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LES FORÊTS
régulier fut adopté en France pour la coupe des bois.Cette méthode, dite à tire et aire, consistait à diviser laforêt en un certain nombre de cantons de contenanceégale et à les couper les uns après les autres, de procheen proche; on abattait tout excepté dix arbres, généra-lement dix chênes, par arpent forestier, c’est-à-dire vingtpar hectare. Un tel système était défectueux. Les arbresréservés étaient trop peu nombreux pour repeupler parleurs semences tout le terrain. Ils y suffisaient d’autantmoins que, se trouvant tout à coup isolés et privésd’abri, quelques-uns séchaient sur pied, d'autres étaientrenversés ou brisés par le vent. En outre, comme onlaissait les jeunes bois croître à leur gré, il arrivait queles espèces inférieures, qui poussent plus rapidement,prenaient le dessus et étouffaient les essences précieuses.Et même quand tout allait bien, les arbres, trop serrés,manquant d’espace et d’air, se développaient mal ; ilss’allongeaient, mais ne grossissaient pas. C’est ainsi quede magnifiques forêts dégénéraient peu à peu en boismédiocres, parsemés de clairières et de vides nombreux.
Un autre mode d’exploitation, connu sous le nom dejardinage, était autrefois usité, surtout en Allemagne.On coupait ça et là, où on les trouvait, les arbres morts,mourants, ou malades, et aussi quelques autres, bienportants, dont on avait besoin. On n’enlevait qu’un trèspetit nombre de pieds dans le même endroit, et l’on par-courait, chaque année, une grande étendue de la forêt,quelquefois la forêt tout entière. On voit aisément lesinconvénients de ce procédé : on ne récoltait que peu debois, et un bois de qualité médiocre ; le massif trop com-pacte ne bénéficiait pas de ces quelques trouées éparseset ne s’en trouvait pas éclairci ; les arbres abattus en-dommageaient par leur chute leurs voisins, cassaient lesbranches, écorchaient les tiges ; enfin l’enlèvement deces arbres coupés à travers les colonnades serrées de lafutaie et les épais fourrés des buissons causait de non-