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tant devant toi, je vais écrire l’ordre de te la rendre ». Le paysanenchanté partit plein d’amour et de reconnaissance pour le seigneurBarnabô.
Un historien italien du siècle dernier dit , en rapportant ce trait,que Barnabô « ne permettait pas que l’on commît en son nom desvexations et des injustices : il aimait l’ordre et la sûreté publique »•Il n’était pas moins original dans ses actes de rigueur, que dans sestraits de bonté ; et l’originalité qu’il y mettait avait nécessairementl’âpreté d’un caractère extrêmement brutal. Les circonstances où illa déploya d’une manière plus étrange furent celles où il eut àlutter contre les prétentions de la cour de Rome sur le Dolonnaisqui faisait alors partie des états de Milan.
La ville de Bologne avait été un fief des empereurs d’Allemagne,jusqu’aux temps des troubles et des interrègnes du treizième siè-cle , où, à la vérité, elle s’abondonna au Pape Nicolas III (en1278) pendant que Milan, livré à une sorte d’anarchie républicaine,se débattait contre l’ambition des La-Torrè qui voulaient s’en ren-dre souverains. Mais quand l’archevêque Jean Visconti le devintlégitimement en i 3 lg, les Bolonnais, enchantés de la sagesse deson gouvernement , se donnèrent librement à lui. Le Pape Clé-ment VI voulut envain récriminer ; l’archevêque Jean montra dela fermeté ; et peut-être n’est-il pas inutile ici de dire quelui-inême,avant Barnabe), avait montré beaucoup d’originalité dans le refus derendre cette province.
Le Pape lui ayant envoyé des Légats pour la réclamer, il ne vou-lut les entendre que dans sou église cathédrale, où il fit , pour ceteffet, dresser un trône magnifique et trés-élevé. Il y monta, s’yassit, prenant de la main gauche sa croix archiépiscopale , et dela droite un glaive nu. Ensuite il admit en sa présence les légats.Ceux-ci lui ayant déclaré,au nom du Pape, que,s’il ne lui restituait pasle Bolonnais, le Pape l’enlèverait de vive force -, « Eh ! bien , ré-pondit le Prélat, allez dire à sa Sainteté que l’archevêque Jean (avec sa croix et son glaive , saura défendre également sa juridictionspirituelle et son domaine temporel ». Quand le Pontife fut informé