquelet, n" 5, demeurait en 1837, le phalanstérien Fourier.

Cette rue rappelle un des épisodes les plus remarquables de la révo-lution de juillet. Cest de que le général Dubourg, revêtu dun habitdofficier général, acheté chez un fripier pour le prix de 80 francs , etaccompagné de quelques hommes de cœur, sélança sur la place de laBourse, il rallia les plus intrépides patriotes, à la tête desquels ilsempara le 28 juillet, à une heure après midi, de lhôtel de ville, dontil remit le commandement le 29 au général Lafayette.

Place des Victoires demeurait et est mort en 1806 le célèbre mé-decin Barthez.

Au n° 6 (rue du Petit-Reposoir) est lhôtel Massiac, fut installéela banque de France en 1806, et qui plus tard devint lhôtel du grandindustriel Ternaux.

La rue Vide-Gousset rappelle quil y a cent ans on y volait enplein jour. Lorsque la bourse se tenait aux Petits-Pères , cétait le ren-dez-vous des agioteurs en sous-ordre, et elle pouvait à juste titre re-vendiquer son ancien nom. Sous le ministère de labbé Terray ontrouva plaisant deffacer le nom de cette rue et de lui substituer celui dece ministre.

Rue des Fossés-Montmartre, liôtel delà Liberté, demeurait eu1794 Fabre dEglantine.

. Au n°4 demeurait, en 1822, le joyeux chansonnier Brazier, émulede Désaugiers et successeur de Vadé pour la farce et la grosse joie. LesCuisinières, la Marchande de goujons, le Coin de rue , et une fouledautres drôleries, lui ont dévolu le sceptre du gros rire.

Rue de la Jussienne, n° 23 et 25, au coin de la rue Montmartre,était la chapelle Ste-Marie-lEgyptienne. Elle existait déjà du tempsde saint Louis, fut reconstruite au xiv* siècle, et appartenait à la com-munauté des drapiers de Paris. Vendue comme bien national en 1790,elle a été démolie eu 1791.

Rue Coquillière, vis-à-vis des n 03 7 et 12, entre les rues Jean-Jac-ques-Rousseau et du Jour, était la porte Coquillière, qui faisait partiede lenceinte de Philippe Auguste. Une partie de lun des côtés de larue Coquillière était autrefois occupée par lhôtel de Flandre, qui sé-tendait entre les rues des Vieux-Augustins, Coq-Héron et Platrière.En 1540, les confrères de la Passion, forcés de quitter lhôpital de laTrinité, vinrent sétablir à lhôtel de Flandre, ils restèrent jusquàlépoque de la démolition de cet hôtel en 1547 ; ils transférèrent alorsleur théâtre à lhôtel de Bourgogne, rue Mauconseil. Les fameux Mys-tères de ïAncien Testament, des Apôtres, de lApocalypse, ont étéreprésentés pour la première fois à lhôtel de Flandre.

QUATRIÈME ARRONDISSEMENT.

Les limites de cet arrondissement sont : la rue Froidmanteau n 08pairs, depuis le guichet jusquà la rue St-Honoré, les rues des Bons-Enfants et Neuve-des-Bons-Enfants n°* pairs, la rue de la Feuilladen w impairs, la place des Victoires jusquà la rue Croix-des-Petits-Charaps, la rue Croix-des-Petits-Champs n üs impairs jusquà la rue Co-quillière, la rue Coquillière n' ,s impairs, la rue du Four n u * impairs, larue St-Honoré n ÜS pairs jusquà la rue de la Tonnellerie, la rue de laTonnellerie n impairs, la rue Rambuteau n os pairs jusquà la rue St-Denis, la rue St-Denis n M impairs jusquau Pont-au-Change, le quaide la Mégisserie jusquau guichet Froidmanteau.

N° 15. QUARTIER ST-HONORÉ.

Ci-devant section des Gardes-Françaises, et ensuite section de lOratoire.

