1S4 JOURNAL D’UN OFFICIER D’ORDONNANCE.
Au même instant une petite éclaircie se fit. Nousnous rejoignîmes tous trois devant l’Hôtel de Ville.
Un bataillon de garde nationale était là. Jules Favrefit un petit discours, parla du canon qu’on entendait,de la concorde qui s’imposait.
Et en me détirant sur ma selle, en défripant monuniforme, en échangeant mes impressions, bouchefermée, avec Bibesco, je me faisais cette réflexion :
— Pourtant, à deux pas d’ici, place du Carrousel, ily a un mois, mon capitaine, on embrassait tesbottes 1
Le préfet de police, M. de Kératry, aurait-il pu pré-venir ces manifestations? Je ne le crois pas, car nous,qui avions en mains toutes les forces de la capitale,nous étions hors d’état de les réprimer. Cette impuis-sance lui inspira l’idée de donner sa démission, etmême de proposer au gouvernement la suppressionde la Préfecture de police. 11 est certain qu’on pouvait >s’en passer, car, pour le moment du moins, elle neservait absolument à rien. M. de Kératry partit enballon, ainsi que M. Ranc. Ils allèrent retrouverGambetta en province. M. de Kératry fut remplacé àla préfecture par M. Edmond Adam, et M. Ranc à lamairie de la rue Drouot par Gustave Chaudey.
Quelques jours après, nouveau combat. Chevillynous avait coûté Guilbem, Bagneux nous coûta De jDampierre, tombé glorieusement en entraînant lesmobiles de l’Aube à l’entrée du village. Trente-troisans, une famille glorieuse derrière lui, et une vie heu-reuse devant'uil