Buch 
Journal d'un officier d'ordonnance : Juillet 1870 - Février 1871 / par le Comte d'Hérisson
Entstehung
Seite
223
JPEG-Download
 

LE TRENTE ET UN OCTOBRE.

223

patience, il réclame la confiance, lunion, lordre, dunevoix qui couvrirait le bruit dune batterie. On lui ré-pond en criant : « La Commune! la Commune! »

Cest bien, dit-il, je vais porter vos vœux au gou-vernement.

Il part. Les personnages qui lavaient accompagnélui succèdent sur le tabouret oratoire, et notammentBrisson et Floquet.

Nous aussi, disent-ils, nous voulons les électionsmunicipales. Nous aussi, nous repoussons larmistice.

Ils nobtiennent ni le silence ni lordre. On leurcrie : « Nous voulons la Commune. » Ils répondent :« Nous voulons les élections municipales. » Et toutle monde sobstine dans un entêtement de mules,sans quun homme desprit se trouve pour dire :« Mais, citoyens, cest la même chose. »

Cet homme desprit allait arriver.

Les membres du gouvernement prient Rochefort,le populaire Rochefort, Rochefort, leur ancien col-lègue, venu auprès deux aux nouvelles, daller parlerau peuple. Il sort un instant, rentre en compagnie deSchœlchcr et dit à ses collègues :

Ils veulent les élections municipales. Êtes-vousdécidés à les leur accorder? Voilà le nœud de laquestion.

Oui, répond-on autour de la table du gouver-nement.

Rochefort revient dans la grande salle, monte surune table et déclare, au nom du gouvernement, queles élections municipales auront lieu immédiatement.