Palais
Tuileries.
78 A R C HIT K C T U R £ FRANÇOISE, Li y. VI.
de S La principale porte qui donne entrée à ce vestibule est à plate-bande, le peud’élévation de cette piece n ayant pas fans doute permis de mettre la forme decette porte ( qui devoir être d une certaine largeur ) en symétrie avec toutes cel-les des entre - colonnemens ; cette disparité', nécessaire à la vérité , n en nuit pasmoins à l’uniformité qu’on doit observer dans l’ordonnance d une même piece,ôc montre évidemment que lorsqu il s’agit d’accorder la décoration intérieure 6cextérieure 5 Sc que les dehors n ont pas été faits de concert avec les dedans, niceux-ci pour ceux-là, il en résulte presque toujours un tout mal assorti qui ne doitjamais servir d’autorité.
Ce vestibule, comme nous venons de l’obferver, est divisé dans ía profondeurpar un mur de réfend. Ce mur, marqué B, a été placé ici par trois motifs égalementintéreííàns : le premier , pour conserver plus de rapport entre le diamètre decette piece 6c fa hauteur : le deuxieme, pour soutenir avec plus de solidité leplancher de la salle des Cent Suisses qui est au - dessus, 6c dont le diamètre, devingt-six fur vingt-neuf pieds, avoit besoin d’un point d’uppui continu dans letiers d une de ces largeurs ; autrement il auroit fallu voûter ce vestibule, ce quine pouvoit se faire à cause de son peu d’élévation : le troisième enfin, pour cor-riger l’inégalité du niveau de cette piece, la partie A % étant plus basse de deuxpieds que la partie A 1 , à dessein de racheter, dans toute k om fondeur de ce Bâ-timent, 1 a différence du fol des -emi de la cour . de maniéré que
dans lc F orcl^ urarque , on descend encore trois marches , eniuite cinq, quiégalent en total sept pieds ; élévation qui fait découvrir de f intérieur de ce ves-tibule la surface des jardins , mais qui occasionne un défaut de plain-pied qu ilfaut éviter, 6c qui n est tolérable ici que parce qu âpres - coup on a été forcéd assujettir les diftérens niveaux de ce Bâtiment, ce qui ne doit être imité quedans une circonstance aussi critique, & jamais ailleurs.
Ce second vestibule A i communique à droite 6 c à gauche à des galeries cou-vertes marquées D i & D 15 ces galeries font percées d’arcades donnant dans lejardin, formant lunettes dans la voûte. Cec Innertec íntu répétées en face de cha-que arcade fur le mur de refend, afín que celui-ci soit déchargé d une partie dela poussée' de la voûte. Entre chaque lunette régné un arc doubleau qui descendjusques dessus les bases Ioniques , lesquelles sont arrafées par le devant , pourprendre moins de faillie fur la largeur de ces galeries, qui n ayant que dix-neufpieds 6 c demi, auroient été trop rétrecies, si l’on n’eut supprimé ia face de ces ba-ses. Cet exemple est condamnable , l’on doit prévoir l’effet que produiront dansfexécution les membres d’Architecture qu’on a fait entrer dans son dessein. Ja-mais on ne doit employer les Ordres avec une forte d’imperfection ; on peut leursubstituer des corps d’Architecture quelconques, qui n’exigeant pas la même sévé-rité , peuvent satisfaire aux différens besoins d’un Architecte.
Le fol de ces galeries est tenu plus bas que Je vestibule A z , en fortequ alune de leurs extrémités on est obligé de monter ce qu on a descendu à l'autre»
Ces différents niveaux sont encore un abus ; ils interrompent le plain-pied quidoit être continu, 6c rendent toujours la communication des différents appar-temens d’un Edifice moins commode , en rendant d ailleurs le service des Offi-ciers 6c des Domestiques plus difficile.
Du côté de la cour, à la gauche du vestibule A, est une grande piece E ser-vant anciennement de salle des Gardes. Son plafond est revêtu de menuiserie àcompartimens, soutenue par un entablement semblable à celui du vestibule. Aupourtour de cette piece régné un lambris d’un dessein fort ancien, 6c qui n’a quedix pieds de hauteur. Au-dessus de ce lambris sont placés des tableaux en grisaille