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CHAPITRE TT
LE CAMP DE CIIALONS
Trente heures de route. — Un train militaire. — Jadis et au-jourd’hui. — Les isolés de Mac-Mahon. — Mon frère. — Authéâtre. — L’Empereur et la mobile. — Une dépêche. — Legénéral Sehmitz. — L’état-major du 12° corps. — Le chocolatde l'Empereur. — Des chevaux. — Le fidèle Joseph et les sellesanglaises. — Le général Trochu gouverneur de Paris. — Unmot malheureux. — La mobile en voyage.
Nous mîmes trente heures à franchir la distance quisépare Paris de Châlons, et qu’un train express dévoreen trois heures et demie.
Je dois confesser que la tenue des troupes qu’em-portait le train était déplorable. Il était impossibled’obtenir des soldats qu’ils se tinssent tranquilles àleur place. Surexcités par les libations absorbées audépart et continuées au moyen d’un approvisionne-ment sérieux de litres de rechange, par l’impatienceassez naturelle d’ailleurs chez des voyageurs qu’onfait stationner partout interminablement,et qu’empor-tent des voitures mal commodes et allant à une allurede limaçon, ils couraient de côté et d’autre, s’empi-laient dans le même compartiment, faisaient des