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CAMPAGNES u’ALLEMAGNE
tion ; mais loin d’en adoucir la rigueur, il lui donnades formes plus sévères ; et, voulant se ménagercependant l’affection de la classe riche et puis-sante, la seule qui pouvait profiter du bénéfice dela loi, il accorda une plus grande facilité aux cons-crits qui avaient le moyen de se faire remplacer.
L’impôt sur les boissons était, de toutes lestaxes qui existaient avant la révolution, celle quipesait plus particulièrement sur la dernière classedu peuple, et Napoléon n’aurait pas dû oublierque cet impôt avait été une des premières causesde l’insurrection del789. Le Directoire s’en étaitsi bien souvenu, qu’il n’osa jamais recourir à cemoyen odieux, et qu’il se borna à créer un droit »d’octroi municipal et de bienfaisance, dont leproduit était uniquement destiné à l’entretien deshospices. Malgré ce terrible précédent, et bra-vant d’avance les suites que pourrait entraîner leretour d’une taxe qui avait appelé la dangereuseanimadversion du peuple sur le gouvernement mo-narchique , Bonaparte fit rétablir les droits réunis.
Mais , se souvenant seulement que Louis XIV