JJCOK APARTE.
2l8 MACHIAVEL.
beaucoup de gens pensentqu’un Prince sage doit, toutesles fois qu’il le peut, se mé-nager avec adresse quelqueennemi, afin qu’en l’attaquantet le réprimant il en résultepour lui-même une augmen-tation de grandeur (1).
LesPrinces, et principale-ment ceux qui sont nouveaux,ont ensuite trouvé dans ceshommes qui, au commence-mentdeleur règne,leur étaientsuspects, plus de fidélité etplus d’utilité qu,’en ceux quidans le principe avaient leurconfiance (2). PandolphePé-trucci , prince de Sienne , seservait, dans legou vernementde sonEtat, bien plus de ceuxqui lui avaient été suspects ,
(1) Machiavel doit être con-tent du profit que j’ai tiré de ceconseil. R. I.
(2) Cela peut être vrai pourd’autres, mais ne l’est guèrespour moi. R. I.
cite. Ann. 6). Tacite parle aussi d’un Caractacus qui 11e dut sonélévation qu’à des vicissitudes, tantôt fâcheuses tantôt prospères ,et qui finit par surpasser en puissance tons le3 autres Empereurs dela Bretagne : Quem multa ambigua , mulia prospéra exiulerant,ut cœteros Britannorum. Imperatores prœmineret (Ann. 12). Lemême historien cite encore l’exemple de. ce capitaine romain, qui de*vint intrépide , parce qu’il avait alternativement éprouvé la bonneet la mauvaise fortune .• Cœcina secundarum ambiguarurnqua re-rwn scieuf ? eàque internitus (Ann. 1 ).