suffit pas d’opposer à ce ruai le préservatif de bonneslois. 11 faut changer peu à peu les institutions ancien-nes afin qu’elles ne soient pas en opposition avec ceslois nouvelles. Lorsqu’enfm la corruption est à soncomble , le seul moyen qui reste pour rétablir l’or-dre , est qu’un homme seul s’empare de l’autorité.S’il a de la droiture dan ses in'enfons, il doit rame-ner Je s formes de la constitution répub icaine plu-tôt vers l’état monarchique que vers l’état populaire,afin que les citoyens qui ne peuvent plus être corrigéspar les lois, trouvent un frein qui les retienne dansune puissance presque royale. Vouloir les faire deve-nir bons en employant d autres moyens, exigerait desmesures très-cruelles, ou serait une chose tout-à-laitimpossible (a).
La monarchie se pervertit d’elle-même par l’abusde l’autorité dont leMonarque est revêtu. Après qu’on,fut convenu d’avoir des rois héréditaires , leurs héri-tiers dégénérèrent de la vertu de leurs pères ; et lais-sant les actions vertueuses , ils pensèrent que lesPrinces n’avaient pas autre chose à faire que de sur-passer les autres hommes en magnificence, et dans lajouissance de tous les délices de la vie : d’où il résultaque, commençant par être méprisés, ils furent ensuitehaïs, et virent dans cette haine , des motifs de crainte.De la crainte ils passèrent bientôt aux offenses , quifinirent parfaire de leur gouvernement une tyrannie.Alors, eurent lieu tout naturellement les conspira-
is) Discorsi sopra Tito-Livio. L. i. , c. 18.