Les limites de ce quartier sont : la rue St-Honoré n os impairs à par-tir du n° 1, la rue Froidmanteau n' ,s pairs, les places de lOratoire etdu Louvre n°* pairs, la rue des Fossés-St-Germain-lAuxerrois n os pairs,la rue Béthizy n ws pairs, la rue des Mauvaises-Paroles n ÜS pairs et im-pairs, la rue des Lavandières-Ste-Opportune n os impairs, la rue desFourreurs n os impairs, la rue des Déchargeurs n ÜS impairs jusquà larue St-Honoré. Superficie 130,000 m. carrés , équivalant à 0,004de la superficie totale de Paris.

Le seul édifice remarquable de ce quartier est :

LOratoire du Louvre, construit de 1621 à 1630, daprès les des-sins de Lemercier, pour les prêtres de lOratoire, sur lemplacement delhôtel du comte de Clermont, sixième fils de saint Louis. En 1594 cethôtel portait le nom dhôtel dEstrées, parce quil fut habité par GabrielledEstrées, maîtresse de Henri IV; cest que ce monarque fut frappédun coup de couteau par Jean Chatei, ainsi quon le voit dans un re-gistre de lhôtel de ville, quoique la plupart des historiens disent quece fut au Louvre. Lhôtel dEstrées avait appartenu au cardinal deJoyeuse ; il porta ensuite le nom dhôtel de Moutpensier, quil changeapour celui dhôtel du Bouchage.

Les oratoriens ayant été supprimés, ainsi que toutes les autres corpo-rations religieuses, en 1792, leur église servit pendant quelques annéesaux assemblées du district et de la section du quartier.La sociétélibre des sciences, lettres et arts de Paris, fondée en lan ni par lesmembres dispersés de la société des neuf sœurs et du musée de Paris,tenait ses séances à lOratoire, sassemblaient aussi les membres de lasociété des belles-lettres, ceux de la société académique des sciences, etceux de la société de médecine. LAthénée des arts tint aussi sesséances à lOratoire après lincendie du cirque du Palais-Royal.

En 1802 léglise de lOratoire a été concédée aux protestants de laconfession de Genève, qui y célèbrent leur culte. On monte à léglisepar un perron qui donne sur la rue St-Honoré. Lentrée est ornée decolonnes doriques avec pilastres, qui sont surmontés dune rangée decolonnes corinthiennes couronnées par un soubassement. Lintérieur estdordre corinthien. La salle est richement ornée, et les galeries sont gar-nies de balustrades.

La maison des oratoriens, située rue de lOratoire, n° 1, est affectéeaujourdhui aux bureaux de la caisse damortissement. Les pères delOratoire y avaient rassemblé une bibliothèque denviron trente millevolumes, très-riche en manuscrits hébreux, grecs et orientaux.

VARIÉTÉS HISTORIQUES ET BIOGRAPHIQUES.

Rue St-Honoré, n w 111, est la fontaine delà Croix-du-Trahoir,construite sous François I er , et réédifiée en 1776 sur les dessins de Souf-flot. Elle était placée primitivement au centre du carrefour ; mais commeelle obstruait la voie publique, on la fit transporter à lendroit elleexiste aujourdhui.

La place de la Croix-du-Tiroir, que lon nomma ensuite du Trahoir,servait autrefois à étendre et à tirer les étoffes. Elle était beaucoup plusvaste quelle ne lest aujourdhui ; au centre on avait planté une croixcomme on en mettait Ordinairement alors aux carrefours. Cette placeservait aux exécutions et principalement aux criminels convaincus defabrication de fausse monnaie. On y voyait une échelle, un pilori et desfourches patibulaires. Quelques auteurs prétendent que la reine Brune-liaut fut exécutée à la Croix-du-Trahoir ; mais il est avéré que cetteprincesse reçut la mort en Bourgogne. Nicolas Vallon, receveur deNantes, y fut brûle vif comme hérétique en 1535.

Vers lan 1400 la Croix-du-Trahoir était la seule place dans Paris lévêque pût faire faire justice, mais non pas jusquà la mort. LabbéLebeuf dit avoir vu un rouleau de ce temps- contenant les pouvoirs duprévôt et du bailli de lévêque on lifce qui suit : « Item ledit pré-vost a connaissance de pendre et ardoir hors la banlieue de Paris , et