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Les forêts : ouvrage illustré de 43 vignettes / par E. Lesbazeilles
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LES FORÊTS

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Meudon, de Marly, de Saint-Germain-en-Laye sont lesrestes épars dun immense massif qui s'étendait jusquàla Seine. À louest, le Maine, lAnjou, la Bretagne, laNormandie étaient traversés par de grandes zones fores-tières; les arbres débordaient jusque dans la mer; lesvastes plages sablonneuses qui entourent le mont Saint-Michel étaient une forêt; on retrouve de vieilles souchesensevelies dans le sol. Aux rives de la Seine commençaitla Gaule-Belgique, qui nétait quune suite presque inin-terrompue de hautes et profondes futaies : au nord et aunord-est de Lutèce, les forêts de lIsle-Adam, de Chantilly,de Villers-Cotterets, de Compiègne, de Coucy se rejoi-gnaient, ne formaient quun seul massif, se prolon-geant jusquà lAmiènois ; la Somme charriait des troncsdéracinés que, dans ses débordements, elle arrachaità ses rives. Enfin, plus haut, régnait la forêt des Ar-dennes, la plus grande, la plus sauvage de toute laGaule; elle se déployait sur une longueur de cent lieuesdepuis le pays des Nerviens, cest-à-dire le Hainaut,jusqu'aux Vosges, jusquau Rhin; ce fleuve la séparaitde la forêt Hercynienne, sous laquelle disparaissait laGermanie tout entière, et dont César disait quaprès yavoir marché soixante jours, on nen trouvait nulle parles limites.

Les arbres qui composaient ces forêts étaient les mêmesque nous rencontrons aujourdhui dans nos bois, Hêtres,Chênes, Érables, Bouleaux, Ormes, Frênes, mais biendifférents par leurs dimensions. A labri de la cognée, aufond dimpénétrables massifs, ils croissaient librementpendant des siècles et prenaient un développement auquelnous ne laissons jamais aux nôtres le temps de parvenir.Cependant quelques individus plusieurs fois centenaires,épargnés jusquà nos jours, nous permettent de nousreprésenter ces géants dautrefois : tels sont certainsChênes célèbres de la forêt de Fontainebleau, le Clovis,le Henri IV, le Sully et les vieux arbres des fameuses